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Histoire résumée de l'Atlantide

article de Robert Duportail (1956)
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Cet article a paru originellement dans la revue dans le N°39 de la revue Initiation et Science (Juillet-Septembre 1956). Il a été ressaisi et corrigé par France-Spiritualités.

      Quand, ayant étudié les Sciences anciennes, on constate, émerveillé, les résultats formidables obtenus par les prêtres égyptiens en astronomie, mathématiques, alchimie, etc... on est obligé d'admettre que ces prêtres, malgré leur grande intelligence et toute leur intuition, n'étaient que les dépositaires d'antiques traditions scientifiques et philosophiques reçues d'une civilisation supérieure, civilisation qui paraît être celle de l'ATLANTIDE. Aussi, qu'y a-t-il de plus passionnant que de rechercher à travers les conjonctures et la nuit, parmi les millénaires accumulés, la fantastique histoire de ce continent englouti dont la mer s'acharne à vouloir garder le secret.

      Essayons de résumer cette légendaire et merveilleuse histoire que l'immortel philosophe hellène, Platon, nous a décrit dans son Timée et son Critias. Nous nous servirons pour cela des témoignages des auteurs anciens, ainsi que des dernières recherches scientifiques.

      Le texte de Platon faisait autorité dans cette question, examinons-en d'abord les origines et la filiation.

      Platon, disciple de Socrate et maître d'Aristote, aurait, dans sa jeunesse, entendu raconter l'histoire de l'Atlantide par Critias, lequel avait alors 90 ans, et dont l'aïeul l'aurait reçue lui-même, dans son enfance, de Solon. L'histoire aurait été transmise à Solon, dans sa vieillesse, par un prêtre égyptien de Saïs – ville du delta – lequel l'aurait recueillie de ses prédécesseurs africains, plaçant ainsi, suivant Platon, l'histoire de l'Atlantide, vers 8 à 9.000 ans.

      La mention de 8 à 9.000 ans parut suspecte à beaucoup d'auteurs anciens en raison du désaccord existant entre l'auteur grec et la Bible, au sujet de l'apparition de l'homme sur la terre. Suivant l'abbé Moreux, il est certain que l'homme existait 8.000 ans avant Platon. Donc, sous ce rapport, le récit de Platon ne parait pas invraisemblable.

      Sauf Aristote qui a dit : « Celui qui l'a créée l'a détruite », tous les auteurs anciens croyaient à la véracité du récit platonicien.

      Homère, Plutarque, Sénèque, Pline, Origène, etc... ont cru à l'existence d'un continent disparu, qui s'élevait au-delà des colonnes d'HerculeDétroit de Gibraltar –

      Proclus, le grand philosophe de l'Ecole d'Alexandrie, qui fut le commentateur de Platon, nous apprend que Crantor, qui vécut trois siècles après Solon, aurait vu, avec des prêtres de Saïs, des stèles couvertes d'inscriptions racontant l'histoire de l'Atlantide, corroborant ainsi les écrits du Timée et du Critias. Il cite également un extrait d'un auteur ancien qui parle d'îles existant au delà des colonnes d'Hercule, et dont les habitants tenaient de leurs ancêtres une tradition concernant une très grande Ile nommée Atlantis, laquelle aurait étendu sa domination sur les îles de l'Océan Atlantique.

      Diodore de Sicile raconte que les Phéniciens découvrirent une grande île dans l'Océan Atlantique, au delà des colonnes d'Hercule ; il cite également une autre tradition que je crois devoir signaler à ceux qui ont lu le roman de Pierre Benoît inspiré par l'Atlantide : d'après Diodore, un lac immense nommé Tritonide aurait existé autrefois au nord de l'Afrique ; à la suite d'un séisme, le lac, rompant ses digues, aurait déversé ses eaux dans l'étroit canal séparant l'Atlantide du continent africain. Diodore ajoute que les eaux du lac Tritonide s'élancèrent comme un raz-de-marée sur l'Atlantide, en laissant à sec leur ancien lit qui n'est autre que le désert du Sahara, que nous retrouvons dans le roman de l'Atlantide.

      Les Atlantes auraient eu des colonies en Espagne, en Bretagne, en Grande-Bretagne, en Italie, en Egypte et en Asie. L'extrait suivant du dialogue du Timée va nous le confirmer :

      « On rapporte que notre ville (Athènes) a résisté autrefois à des troupes innombrables d'ennemis qui partis de la mer Atlantique, envahirent presque en même temps l'Europe et l'Asie : car, ALORS NOTRE MER ETAIT FACILE A TRAVERSER. A son embouchure, vers l'endroit que vous nommez Colonnes d'Hercule, était une île plus étendue que la Lybie et l'Asie réunies ».

      Ce fut en Egypte que la colonie Atlante, après la grande catastrophe, transmit aux autres races la Tradition qui, par la suite, fut principalement enseignée dans les temples égyptiens.

      Il nous serait facile de citer d'autres témoignages anciens concernant l'existence de l'Atlantide, mais ceci nous conduirait trop loin et dépasserait le cadre que nous nous sommes assigné ; sachons seulement, d'une manière générale, qu'on a trouvé des preuves corroborantes dans l'architecture, les croyances religieuses, les rites, ainsi que dans les traditions primitives et les vieilles légendes provenant de la Gaule, des Celtes de Bretagne, de l'Egypte, et même de l'Amérique. Les Toltèques du Mexique faisaient remonter leurs origines jusqu'à un pays qu'ils appelaient Atlan ou Aztlan ; les Astèques prétendaient également être venus d'Aztlan – (Les races natives de Bancroft, Vol. V).

      Voyons maintenant ce que nous savons sur les Atlantes et leur île : peu de choses, si ce n'est ce que nous a raconté Platon. Cependant, certains auteurs à l'imagination fertile n'ont pas craint de nous faire des récits détaillés sur les Atlantes, mais ce ne sont là que des fantastiques élucubrations.

      Mais revenons à Platon et à son texte, et voyons ce qu'il nous apprend dans son dialogue du Timée.

      Dans l'Atlantide auraient régné des rois d'une puissance formidable, s'étendant sur d'autres îles et sur la plus grande partie du continent.

      Leurs forces auraient envahi tout ce qui était en deça des colonnes d'Hercule ; et Athènes, par le courage de ses habitants, se serait fait remarquer en luttant contre les Atlantes. La ville fut bientôt à la dernière extrémité, mais se releva et vainquit ses ennemis. Aussitôt un terrible tremblement de terre, un déluge d'un jour et d'une nuit, ouvrirent la terre, et l'Atlantide disparut sous la mer ne laissant plus que des bas-fonds dangereux. Et Platon termine : « Tel est, Socrate, le résumé de ce que mon bisaïeul disait avoir appris de Solon ». Et, toujours d'après le Timée, Socrate répondit : « Il est important qu'on regarde ce que tu viens de dire, non comme une fable inventée par nous, mais comme une histoire véritable. »

      Platon nous donne ensuite des détails sur les Atlantes dans son Critias.

      L'Ile, dont les bords étaient découpés à pic, était protégée des vents du Nord par de hautes montagnes ; les mines existant dans l'île auraient été des plus riches, renfermant des pierres colorées dont on bâtissait les temples et les habitations, des métaux précieux comme l'ORICHALQUE, dont parlent les anciens auteurs grecs. Les forêts fournissaient les essences les plus rares et les plus précieuses ; de plus, l'eau sourdait de toutes parts, accroissant ainsi la fertilité de la terre et alimentant les thermes qui semblaient abonder dans les villes.

      L'écrivain hellène dépeint ensuite les lois très sages qui régissaient les Atlantes et faisaient planer au-dessus de tous les nobles sentiments de Religion, de vérité et de modération. Mais peu à peu enorgueillis par leurs richesses et leur puissance qui ne faisaient que s'accroître, ils n'écoutèrent plus que les conseils de l'ambition et de la violence ; la noble race des Atlantes se déprava et dégénéra peu à peu jusqu'au jour de sa disparition, – que Platon attribue à Jupiter, le maître des dieux, qui les aurait ainsi punis de leur orgueil et de leur ambition.

      Il ne nous reste plus, pour terminer ce bref résumé, que de situer, sur notre globe, l'île engloutie.

      Abraham Ortélius, le géographe de Philippe II, vit dans l'Atlantide une allusion à l'Atlantique.

      Baër, théologien protestant, montre qu'elle n'était autre que la Palestine (Essais historiques et critiques sur l'Atlantide des anciens, 1762).

      Suivant un autre auteur, Sylvain Bailly, qui publia un ouvrage en 1779 (Lettres sur l'Atlantide de Platon), et un sur l'ancienne histoire de l'Asie, les Atlantes auraient vécu dans les régions polaires.

      Plus près de nous, Frédéric Klee (1842) soutient que l'Atlantide était l'Europe actuelle et que les habitants qui périrent par le déluge étaient les Atlantes. La catastrophe aurait été causée par le déplacement de l'axe du globe terrestre. L'Abbé Moreux, ayant astronomiquement étudié cette théorie, en prouve la fausseté dans son ouvrage L'Atlantide a-t-elle existé ?.

      Si nombre de savants sont en plein désaccord pour situer l'emplacement de l'île, en revanche, il en est beaucoup, et des plus sérieux, qui la situent comme l'indiquent leurs manuscrits, au-delà des colonnes d'Hercule (détroit de Gibraltar).

      Un savant Jésuite allemand, le père Kircher, mort en 1860, publia un remarquable ouvrage, Le monde souterrain, dans lequel il situe l'Atlantide à l'Ouest de Gibraltar, et dit que les Açores et les Canaries n'en seraient que des vestiges. Théories confirmées par les témoignages récents de sondages, de la géologie, de l'océanographie, de la sismologie et de l'astronomie.

      Les sondages donnèrent d'importants résultats, grâce aux croisières de deux canonnières, anglaise et américaine, « le Challenger » et « le Dauphin » qui purent dresser la carte du lit de l'Océan et prouver que le fond de la mer a été le théâtre d'éruptions volcaniques gigantesques.

      Au commencement du siècle dernier, Monsieur Bory de Vincent organisa une expédition pour étudier l'état géologique et physique des îles situées à l'est de l'Afrique du Nord. Les résultats de cette croisière ne firent que confirmer les textes d'auteurs anciens, en prouvant que c'est à juste titre que la mer baignant les Canaries jouit d'une très mauvaise réputation parmi les navigateurs, et qu'entre Madère, les Açores, les îles du Cap vert, les Salvages, les Steer-Ground et les Vigies, apparaissent partout comme les débris d'un ancien continent.

      Une autre confirmation nous vient d'un naturaliste, Monsieur Louis Germain qui, après avoir examiné, il y a quelques années, la flore et la faune des Açores, des Canaries et du Cap vert, conclut que ces quatre archipels auraient formé un seul continent.

      Si la science ne peut pas encore se prononcer d'une façon plus absolue sur l'existence de l'Atlantide, nous pouvons toutefois espérer que, dans un temps plus ou moins éloigné, la préhistoire, qui est encore dans son enfance, nous prouvera infailliblement l'existence de cette belle et orgueilleuse race des Atlantes, berceau de la civilisation, dont le souvenir fait vibrer l'âme des poètes et continue à hanter l'esprit des savants.




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