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Entrevue avec Jacques Martel

Jacques Martel
Développement personnel & Guérison intérieure (1/3)
© France-Spiritualités™



Dans le domaine en pleine expansion du développement personnel et de la croissance intérieure, plusieurs noms tiennent actuellement le haut du pavé, de par leur notoriété et les résultats obtenus. Jacques Martel, auteur, conférencier, rebirtheur professionnel et Maître REIKI depuis de nombreuses années, est l'un d'eux. Il partage aujourd'hui son temps entre son Québec natal et l'Europe francophone, où il rencontre un très large succès. L'une de nos équipes l'a rencontré. Questions à un homme d'une disponibilité et d'une simplicité tout à fait remarquables.

Jacques Martel  l  Site de Jacques Martel : www.atma.ca  l  "L'Amour, cet inconnu", texte  l  "Le grand dictionnaire des malaises et des maladies" extrait en ligne

Jacques MartelFrance-Spiritualités : Jacques Martel, bonjour. Pourriez-vous, pour commencer, nous parler de votre parcours personnel ?

Jacques Martel :
Mon parcours personnel... Je dirais que j'ai été touché dès mon plus jeune âge par des problèmes de santé. Il était difficile pour moi d'aller à l'école, entre autres choses. J'ai donc essayé très tôt de comprendre ce qui se passait. Cela me posait des difficultés ; c'était un peu comme si j'étais malade dans ma tête. J'ai donc continué dans ces conditions.

      J'ai fait des études d'ingénieur électronicien, tout en continuant à faire des recherches concernant ma santé et aussi au niveau spirituel. Ainsi, dès l'âge de 20 ans, j'ai commencé à chercher une voie, ou quelque chose qui pourrait m'aider, parce que je me disais que si je ne trouvais rien, je risquais de tourner en rond. J'ai donc fait différentes recherches au niveau spirituel.

      De 1978 à 1988, je me suis beaucoup intéressé à la vitaminothérapie ou ce que l'on appelle plus précisément l'approche ortho-moléculaire. Les médecins qui la pratiquent l'appellent la médecine ortho-moléculaire ; elle consiste à utiliser les minéraux, les vitamines, pour favoriser l'équilibre du système nerveux et pour aider aussi au niveau psychologique. Les premiers qui ont commencé à travailler avec cette technique sont des psychiatres. Je me suis donc basé sur les travaux des psychiatres américains et canadiens, ainsi que sur ceux des chercheurs américains et canadiens en chimie et biochimie, et j'ai pratiqué cette approche pendant dix ans, de 1978 à 1988 œ dans un but de mieux-être, de santé optimum, et pas nécessairement dans celui de soigner les personnes malades. Parfois, nous attendons d'être malade pour faire quelque chose, mais si notre organisme a tout ce qu'il lui faut, c'est-à-dire tous les éléments biochimiques qu'il lui faut pour être en bonne santé au niveau de son système nerveux, on met toutes les chances de son côté. Il ne faut pas oublier que notre système nerveux est aussi un équilibre biochimique. Et une carence dans certains éléments peut même provoquer des troubles comme la schizophrénie ou la dépression. On peut ainsi se sentir dépressif quand on fait de l'hypoglycémie, qui est un manque de sucre dans le sang.

      En 1988, j'ai rencontré Claudia Rainville, qui est thérapeute aussi, et qui vient de l'école de Lise Bourbeau "Ecoute ton corps". J'ai connu Claudia avec les cours de croissance personnelle, et pour moi, ce fut une révélation. C'était vraiment une nouvelle page qui se tournait dans ma vie, dans la mesure où j'avais enfin trouvé le moyen d'opérer des changements dans ma vie. J'étais alors en réaction par rapport à l'autorité ; je vivais de la soumission, de l'agressivité, de la colère. Je vivais de l'abandon, de toutes sortes de choses comme cela. J'avais beau me dire et on avait beau me dire : « Jacques, tu es en réaction par rapport à l'autorité ; il faut que tu changes ça », j'étais comme quelqu'un qui est alcoolique. Et même si tu dis à un alcoolique : « Il faut que tu arrêtes de boire, ce n'est pas bien ; tu es en train de ruiner ta santé, tu es en train de perdre ta famille », il sait tout cela, mais il continue de boire quand même parce qu'il y a quelque chose en lui qui l'oblige à faire cela, même s'il ne comprend pas pourquoi. Alors, avec ces ateliers de croissance personnelle, j'ai compris comment je pouvais changer ces choses-là intérieurement en guérissant des blessures émotives. En effet, si l'on ne fait pas cela, ces blessures continuent de nous mettre en réaction par rapport aux situations. Il faut donc connaître les mécanismes qui sous-tendent tout cela. Tant qu'on n'a pas guéri ces blessures-là, ces situations se répètent constamment dans notre vie.

      Pour moi, ce fut comme une nouvelle révélation, et j'ai donc commencé très rapidement à donner des cours de croissance personnelle avec Claudia Rainville ; j'étais responsable des relations publiques pour elle en ce temps-là. Puis, en janvier 1990, j'ai décidé de donner mes propres cours, sous mon nom personnel, et c'est depuis ce temps-là que j'organise des ateliers. Tout ce que j'ai fait, je l'ai fait d'abord et avant tout pour moi-même et je savais que je pouvais enseigner ce que j'avais appris pour moi-même.

      Je dois dire que j'avais des bases en communication – je suis conférencier depuis 1978 –, et entre 78 et 88, j'ai donné davantage de conférences dans le domaine spirituel, dans le cadre de congrès spirituels ou autres. J'ai également une formation du Collège des annonceurs de radio-télévision.

      Au Québec, nous avons ce que l'on appelle des télévisions communautaires, c'est-à-dire que des émissions peuvent être produites et diffusées en circuit fermé pour ceux qui sont branchés sur le câble. La loi oblige en effet les opérateurs du câble à mettre à la disposition de la communauté ce type de programmes afin de compenser le fait que l'on risque d'être branché sur des réseaux américains ou autres, et que l'on perde de ce fait notre appartenance au terroir familial dans lequel on vit. Pour ma part, j'ai donc enregistré plus d'une centaine d'émissions de télévision ; j'avais ma propre série, qui s'appelait "Super-nutrition et bien être", où j'étais à la fois recherchiste, animateur, etc. J'ai également eu d'autres émissions. Avec Claudia, nous avons fait une série de 13 émissions d'une demi-heure, qui s'appelait "Se guérir soi-même". Cette émission a été diffusée pendant 3 à 5 ans, partout sur les télévisions communautaires de la province. Parfois on me disait, dans une autre ville : « Ah, Jacques ! Je t'ai vu à la télévision ! », et moi je n'étais pas au courant. Les télévisions communautaires avaient en effet l'habitude de s'échanger les bonnes séries. Cela faisait donc de la publicité pour Claudia Rainville et pour moi aussi un peu, parce qu'on me connaissait quand même comme animateur. Quand j'ai connu Claudia Rainville, donc, à la fois par mon expérience d'animateur, de conférencier, de thérapeute – que je faisais depuis dix ans –, ça a été facile pour moi de déceler les éléments dont j'avais besoin pour faire des ateliers.

      Qu'est-ce qui fait qu'un atelier de thérapie fonctionne ? Bien sûr, l'animateur y est pour quelque chose, mais les détentes dirigées, les exercices, les mises en situation, et la façon de faire intégrer les gens, tout cela est aussi capital ; car ce n'est pas tout de faire vivre des situations aux gens, si cela doit leur revenir dessus – ça n'est pas nécessairement bénéfique. Il faut donc faire en sorte – et c'est là la force d'un animateur – que lorsque les gens ont été ébranlés, ils repartent tout de même relativement équilibrés. Sinon, c'est comme leur ouvrir une poubelle et laisser le couvercle ouvert, et leur dire : « Ben, c'est ça, la merde que vous avez... Arrangez-vous avec. » C'est facile de réveiller ça chez les gens, mais il faut être capable de refermer le couvercle pour que les personnes puissent rentrer chez elles avec un mieux-être, et non pas dans un état pire que lorsqu'elles sont arrivées.


France-Spiritualités : Vous animez des séminaires sur le thème "comment retrouver l'enfant intérieur". Pouvez-vous nous expliquer ce concept ?

Jacques Martel :
Je travaille avec ce concept depuis mars 93, suite à la publication du livre Retrouver l'enfant en soi, de l'Américain John Bradshaw [Note France-Spiritualités : paru aux Editions de l'Homme]. C'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à animer des ateliers sur ce thème.

      Il faut dire, tout d'abord, que nos blessures émotionnelles sont souvent liées à notre enfant intérieur, à la période située entre la conception et l'âge de 12 ans. Cet enfant-là est toujours présent en nous ; on travaille donc avec cette image. Cet enfant existe toujours à l'intérieur de nous, mais pourtant, on perd souvent le contact avec lui ; et il se sent de ce fait opprimé, délaissé, abandonné, contraint, etc.

      Au travers des exercices effectués lors les ateliers, on arrive à reprendre contact avec ce petit enfant qui est à l'intérieur de nous. Ainsi, quand on parle de l'enfant intérieur, on utilise toujours le mot "petit" devant le prénom, et quand on parle de l'adulte, on met le mot "grand" devant le prénom. On a donc, par exemple, le "grand Jacques" qui va écrire au "petit Jacques", et le "petit Jacques" qui va répondre au "grand Jacques". On développe ce concept-là, et l'on touche ainsi une réalité intérieure vécue. Ce qui est important au niveau de l'enfant intérieur et que je répète souvent lors de mes conférences et ateliers, c'est que l'on peut retrouver les origines de tout ce que l'on vit à l'état adulte, des conflits que l'on subit, dans ce que l'on a vécu dans l'enfance, c'est-à-dire entre le moment de la conception et l'âge de 12 ans, et ce dans 90% des cas.

      Prenons l'exemple d'une personne de 32 ans, qui a été quittée par son copain, qui se sent trahie, abandonnée, etc. On va lui demander de retrouver, entre le moment de sa conception et l'âge de 12 ans, une émotion semblable qu'elle a vécue. En effet, cela n'arrive pas par hasard.

      En effet, ce qui nous bouleverse émotivement est en général lié à notre enfant intérieur, entre 0 et 12 ans, parce qu'après on devient un être plus rationnel. Mais notre enfant intérieur est toujours là. Ce que l'on doit bien comprendre, c'est que lorsqu'on n'est pas en contact avec cet enfant-là, il y a des besoins, des craintes, des souffrances qui peuvent se manifester, et on ne sait pas comment changer cela. Je reviens encore une fois à l'exemple de l'alcoolique : bien qu'il soit souhaitable qu'il arrête de boire, cela lui est difficile, car ce besoin est lié à une dépendance émotive. Il faut donc aller chercher la cause pour régler le problème. Prenez les Alcooliques Anonymes ; ils vont arrêter de boire mais souvent vont prendre beaucoup de sucre, beaucoup de café, beaucoup de friandises, de pâtisseries, parce que souvent les alcooliques sont des hypoglycémiques. Ils manquent donc de sucre dans le sang, et lorsqu'on leur prend l'alcool, le sucre s'en va dans le sang, même à partir des parois de l'estomac, ce qui comble leur besoin momentanément. D'accord, les gens arrêtent de boire, se sentent mieux dans leur vie, car ils n'ont plus les effets secondaires de l'alcool qui peuvent, par exemple, leur faire perdre le contrôle ; mais à quelque part, ils n'ont pas réglé leur problème car ils sont toujours hypoglycémiques, et l'hypoglycémie peut avoir un effet dépressif ou autre. C'est pour cela qu'il faut aller à la source de cette situation.

      Et l'enfant en soi, c'est la clef du bonheur. Quand on était enfant, on avait plein d'espoir, plein d'aspirations, plein de projets, etc. Qu'est-ce qui a changé ? On a reçu des coups sur la tête, on a perdu nos illusions, on a pensé que ce n'était plus possible ; mais cette flamme-là est toujours à l'intérieur de nous – ce goût de vivre, d'être heureux, de jouer, d'être soi-même, d'être épanoui, d'avoir des projets, etc. Tout cela est toujours à l'intérieur de nous, mais diminué du fait des blessures, parce que l'on a enregistré, étant enfant, que quand on bouge, c'est dangereux parce que l'on peut nous blesser. La solution que j'ai donc enregistrée, parce que je ne sais pas quoi faire d'autre, est de rester fermé ; comme ça, au moins, je ne risque pas de me faire blesser.

      Or, quand je me ferme, je me ferme aussi à l'amour ; cela donne donc lieu à des tiraillements intérieurs très puissants. Je veux être heureux, je veux m'exprimer, je veux vivre de belles choses, mais en même temps, pour moi, m'ouvrir c'est dangereux parce que dans le passé, j'ai enregistré que je pouvais me faire blesser. Et bien sûr, je ne veux pas que cela se reproduise.

      Dans les ateliers, c'est donc cette confiance-là qu'il faut aller chercher. Et c'est là une de mes forces : les gens ont confiance. Des choses qu'ils n'auraient jamais osées dire ou faire autrement dans un contexte ordinaire de la vie, ils vont se les permettre dans les ateliers à cause de ce que je dégage et de ce qui se dégage du groupe, sans doute du fait de mon vécu, parce que j'ai moi-même beaucoup souffert dans ma vie étant jeune – mon père me battait et j'ai vécu toutes sortes de situations qui me mettent en position de comprendre les autres, qui me permettent d'être compréhensif, attentif, d'aimer et d'aider les gens. Et les gens ressentent cette confiance. Je constate cela même en Suisse, où les choses personnelles, du fait de l'éducation, sont plus secrètes – encore plus qu'en France. Il faut donc être capable de créer ce climat de confiance très puissant pour qu'une personne puisse "se révéler" devant des étrangers. Mais les gens le font naturellement. Tout cela se fait en toute liberté. Si quelqu'un me dit : « Jacques, il y a quelque chose qui s'est passé à l'âge de 6 ans, mais je ne veux pas en parler, je ne suis pas prêt... », vous ne me verrez pas insister. Mais si la personne dit : « Il y a quelque chose qui s'est passé à l'âge de 6 ans, c'est difficile... », il faut l'encourager à s'ouvrir, mais toujours respecter la liberté de la personne, et sentir où elle en est rendue dans son cheminement, dans les étapes qu'elle est prête à franchir.


France-Spiritualités : On a l'impression que l'humanité traverse actuellement, non seulement de grands bouleversements, mais aussi une phase de guérison. Au travers de ce que vous voyez et entendez dans vos conférences, vos stages, vos séminaires, est-ce que vous partagez cette opinion ?

Jacques Martel :
J'ai envie de dire que ceux qui travaillent pour la paix dans le monde, c'est beau, c'est bien ; qu'ils continuent de le faire ! Mais moi, je ne mets pas d'énergie là-dedans.

      Je m'explique : on voit l'univers en fonction de nous-même. Un exemple que je donne lors de mes conférences, c'est que si je porte des verres teintés en vert et que je regarde le mur blanc, je vais dire que le mur est vert. Et on va me dire : « Non, Jacques, tu te trompes ! » « Mais non, je suis sûr qu'il est vert ! » Et je vais être sincère. Alors qu'est-ce qui arrive quand on s'efforce d'ouvrir la conscience sociale ou humanitaire en ce sens ? Le danger est que l'on risque de regarder les choses à travers une vision déformée par nos blessures. Ce qui est important, pour moi, en premier lieu, c'est de guérir mes propres blessures afin que j'en arrive à vivre une situation dans ma vie qui soit de plus en plus objective, que tout soit de plus en plus clair au niveau de mes émotions et de mes pensées. On regarde toujours la réalité à travers nos blessures, et moins on en a, plus la réalité est vraiment ce qu'elle est, et pas autre chose.

      Pour ce qui est des événements qui secouent actuellement l'humanité, par exemple ce qui est arrivé le 11 septembre 2001 à New York, on voit qu'ils ont un fort impact sur les gens. Les médias ont une grande part de responsabilité dans tout ceci, dans la mesure où ils diffusent l'information. Le 11 septembre, je crois que j'ai vu les avions percuter les buildings du World Trade Center au moins 60 ou 100 fois. Mais la réalité, c'est qu'ils ont percuté les tours une fois, et c'est tout. Je comprends que tout le monde n'était pas là au même moment pour regarder les nouvelles et qu'il fallait donc les rediffuser, mais le fait est que mon cerveau a enregistré l'information selon laquelle c'est un avion qui est rentré 60 ou 100 fois dans un édifice. Tout ceci crée donc des traumatismes chez les adultes, chez les enfants, et fait remonter des blessures liées à l'insécurité. Ce que je dis depuis dix ans, c'est que l'humanité va vers beaucoup de problèmes et de difficultés au niveau mental – maladies mentales ou insécurité. On remarque que les Etats-Unis, qui se croyaient en sécurité, ne le sont plus. Avec l'anthrax (maladie du charbon), cette poudre qui se problème à travers le courrier, c'est comme si l'on ne pouvait plus être en sécurité nulle part. Cela fait remonter à la surface cette insécurité qui était déjà présente chez les gens et qui ne se manifestait pas autant auparavant.

      Malheureusement, ce n'est en général que dans les périodes de grandes difficultés que l'être humain se reprend en main et retrouve ses vrais valeurs. Il faut souvent de telles circonstances pour qu'il se réveille. C'est dans les moments où l'avenir de l'humanité se trouve menacé – comme par exemple avec le trou dans la couche d'ozone – que les gens se décident à mettre de côté leurs partis pris et à agir. Ainsi, l'espoir demeure, car plus les difficultés sont grandes, plus l'être humain fait preuve d'ingéniosité pour trouver des solutions. Ceci dit, peut-être faudra-t-il, pour s'en sortir, traverser une période de souffrances ; c'est le prix à payer. (suite)




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