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Le tombeau de Jacques Cœur

article d'Anatole de Meibohm (1957)
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Cet article a paru originellement dans le N°8 de la revue La Tour Saint Jacques (janvier-février 1957). Il a été ressaisi et corrigé par France-Spiritualités. Reproduction de cette version interdite sans autorisation écrite.

      Anatole de Meibohm, l'auteur d'un bel ouvrage sur Démons, Derviches et Saints (Plon éd.), s'est rendu à l'île de Chio pour identifier le tombeau de Jacques Cœur. Voici la lettre qu'il nous adresse.

      Toute la vie de Jacques Cœur fut entourée de mystère et non moins mystérieuses furent les circonstances de sa mort. De même, l'on ne savait rien du lieu où gît le corps du grand Argentier jusqu'à ce que nous identifiions son tombeau.

      Jamais Jacques Cœur n'a tant mérité sa réputation d'alchimiste qu'après sa fuite. Seul, malade, brisé, dépossédé de son énorme richesse, il arrive en 1155 à la Cour pontificale...

      Une année plus tard, le nouveau Pape Calixte III à son élection fait vœu de lever une Croisade. Mais les Cours d'Europe restent sourdes à ses appels. Le triomphe de Mohamet le Conquérant les intimide, le sort de Byzance les laisse indifférents, et le Roi de France Charles VII s'oppose plus particulièrement à l'idée d'une pareille Croisade. Seul en Europe Centrale le héros hongrois lanos Hunyadi conduit une armée victorieuse devant Belgrade. En Italie le Pape n'a pas les moyens d'armer une flotte.

      Jacques Cœur accomplit le dernier miracle de sa vie – A cœur vaillant rien d'impossible, était sa devise – et réfugié, organise à ses frais la Croisade, arme 25 navires, dont 16 galères, 5.000 soldats, 1.000 matelots, 300 canons !

      Le secret de cette entreprise reste impénétrable, car dans cette époque pauvre par excellence, comment Jacques Cœur a-t-il réussi à se procurer tant d'argent ?

      Calixte III l'a nommé « Capitaine Général de l'Eglise contre les Infidèles » et la flotte dont il partage le commandement avec le cardinal Scarampo descend le Tibre en avril 1456.

      Après quelques batailles, la flotte occupe les îles Lesbos, Samothrace et Thassos où la population grecque, tremblante devant l'approche des Turcs, reçoit sans enthousiasme la flotte papale.

      Encore une victoire près de Lesbos, et la flotte touche à Chio.

      Cette île restera libre pendant un siècle encore sous la domination gênoise.

      Jacques Cœur y tombe malade, mais nous ne savons rien de sa maladie. Le 25 novembre 1456, les coups des canons de la flotte et de la forteresse génoise annoncent l'enterrement du capitaine Général...
...

*

*       *

      Lors de sa fuite de la prison royale, il avait trouvé refuge chez les Cordeliers. C'est dans l'église des Cordeliers, à Chio, qu'il est enterré au milieu du chœur.

      Depuis « les Turcs ont passé là »... Des anciennes églises catholiques, il ne reste plus que les ruines.

      Où chercher le tombeau de Jacques Cœur ? Tel était notre problème. En cherchant d'abord dans les souvenirs des anciens voyageurs, nous trouvons chez Jean de Thévenot qui visita Chio en 1656 : « Il y a aussi des Jacobins et des Cordeliers qui ont tous de belles églises. »

      Cornelius de Bruyn écrit en 1678 : « Les Latins y ont cinq églises... Saint-Nicolo, qui est l'église des Socolanti ou Cordeliers. » Vingt ans plus tard, il n'y a plus que des ruines, et Joseph de Tournefort dit en 1701 : « Le dôme ou la cathédrale est devenu mosquée, les autres églises ont été abattues. »

      Le grand tremblement de terre, à la fin du siècle passé, a fait disparaître les dernières ruines. Aujourd'hui, un parc public est sur leur emplacement.

      Il apparaît suivant la description des voyageurs que l'église où on enterrait les Français se trouvait 500 pas environ à S. W. de la porte de "Castro", et d'après les souvenirs des habitants les plus âgés, avant qu'on eût enlevé les ruines, que les vestiges de l'église des Cordeliers durent se trouver vis-à-vis de l'Hôtel de Ville, au milieu du parc.

      C'est probablement à ce même endroit que le monument du célèbre Canaris a étéérigé, mais il nous était impossible d'exécuter les excavations.

      Les enfants de l'île de Chio, enfin libres, jouent gaiement autour du héros en bronze. Ils ne pensent pas que c'est ici que l'homme le plus étrange de la fin du moyen âge, qui a essayé de sauver leurs ancêtres du joug turc, dort son sommeil éternel.

Ile de Chio, décembre 1956




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