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Saint Albert le Grand

(Albertus Magnus)
(1193 ou 1205, à Lavingen - 1280 novembre, à Cologne)
Fêté le 15 novembre
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Albert Poisson

Portrait d'Albert le Grand (1193 - 1280)      Albert le Grand, de l'antique famille des comtes de Bollstadt, naquit à Lavingen sur le Danube en Souabe (1193). Dans son enfance, il était fort peu intelligent, mais à la suite d'une vision, son esprit se développa, tout à coup, et il fit dès lors des progrès rapides dans toutes les branches de la science. Vers 1222, il entra dans l'Ordre de Saint-Dominique. Il enseigna dans les écoles de l'Ordre de la théologie et la philosophie.

      C'est à Cologne qu'il distingua parmi ses élèves saint Thomas d'Aquin ; ils se lièrent d'une amitié étroite et vinrent ensemble à Paris. La parole d'Albert le Grand attirait une telle foule d'auditeurs qu'il fut obligé d'enseigner sur les places publiques ; l'une d'elles a conservé son nom, c'est la place Maubert ou de maître Albert. En 1248, il revint à Cologne. Pendant dix ans, il mena dans cette ville une existence paisible favorable à l'étude ; provincial de son ordre, jouissant d'une autorité incontestée auprès de ses contemporains, aidé par ses moines dans tous les travaux qu'il entreprenait, n'ayant pas à s'inquiéter des questions d'argent, combien son existence fut différente de celle de Roger Bacon !

      En 1259, Albert le Grand fut nommé évêque de Ratisbonne ; mais il ne tarda pas à renoncer aux soucis de l'épiscopat, et s'étant démis de sa charge, il rentra dans le cloître. Il mourut à Cologne, en 1280, âgé de 87 ans.

      Œuvres complètes : Beati Alberti, Ratisbonensis episcopi opera omnia, 21 vol., in-folio. Lugduni, 1651.

      Traités alchimiques : Libellus de AlchimiaConcordantia philosophorum de lapide philosophicoDe rebus metallicisCompositum de compositisBreve compendium de ortu metallorum.

      Le présent traité, traduit pour la première fois en français, se trouve au tome IV du Theatrum chimicum, page 825. Hoeffer cite dans son Histoire de la chimie plusieurs passages de ce traité. Deux de ces passages ne se trouvent pas dans le Compositum de compositis, mais dans le Libellus de Alchimia (Theat. Chimic., tome II).

      Avec le traité De Alchimia, c'est le plus important des opuscules alchimiques d'Albert le Grand.  Albert Poisson, Cinq Traités d'Alchimie des plus grands Philosophes, Paris, 1890.



Biographie universelle ancienne et moderne

      Albert le Grand, autrement Albertus Theutonicus, Frater Albertus de Colonia, Albertus Theutonicus Ratisbonensis, Albertus Grotus, de la famille des comtes de Bollstædt, naquit, selon les uns, en 1193, selon les autres, en 1205, à Lauingen, en Souabe. On a prétendu que le surnom de Grand était qu'une traduction de Grot, Groot ; en haut allemand, Gross (Grand), nom distinctif d'une branche de sa famille ; mais cette supposition est gratuite, les comtes de Bollstædt n'ayant jamais porté ce nom ; d'ailleurs l'étendue des connaissances d'Albert, si étonnante pour son siècle, motive assez l'épithète que ses contemporains ont ajoutée à son nom. Pour jeter le plus grand éclat, et se placer au premier rang parmi les philosophes, il ne lui a manqué que de naître dans des temps plus favorables au développement d'un grand génie.

      Il fit ses premières études à Pavie, où il surpassa tous ses condisciples. La rapidité de ses progrès a été consacrée par une fable qui admet plus d'une explication. Découragé, dit la légende, par les difficultés qu'il trouvait dans la carrière des sciences, il méditait de l'abandonner, quand il fut honoré d'une visite de la sainte Vierge, qui dessilla les yeux de son entendement, et lui promit qu'il serait un jour une des plus grandes lumières de l'Eglise. Albert s'appliqua de préférence à la philosophie, et sa divine protectrice lui en accorda la faculté. A partir de ce jour, il devint tout autre, et ses progrès devinrent aussi rapides qu'ils avaient été lents jusque-là.

      L'ascendant d'un de ses maîtres, le célèbre dominicain Jordanus, le décida à entrer dans l'ordre de saint Dominique, en 1221. Sa réputation lui ayant fait confier, dans cette société, l'instruction de la jeunesse, on l'envoya bientôt en divers lieux enseigner la philosophie et la physique. Après avoir professé à Cologne, à Ratisbonne, à Strasbourg, à Hildesheim, il se rendit à Paris, dont les écoles jouissaient alors de la plus haute réputation en Europe. Albert y commenta Aristote avec le plus grand succès. Ses leçons attirèrent une si grande affluence de disciples, que les salles destinées aux cours s'étant trouvées trop petites, il fut obligé de faire la classe en plein air, sur une place qui, de son nom, retint celui de place de maître Albert, et, par corruption, de place Maubert. Comme la doctrine du philosophe de Stagyre venait alors d'être proscrite tout récemment par une bulle papale, plusieurs des biographes d'Albert ont exprimé leur étonnement et leur doute sur ses cours publics de philosophie péripatéticienne à Paris ; mais, outre qu'un raisonnement ne détruit pas un fait attesté par tous les anciens historiens de sa vie, ce n'est là qu'un exemple de plus de l'inutilité des défenses qui sont en opposition avec l'opinion générale. Albert contribua vraisemblablement à faire revenir le saint-siège sur sa décision, et il lui fut permis d'expliquer publiquement les livres d'Aristote sur la physique.

      Après trois ans de séjour à Paris, il retourna faire ses cours à Cologne. La réputation d'Albert s'accrut tellement dans son ordre, qu'on l'éleva, en 1234, à la dignité de provincial des dominicains, en Allemagne. Il fixa sa résidence à Cologne, ville qui offrait alors, plus que la plupart des autres, des ressources à l'homme studieux, et au savant qui avait du goût et du talent pour l'enseignement. Aussi conserva-t-il une prédilection marquée pour Cologne pendant tout le cours de sa longue et laborieuse vie : ni les bonnes grâces du pape Alexandre IV, qui l'appela à Rome et lui donna l'office de maître du sacré palais ; ni sa nomination, en 1260, à l'évêché de Ratisbonne, qu'il ne garda que trois ans, ne purent l'en éloigner pour longtemps. C'est probablement à Cologne qu'il fit son automate, doué du mouvement et de la parole, que saint Thomas d'Aquin, son disciple, brisa à coups de bâton, à la première vue, dans l'idée que c'était un agent du démon ; ce fut aussi à Cologne qu'Albert donna au roi des Romains, Guillaume, comte de Hollande, ce fameux banquet, dans un jardin de son cloître ou, au cœur de l'hiver, la parure du printemps se montra tout à coup, et disparut après le repas ; toutes choses fort extraordinaires dans un siècle d'ignorance tel que celui ou il vivait : enfin, le goût qu'il avait pour les expériences, et pour ce qu'il appelle lui-même des opérations magiques (Voyez Albertus Magnus, Op., t. 3, de An., p. 23, Lugd., 1651), et surtout cette variété de connaissances qui l'élevait si fort au-dessus de ses contemporains, en voilà sans doute plus qu'il n'en faut pour expliquer, et l'origine des contes absurdes dont nous avons parlé, et le titre de magicien qui lui fut donné.

      Après avoir payé un tribut à son siècle, en prêchant, par ordre du souverain pontife, la croisade en Allemagne et en Bohême, et avoir assisté au concile général tenu à Lyon en 1274, il retourna dans sa retraite, à Cologne, où il mourut, en 1280, âgé de 87 ans, et laissant plus d'écrits qu'aucun philosophe n'en avait composé avant lui. Un dominicain, Pierre Jammi, en a recueilli un grand nombre, et les a publiés, en l'an 1651, à Lyon, en 21 vol. in-fol. ; il n'en existe nulle part un catalogue complet : le plus étendu se trouve dans les Scriptores ordinis prædicatorum de Quetif et Echard, où il tient 12 pages in-fol., p. 171, s. du t. 1. Beaucoup d'écrits qui lui sont faussement attribués, ou qui sont les ouvrages de ses nombreux disciples, confondus avec les siens, ont sans doute contribué à enfler cet énorme catalogue ; mais, en défalquant tout ce qui est pseudonyme ou douteux, il en reste encore assez pour assurer à Albert le titre du plus fécond polygraphe qui ait existé. Dans la plupart de ses ouvrages, il ne fait que commenter Aristote et compiler les Arabes et les rabbins ; mais il mêle à ses extraits des discussions très subtiles, et des remarques souvent fort judicieuses.
      Il a traité de toutes les parties de la philosophie ; et, quoiqu'il n'ait pas proprement de système qui soit à lui et qui diffère essentiellement de celui d'Aristote, on peut tirer de ses écrits un corps de doctrine assez complet (1). Ceux qui voudront connaître l'ensemble de sa métaphysique, et ses idées les plus remarquables en détail, pourront consulter J. Brucker, Hist. crit. philos., t. 3, pp. 788-798 ; Bayle, article Albert ; Buhle's Lehrbuch der Geschichte der Philosophie, 5 vol., pp. 290-369, Goettingue, 1800, in-8°, et surtout l'ouvrage de feu M. Tiedemann qui a, le premier, donné une analyse lumineuse et complète du système d'Albert, dans son Histoire de la philosophie spéculative, en allemand, vol. 5, p. 369-447. Ce scolastique ne connaissait, parmi les anciens, qu'Aristote, Denys l'Aréopagite, Hermès Trismégiste, d'après des traductions latines ; quelques interprètes d'Aristote, comme Thémistius et Proclus ; Cicéron et Apulée ; il était beaucoup plus versé dans la connaissance des Arabes et des rabbins.

      En théologie, Pierre Lombard était son guide et son modèle. Son ambition aurait été de réconcilier les nominalistes avec les réalistes, au moyen d'un syncrétisme de son invention ; mais il ne fit, comme cela arrive, que multiplier les contradictions et les difficultés, et mécontenter les deux partis. Parmi les ouvrages d'Albert, on distingue son explication des Sentences de Pierre Lombard, et ses commentaires sur Aristote, qui remplissent les six premiers volumes de la collection de ses œuvres. Son commentaire sur l'histoire des animaux (Opus de Animalibus, Rome, 1478 ; Mantoue, 1479, in-fol.) offre des suppléments assez curieux, qui ont fait penser qu'il avait en main des traductions de quelques-uns des livres de ce philosophe, qui se sont perdus depuis. (Voyez Commentatio de fontibus unde Albertus Magnus librorum suorum de Animalibus maleriem hauserit ; Commentatio Soc. Gœttingens., sc., vol. 12, p. 104.) L'autorité d'Albert le Grand a beaucoup contribué à faire régner Aristote dans les écoles jusqu'à la renaissance des lettres. Il serait à désirer qu'un savant parcourût la collection entière de ses œuvres, pour en tirer les faits et les réflexions qui mériteraient d'être sauvés de l'oubli, mais que personne n'a le courage de chercher dans le latin barbare de 21 volumes in-fol.

      On trouve le catalogue des écrits d'Albert, que contient l'édition de Pierre Jammi, dans Fabricii Bibl. lat. med. et inf. œtatis, au mot Albertus. On a un grand nombre de biographies de ce scolastique, dans Bayle, Trithemius, de Scriptoribus eccles. ; Pope Blount, Censura celebr. aut. ; Naudé, Apologie des grands hommes soupçonnés de magie ; Vita Alb. M., autore Petro de Prussia (souvent imprimé) ; Ristretto della prodigiosa vita del M. Alberto Magno, descritta da Rinaldo Tacera (nom sous lequel s'est caché l'auteur, le dominicain Raphaël Badi), Florence, 1670-78. Le portrait d'Albert est dans Boissard, Bibl. chalcogr., t. 1, 3 et 4, et dans le Théâtre de Freher. Les rapsodies connues sous le nom de Secrets admirables du Grand Albert, et Secrets du Petit Albert, ne sont pas des traductions d'ouvrages d'Albert le Grand.


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(1)  Les écrits d'Albert le Grand embarrassent le cercle entier de la science religieuse et philosophique ; ils ont été d'un grand secours à saint Thomas d'Aquin, à Ambroisius Senensis, à Thomas Chantepré et à d'autres théologiens éminents, dont les noms marquent l'apogée de la philosophie catholique au moyen-âge. M. Leroux, dans son remarquable travail sur la scolastique (Voyez l'Encyclopédie nouvelle, art. Scolastique), résume ainsi les opinions d'Albert le Grand, sur quelques-unes des hautes questions que la philosophie et la religion ont pour mission de résoudre : « Suivant Albert, la cause première régit tous les êtres créés par elle. Tout ce qui est dans la nature est organisé : la loi de causalité gouverne tous les phénomènes. L'essence est distincte de l'existence ; l'existence se communique et non pas l'essence : l'essence est en Dieu, il en investit les créatures, mais ne l'incorpore dans aucune d'elles. Les individus ne sont différents entre eux que par l'accident : bien que les rayons de la divine lumière ne brillent pas pour tous d'un nouvel éclat, le même principe les anime, les féconde. D'où il suit que l'individuel est dans le temps, c'est-à-dire, comme l'a fait remarquer Guillaume d'Auvergne, que, dans l'autre vie, tous les élus n'auront qu'une seule voix pour louer Dieu : d'où il suit encore que, dans cette vie même, tous les phénomènes subjectifs et objectifs sont déterminés par une impulsion suprême qui ne comporte aucune liberté. »  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 1 - Pages 333-335)




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