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Dictionnaire mytho-hermétique

Antoine-Joseph Pernéty
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F



Faba. Le tiers d'un scrupule.

Faba agrestis. Lupins.

Fabiola. Fleurs de fèves.

Fables. On s'est beaucoup tourmenté l'esprit pour trouver des systèmes au moyen desquels on pût expliquer les Fables anciennes qu'Homère, Hésiode et plusieurs autres nous ont transmises. Les Mythologues les ont regardées comme des leçons de morale, d'autres comme des explications de physique ; quelques-uns n'y voient que des traits de la politique la plus raffinée, quelques autres pensent y trouver l'histoire entière des temps qu'ils appellent néanmoins fabuleux ; et, malgré toute la torture que tous ces Savants ont donnée à leurs esprits, ils n'ont pu réussir à les expliquer de manière à satisfaire les gens sensés et les moins difficiles. Il ne fallait, pour y réussir, que remonter jusqu'à la source des Fables, suivre leur naissance et leurs progrès ; on aurait vu que les Fables Grecques n'étaient qu'une imitation de celles des Egyptiens. Les plus anciens auteurs ont eu même soin de nous avertir que Musée, Orphée, etc., les avaient puisées en Egypte, et les avaient transportées dans la Grèce.
      Le lieu de leur naissance une fois trouvé, il ne s'agissait plus que de découvrir le père de tant d'enfants ; on aurait vu que ce fut Hermès Trismégiste, ce grand homme, cet homme célèbre dont la mémoire sera éternellement en vénération. Examinant ensuite quel but il pouvait se proposer en les inventant, on aurait trouvé qu'il avait rassemblé un certain nombre d'hommes choisis de sa main comme capables d'être instruits des sciences qu'il voulait leur apprendre, et de garder le secret sur cet art Sacerdotal, qu'il se proposait en conséquence de leur enseigner par des énigmes, des paraboles, des allégories et des fables qu'il inventa pour cet effet. Presque tous les Auteurs anciens ont parlé de ce secret qui était recommandé aux Prêtres sous peine de la vie à celui qui le révélerait. On sait d'ailleurs qu'ils se le transmettaient sous le voile des fables et des hiéroglyphes. En fallait-il davantage pour fixer les idées sur l'objet des fables ? Je crois avoir prouvé, je dirais même démontré que les fables n'en avaient point d'autre, dans mon traité des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées et réduites au même principe. C'est donc dans la matière et les procédés de cet art Sacerdotal ou Hermétique qu'il fallait chercher et puiser les explications de ces fables, et non dans l'histoire, la morale ou la politique. Je l'ai fait dans le Traité que je viens de citer, et dans les différons articles de Mythologie insérés dans ce Dictionnaire, où, pour abréger, je me contente le plus souvent de renvoyer au Traité ci-dessus.

Facca de Malaqua. Anacardes.

Facinum. Airain.

Faction. Action de faire, manière de procéder à une chose. Faction de notre divin œuvre. Zachaire.

Fada. Matière de l'œuvre parvenue à la blancheur.

Faim des Philosophes. Désir ardent d'apprendre tout ce qui regarde l'art Hermétique, et les connaissances que l'on peut acquérir par son moyen.

Faisan d'Hermès. Nom que quelques philosophes Chymiques ont donné au mercure des Sages, tant à cause de sa volatilité, qu'à cause des différentes couleurs qu'il prend dans le cours des opérations du grand œuvre.

Falcanos. Arsenic.

Falex. Fer.

Fasdir ou Sasdir. Etain, Jupiter.

Faufel. Aréca et Catechu.

Faulex. Acier.

Faunes. Qu'on appelle aussi Satyres, Sylvains. Ils habitaient les bois et les forêts. Voyez ce qu'ils signifient dans l'article de Bacchus.

Favonius. Vent qui souffle de l'endroit du ciel où le soleil se couche au temps des équinoxes. Les Anciens l'appelaient le Vent de génération et de production, le Zéphyr ou Porte de vie, parce qu'il souffle plus communément au printemps, lorsque la Nature semble se renouveler et prendre une nouvelle vie. Les Philosophes Hermétiques ont donné le nom de Favonius à la matière de l'œuvre parvenue au blanc, qui indique le printemps philosophique ; parce que la couleur noire qui la précède, annonce la mort du sujet, et le froid de la matière qui semble alors dans l'inaction, comme la Nature paraît y être pendant l'hiver.

Faux de Saturne. Qui coupe les ailes et les jambes à Mercure. Expressions des Philosophes, par lesquelles ils entendent la partie fixe de la matière de l'œuvre qui fixe la volatilité du mercure des Sages. Nicolas Flamel nous a conservé une figure symbolique d'Abraham Juif, où Saturne est représenté sous la figure d'un vieillard caduc, la bouche béante et une faux à la main, poursuivant Mercure.

Feblech. Fer ou acier des Philosophes.

Fébus. Enfant vierge.

Fèces. Terme de science Spagyrique, pris du latin fœces. Il signifie crasse, lie, impuretés, limon, ordure, excrément, et les parties les plus grossières, impures et étrangères qui se précipitent au fond des vases, et que l'on appelle autrement résidence, particulièrement lorsqu'il s'agit des liqueurs quand elles se purifient d'elles-mêmes, comme le vin.

Fèces du nitre. Salpêtre.

Fecla. Lie de vin.

Fedeum ou Fedum. Safran.

Felda. Argent, Lune des Philosophes.

Fel Vitri. Ecume de verre.

Fel Draconis. Mercure de l'étain.

Femme. Les Chymistes Hermétiques ont donné communément le nom de Femme ou de Femelle à leur Lune, ou mercure des Philosophes ; quelquefois aussi à leur matière volatile dans tous les états où elle se trouve pendant le cours des opérations du magistère. C'est ce qui la leur a fait personnifier pour en composer les anciennes fables tant Grecques qu'Egyptiennes, dans lesquelles on lui a donné les noms de Cybèle, Cérès, Isis, Latone, Coronis, Europe, Léda, etc. Quand ils l'ont appelée Femme blanche, ils avaient en vue la circonstance où cette matière est parvenue au blanc.

Femme des Philosophes. C'est le mercure ; et l'homme, ou le mâle, est le soufre.

Femelle. Les Philosophes Chymiques disent que leur mercure est mâle et femelle, ou androgyne ; mais lorsqu'ils parlent en particulier de femelle, ils entendent leur mercure, et par mâle le soufre.

Femelle blanche. C'est le mercure au blanc.

Fer des Philosophes. Magistère parvenu au rouge couleur de rouille de fer, parce qu'alors sa couleur approche de celle du Crocus Martis. On appelle cette circonstance de l'œuvre le Règne de Mars. Voyez Règne.

Ferment. En termes d'Alchymie, est une matière fixe, qui, mêlée avec le mercure, le fait fermenter et lui donne sa propre nature, comme le levain fait à la pâte.

Ferment. (Sciences Herm&eaucte;tiques) Il y a plusieurs sortes de ferments ; les uns sont simples, les autres composés. Les simples sont ceux qui sont homogènes et sans mélanges, tels que les éléments et les âmes extraites de leurs corps. Les composés sont ceux qui ont été mêlés avec d'autres, tels que les corps réduits en nature de soufre, et joints avec leur huile, il y a aussi des ferments sulfureux des corps imparfaits ; on les appelle ferments moyens. Mais si l'on ignore la façon de réduire les métaux parfaits en leur première matière ; c'est-à-dire, en leur mercure, on tentera en vain de parvenir à la fin de l'œuvre, parce qu'on ne pourra faire ni ferment simple, ni ferment composé, en quoi consiste le secret de l'élixir.
      Il faut observer de plus qu'il y a deux sortes de matière première : l'une est prochaine, l'autre éloignée. La prochaine est l'argent-vif, l'éloignée est l'eau ; car l'argent-vif a été premièrement eau, puis terre, ensuite eau, et enfin eau sèche. La réduction des corps parfaits en mercure, ou en leur première matière, n'est qu'une résolution d'une matière parfaite, fixe, blanche, rouge et congelée.
      Les ferments doivent être très bien prépares avant de les employer pour la fermentation. Cette préparation consiste à les faire passer par tous les principaux régimes du magistère ; c'est-à-dire, qu'ils doivent premièrement ressembler à de la poudre calcinée au moyen de la liquéfaction, ensuite devenir une poudre dissoute, puis une poudre congelée, et enfin une poudre sublimée et exaltée.
      Tout le secret consiste à mortifier et à endurcir ; car sans cela on ne pourrait la fixer. La cendre d'argent est ferment dans l'œuvre au blanc, et la cendre d'or dans l'œuvre au rouge. L'or et l'argent des Philosophes est leur eau, et cette eau est le ferment du corps ; ces corps sont leur terre ; le ferment de cette eau divine est une cendre, parce qu'elle est ferment du ferment.
      Il faut donc joindre l'argent avec l'argent, et l'or avec l'or, c'est-à-dire, l'eau avec la cendre, ou le ferment avec le ferment. Tout cela s'entend de la médecine du second ordre, qui consiste à joindre l'humide avec le sec, d'abord après leur préparation. L'humide est l'esprit liquide purgé de toute impureté, et le sec est le corps pur et calciné.
      Lorsque le magistère est parvenu à un certain degré de perfection, il faut y ajouter un ferment, qui est l'or, afin qu'il change toute la matière en sa propre nature, et détermine le magistère à la nature métallique, qui avant ce mélange était indéterminé. Apres que ce mélange a fermenté, toute la pierre est tellement fixe, qu'elle devient ferment, et principe de fixité pour tous les métaux sur lesquels elle sera projetée. Quand on veut s'en tenir au blanc, il faut prendre la Lune pour ferment, et bien prendre garde à ne pas s'y tromper.
      Quelques-uns donnent le nom de ferment au mercure, quand on en fait les imbibitions pour la multiplication de la pierre. La pierre philosophale parfaite n'est proprement qu'un ferment qui se mêle et s'insinue dans toutes les parties des métaux imparfaits sur lesquels on la projette en très petite quantité, à proportion du degré de perfection qu'on lui a donné par les opérations réitérées sur la même matière. Elle en sépare tout l'impur et l'hétérogène, et s'appropriant tout ce qui est de sa nature, en fait de l'or si le ferment est or, de l'argent si le ferment est argent. C'est donc mal-à-propos qu'on dit que les Alchymistes cherchent à faire de l'or ; la première intention des vrais Philosophes est de trouver un remède contre les maux qui affligent la nature humaine ; la seconde est de trouver un ferment, qui, mêlé avec les métaux imparfaits, puisse manifester ce qu'ils contiennent d'or, qui avant la projection était renfermé dans ces métaux, et confondu avec des parties hétérogènes et terrestres diversement combinées entre elles, de manière que la différence des combinaisons faisait la diversité des métaux, dont le principe est le même, mais la cuisson et la digestion différentes. Ce ferment ne fait qu'achever et perfectionner en peu de temps cette cuisson, que la Nature n'aurait pu faire que dans la durée de plusieurs siècles; et qu'elle n'aurait même jamais fait dans les métaux imparfaits, faute d'un agent assez actif pour en séparer l'impur qui s'y mêle sans cesse par le défaut de la matière où ils sont renfermés.

Fermentation. En terme de Physique, est une séparation naturelle de la matière sulfureuse d'avec la saline dans un corps, ou lorsque par la jonction de ces deux matières il se compose naturellement un mixte.

Fermentation. Action de l'air sur les mixtes, qui en s'y raréfiant, en altère la forme, en désunit les parties sans y produire une dissolution entière comme la putréfaction. La fermentation tient le milieu entre la liquéfaction et la putréfaction. Toutes trois sont des effets de la raréfaction ; mais la putréfaction introduit des parties aqueuses dans les pores des mixtes, la fermentation des parties aériennes, et la liquéfaction des parties ignées. Il y a trois espèces de fermentations ; celle qui se fait par enflure, gonflement, tuméfaction, ébullition, et inflammation ou échauffement interne du mixte ; la seconde est proprement la fermentation ; et la troisième est l'acétification ou aigreur survenante au mixte. La première se voit dans toutes les enflures qui surviennent aux parties molles des animaux, quand ils ont pris du venin, ou qu'ils ont reçu quelque coup un peu violent, ou qu'elle est occasionnée et causée par quelque maladie ; tels sont les boutons avant qu'ils soient purulents, les bubons, les pustules de la petite vérole, des maux vénériens, etc. On dit alors que le sang fermente, et il faudrait plutôt dire qu'il y a ébullition dans le sang. Becher. Cette ébullition ou gonflement se fait aussi remarquer dans les viandes qu'on appelle venteuses, ou flatueuses, telles que les pois et autres légumes semblables ; lorsqu'on les fait cuire, on les voit se gonfler à mesure que l'air, qui y est renfermé, s'y raréfie. On voit aussi cette ébullition ou gonflement dans les mélanges des matières minérales ; lorsque, par exemple, on verse de l'huile de tartre sur de l'alun. La même chose arrive, si après avoir fait sécher la chaux des métaux faite à l'eau forte, on jette un peu de cette chaux dans de l'huile de tartre. Glauber.
      Les gens qui ferment le foin avant qu'il soit bien sec, ont, malheureusement pour eux, une funeste preuve de cette ébullition ou échauffement ; le fumier de cheval s'échauffe aussi par lui-même. Cette ébullition qu'on appelle aussi effervescence, est comme une préparation à la fermentation et à la putréfaction.
      La fermentation proprement dite, est la raréfaction d'un corps dense, par l'interposition de l'air dans ses pores. Le trop grand froid, la trop grande chaleur, et l'empêchement de l'accès libre de l'air ou de son action, sont des obstacles à la fermentation. Elle doit donc se faire dans un vase ouvert, ou dans lequel il y ait assez de vide pour que l'air puisse s'y raréfier. Au commencement de la fermentation le mouvement du vaisseau y est contraire ; sur la fin il y aide, pourvu qu'il ne soit pas trop violent. Lorsque la fermentation se fait dans un vase ouvert, le corps fermenté a beaucoup moins de force que lorsqu'elle est faite dans un vase fermé ou bouché, ce que l'on remarque dans les vins qu'on appelle fous. Le levain fait fermenter la pâte.
      L'acétification ou aigreur est le commencement de la fermentation, comme elle en est une espèce quand elle est complète; et cette aigreur a la raréfaction pour cause. L'élévation et évaporation des parties subtiles et sulfureuses des liqueurs est la cause de l'aigreur ; et si la fermentation se fait dans un vase clos, elle sera beaucoup plus longue ; par cette raison l'aigreur en sera plus forte, et ne succédera à la fermentation, que lorsque les parties grossières auront enveloppé et condensé les parties subtiles. Les vins les plus violents sont les meilleurs pour faire le vinaigre.

Fermentation. (Sciences Hermétiques) Philalèthe définit la fermentation Hermétique, dans la médecine du second ordre, l'incorporation de celui qui anime, la restauration de la saveur, l'inspiration de l'odeur, et le supplément des êtres. Et tout cela ne signifie que la réduction de puissance en acte du corps qui donne la teinture et de celui qui la reçoit.
      Si vous ne savez donner le feu au feu, le mercure au mercure, vous ne réussirez jamais ; c'est en quoi consiste toute la perfection du magistère et la médecine du second ordre. Il faut aussi savoir que tous les termes ci-après se rapportent à cette médecine : inspirer, vivifier, semer, mettre, mêler, joindre, infuser, incorporer, marier, donner, épouser, fermenter, tuer, mortifier, congeler, fixer et teindre.
      La fermentation est une des opérations que les Philosophes ont tenue des plus secrètes, et n'en ont parlé que par énigmes et paraboles fort obscures, afin de ne point en découvrir le secret, lequel si on l'ignore, on travaille en vain. Hermès dans le 7° livre de ses Traités, en parle plus clairement qu'aucun autre Philosophe, lorsqu'il dit que les ferments sont composés de leur propre pâte; il ajoute ensuite que les ferments blanchissent le composé, l'empêchent d'être brûlé, retardent le flux de la teinture, consolident les corps, et en augmentent l'union. Ceux qui cherchent le ferment dans les minéraux sont dans l'erreur.
      Ce que les Philosophes appellent proprement fermentation est l'opération de l'élixir. Il ne suffit pas, pour parfaire le grand œuvre, de pousser le magistère au rouge. La pratique de la pierre, dit d'Espagnet, s'achève par deux opérations ; l'une consiste à créer le soufre ou magistère, l'autre à faire l'élixir, et ce dernier se fait par la fermentation. En vain tenterait-on la projection, si la pierre n'est fermentée. Le magistère au rouge est un soufre ou une terre très subtile, extrêmement chaude et sèche ; elle cache dans son intérieur un feu de nature très abondant, qui a la vertu d'ouvrir et de pénétrer les corps des métaux, et de les rendre semblables à elle ; ce qui lui a fait donner le nom de père et de semence masculine. Mais de ce soufre il faut en créer un second, qui pourra ensuite être multiplié à l'infini. Ce soufre se multiplie de la même matière dont il a été fait, en y ajoutant une petite partie du premier, et fermentant le tout avec le ferment rouge ou blanc, selon l'intention de l'Artiste. La fermentation se fait ainsi, suivant Philalèthe : prenez une partie de ce soufre igné et trois parties d'or très pur, faites fondre le soleil dans un creuset neuf, et quand il sera liquéfié, jetez-y votre soufre, prenant bien garde qu'il n'y tombe aucun charbon. Quand ils seront fondus ensemble, jetez le tout dans un vase de terre, ou dans un autre creuset, et vous aurez une masse très rouge et friable. Prenez une partie de cette masse en poudre fine, que vous mêlerez avec deux parties de mercure philosophique. Mêlez bien le tout, et l'ayant mis dans l'œuf, recommencez la première opération, avec le même régime ; vous pourrez réitérer cette fermentation, si vous le voulez.

Fermenter. Les Philosophes recommandent très souvent de fermenter la matière ; mais ils n'entendent pas toujours la même chose. Quelquefois ils parlent de la fermentation pour la confection de l'élixir, et quelquefois de la continuation du régime pour passer d'une couleur à une autre ; c'est dans ce dernier sens qu'il faut les entendre, lorsqu'ils disent qu'il faut épaissir, teindre et fermenter la première composition. C'est la même chose que semer l'or dans la terre blanche feuillée. Philalèthe l'explique ainsi dans son traité De vera Confectione Lapidis Philosophici. Semez votre or, dit-il d'après Hermès, dans une terre blanche feuillée. Semez, c'est-à-dire, joignez, fermentez votre or, c'est-à-dire, l'âme et la vertu tingente, dans une terre feuillée, c'est-à-dire, dans votre matière dépouillée de toutes ses superfluités.

Fermer. Coaguler, remettre en corps, fixer une matière liquide ou volatile.

Feru. Jupiter, ou étain.

Feu. En termes de Physique, matière de la lumière. C'est le feu proprement dit. Le feu ordinaire, tel que celui de nos fourneaux et de nos cheminées, est un liquide composé de la matière de la lumière et de l'huile du bois, du charbon, ou des autres matières combustibles et inflammables.
      Le feu du soleil n'est que la simple matière de la lumière répandue dans l'air, sans le mélange d'aucune matière huileuse du bois, ou semblable, poussée par le soleil. Cette matière étant réunie par un verre ardent, et poussée en assez grande quantité contre quelque corps que ce soit, le pénètre, le traverse, et en désunit les parties à peu près de la même manière que nous voyons agir le feu ordinaire. Ces deux feux n'agissent pas par le même moyen. Le feu du soleil agit par lui-même, il est poussé par cet astre seul, il agit également dans le vide comme dans l'air libre. Notre feu ordinaire n'agit que selon les lois de l'équilibre des liqueurs. L'air plus pesant que la flamme la pousse, selon ces lois, sans quoi elle serait sans mouvement, et peut-être sans action ; car elle ne saurait subsister ni agir dans un lieu vide d'air. Les effets de ces deux feux sont en conséquence un peu différons. Un métal fondu avec un verre ardent, et coagulé après, a les pores et les interstices plus serrés que le même métal qui aurait été mis en fusion par notre feu ordinaire, parce que les parties de celui-ci qui se sont engagées et qui ont pénétré dans les interstices de ce métal, sont plus grossières et ont laissé des passages plus ouverts. Dé-là vient aussi que les dissolvants ordinaires des métaux agissent moins sur ces métaux mis en fusion par le feu du soleil, que sur ceux qui l'ont été par le feu commun.
      Feu. En termes de Chymie, se dit également de tout ce qui fait l'office du feu élémentaire. Ils le réduisent cependant à plusieurs sortes, qui sont :
      Le feu naturel inné dans la matière, dont chaque individu a une portion, qui agit plus ou moins, selon qu'il est excité par le feu solaire, ou le feu de cendres, qui consiste à mettre des cendres dans un vase, où l'on met le vaisseau qui contient les matières sur lesquelles on fait des opérations, et l'on entretien le feu vulgaire dessous, qui échauffe les cendres, et les cendres le vaisseau avec la matière contenue. Le feu de cendres a une chaleur moyenne entre le feu de sable et le bain-marie.
      Le feu de sable n'est autre que le sable substitué à la cendre. Sa chaleur tient le milieu entre le feu de sable et le suivant.
      Le feu de limailles, que l'on met au lieu de sable, quand on veut avoir une chaleur plus vive. Ce feu approche beaucoup de celui qu'on appelle feu ouvert ou feu libre, c'est-à-dire, qui agit immédiatement sur le vase qui contient la matière sur laquelle on opère; tel est le feu de fusion, qui est de deux sortes :
      Le feu de charbons et celui de flammes. L'un et l'autre servent aux fusions, cémentations, épreuves, calcinations, réverbères. Celui de flammes se nomme feu vif ; il sert particulièrement pour le réverbère.
      Quelques-uns emploient aussi des mottes de Tanneurs pour avoir un feu doux et égal.
      Les Philosophes Hermétiques ont aussi leur feu, auquel ils donnent des propriétés tout-à-fait opposées au feu élémentaire dont nous venons de parler.
      Riplée distingue quatre sortes de feux : le naturel, l'innaturel, le feu contre nature, et le feu élémentaire. Raymond Lulle ne le divise qu'en trois : le feu naturel, le non naturel, et le feu contre nature ; mais tous disent que le feu qu'ils appellent philosophique n'est pas le feu vulgaire ; et que tout le secret de l'art consiste dans la connaissance de la matière de l'œuvre et dans le régime du feu.
      Pontanus dit qu'il ne se tire point de la matière de la pierre ; qu'il est ingénieux, et qu'il a travaillé trois ans sur la vraie matière, sans pouvoir réussir, parce qu'il ignorait le feu philosophique, dont il a été instruit par la lecture du livre Artéphius (Clavis major/font>). Christophe Parisien, dans son traité de Arbore solari, fait un parallèle du feu vulgaire et du feu philosophique, où il en marque toutes les différences.
      Bernard, Comte de la Marche Trévisanne, connu sous le nom du bon Trévisan, dit dans son traité de la Parole délaissée : Faites un feu non de charbons, ni de fient, mais vaporant, digérant, continuel, non violent, subtil, environné, environnant, aëreux, clos, incomburant, altérant.
      Pontanus dit que ce même feu est métallique et qu'il participe du soufre.
      Il faut distinguer chez les Sages deux sortes de feu, le feu inné de la matière, et le feu externe et excitant. Ils donnent aussi le nom de feu à leur mercure ou eau céleste ; et quand ils parlent de ce dernier, ils disent comme Van-Helmont : les Chymistes vulgaires brûlent et calcinent avec le feu, et nous avec l'eau. C'est ce feu en puissance qui ne brûle pas les mains, et qui manifeste son pouvoir lorsqu'il est excité par l'extérieur.
      Ce feu est celui qu'ils ont appelé naturel, parce qu'il est dans la matière ; et contre nature, parce que c'est une eau qui fait de l'or un esprit, ce que le feu vulgaire ne saurait faire. Les Philosophes nomment aussi feux contre nature toutes les eaux-fortes vulgaires, par opposition à leur eau qui vivifie tout, au lieu que les eaux-fortes détruisent la nature.
      Le feu des Sages gradue comme celui des Chymistes vulgaires, mais d'une manière bien différente. Le premier degré est celui du soleil en hiver ; c'est pourquoi ils disent qu'il faut commencer l'œuvre sur la fin de l'hiver ; le second est celui d'Aries ou du printemps ; le troisième est celui du mois de juin ; et le quatrième celui du mois d'août. Ils ont donné divers noms à ces degrés de feu : Feu de Perse, Feu d'Egypte, Feu des Indes, etc. Ils semblent même se contredire ouvertement entre eux. Lorsque l'un dit, il faut augmenter le feu à chaque mutation de couleurs (Arnauld de Villeneuve) ; l'autre dit, il faut toujours un feu du même degré. Mais on doit savoir que l'un parie du feu extérieur, et l'autre du feu interne.
      Chaque règne de la Nature a son feu analogue, dont il faut faire usage dans les opérations philosophiques. Lorsqu'ils se servent du terme Popansis, ils entendent la coction qui mûrit la matière par la chaleur naturelle ; Epsesis ou Elixation, c'est par leur mercure et leur chaleur humide ; Optesis ou Assation, c'est la coction qui se fait par la chaleur sèche. Gaston le Doux.

Feu de suppression ou azotique. C'est celui qui environne tout le vaisseau.

Feu matériel. C'est celui de cendres.

Feu végétal. C'est le tartre.

Feu infernal. C'est un lieu médiocrement chaud.

Feu azotique. Voyez Feu de suppression.

Feu secret. C'est celui du mercure des Sages.

Feu humide. C'est l'azot.

Feu dit simplement. C'est le soufre.

Feu et Eau. C'est le soufre et le mercure.

Feu central. C'est le soufre de la matière.

      Après avoir rapporté quelques-uns des feux dont parlent les Philosophes pour s'accommoder à la manière de penser et d'agir des Chymistes vulgaires, il est bon d'avertir qu'il ne faut pas se laisser tromper par leur ingénuité apparente sur cet article, et quoique Basile Valentin nous dise que le feu des Philosophes est le feu vulgaire, on ne doit cependant l'entendre que du feu commun à tout le monde, c'est-à-dire, du feu de la Nature qui est répandu dans tous les individus, et qui leur donne la vie. Il est aisé de s'en convaincre quand on suit les Philosophes pas à pas, et qu'on les lit avec attention ; deux exemples suffiront pour cela. D'Espagnet dit, en parlant de l'extraction du mercure des Sages : Plusieurs ont cherché notre mercure dans le vitriol et le sel, quelques-uns dans la matière du verre, parce qu'elle a une humeur radicale si opiniâtrement attachée et adhérente aux cendres, qu'elle ne cède qu'à la plus grande violence du feu ; mais notre mercure se manifeste par le doux feu de la Nature, qui, à la vérité, agit beaucoup plus lentement. Il ajoute même : Fuyez le fractricide, fuyez le tyran du monde, de qui il a tout à craindre dans tout le cours de l'œuvre. Philalèthe s'explique ainsi, dans son ouvrage qui a pour titre : Enarratione methodica trium Gebri medicinarum, feu de vera Lapidis philosophici confectione. Après avoir parié des différons régimes qu'on doit observer pendant les quatre saisons philosophiques, on voit clairement par ce que nous venons de dire, que quoiqu'il n'y ait qu'une seule opération pour la confection de notre pierre, savoir, une seule décoction avec le feu naturel, l'état de la chaleur varie cependant de trois manières.
      Il est bon de remarquer qu'il y a un feu extérieur excitant, c'est-à-dire, que la matière doit être conservée dans un degré de chaleur continuelle ; mais que ce feu ne doit être, comme le dit le Trévisan, qu'un garde froidure ; et l'Auteur du Grand Rosaire recommande un feu extérieur d'une chaleur si tempérée, qu'elle ne doit point excéder la chaleur intérieure de la matière.
      Que l'on fasse donc un feu administré proportionnellement à celui de la Nature, un feu subtil, aérien, clos, environné, persévérant, constant, évaporant, digérant, humide, pénétrant, altérant, propre à mêler les matières et à exclure le froid.

Feu artificiel. C'est le mercure dissolvant des Philosophes.

Feu corrodant. Mercure dissolvant des Sages.

Feu contre nature. C'est le même que Feu corrodant.

Feu humide. Voyez Feu artificiel.

Feu. Très souvent les Chymistes donnent ce nom aux huiles, et aux liqueurs fortes, ardentes et brûlantes. Le Feu de Vénus est l'huile extraite du soufre du cuivre. On l'appelle aussi Etre ou Essence de Vénus.

Feu Saint-Antoine. Quelques Chymistes se sont encore servi de ces termes pour exprimer la chaleur naturelle. Johnson.

Feu étranger. Mercure des Sages après la réunion du corps et de l'esprit.

Feu inné. Voyez Feu étranger.
Feu humide. S'entend aussi de la chaleur du fumier et du bain de vapeur. Il se prend quelquefois pour le Bain-Marie.

Feu de putréfaction. Voyez Feu humide.

Feu de fient ou de fumier. C'est lorsqu'on enterre le vase où est la matière dans du fumier chaud de cheval. Cette chaleur est d'un grand usage pour la digestion des matières, et leur putréfaction.

Feu digérant. Chaleur douce, soit sèche, soit humide, à laquelle on expose la matière qu'on veut faire digérer, renfermée dans un vaisseau clos ou non.

Feu de charbons. C'est lorsqu'on met la matière seule, ou dans un vase, sur des charbons allumés.

Feu de flammes. Chaleur la plus violente de toutes, particulièrement si on l'excite avec des soufflets. C'est lorsqu'on expose la matière nue, ou dans un vase, à l'ardeur de la flamme. Elle est d'usage pour les calcinations, fusions des matières dures et compactes. Elle est la plus usitée pour le réverbère.

Feu de roue. C'est lorsqu'on ensevelit le vase dans du charbon, de manière qu'il en soit environné dessus, dessous et par les côtés. On l'allume peu à peu dessous, et on l'entretient lorsque les charbons sont tous enflammés, en y ajoutant de nouveaux, à mesure que les autres se consument, si l'opération le demande.

Feu libre. Est celui dont la chaleur frappe immédiatement la matière ou le vaisseau qui contient cette matière. C'est en quoi il diffère des bains.

Feu empêché ou de milieu. Est celui qui ne se fait sentir à la matière, ou au vase qui la renferme, qu'au moyen d'un autre vase dans lequel celui-ci est contenu. Les bains de sables, de cendres, etc. sont des Feux de Milieu, ou empêchés.

Feu de nature. Racine ou principal ingrédient du composé philosophique. Riplée l'appelle Père du troisième menstrue. C'est proprement le soufre mûr et digéré de l'or des Sages.

Feu de la terre. C'est le soufre ou phlogistique.

Feu contre nature. C'est un des principes matériels du composé des Philosophes. C'est par la réunion de ce feu avec celui de nature, qu'il en résulte un troisième appelé Feu innaturel.

Feu innaturel. Résultat de la réunion du feu de nature et du feu contre nature des Philosophes. Ce feu innaturel est la cause de la putréfaction, de la mort du composé, et de la vraie et parfaite solution philosophique. Ces feux ne sont donc point, comme les Philosophes l'assurent avec raison, un feu de charbons, de cendres, de sable ou de lampe, et ce sont proprement ce feu de nature, etc. qu'ils appellent leur Feu secret, leur Feu philosophique. C'est de ces feux qu'il faut entendre tout ce qu'en ont dit Artéphius, Pontanus, Riplée et tous les autres Philosophes ; et lorsque Pontanus dit qu'il se tire d'ailleurs que de la matière, il faut l'entendre du feu de nature minéral et sulfureux qui se trouve dans le principe essentiel, dont le poids de la matière n'est pas augmenté.

Feu de lampe. Eau ou mercure des Philosophes, et non le feu d'une lampe ordinaire, comme quelques-uns l'ont conclu des paroles d'Artéphius, lorsqu'il dit : Nous avons proprement trois feux, sans lesquels l'Art ne peut être parfait. Le premier est le feu de Lampe, qui est un feu continuel, humide, vaporeux, aérien, et il y a de l'artifice à le trouver. Il s'explique peu après en ces termes : le second est le feu de cendres... ou, pour mieux dire, ce feu est cette chaleur fort douée, qui vient de la vapeur tempérée de la lampe. Philalèthe le dit encore plus clairement dans son traité qui a pour titre : Manuductio ad rubinum cœlestem. Notre eau, dit-il, n'est pas le mercure vulgaire, c'est une eau vive, claire, brillante, blanche comme la neige, chaude, humide, aérienne, vaporeuse et digérante. C'est cette chaleur de la lampe qui étant administrée avec douceur, et étant tempérée, entourera la matière et la cuira, jusqu'à ce que, par la calcination, elle produise le feu de cendres. C'est dans ces feux que la vase est scellé hermétiquement. Cette eau est notre vase, et dans elle se trouve notre fourneau secret, la chaleur duquel doit être modérée et administrée en proportion géométrique pour que l'œuvre réussisse.

Feu de cendres. Second feu requis, selon Artéphius, pour la perfection du magistère. Mais on ne doit pas l'entendre du feu de cendres de bois ou autre matière, tel qu'est le feu de cendres des Chymistes. Les Philosophes Hermétiques l'entendent de la vapeur douce, tempérée du Feu de Lampe, dont voyez l'article.

Feu externe. Le feu des Philosophes qu'ils appellent externe, ne s'entend pas du feu extérieur, mais du feu étranger à celui de la matière du magistère. C'est de ce feu externe qu'ils parlent, lorsqu'ils disent qu'il faut donner le feu au feu, et le mercure au mercure. Ce que Majer a représenté dans ses Emblèmes, par un homme tenant un flambeau allumé qu'il approche d'un feu allumé dans une forge, et par un Dieu Mercure qui va joindre un autre Mercure. Ce feu est appelé par quelques-uns Feu occasionné, Ignis occasionatus. Ce feu sert aussi de nourriture à l'Enfant philosophique.

Feu algir. En termes d'Alchymie, est le feu le plus vif qu'on puisse avoir.

Feu élémentaire. Est quelquefois pris par les Chymistes pour le soufre. Rulland.

Feu sans lumière. C'est le soufre des Philosophes.

Feu de chasse. C'est en Chymie, un feu continué jusqu'à ce que la matière ne distille plus rien.

Feu de réverbère. Voyez Réverbère.

Feu de génération. C'est le feu Philosophique.

Feu céleste. C'est le mercure des Philosophes, quand il s'agit de Science Hermétique. En Physique, c'est le feu solaire.

Feu céleste enclos dans une eau. C'est le mercure philosophique.

Feu dragon. Voyez Feu céleste. On l'appelle Dragon, parce qu'il dévore tout ce qui est corrompu.

Feu de la matière. Est ce qu'ils ont appelé leur Or vif, leur Feu secret, leur Agent, etc.

Feu de lion. C'est l'élément du Feu, appelé Æther.

Feu. On distingue ordinairement dans le feu quatre degrés de chaleur. Le premier est celui du bain, du fumier, ou de digestion. C'est le plus doux, et ce que nous appelons tiède. Il se connaît par le tact, et par ses effets. Il faut pour le tact, que la main puisse soutenir l'effet du feu sans une sensation vive ; elle ne doit faire qu'une douce et légère impression. Le Feu vaporeux des Philosophes est de ce genre ; ils le comparent à la chaleur qu'éprouvent les œufs lorsque la poule les couve, ou à celle que l'on sent lorsqu'on applique la main sur la peau d'un homme sain.
      Le second degré est celui du bain de cendres ; il est plus vif que celui du bain d'eau tiède, ou du bain vaporeux ; mais il doit être néanmoins si modéré, qu'en se faisant sentir plus vivement, les organes n'en soient point altérés.
      Le troisième est une chaleur qu'on ne doit pas pouvoir supporter sans se brûler, telle que celle du bain de sable, ou de limaille de fer.
      Le quatrième est une chaleur aussi violente qu'on puisse la donner ; c'est celle des charbons ardents et de la flamme, qui sépare, désunit les parties des mixtes, et les réduit en cendres ou en fusion. Tel est le feu de réverbère.
      Tous ces degrés ont cependant encore chacun leurs degrés d'intensité, et lorsqu'on les compare entre eux relativement aux corps sur lesquels la chaleur agit, ce qu'on regarderait comme le quatrième degré par rapport à une plante, ne serait que le premier eu égard aux métaux. Lorsqu'on dit aussi que le premier degré est celui du bain d'eau, il faut encore faire attention que l'eau s'échauffe par différents degrés : le premier est lorsqu'elle commence à tiédir ; le second, quand elle fume et se fait notablement sentir ; le troisième, lorsqu'elle altère les organes ; et le quatrième lorsqu'elle commence à bouillir, qui est son plus grand degré de chaleur, qui, selon les observations, n'augmente plus pendant l'ébullition. Ces degrés sont encore plus aisés à observer dans l'huile que dans l'eau.

Feu philosophique. Les propriétés de ce feu sont telles : c'est avec lui que les Sages lavent leur matière, ce qu'ils ne disent que par similitude, parce que ce feu purifie leur mercure.
Il fait tout et détruit tout. Il congèle le mélange de la pierre. Il corrige le froid de la terre et de l'eau, et leur donne une meilleure complexion. Il lave les impuretés de l'eau, et ôte l'humidité superflue de la matière. Lui seul change la nature et la couleur de l'eau et de la terre. Il vivifie et illumine le corps, lorsqu'il se mêle avec lui. Ce feu putréfie, et fait ensuite germer de nouvelles et différentes choses. Il ferme les pores du mercure, lui donne du poids, et le fixe. Sa vertu aiguë et pénétrante est si active, que rien ne l'égale quand il s'agit de purifier les corps. Il conduit à maturité tout le compost, il le subtilise et le rubéfie. Il ôte tout le venin et la mauvaise odeur de la matière. Il change la qualité de la pierre et en augmente la quantité. Il est enfin comme un juge qui discerne et sépare le bon du mauvais. Il faut remarquer, suivant Philalèthe, que tout ce que nous venons de dire du feu, regarde la médecine du premier ordre.

èYU6 Feu sacré. Les Chaldéens adoraient le Feu, et la ville d'Ur prit son nom de là : ils y entretenaient perpétuellement un feu. Les Perses étaient encore plus superstitieux sur ce sujet que les Chaldéens ; ils avaient des temples qu'ils nommaient Pyrées, destinés uniquement à conserver le Feu sacré. Les Grecs, les Romains, les Gaulois avaient aussi une grande vénération pour le Feu. Son culte subsiste même encore aujourd'hui dans les Indes et en plusieurs pays de l'Amérique. Quelques auteurs ont prétendu que ce n'était qu'à cause du soleil, dont la chaleur vivifiante animait toute la Nature. Les noms les plus connus sous lesquels le Feu était adoré, sont Vulcain et Vesta. On peut voir ce qu'on entendait chez les Egyptiens et les Grecs par ce Dieu et cette Déesse, dans les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées.

Fève. Est le nom que quelques Chymistes ont donné à la troisième partie du poids d'un scrupule.

Fida. Or des Philosophes.

Fidda. Argent des Chymistes Hermétiques.

Fider. Céruse.

Fideum. Safran.

Fidex. Céruse.

Fidhé. Lune des Philosophes.

Fido. Argent-vif des Sages.

Fiel du Dragon. Mercure de l'étain.

Fiel de verre. Ecume de verre, ou sel qui se sépare et surnage le verre pendant qu'il est en fusion.

Fient ou Fient de cheval. Matière de l'œuvre au noir, ou en putréfaction.

Fille de Platon. Nom que quelques Philosophes chymiques ont donné au mercure des Sages.

Fille d'Hippocrate. C'est la pierre au blanc parfait. Dictionnaire Hermétique

Fille du grand secret. C'est la pierre philosophale que tant de monde cherchent, et que si peu trouvent, à cause du grand secret que les Philosophes chymiques ont gardé sur les différentes opérations nécessaires pour y parvenir.

Filletin. Ce sont des lames de fer. Rulland.

Fils du Soleil et de la Lune. C'est le mercure des Sages. Son père est le Soleil, et sa mère est la Lune. Hermès.

Fils de la Vierge. C'est le même mercure, appelé ainsi, parce qu'il s'extrait d'une terre vierge vitriolique et adamique, qui n'a encore rien produit. Quand les Philosophes Hermétiques parlent de terre, il ne faut pas s'imaginer qu'ils entendent la terre sur laquelle nous marchons, quoiqu'ils disent qu'on la foule souvent aux pieds.

Fils des Philosophes. Ce sont les enfants de la Science, ceux qui y sont parvenus par la lecture des livres ou par les instructions verbales des Adeptes.

Fils de Vénus. C'est l'oripeau, ou le laiton.

Fils de Saturne. Mercure des Philosophes.

Fils d'un jour. C'est la poudre de projection. Quelques-uns ont donné ce même nom à l'œuf des oiseaux, quand il est frais.

Filtre des Philosophes. C'est leur mercure.

Filtre de la Nature. C'est l'air.

Filum arsenicale. Arsenic sublimé.

Firex. Huile en général.

Firmament. Quelques Chymistes ont donné ce nom à la pierre appelée Lapis lazuli, à cause de sa couleur bleue, parsemée de petits brillants qui y forment comme des étoiles.
      Firmament, en termes de science Hermétique, c'est le haut du vase.

Firsir ou Firsit. Chaleur ou feu chymique.

Fixation. Action ou opération par laquelle on rend fixe une chose volatile de sa nature. Le principe de la fixation est le sel fixe, et la digestion à un feu convenable. Les Chymistes Hermétiques disent que la perfection de la fixation ne peut s'obtenir que par les opérations et les procédés de la pierre des Philosophes, que leur matière seule en est susceptible, et qu'elle a atteint ce degré lorsque par la cuisson elle est poussée jusqu'à la couleur rouge de rubis. Cette opération se fait par un feu philosophique du troisième degré.

Fixer. En termes de science Hermétique, c'est cuire la matière après qu'elle est devenue noire par la putréfaction, jusqu'à parfaite blancheur, et enfin jusqu'à la rougeur de rubis. Elle est alors tellement fixe, qu'elle résiste à l'action du feu le plus violent. Fixer est proprement changer un sel volatil en sel fixe, et de manière qu'il ne s'évapore, ni ne se sublime plus. Le volatil ne se fixe jamais par lui-même, comme le fixe ne se volatilise point seul ; mais celui qui domine sur l'autre, change le plus faible en sa propre nature.

Fixion. Signifie même chose que fixation.

Flamme. Liquide composé de la matière de la lumière et de l'huile des matières combustibles. Elle est beaucoup plus légère que l'air qui nous environne. Cet air qui la presse inégalement, la fait vaciller dans la direction qu'il lui donne, la pousse du côté où il trouve moins de résistance, et lui donne ordinairement une direction qui l'éloigné de la terre. Les petites parties de la flamme sont si menues, qu'elles sont capables de passer à travers le3 corps les plus solides en s'insinuant dans leurs interstices, lorsqu'elle est poussée violemment contre ces corps par l'air, dont le pressement est plus ou moins violent, selon que cet air est plus ou moins condensé par le froid, par le vent, ou par un souffle artificiel, tel que celui des soufflets, des chalumeaux, etc. Le passage violent de la flamme au travers des corps qui en sont pénétrés, dérange et désunit les parties de ces corps. Cette désunion produit dans les uns une décomposition presque entière de leurs parties, comme il arrive à tous les corps qui se réduisent en cendres ; dans les autres, elle ne produit qu'une simple fusion, comme dans les métaux et dans les corps qui se vitrifient, dont les petites parties se réunissent et redeviennent un corps solide dès que la violence de la flamme commence à cesser.
      Flamme est aussi un terme de science Hermétique, qui doit s'entendre d'une humidité décuite par la chaleur, faite onctueuse et aérienne par la continuation du feu. Elle paraît comme une lumière, tantôt plus claire, tantôt plus colorée ou plus obscure, selon le plus ou le moins de pur ou d'impur dont elle est composée. Elle est la source des couleurs tant vantées par les Philosophes chymiques. Dictionnaire Hermétique.

Flèches (les) d'Apollon et celles d'Hercule ne sont autre chose que le feu des Philosophes, suivant Flamel dans les explications de ses Figures hiéroglyphiques.

Fleurs. Les Philosophes Hermétiques donnent ce nom aux esprits enclos dans la matière. Ils recommandent très expressément de donner toujours un feu doux, parce que ces esprits sont tellement vifs qu'ils casseraient le vase, quelque fort qu'il fût, ou se brûleraient.
    n&bsp; Ils expriment aussi par ce nom de Fleurs, les différentes couleurs qui surviennent à la matière pendant les opérations de l'œuvre. Ainsi la Fleur du Soleil, c'est la couleur citrine rougeâtre, qui précède la rougeur de rubis. Le lis, c'est la couleur blanche, qui paraît avant la citrine.

Fleur du sel des Philosophes. C'est la perfection de la pierre.

Fleur de l'or. C'est tantôt le mercure des Philosophes, et tantôt la couleur citrine.

Fleur de la sagesse. C'est leur élixir parfait au blanc, ou au rouge.

Fleur de pêcher. C'est le mercure philosophique.

Fleur saturnienne. Voyez Fleur de pêcher.

Fleur de l'air. En termes de Chymie, c'est la rosée.

Fleur de l'eau. C'est la fleur du sel.

Fleur de la terre. C'est la rosée et la fleur du sel.

Fleur du ciel, Flos Cœli. C'est une espèce de manne, que l'on trouve ramassée sur l'herbe au mois de mai particulièrement ; elle diffère de la manne, en ce que celle-ci est douée, et se recueille sur les feuilles des arbres en forme de grains ; le flos cœli, au contraire se trouve sur l'herbe et n'a presque point de saveur. On tire par l'art chymique une liqueur du flos cœli, dont les propriétés sont admirables. Quelques Chymistes se sont imaginés que c'était la matière dont se servent les Philosophes Hermétiques pour le grand œuvre, mais mal-à-propos.

Fleur des murailles. Salpêtre.

Fleur simplement dit, ou Fleur d'airain. C'est la matière de l'œuvre sur la fin de la putréfaction, dans le temps qu'elle commence à blanchir.

Fleur de cheiri. Essence de l'or.

Fleur du Soleil. Blancheur étincelante et plus brillante que celle de la neige même lorsque le soleil darde ses rayons dessus : c'est celle de la matière de l'œuvre Hermétique parvenue au blanc.

Fleur de Sapience. Elixir parfait au rouge.

Fleur de l'or. Corps fixe du magistère ; ce qu'il ne faut pas entendre d'aucunes fleurs ou teintures extraites de l'or commun, mais de l'or philosophique, c'est-à-dire, de la partie fixe du composé du magistère, au moyen de laquelle on fixe l'autre partie volatile, par la seule cuisson gouvernée avec prudence et le régime requis. On appelle aussi Fleur d'or la couleur citrine qui suit la blanche.

Fleuve. Les anciens Philosophes Hermétiques qui ont inventé les Fables, ont pris très souvent les fleuves et les rivières pour signe allégorique de leur mercure ou eau mercurielle ; et en personnifiant ces fleuves, ils les ont fait pères de plusieurs Nymphes, dont ils ont aussi employé les noms suivant ce qu'ils voulaient désigner de volatil dans la matière du grand œuvre. Tels sont le fleuve Achélous, le fleuve Asope, le Scamandre, le Xanthe, etc. On peut voir l'explication Hermétique de ces fictions, dans les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées.

Flos rosinæ metallicæ. Fleur de soufre.

Flos salis ou Flos maris. Blanc ou sperme de baleine.

Flos sectæ croæ ou crocæ. Quelques Chymistes ont ainsi appelé la fleur de safran, l'extrait de la fleur de chélidoine. D'autres ont donné ce nom à la fleur de muscade.

Flox. C'est la flamme.

Fœdula. Toute espèce de mousse.

Fœnix. Voyez Phénix.

Folier. Cuire, digérer la matière du grand œuvre pour parvenir à en faire la terre feuillée des Philosophes, dans laquelle il faut semer le grain de l'or.

Fondant. Qui aide à la fusion des choses avec lesquelles il est mêlé. En termes de science Hermétique, fondant veut dire qui est d'une très facile fusion. Un des signes de la perfection de l'élixir philosophique et de la poudre de projection, est qu'ils soient fondants comme de la cire quand on la présente au feu ; et qu'ils se fondent et se liquéfient dans toutes sortes de liqueurs.

Fondement de l'Art. Les uns donnent ce nom au mercure préparé des Philosophes, d'autres à la matière parvenue au blanc.

Fondre. En termes de science Hermétique, c'est purifier et cuire la matière jusqu'à ce qu'elle se réduise en eau épaisse, et noire comme de la poix. Quelquefois les Philosophes se servent de ce terme au lieu de faire dissoudre, réduire en eau, subtiliser, volatiliser.

Fontaine. En termes de Philosophie chymique, signifie communément la matière d'où l'on extrait le mercure sous la forme d'une eau laiteuse et pondéreuse, que les Alchymistes appellent Lait virginal. Ce mercure est pour ceux qui suivent la voie humide pour l'ouvrage du magistère, comme ont fait Paracelse, Basile Valentin, Ægidius de Vadis et quelques autres. Quelquefois ils donnent aussi le nom de Fontaine à leur mercure, comme font ceux qui suivent la voie sèche, tels que Géber, Bernard Trévisan, d'Espagnet, le Cosmopolite, le Philalèthe, etc.

Fontaine du torrent. C'est la même chose.

Fontaine de jouvence. Les Alchymistes prétendent que quand les Anciens parlent de cette fameuse fontaine et de celle d'Hipocrène, on doit l'entendre de l'élixir parfait du magistère des Philosophes Hermétiques, parce qu'ils disent que cet élixir est un baume vital, et un remède universel qui conserve en santé, et fait même, pour ainsi dire, rajeunir ceux qui en font usage, en renouvelant leurs forces, et en les conservant fort au-delà des bornes communes de la vie humaine. Artéphius, qui passe parmi les Alchymistes pour un Adepte, dit d'un grand sang-froid au commencement de son livre qui a pour titre Clavis major, qu'il l'a composé à l'âge de mille ans, et que se voyant près de sa fin, il a bien voulu laisser ce gage de son amour aux enfants de la Sagesse.

Fontaine de Flamel. C'est le vase qui renferme la matière de l'&#uvre. C'est aussi le mercure.

Fontaine des métaux. Argent-vif des Sages.

Fontaine du Trévisan. Mercure des Philosophes.

Fontaine des Philosophes. Quelquefois ils entendent par ces termes la matière de laquelle ils tirent leur mercure ; mais plus ordinairement le mercure lui-même.

Force. Est aussi un terme de science Hermétique, qui doit s'entendre tant de la propriété agissante du mercure des Philosophes, que des esprits qu'il renferme. Quand ils disent donc que toute sa force est convertie en terre, c'est dire qu'il est réellement devenu terre blanche fixe à toute épreuve. Prendre la force des choses supérieures et inférieures, c'est faire l'extraction du mercure, et le mettre ensuite, bien purifié, en digestion pour le faire circuler, et enfin le fixer en terre au fond du vase.

Force de toute force. Ils entendent par cette expression, l'élixir parfait au rouge, ou leur poudre de projection, qui vient à bout de surmonter toutes les maladies des trois règnes, quelque opiniâtres qu'elles puissent être.

Forêt. Lorsque les Philosophes Hermétiques disent que leur matière se trouve dans les forêts, il ne faut pas prendre les choses à la lettre, et aller chercher cette matière dans les bois ; elle y est à la vérité, mais comme elle est partout, et non pas plutôt dans les bois qu'ailleurs, ils entendent par le terme de forêt, la matière terrestre dans laquelle leur vraie matière prochaine est comme confondue, et d'où il faut la tirer comme d'un chaos et d'une confusion où elle est si bien cachée aux yeux du vulgaire, que les seuls Philosophes l'y aperçoivent, quoiqu'un nombre infini de personnes s'en servent assez communément, qu'elle se vende publiquement et à un prix très modique, et même qu'elle ne coûte rien, se trouvant partout. C'est cette matière terrestre et superflue dont il faut la dégager, que tous les Philosophes, tant anciens que modernes, entendent par leurs forêts, les lieux sombres, ombrageux, obscurs, leurs cavernes, etc. C'est aussi sur ce principe qu'ils disent : Fac manifestum quod est occultum. Mettez à découvert ce qui est caché.

Forêt néméenne. Les poètes ont feint qu'Hercule y tua un Lion d'une grandeur énorme, qui y ravageait tout. Les Philosophes Spagyriques prétendent que cette forêt est le symbole de la matière de la pierre philosophale, et que le Lion qui y fut tué par Hercule, est le sel fixe que cette matière contient. Ce sel métallique qu'ils appellent aussi Lion vert, a tant de force qu'il convertit tout dans sa propre nature, et dévore tous les métaux. Hercule, qui est le mercure, le coagule, et par-là semble le tuer ; il en prend même la peau, c'est-à-dire, il en prend la forme qu'il ne quitte plus.

Forme de l'homme. Soufre des Philosophes parfait au rouge. On lui a donné ce nom, parce que l'homme, en qualité de mâle, donne la forme humaine à la semence qui produit l'enfant dans le ventre de la mère, comme le soufre philosophique à l'égard de la femelle ou mercure des Sages, et que la pierre philosophale est appelée Microcosme, de même que l'homme.

Forme de la femme. Pierre au blanc. Quelquefois on entend par ce terme l'eau sèche ou mercurielle, la Lune des Philosophes.

Foudre (la) de Jupiter. Forgée par les Cyclopes sous la direction de Vulcain, est le feu des Philosophes, qui, par sa propriété résolutive, dissout d'abord les corps imparfaits dans l'œuvre ; et par sa vertu fixative, les réduit ensuite en poudre ou cendre qui se fixe de manière à ne plus craindre les atteintes du feu le plus violent.

Fourmis rongeantes. C'est une maladie appelée aussi Formica repens ; elle est connue plus particulièrement sous le nom de Herpes.

Fournaise. (Science Hermétique) Fourneau philosophique, ou fourneau secret, qu'ils ont appelé Vaisseau triple, Athanor, Crible, Fumier, Bain-marie, Sépulcre, Urinal, Lion vert, Prison ; et Flamel, la Maison et l'Habitacle du poulet. Il faut bien remarquer que le fourneau secret des Philosophes n'est pas le fourneau extérieur que Trévisan appelle Garde froidure, mais la matière qui conserve le feu des Philosophes.

Fourneau. Les Philosophes chymiques ont aussi leur fourneau, dont ils font un grand secret. D'Espagnet qui passe entre eux pour véridique, le décrit ainsi : « Ceux qui sont expérimentés dans les opérations du magistère, ont appelé Fourneau ou Four le troisième vase qui renferme les autres et conserve tout l'œuvre, et ils ont affecté de le cacher fort secrètement. Ils l'ont nommé Athanor, parce qu'il entretient comme un feu immortel et inextinguible ; car il administre dans les opérations un feu continuel, quoique inégal quelquefois, selon la quantité de la matière et la grandeur du fourneau.
      On doit le faire de briques cuites, ou de terre glaise, ou d'argile bien broyée et tamisée, mêlé avec du fient de cheval et du poil, afin que la force de la chaleur ne le fasse point crevasser : les parois auront trois ou quatre doigts d'épaisseur, pour pouvoir mieux conserver la chaleur, et résister à sa violence.
      Sa forme sera ronde, sa hauteur intérieure de deux pieds ou environ ; l'on adaptera au milieu une plaque de fer ou de cuivre, percée de quantité de trous, soutenue de quatre ou cinq broches de fer, enchâssée dans les parois du fourneau. Le diamètre de cette plaque aura près d'un pouce de moins que le diamètre intérieur du fourneau, afin que la chaleur puisse se communiquer plus aisément, tant par les trous que par l'espace qui reste vide entre la plaque et les parois. Au-dessous de la plaque sera pratiquée une petite porte pour administrer le feu, et au-dessus une autre pour examiner les degrés du feu avec la main. Vis-à-vis de cette dernière on pratiquera une petite fenêtre close avec du verre, afin de pouvoir par-là voir les couleurs qui surviennent à la matière pendant les opérations. Le haut du fourneau doit être fait en dôme, et la calotte doit être amovible, pour pouvoir mettre les vases contenant la matière sur le trépied des arcanes, qui sera posé précisément au milieu de la plaque. Lorsqu'on a posé ainsi les vases, on met la calotte sur le fourneau, et on en lute les jointures de manière que tout ne fasse plus qu'un corps. Il faut aussi avoir soin de bien clore les petites fenêtres, pour empêcher que » la chaleur ne s'exhale.
      Philalèthe en donne une description à peu près semblable.
      Quoique les Philosophes chymiques n'aient pas communément divulgué la construction du fourneau dont nous venons de parler, ce n'est cependant pas celui qu'ils appellent leur Fourneau secret ; ils entendent souvent par-là le feu de la Nature, qui agit dans les mines pour la composition des métaux ; et plus souvent leur eau céleste ou leur mercure, c'est pourquoi Philalèthe (Fons Chemicæ Philosophicæ) dit : Nous n'avons donc qu'un vase, qu'un fourneau, qu'un feu, et tout cela n'est qu'une chose, à savoir notre eau.
      Si la Chymie Hermétique est vraie, ceux qui cherchent la pierre philosophale par les vases de la Chymie vulgaire, ont donc grand tort de faire construire tant de différents fourneaux, suivant les opérations différentes auxquelles ils veulent procéder. L'un pour les sublimations, un autre pour les calcinations, un troisième pour la fusion, un quatrième pour le réverbère, un autre pour les digestions, plusieurs enfin pour les diverses distillations. Tous les Philosophes chymiques s'accordent tous à dire qu'il n'en faut qu'un seul qui sert à toutes ces différentes opérations qui se font toutes dans le même vase sans le changer de place. Ce qui a fait dire au Cosmopolite, connu sous le nom de Sendivogius : Si Hermès, le père des Philosophes, ressuscitait aujourd'hui, avec le subtil Géber, le profond Raymond Lulle, ils ne seraient pas regardés comme des Philosophes par nos Chymistes vulgaires, qui ne daigneraient presque pas les mettre au nombre de leurs Disciples, parce qu'ils ignoreraient la manière de s'y prendre pour procéder à toutes ces distillations, ces circulations, ces calcinations et toutes ces opérations innombrables que nos Chymistes vulgaires ont inventées pour avoir mal entendu les écrits allégoriques de ces Philosophes.


Fourneau de paresse.
Se dit, en termes de Chymie, d'un fourneau fait de telle façon, qu'avec peu de feu et peu de travail, il s'échauffe et communique sa chaleur à plusieurs autres. On l'appelle aussi Henri le Paresseux. Manget.

Frapper. En termes de Chymie Hermétique, signifie conduire le régime du feu. Frapper trop les esprits, c'est donner un trop grand feu.

Frapper du glaive. Cuire la matière. On dit dans le même sens, frapper avec l'épée, le sabre, le marteau.

Frères. Les Philosophes chymiques donnent ce nom aux métaux, et appellent les Frères estropiés tous les métaux imparfaits, dont les impuretés contractées dans la mine, qui leur sert de matrice, doivent être purifiées par l'élixir parfait au blanc, si la transmutation doit se faire en argent ; ou par l'élixir au rouge, si l'on veut leur donner la perfection de l'or. Voyez l'Azoth de Basile Valentin.

Frères (les deux). Quelques Chymistes ont donné ce nom aux planètes qui sont également éloignées du Soleil ; ainsi Saturne et la Lune ont été appelés les deux frères, Jupiter et Mercure, Mars et Vénus. D'autres leur ont donné ce nom à cause de l'affinité qu'ils ont ensemble, comme l'or et l'argent, Vénus et Mars, Jupiter et Saturne, et Mercure en est le père. Voyez Rulland.

Frère. Magistère au rouge. Aristée, dans le Code de Vérité, dit au Roi : Donnez-nous le frère et la sœur, ou Gabricius ou Beïa ; pour ce qu'il ne se peut faire de génération véritable sans eux, ni ne se peut aucun arbre multiplier... le frère mène sa sœur, non pas le mari, sa femme ; et quand ils seront devenus un, ils engendreront un fils plus parfait qu'eux-mêmes.

Fridanus. Mercure dissolvant des Sages.

Froment. Froment est un nom que les Philosophes Hermétiques donnent par allégorie à leur mercure, parce que de même que, selon la parole de J.-C., le grain de froment ne produit rien, s'il ne pourrit en terre, le mercure des Sages ne donnera jamais le soufre aurifique, s'il n'est putréfié dans le vase et parvenu au noir très noir, vrai signe de putréfaction et dissolution entière.

Fruit. Magistère au rouge, ainsi nommé de ce qu'il est proprement le fruit des travaux de l'Artiste.

Fruit à doubles mammelles. C'est la pierre au blanc et au rouge parfaite, qui l'une et l'autre sortent d'une même racine, c'est-à-dire le mercure des Philosophes.

Fruit solaire et lunaire. Même chose que fruit à doubles mammelles ; ou le soufre blanc et le soufre rouge produits par les arbres solaire et lunaire, dont parle Cosmopolite dans son Enigme aux Enfants de la Science.

Fuligo metallorum. Arsenic.

Fulmen hoc loco. Fleurs de l'argent coupelé. Planiscampi.

Fulmination. En termes de l'art métallique, signifie dépuration graduée des métaux. On a donné ce nom, parce que les métaux deviennent brillants et jettent de temps en temps des espèces de clartés comme des éclairs, pendant qu'on les purifie ; et qu'il se forme par-dessus une pellicule rougeâtre, qui, quand elle disparaît, laisse voir par intervalles des petites lueurs éblouissantes. Rulland.

Fumée des Philosophes. Nom que quelques Chymistes Hermétiques ont donné aux vapeurs qui s'élèvent de la terre, et y retombent, pour faire tout germer et fructifier dans la Nature. Ils entendent cependant plus spécialement la vapeur qui s'élève de la matière renfermée dans le vase philosophique, et retombe sur la matière, parce qu'elle ne trouve point d'issue. C'est celle dont Hermès a voulu parler dans sa Table d'Emeraude, lorsqu'il dit : Le vent, c'est-à-dire l'air, l'a porté dans son ventre. Ce qui s'explique aussi du mercure des Sages.

Fumée ou Fumée ignée. Matière en putréfaction. On le dit aussi du dissolvant des Philosophes.

Fumée très forte. C'est le soufre.

Fumée aqueuse ou simplement Fumée. Matière des Sages après la réunion de l'esprit et du corps.

Fumée arabique. Lieu médiocrement chaud. Dictionnaire Hermétique.

Fumée blanche. (Science Hermétique). C'est avec raison, dit Riplée, que les Philosophes ont donné ce nom à leur Mercure ; car en le distillant, il paraît d'abord comme une fumée blanche, qui monte avant la teinture rouge. Adrop. Phil.

Fumée rouge. Nom que les Philosophes Hermétiques ont donné à leur matière quand elle est purifiée et a pris la couleur rouge. Morien dit que la fumée rouge est l'orpiment rouge ; mais cela doit s'entendre de l'orpiment des Philosophes, comme lorsqu'il ajoute que la fumée blanche est argent-vif, et la fumée orangée, le soufre orangé.
      Pour dire la vérité, la fumée rouge est l'or ou la pierre au rouge, la fumée blanche est la pierre au blanc, ou la Lune, ou le mercure philosophique.
      Un auteur dit que fumée rouge signifie la même chose que sang du Lion vert.

Fumer la terre. C'est cuire le compost, pour me servir des termes de Flamel, jusqu'à ce que la matière soit en putréfaction.

Fumier de cheval. Matière au noir.

Fumigation. Opération chymique, par laquelle on rend les métaux friables, en les exposant à la vapeur du plomb fondu, ou du mercure.

Fumiger. Exposer un corps à la fumée d'un autre, pour lui en faire éprouver les impressions.

Furfir. Couleur rouge qui survient à la matière de l'œuvre par la continuation seule de la cuisson.

Furies. Déesses infernales, filles de l'Achéron et de la Nuit. On les nommait aussi Erynnes, Euménides, et Dires. Elles étaient trois : Mégère, Tisiphone et Alecto. Voyez les Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées, livre 3, chap. 6.

Fusibilité. Qualité qu'ont certains corps de se fondre à la chaleur. Ce terme ne se dit guère que des métaux. Cette qualité leur vient du mercure ; car ceux qui abondent plus en mercure, ont plus de fusibilité ; ceux qui en ont le moins, ont plus de dureté et résistent davantage à l'action du feu. Bien des Chymistes trompés par une expérience commune, ont attribué cette fusibilité au soufre, sur ce que le soufre ajouté au fer rouge le met en fusion ; mais ils auraient dû faire attention que le charbon ou le soufre qu'on ajoute, n'accélèrent la fusion que parce qu'ils absorbent les esprits et sels acides. Becher.

Fusible. Qui est susceptible de fusion. Plus les métaux abondent en mercure, plus ils sont fusibles. Dans quelques-uns, tels que le fer et le cuivre, ce mercure est si embarrassé de parties terrestres, acides et hétérogènes, qu'ils sont très difficiles à mettre en fusion, sans addition de quelques fondants, tels que l'antimoine, le borax ou d'autres sels. Le verre est aussi fusible, les sels, les cailloux et toutes les matières vitrifiables. On rend le sel de tartre fusible et pénétrant, en le mêlant bien avec de l'esprit de vin en quantité à peu près égale. On y met ensuite le feu. Après que l'esprit de vin est consumé, on réitère l'opération jusqu'à trois ou quatre fois, et alors ce sel devient si pénétrant, que mis sur une plaque de fer rougie au feu, il se fond comme de la cire, et la perce en laissant après lui une trace blanche, qui approche beaucoup de la couleur de l'argent. Les Chymistes Hermétiques disent que leur élixir doit être fusible comme de la cire, et pénétrant jusqu'aux intimes parties des métaux imparfaits sur lesquels on en fait la projection.

Fusion. Liquéfaction des corps solides par l'action du feu. Plus les métaux abondent en humidité onctueuse, plus la fusion en est facile. Le fer n'est susceptible de fusion qu'à un très grand feu, ou mêlé avec l'antimoine. Voyez Fusible.

Fyada. Fumée blanche des Philosophes.




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