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Hermès dévoilé

Dédié à la postérité
Cyliani
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DEUXIÈME OPÉRATION
CONFECTION DU SOUFRE


      La teinture extraite de l'or vulgaire s'obtient par la préparation de son soufre, qui est le résultat de sa calcination philosophique qui lui fait perdre sa nature métallique et le change en une terre pure ; calcination qui ne peut avoir lieu par le feu vulgaire, mais seulement par le feu secret qui existe dans le mercure des sages, vu sa propriété double ; et c'est en vertu de ce feu céleste, secondé par la trituration, qu'il pénètre dans le centre de l'or vulgaire, et que le feu central double de l'or, mercuriel et sulfureux, qui s'y trouve comme mort et emprisonné, se trouve délié et animé. Le même feu céleste, après avoir extrait la teinture de l'or, la fixe par sa qualité froide et figeante ; et elle devient parfaite pouvant se multiplier en qualité ainsi qu'en quantité. Cette terre une fois arrivée à la fixité affecte une couleur de fleur de pêcher qui donne la teinture ou le feu qui est alors l'or vital et végétatif des sages ; ce qui a lieu par la égénération de l'or par notre mercure.

      Il faut donc commencer à résoudre l'or vulgaire en sa matière spermatique par notre eau de mercure ou notre azote.

      Pour y parvenir, il faut réduire l'or en une chaux ou oxyde d'un rouge brun très pur, et après l'avoir lavé à diverses fois avec de l'eau de pluie bien distillée à petit feu, on le fera légèrement sécher à une chaleur de soleil ; c'est alors qu'on le calcinera avec notre feu secret. C'est à cette occasion que les philosophes disent: les chimistes brûlent avec le feu et nous avec l'eau.

      Après avoir imbibé et broyé légèrement l'oxyde d'or bien calciné ayant son humidité et lui avoir fait boire son poids de sel ou de terre sèche qui ne mouille pas les mains, et les avoir bien incorporés ensemble, on les imbibera derechef en augmentant successivement les imbibitions jusqu'à ce que le tout ressemble à une bouillie légèrement épaisse. Alors, on mettra dessus une certaine quantité d'eau de mercure proportionnée à la matière, de manière qu'elle surnage cette dernière ; on laissera le tout à la douce chaleur du bain-marie des sages pendant cinq jours, au bout desquels on décantera la dissolution dans un vase que l'on bouchera bien, et que l'on mettra dans un lieu humide et froid.

      On prendra la matière non dissoute, que l'on fera dessécher à une chaleur semblable à celle du soleil ; étant suffisamment sèche, on recommencera les fréquentes imbibitions et triturations comme nous l'avons précédemment dit, afin d'obtenir une nouvelle dissolution, que l'on réunira avec la première en réitérant ainsi jusqu'à ce que vous ayez dissous tout ce qui peut l'être et qu'il ne reste plus que la terre morte de nulle valeur. La dissolution étant terminée et réunie dans le vase en verre bien bouché dont nous avons précédemment parlé, sa couleur est semblable à celle du lapis lazuli. On placera ce vase dans un lieu le plus froid que faire se pourra pendant dix jours, puis on mettra la matière à fermenter comme nous l'avons dit dans la première opération, et par le propre feu interne de cette fermentation, il se précipitera une matière noire ; on distillera adroitement et sans feu la matière, en mettant le liquide séparé par la distillation qui surnageait la terre noire dans un vase bien bouché et dans un lieu froid.

      On prendra la terre noire séparée par distillation de son liquide, on la laissera se dessécher elle-même, puis on l'imbibera derechef avec le feu extérieur ; c'est-à-dire avec le mercure philosophique, vu que l'arbre philosophique demande à être de temps en temps brûlé par le soleil et puis rafraîchi par l'eau.

      Il faut donc alterner le sec et l'humide, afin de hâter la putréfaction, et lorsqu'on aperçoit la terre qui commence à se dessécher, on suspend les imbibitions, puis on la laisse se dessécher elle-même jusqu'à ce qu'elle soit parvenue à une société convenable et l'on réitère ainsi jusqu'à ce que la terre ressemble à une poix noire alors la putréfaction est parfaite.

      Il faut ici se rappeler ce que nous avons dit dans la première opération, afin de ne pas laisser volatiliser l'esprit, ou brûler les fleurs en suspendant à propos le feu extérieur lorsque la putréfaction est totale. La couleur noire, que l'on obtient au bout de quarante ou cinquante jours toutes les fois que l'on a bien administré le feu extérieur est une preuve que l'or vulgaire a été changé en terre noire, que les philosophes appellent leur fumier de cheval.

      Comme le fumier de cheval agit par la force de son propre feu, pareillement notre terre noire dessèche en elle-même sa propre humidité onctueuse par son propre double feu et se convertit après avoir bu toute son eau distillée et être devenue grise, en une poudre blanche nommée air par les philosophes, ce qui constitue la coagulation, comme nous l'avons précédemment décrit dans la première opération.

      Lorsque la matière est blanche, la coagulation étant terminée, on la fixe en portant la matière à une plus grande dessiccation à l'aide du feu extérieur, en suivant la même marche que nous avons suivie dans la coagulation précédente, jusqu'à ce que la couleur blanche soit changée en couleur rouge que les philosophes appellent l'élément du feu. La matière arrive elle-même à un degré de fixité si grand, qu'elle ne craint plus les atteintes du feu extérieur ou ordinaire, qui ne peut plus lui être préjudiciable.

      Non seulement, il faut fixer la matière comme nous venons de le faire ; mais il faut encore la lapidifier, en portant la matière à avoir l'aspect d'une pierre pilée, eu se servant du feu ardent, c'est-à-dire du premier feu employé, et suivant les mêmes moyens précédemment décrits, afin de changer la partie impure de la matière en terre fixe, en privant aussi la matière de son humidité saline.

      Alors, on procède à la séparation du pur, de l'impur de la matière ; c'est le dernier degré de la régénération, qui se finit par la solution.

      Pour y parvenir, après avoir bien broyé la matière et l'avoir placée dans le vase sublimatoire, haut, comme nous l'avons déjà dit, de trois à quatre doigts, en bon verre blanc et d'une épaisseur double de celle ordinaire, on verse dessus de l'eau mercurielle, qui est notre azote, dissous dans la quantité d'esprit astral qui lui est nécessaire et précédemment indiquée, en graduant son feu de manière à l'entretenir à une chaleur tempérée, en lui donnant sur la fin une quantité de ce mercure philosophique comme pour fondre la matière. Par ce moyen, on porte toute la partie spirituelle de cette dernière dans l'eau et la partie terreuse va au fond ; on décante son extrait, et on le met dans la glace, afin que la quintessence huileuse se rassemble et monte au-dessus de l'eau et y surnage comme une huile, et l'on jette la terre restée au fond comme inutile, car c'est elle qui tenait emprisonnée la vertu médicinale de l'or, ce qui fait qu'elle est de nulle valeur.

      On sépare cette huile surnageant à l'aide d'une plume blanche de pigeon bien lavée et mouillée et l'on prend garde de ne point en perdre, car elle est la vraie quintessence de l'or vulgaire régénéré, dans laquelle les trois principes s'y trouvent réunis ne pouvant plus être séparés l'un de l'autre.

      Observez bien ici qu'il ne faut pas pousser la lapidification de la manière trop loin afin de ne pas changer l'or calciné en une espèce de cristal. Il faut avec adresse régler le feu extérieur pour qu'il dessèche peu à peu l'humidité saline de l'or calciné, en le changeant en une terre molle qui tombe comme une cendre, par suite de sa lapidification ou plus ample dessiccation.

      L'huile obtenue ainsi par la séparation est la teinture, ou le soufre, ou le feu radical de l'or, ou, la véritable coloration ; elle est aussi le vrai or potable ou la médecine universelle pour tous les maux qui affligent l'humanité. On prend aux deux équinoxes de cette huile la quantité nécessaire pour teindre légèrement une cuillerée à soupe de vin blanc ou de rosée distillée, vu qu'une grande quantité de cette médecine détruirait l'humide radical de l'homme en le privant de la vie.

      Cette huile peut prendre toutes les formes possibles et se former en poudre, en sel, en pierre, en esprit, etc., par sa dessiccation à l'aide de son propre feu secret. Cette huile est aussi le sang du lion rouge.

      Les anciens la représentaient sous l'image d'un dragon ailé qui se repose sur la terre. Enfin cette huile inconsumable est le mercure aurifique. Étant faite, on la partage en deux portions égales ; on en conserve une partie à l'état d'huile dans un petit bocal en verre blanc, bien bouché à l'émeri, que l'on conserve dans un lieu sec, pour s'en servir à faire des imbibitions dans les règnes de Mars et du Soleil comme je le dirai à la fin de la troisième opération, et l'on fait dessécher l'autre portion jusqu'à ce qu'elle soit réduite en poudre, en suivant les mêmes moyens que j'ai indiqués précédemment pour dessécher la matière et le coaguler ; alors, on partage cette poudre pareillement en deux portions égales ; on en fait dissoudre une partie dans quatre fois son poids de mercure philosophique, pour imbiber l'autre moitié de la poudre réservée.




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