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La Toison d'Or

Baron H. Kervyn Lettenhove
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      C'est avec Albert et Isabelle que se termine le cadre de l'Exposition de Bruges : d'un côté Philippe le Bon dont les souvenirs illuminent tout le XVème siècle à Bruges et de l'autre le mari de cette princesse Isabelle dont les qualités étaient si charmantes, qu'elle était l'idole du peuple et que son souvenir fait penser à d'autres princesses...

      Albert et Isabelle, comme Philippe le Bon, aiment et protègent les arts, et ainsi que le faisait remarquer un de nos grands hommes d'Etat, n'est-il pas curieux de constater que « si Van Eyck fut le peintre et le verlat de chambre de Philippe de Bourgogne, Rubens fut le peintre et le gentilhomme des archiducs Albert et Isabelle. Et, dans des temps où il semblait que la parole ne fut qu'à la force, tous deux ont, à diverses reprises, rempli des missions diplomatiques. Le pouvoir de droit divin ne croyait pas déroger en se faisant représenter par la royauté du talent. C'est là un fait exceptionnel dans les annales de l'art et il fait honneur à notre pays comme aux Souverains qui donnèrent ce grand exemple » (135).


      De Philippe le Bon à Albert d'Autriche, en esquissant cette histoire de la Toison d'or, j'ai dû me borner à quelques figures.

      Certes, je les ai choisies parmi celles qui me paraissaient les plus belles, suivant en cela le conseil de Pierre de Bourdeille qui disait qu'il fallait « imiter ces divins architectes lesquels embellissent leurs bâtiments par les plus orgueilleux frontispices qu'ils peuvent, soit par la matière de leur beau marbre, soit par l'art de leur main ». J'ajouterai, avec le même chroniqueur « qu'en cela il m'a été impossible de les ensuivre en tout, car les architectes ont la belle rnatière et l'art » et moi j'avais bien les beaux sujets, mais non les moyens de les louer comme ils le méritaient.


      Toutefois, ces quelques portraits, placés au frontispice d'un temple ou plutôt au seuil d'une Exposition, malgré leur imperfection et leur inachèvement, attireront l'attention de tous ceux qui ont le culte des souvenirs du passé et des traditions de l'honneur.

      Ils les auront engagés à entrer dans le temple, à apporter leur participation à l'histoire et à la glorification de la Toison d'or et à y rendre hommage à ses « hauts faits ».

      Ils auront retrouvé là, comme ressuscités, tous les héros dont le souvenir allait se perdre ; puis, avec ces eacute;léments momentanément réunis, ils écriront sur des tablettes d'airain la très illustre histoire de l'ordre de la Toison d'or. Noble et belle entreprise – conforme aux intentions du fondateur de l'ordre, aux désirs de tous ses Chefs et Souverains – qui ne pouvait être tentée qu'à Bruges !

      Car Bruges, où tout rappelle le XVème siècle, n'était pas seulement le cadre indiqué et unique pour cette reconstitution, les droits à préparer de ses mains artistiques et pieuses cette apothéose !


      N'est-ce pas à Bruges que l'Ordre de la Toison d'or fut fondé ? N'est-ce pas à Bruges que Philippe le Bon célèbra son mariage avec Isabelle de Portugal ? N'est-ce pas dans cette ville qu'il eut son plus merveilleux palais ? N'y meurt-il pas et n'y fut-il pas enterré ? N'est-ce pas à Bruges que Charles le Téméraire épousa, au milieu des fêtes inoubliables, Marguerite d'York ? N'est-ce pas à Bruges que naît Philippe le Beau et que succombe Marie de Bourgogne ? Les restes de Charles le Téméraire et ceux de sa fille ne reposent-ils pas encore sous les voûtes élancées de ses églises ? Marguerite d'Autriche n'ordonna-t-elle pas que son cœur fut porté dans cette nême ville ? Charles-Quint, à peine émancipé, n'y fait-il pas sa plus joyeuse entrée ? N'est-ce pas encore ce grand Empereur qui, en parlant des Brugeois, disait : « Mes Flamands » ?


      Enfin, tous ces artistes dont la gloire est inséparable de la Toison d'or, n'avaient-ils pas choisi Bruges comme leur ville de prédilection ? Van Eyck, Memling, Gérard David, les Pourbus, etc., ne suivent-ils pas dans cette procession vers Bruges, leurs grands et illustres protecteurs ?

      Bruges leur a donc fait fête et sera toute heureuse si l'hospitalité qu'elle leur a offerte, contribue, comme tout le fait espérer, à jeter un nouveau lustre sur la « noble Thoyson » dont l' « emprise » eut lieu chez elle, sur cet ordre illustre dont les plus belles fêtes se célébrèrent entre ses murs, dont les somptueux cortèges se déroulèrent dans ses rues et dont les tournois si brillants s'organisèrent sur ses places.

      Elle a revendiqué et revendiquera toujours avec fierté ce passé ; elle a voulu et veut le mettre en pleine lumière pour en partager la gloire avec tous les peuples qui donnèrent des chevaliers à la Toison d'or et qui vinrent s'inspirer à son art puissant et glorieux ! Elle aime à commémorer ces grands souvenirs et à rappeler tout cet honneur, tout ce faste, toute cette prospérité d'antan pour l'associer, dans une pensée de confraternité avec des nations amies, aux meilleures espérances de l'avenir !


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(135)  M. Beernaert, Ministre d'Etat. Discours au Congrès Archéologique de Bruges, en 1902.




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