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Magnétisme - Théories et procédés -T. 1

Henri Durville
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INTRODUCTION


      La main est chez nous l'organe de préhension par excellence. C'est aussi le principal organe qui nous sert à porter sur nos semblables la force magnétique dont nous sommes doués ; et c'est pour cette raison que son action est indiquée dans presque toutes les pratiques magiques ou considérées comme telles, autant pour faire le mal que pour accomplir le bien ; nous l'observons surtout dans cet art mystérieux de guérir employé par les initiés de l'antiquité, qui étaient plus ou moins étrangers à la pratique de la médecine classique.

      Depuis l'imposition des mains, employée par le Christ et les apôtres pour opérer les guérisons dites miraculeuses que la tradition nous a fait connaître, jusqu'aux attouchements et aux frictions des toucheurs et guérisseurs profanes, c'est toujours la main qui agit. C'est elle qui porte hors de nous la vertu curative qui est en nous. Quelques auteurs lui ont même attribué des propriétés spéciales, médicales entre toutes. C'est ainsi que dans L'Illiade, Homère nous dit que certains hommes ont la main médicale, c'est-à-dire que, chez ceux-là, cet organe posslile par lui-même la propriété de guérir les maladies.

      Sur le témoignage de plusieurs auteurs dignes de foi, Pline, au l. 7, de son Histoire naturelle, s'exprime ainsi au sujet de l'action que la main exerce dans certains cas : « Cratès de Pergame a écrit, dit-il, qu'il y avait dans l'Hellespont, du côté de Parion, une espèce d hommes appelés ophiogènes, qui avaient le don de guérir par le tact les morsures des serpents et de faire sortir tout le venin du corps, en y appliquant seulement la main ». Dans le même livre, il parle longuement des procédés qui, de toute évidence, sont des procédés magnétiques. Il donne même une explication théorique qui est, sinon la première, du moins la meilleure qui nous soit parvenue de l'antiquité. « Quelques hommes, dit-il, ont une vertu médicale en certaines parties du corps, comme nous avons dit que le pouce du roi Pyrrhus en était doué. » Il reconnaît que cette vertu est dûe à une certaine force qui émane du corps, et l'intention peut lui donner une action curative plus considérable. Ce n'est pas une explication donnée au hasard, car il revient plusieurs fois sur le même sujet, en classant le toucher et les frictions au nombre des remèdes couramment employés. « On met au nombre de ces rennèdes, ajoute-t-il, l'exercice du corps, celui de la voix, l'usage des fonctions et celui des frictions modérées, car une friction trop forte épaissit l'humeur qu'une friction douce résout ». Après avoir énuméré les moyens superstitieux mis en usage par la crédulité et l'ignorance, il affirme davantage encore ces termes l'action curative des attouchements. « Il n'est pas question ici de pratiques superstitieuses, mais de remèdes, comme dans le cas où l'usage du lait de femmes nouvellement acccouchées, le seul attouchement du corps et d'autres moyens semblables ont opéré quelques guérisons ».

      Voilà une définition nette et précise de ce que nous appelons aujourd'hui le magnétisme humain.

      L'intention – les magnétiseurs diraient la volonté – est l'une des conditions principales pour que ce « qui émane de l'homme », c'est-à-dire la force, le rayonnement vital, le fluide magnétique qui se communique d'un individu à l'autre acquière son maximum d'action curative.

      A.-C. Celse, qui introduisit à Rome l'usage des frictions, attribue la plus grande importance à ce procédé du massage contemporain. Dans un chapitre spécial (l. 2, c. 15), qui mérite d'être presque entièrement reproduit ici, en montrant comment la friction doit être pratiquée, il expose clairement la théorie de son action.

      « Asclépiade, dit-il, dans le livre qu'il a intitulé des Secours Généraux, qu'il réduit à trois, qui sont la friction, dont il se donne l'inventeur, le vin, et la gestation, a dit tant de choses de la friction et de la gestation qu'il a employé la plus grande partie de ce livre, sur le seul article de la friction. Il y aurait de l'injustice à enlever aux médecins modernes la gloire des choses qu'ils ont découvertes en ce genre, ou qu'ils ont sagement imitées de leurs prédécesseurs ; mais il est juste aussi de rendre à leurs auteurs ce qu'on trouve d'écrit là-dessus chez quelques anciens. On ne peut nier qu'Asclépiade n'ait parlé d'une façon beaucoup plus étendue et plus claire que ceux qui l'ont procédé, sur la manière d'employer la friction et des cas où il convient de l'employer ; cependant il n'a rien dit qu'Hippocrate n'ait dit avant lui, en peu de mots. On trouve dans cet auteur, beaucoup plus ancien qu'Asclépiade, que la friction violente durcit le tissu des fibres du corps ; que la légère le ramollit ; que celle qui est continuée pendant longtemps amaigrit, que celle qui dure peu engraisse. Il s'ensuit donc qu'on doit l'employer pour resserrer le tissu des fibres, lorsqu'il est trop lâche, pour le ramollir lorsqu'il est trop serré, qu'on doit aussi s'en servir pour évacuer le superflu des humeurs lorsqu'on en fait trop, et pour donner de l'embonpoint aux personnes maigres.

      « Lorsqu'on voudra faire réflexion à chacune de ces espèces de frictions, ce qui cependant, n'est point du ressort de la médecine, on verra qu'elles dépendent toutes de la même cause qui consiste dans le retranchement. Car on ne resserre une chose qu'en ôtant ce qui la rendait lâche, on n'en ramollit une autre qu'en retranchant ce qui faisait la dureté ; on engraisse, non pas par la friction, mais par la nourriture qui pénètre jusqu'à la peau qu'on a relâchée auparavant par la friction, La cause de ces différents effets ne dépend donc que de la manière de faire la friction et l'onction : il est nécessaire d'oindre et de frotter légèrement le corps dans les maladies aiguës lors même qu'elles ne font que commencer, pourvu que ce soit dans la rémission, et avant que d'avoir donné à manger : il y a un danger, au contraire, d'user de frictions un peu fortes dans les maladies aiguës lorsqu'elles croissent ; si ce n'est dans la pleurésie, lorsqu'on veut procurer du sommeil aux malades. On ne doit donc employer la friction que dans les maladies qui durent depuis longtemps et qui commencent à diminuer...

      Il est aussi dangereux d'employer la friction dans le redoublement de la fièvre, qu'il est utile de s'en servir, lorsque la maladie commence à diminuer. On doit même attendre autant qu'il est possible, qu'il n'y ait plus de fièvre, ou tout au moins qu'elle soit dans sa rémission. On fait des frictions tantôt par tout le corps, comme lorsqu'on veut donner de l'embonpoint à une personne maigre ; tantôt on n'en fait que sur une partie lorsque la faiblesse de cette partie même ou de quelque autre le demande. La friction adoucit les douleurs de tête qui durent depuis longtemps, pourvu néanmoins qu'on ne la fasse pas dans la violence de la douleur. Il arrive aussi quelquefois qu'un membre paralytique se rétablit par les frictions que l'on fait dessus. Il est cependant plus ordinaire de faire les frictions sur les parties qui ne sont point malades. On fait, par exemple, des frictions sur les parties inférleures, lorsqu'on veut dégager les parties moyennes ou supérieures du corps. Il en est qui veulent fixer le nombre des frictions que l'on doit faire à une personne ; mais mal à propos. Cela dépend absolument des forces de celui qui a besoin qu'on lui fasse des frictions, car il suffira d'en faire cinquante à une personne fort faible, tandis qu'on pourra en faire jusqu'à deux cents à une personne plus forte, à raison des forces de l'une et de l'autre. Aussi, on en fait moins à une femme qu'à un homme ; moins à un enfant ou à un vieillard ou qu'à un jeune homme ; enfin, si l'on ne frotte que certaines parties, la friction doit être forte, et durer longtemps ; puisqu'il est impossible d'affaiblir promptement le corps, en ne frottant que sur une partie, et qu'il est nécessaire de dissiper beaucoup de matière, soit qu'on veuille dégager la partie maigre sur laquelle on fait les frictions, soit qu'on veuille en débarrasser une autre : mais si la faiblesse de tout le corps demande qu'on emploie également partout la friction, elle doit durer moins de temps, et être plus légère ; de sorte qu'il suffit de ramollir seulement la superficie de la peau, afin qu'elle soit plus en état de recevoir la nouvelle matière qui lui sera fournie par la nourriture que l'on fera prendre immédiatement après les frictions. Nous avons dit plus haut que le malade était fort en danger, lorsqu'il avait soif et qu'il ressentait une grande chaleur à l'intérieur, tandis que les parties extérieures étaient froides. Il n'y a point de ressource alors que dans la friction ; si elle rappelle la chaleur à l'extérieur, le malade peut en revenir. » (Traduction des ouvrages de d'Aurélius-Cornelius Celse sur la médecine, par M. Ninnin, docteur-régent, etc., 1753).

      Dans les livres 3 et 4 du même ouvrage, où l'auteur traite spécialement des maladie organiques, il prescrit la friction dans un très grand nombre de cas, en indiquant avec précision comment elle doit être pratiquée.

      A son époque (Ier siècle de notre ère), on prit l'habitude des frictions dans toutes les classes de la société. On se faisait frictionner pour conserver la santé ; et quand on était malade, on se faisait frictionner pour obtenir la guérison. Les athlètes se frictionnaient tout le corps pour être plus agiles et les vieillards pour se donner de l'énergie.

      C'est surtout par le toucher, opération plus ou moins compliquée, qui consistait à effleurer avec la main, à palper, à masser ou à frictionner la partie malade ou certaines parties du corps, que l'on opérait des guérisons merveilleuses.

      Apollonius de Thyane, prêtre d'Esculape et l'un des derniers représentants de la sagesse antique, fut considéré, à l'égal de Jésus, son contemporain, comme un être surnaturel, et de son vivant, on lui éleva des statues et des autels. Par le toucher, il ressuscita une jeune fille que la famille éplorée conduisait à sa dernière demeure.

      Voici le fait qui nous a été transmis par Philostrate :

      « Une jeune fille nubile passait pour morte, son fiancé suivait le lit mortuaire en poussant des cris, comme il arrive quand l'espoir d'un hymen a été trompé, et Rome tout entière pleurait avec lui, car Ia jeune fille était de famille consulaire. Apollonius s'étant trouvé témoin de ce deuil, s'écria : « Posez ce lit, je me charge d'arrêter vos larmes ». Et il demanda le nom de la jeune fille. Presque tous les assistants crurent qu'il allait prononcer un discours comme il s'en tient dans les funérailles pour exciter les larmes. Mais Apollonius ne fit que toucher le jeune fille et balbutier quelques mots, et aussitôt cette personne qu'on avait cru morte parut sortir du sommeil. Elle poussa un cri et revint à la maison paternelle, comme Alceste rendue à la vie par Hercule ». (Appolonius de Thyane, sa vie,ses voyages, etc., traduits par A. Chassang, 1862, p. 184).

      Simon le Magicien acquit également une réputation formidable en opérant, comme le Christ et les apôtres, des prodiges et des guérisons sans nombre. Mais, malgré sa puissance, il laisse entrevoir qu'il croyait celle des apôtres supérieure à la sienne puisqu'il leur offrit de l'argent pour obtenir, comme eux, le don de faire descendre le Saint-Esprit sur ceux auxquels il imposerait les mains, (V. Actes des apôtres, Ch. 8).

      Dans tous les cas, des statues lui furent élevées à Rome ùu il passa pour un dieu.

      Tacite, que l'on n'accuse certainement pas de crédulité, nous apprend que Vespasien opéra par le toucher des cures remarquables, pendant qu'il était en Egypte. « Un homme d'Alexandrie, de la lie du peuple, dit-il, connu pour aveugle, vint se jeter à ses genoux pour le supplier de le guérir. Cette démarche lui avait été inspirée, disait il, par le dieu Sérapis, que ce peuple, livré aux superstitions honore d'un culte particulier : il conjurait le prince de vouloir bien lui humecter les joues et les yeux avec sa salive. Un autre, perclus d'une main, sur la foi du même dieu, pria l'empereur de marcher sur cette main, et de la fouler aux pieds. Vespasien, d'abord, se mit à rire ; il rejette bien loin leurs demandes ; puis, comme ils redoublaient leurs instances, il hésite : tantôt il craint de se compromettre, tantôt l'ardeur de leurs supplications et les flatteries des courtisans lui font naître l'espoir. Enfin, il ordonne aux médecins d'examiner s'il y avait des moyens humains de guérir un aveugle et un paralytique de cette espèce. Les médecins, près différentes discussions, répondent que la faculté de voir n'était pas entièrement détruite chez cet homme, et qu'elle pourrait revenir si on levait les obstacles ; que de même, cette main dont les muscles étaient déplacés, pourrait, par un heureux effort, se rétablir dans son premier état ; que les dieux avaient à cœur ce prodige, et qu'ils avaient destiné Vespasien à être l'instrument de leur puissance ; qu'enfin, s'il réussissait, la gloire en serait pour lui, le ridicule pour ces malheureux s'il échouait. Vespasien, plein de l'idée que sa fortune lui aplanissait tout, et qu'ensuite il ne trouverait plus rien d'impossible, prend un air de confiance, et au milieu d'une multitude attentive qui l'observalt, il fait ce qu'on lui demande. Dans l'instant, le paralytique recouvra l'usage de sa main, et l'aveugle revit la lumière ; les témoins de ces deux faits attestent encore aujourd'hui qu'ils n'ont pas d'intérêt à tromper. (Histoires, 1, IV. Nouvelle traduction par M. Dureau de Lamalle, t. 5, p. 163).

      Suétone raconte les mêmes faits dans la Vie des Douze Césars (Vespasien, c. 7) ; puis il ajoute que le même empereur était d'une très bonne santé, quoiqu'il ne fit rien autre chose pour l'entretenir que de se frictionner tout le corps dans une salle d'exercice avec un mouvement réglé, et de faire diète un jour par mois. » (c. 80).

      Au dire de Spartien, l'empereur Adrien aurait également opéré des gérisons par le toucher apres avoir été guéri lui-même de la fièvre par un homme venu du fond de la Pannonie.

      Il n'y avait pas que les médecins, les prêtres et les empereurs qui guérissaient par le toucher ; mais on trouvait des guérisseurs dans toutes les classes de la société. Parmi ces derniers, il en est aussi qui pratiquaient les enchantements de la magie, si bien que l'art de guérir fut parfois confondu avec la sorcellerie. Au lieu de guérir, certains magiciens et des sorciers exerçaient même leur art malfaisant pour nuire à la santé.

      Beaucoup de ces guérisseurs empiriques passaient pour être doués d'un pouvoir surnaturel. Les uns, comme Appollonius de Thyane et Simon le Magicien, furent considérés comme des dieux et reçurent les hommages du peuple reconnaissant ; d'autres au contraire furent condamnés comme sorciers. Sous Tibère, en vertu d'un seul jugement, quatre mille sorciers ou considérés comme tels furent transportés en Sardaigne.

      Le somnambulisme magnétique était certainement connu des Romains, car il est clairement désigné dans l'Amphitrion de Plaute, ainsi que les passes magnétiques qui le déterminent. L'auteur montre Mercure veillant à la porte d'Alcmène lorsque Sosie se présente pour entrer. Le dieu voulant se débarrasser du valet parle d'abord de l'assommer, puis, revenant à des sentiments pluas doux, il s'écrie : « Si je l'endormais en lui passant les mains. »

      Martial, Ep. 82,et Cicéron Ep. 66, font allusion à ce fait. Dans tous les cas, il est absolument certain que des procédés magnétiques analogues à ceux que cous pratiquons aujourd'hui étaient parfois employés par les anciens pour endormir le malade. On touchait doucement la tête, sans discontinuer et en traînant.

      Alexandre de Tralles, célèbre médecin grec du VIème siècle, qui fut l'un des derniers initiés aux mystères de l'antiquité religieuse, a beaucoup employé les frictions. A l'exemple de Celse, il enseigne que, pratiquées sur les membres inférieurs, elles provoquent l'élimination des matières morbides, calment le système nerveux et facilitent la transpiration. Elles calment les convulsions et sont très puissantes contre l'hydropisie, car elles ouvrent les pores, atténuent et divisent les humeurs. Dans les crises d'épilepsie, il faisait des frictions modérées longitudinalement sur les membres, puis il palpait et touchait doucement les yeux. Il signale l'efficacité des frictions occultes employées par les prêtres égyptiens, et ne veut en confier le secret qu'aux initiés et aux hommes de bien. Il insiste particulièrement sur deux caractères que le plus grand nombre des magnétiseurs considèrent encore comme indispensables à la production des effets magnétiques : c'est une grande confiance de la part du malade et une volonté forte chez le médecin. Il affirme que c'est aux frictions occultes et autres remèdes secrets qu'Hippocrate faisait allusion lorsqu'il disait que les choses sacrées doivent être montrées aux personnes sacrées et non aux profanes (Alexander Trallianus, l. 1).

      Il appréciait certainement le rôle que l'imagination du malade joue dans certains cas, ainsi que la valeur des objets chargés d'une influence – on dirait aujourd'hui des objets magnétisés – car Il employait quelquefois les abraxas, les amulettes et les phylactères.

      Avicenne, le plus célèbre des médecins du moyen-âge, qui vivait au XIème sièrle, acquit une immense réputation, autant par l'étendue de ses connaissances philosophiques, astrologiques et alchimiques que par son habileté de praticien. Il admet la réalité de l'action, bonne ou mauvaise, qu'un individu peut exercer sur un autre, même à distance. Pline avait déjà reconnu, mille ans auparavant, que les guérisons opérées par le toucher sont dues à la transmission d'une certaine force qui émane du corps humain. Dans son ouvrage De Natura, 1. 6, le médecin arabe en reconnaît autant et explique cette action magnétique d'une façon analogue. Il attribue à l'âme une puissance considérable qui peut agir non seulement sur son propre corps mais aussi sur d'autres corps. Elle peut attirer les corps éloignés, les fasciner, exercer sur eux une action équilibrante ou déséquilibrante ; en un mot, produire dans certains cas la santé et la maladie.

      Les définitions de Pline et d'Avicenne, quoique bien succinctes, n'en sont pas moins très importantes pour la théorie du magnétisme, car elles forment la base sur laquelle s'appuient toutes les explications qu'on a données depuis.

      Le moyen âge s'achève en donnant naissance à la sorcellerie. A cette époque, toute la masse ignorante croit au diable ; et cette croyance est même partagée par beaucoup de philosophes et de réformateurs comme Trithème et Pic de la Mirandole. Les sorciers et les possédés devenant de plus en plus nombreux, ne tardent pas à alimenter les bûchers que le fanatisme et l'ignorance allument partout.

      Les prêtres et les moines pratiquaient presque seuls la médecine ; mais comme leurs connaissances médicales étaient bornées, lorsque les remèdes ordinaires ne guérissaient pas, ils avaient recours aux prières et aux reliques, qui, hélas, restaient souvent impuissantes devant la douleur. C'est qu'ils n'avaient plus la foi qui soulève les montagnes, et qui, dans une certaine mesure, met en jeu cette force magnétique qui fait les miracles.

      Les prières, les incantations, les attouchements, les frictions, les insufflations sont employés par ceux qui guérissent sans avoir passé par les écoles ; mais on ne sait pas encore ou l'on sait peu que ces procédés n'ont rien de surnaturel. Les guérisseurs de cette époque, croient guérir en vertu d'un don de Dieu, ou leur puissance tient au prestige du démon – qui consent ainsi à faire le lien pour mieux tromper les hommes.

      Pourtant quelques hardis penseurs cherchent à expliquer ces guérisons par le pouvoir de l'imagination qui constitue, comme l'affirment les hypnotiseurs d'aujourd'hui, une sorte d'autosuggestion.

      Au commencement du XVIème siècle, les idées se modifient profondément. On établit la théorie du fluide universel et l'on raisonne sur l'influence que les individus exercent à distance les uns sur les autres. Cette influence est attribuée à des vapeurs subtiles, à des corpuscules, des esprits animaux qui s'échappent des corps avec toutes les qualités dont ceux-ci sont doués, et qui, par leur nature, tiennent le milieu entre le corps et l'âme.

      En se basant sur ces principes, qui sont réellement ceux du magnétisme physiologique, les médecins alchimistes, les astrologues et les philosophes hermétiques se mettent sérieusement à l'étude des forces occultes de la nature, et ne tardent pas à comprendre que les guérisons les plus extraordinaires ne sont dues ni au miracle ni à la sorcellerie, ni à Dieu ni au diable, mais qu'elles ne sont que des effets naturels déterminés par des causes physiques insuffisamment étudiées.

      Analysons maintenant les principales théories émises depuis le XVème siècle jusqu'à nos jours pour expliquer les effets du magnétisme.

      Comme les théories sont très nombreuses, avec des différences peu importantes, je ne dirai rien de Fiénus, de Kircher, de Wirdig, de Santanelli, de Bergasse, de Deslon, de Dalloz, de Bertrand, de d'Henin de Cuvillers, de Noizet, de Loisson de Guinaumont, de Despine, de Pétetin, de Roulier, de Pigeaire, de de Szapary, d'Olivier, de Ricard, d'Aubin Gauthier, de Foissac, de Frapart, de Charpignon, de Comet, de Tony Moilin, de P. Baragnon, de Gérard, de Teste, de Bué et de tant d'autres praticiens distingués, pour analyser seulement les travaux des grands Maîtres de l'art magnétique.




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