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Magnétisme - Théories et procédés -T. 1

Henri Durville
© France-Spiritualités™






V - PARACELSE

Sa vie aventureuse - Le microcosme, les influences astrales et la métallothérapie - La polarité du corps humain
Les esprits animaux - L'envoûtement - L'aimant - La volonté et l'imagination


      Bombast de Hohenheim (Philippe Théophrate), dit PARACELSE, naquit à Einsiedeln, près Bâle, vers 1492.

      A 16 ans, son père, qui était médecin, l'envoya à l'Université de Bâle, où il apprit l'alchimie sous l'abbé Trithème. Il étudia toutes les sciences connues de son temps, prit le bonnet de docteur ; et pour compléter son instruction qu'il trouvait insuffisante et connaître les plus grands médecins, il parcourut l'Espagne, l'Angleterre, la France, la Pologne, l'Egypte, la Turquie, etc. Sur son passage, il interrogeait tout le monde, mais de préférence les praticiens qui s'occupaient de l'art de guérir. Il demandait aux barbiers leurs formules et leurs recettes, aux devins, magiciens, sorciers, bohémiens, astrologues, leurs secrets ; il questionnait même les baigneurs et les bonnes femmes ; et, dit-il, jusqu'au bourreau, pour apprendre d'eux tout ce qu'un médecin doit savoir des manifestations de la vie.

      En 1526, après 10 ans de cette étude à travers le monde, il revint en Suisse, et fut nommé professeur à l'Université de Bâle l'année suivante.


      Avant de commencer sa première leçon, il fit brûler les livres de Galien, d'Avicenne et de Rhazès, voulant montrer que, grâce à lui, une ère nouvelle s'ouvrait pour la médecine. Il se posa donc audacieusement en réformateur.

      Tout en professant, il ne négligea pas la pratique, et fut assez heureux pour obtenir des guérisons inespérées dans la haute aristocratie. Ces résultats lui valurent bientôt une colossale réputation, qui s'étendit rapidement au loin. Mais ses succès, et aussi sa fierté, son arrogance même devaient soulever contre lui la jalousie et la haine de ses confrères. C'est en effet ce qui eut lieu ; et il fut bientôt obligé d'abandonner la chaire où il enseignait pourtant avec le plus brillant succès.

      Après cette disgrace, il reprit sa vie nomade et aventureuse, parcourant l'Alsace, la Bavière, le Tyrol, l'Autriche, etc., guérissant les malades sur son chemin et dormant où il pouvait.

      Connaissant à fond les sciences magiques, magicien lui-même, et sachant que la volonté exerce sur nous un pouvoir considérable, il travaillait sans cesse à conquérir les secrets de la nature. Médecin avant tout, et aimant passionnément sa profession, il acquit de bonne heure, et cela à un très haut degré, le tact médical qui lui permettait de diagnostiquer sûrement la maladie et d'y apposer les moyens qui devaient déterminer la guérison. Mais aussi, il se fatigua outre mesure. Lutter sans cesse contre la nature pour la connaître, la dominer et la vaincre, c'est exposer sa santé et sa vie. C'est ce qu'il fit. Il se déséquilibra rapidement. Pour exciter encore l'ivresse de l'intelligence, il employait l'ivresse du vin ; puis il domptait celle-ci par la fatigue corporelle. Cette activité dévorante usa promptement ses forces ; épuisé, il mourut à Salzbourg, le 24 septembre 1541, à la fleur de l'âge et dans un état voisin de la misère.


      Ayant adopté les idées néo-platoniciennes, il faisait tout dériver de la Divinité.

      Chaque créature possède le baume astral. L'homme renferme en lui toutes les formes de la vie extérieure : il a le soleil, la lune, les astres, la terre, l'eau, le feu, etc. ; autrement dit, il possède toutes les propriétés dont ces corps ou ces agents sont doués. L'homme est ainsi un petit univers qu'il appelle microcosmes, par rapport au grand univers qui est le macrocosme.

      Comme il y a 7 planètes, il y a dans le corps humain 7 organes : cerveau, cœur, poumons, fiel, foie, reins et rate, qui sont en harmonie astrale avec la Lune, le Soleil, Mercure, Mars, Jupiter, Venus et Saturne. C'est dire que, astrologue convaincu, il admettait les influences des astres sur les différentes parties de notre organisme.

      D'après sa théorie, les influences des corps célestes se transmettent à l'atmosphère d'éther qui enveloppe la terre par l'intermédiaire du fluide universel. Ces influences conservent et protègent tous les éléments et toutes les créatures. C'est par la viciation de cette atmosphère que l'on peut expliquer la production de la peste, du typhus et de toutes les épidémies qui ravagent périodiquement le genre humain.

      Les effets de l'influence astrale ne sont pas les mêmes pour tous les individus ; ils varient selon la bonne ou la mauvaise disposition, la force ou la faiblesse des êtres (animaux ou végétaux) auxquels elle se fait sentir. Ces effets sont également différents selon que tel astre, par rapport à la position qu'il occupe dans le ciel, agit plus que tel autre. Ce sont les corps planétaires qui exercent sur nous la plus grande influence.

      Ces principes étaient connus ou supposés tels ; et les alchimistes, longtemps avant lui avaient admis l'action des corps planétaires sur notre organisme. Ils avaient même consacré divers métaux aux planètes connues des anciens.

      Cette consécration servit à Paracelse pour démontrer quel est l'astre qui nous influence. « Ce qui guérit, dit-il, indique la nature et la cause du mal, et comme chaque planète est représentée par un métal, Mars par le fer, Vénus par le cuivre, Saturne par le plomb, il s'en suivra que l'action thérapeutique de chaque métal indiquera l'influence morbifique de l'astre correspondant. »

      Il reconnaît donc que les métaux sont doués de propriétés curatives ; mais ces propriétés ne leur appartiennent pas en propre comme Agrippa l'a affirmé ; elles leur sont communiquées par les astres. Partout dans la nature le remède est à côté du mal ; et les métaux consacrés aux planètes reçoivent de celles-ci la vertu de guérir le mal qu'elles peuvent nous faire. Ce pouvoir d'une planète de guérir le mal qu'elle a fait naître, s'explique par un double courant de fluide, l'un bon, l'autre mauvais, que l'on peut considérer comme les deux pôles opposés de la force, dont elle est douée.

      C'est aller chercher bien loin l'explication d'un fait fort simple ; et en appliquant les métaux à l'art de guérir, l'auteur ne faisait que de la métallothérapie, comme Burq et Moricourt en ont fait il y a quelques années.

      En se basant sur la théorie du fluide universel, qui prit une très grande consistance à son époque, Paracelse fut le premier qui chercha à rattacher le magnétisme humain aux forces magnétiques et électriques répandues dans la nature.

      Considéré comme microcosme, l'homme possède en lui une propriété secrète qu'il tire des astres. C'est un esprit substil, une sorte d'élément, un fluide, qu'il nomme magnale, de magnes, magnétisme. Comme dans l'aimant, cet agent est soumis aux lois de la polarité. Dans son ensemble, notre corps représente un barreau aimanté ; la tête est le pôle arctique ou positif ; les pieds, le pôle antarctique ou négatif. Le corps humain est encore polarisé de l'avant à l'arrière : la face antérieure est positive, la face dorsale est négative. Cette polarité est tellement évidente que, affirme-t-il, si l'on suspendait un homme dans une barque abandonnée sur une eau calme et tranquille, l'homme dirigerait la barque par la seule force de son magnétisme, de telle façon qu'il présenterait constamment sa face au nord.

      Chaque organe est même polarisé par rapport à un autre organe. La bouche est positive tandis que le ventre est négatif.

      Un double courant de fluide, qui n'est modifié que dans la maladie, circule constamment d'un pôle à l'autre. Par le positif, il aspire la substance éthérée des astres qui entretient en nous la sagesse, la pensée, la raison ; par le négatif, il s'assimile les éléments qui lui permettent de réparer les forces de la chair et du sang.

      Pour faire comprendre l'homme, Paracelse le considère à deux points de vue différents : 1° comme être naturel (ens naturale), c'est-à-dire comme un petit monde indépendant, ayant comme le grand monde ses éléments constitutifs, ses propriétés, son mouvement propre et ses révolutions ; 2° comme être spirituel (ens spirituale), c'est-à-dire comme une partie de l'être astral, soumis à l'influence du grand magnale magnum qu'il influence à son tour.

      L'être spirituel n'est pas comme on pourrait l'admettre, une substance immatérielle : c'est, dit-il, une espèce d'essence ou de liqueur quintessenciée ; il y a cinquante ans, on aurait dit un fluide impondérable. Chaque animal a en lui un esprit de cette nature. Cet esprit, qui n'est autre que le corps astral du colonel de Rochas et des occultistes contemporains ou le périsprit des spirites, est formé lui-même par une quantité prodigieuse de particules vivantes que l'on appelait alors des esprits animaux. Ces esprits animaux peuvent se comprendre entre eux et s'influencer à distance. Les effets de sympathie ou d'antipathie involontaire s'expliquent par cette correspondance spirituelle.

      La volonté d'un individu peut, par l'énergie de son effort, agir sur l'être spirituel d'un autre individu, entrer en lutte avec lui, le soumettre à sa puissance ; et cette domination peut aller jusqu'à affecter le corps et le faire dépérir. Appliquant cette idée à l'envoutement, Paracelse ajoute : « Vous souffrirez tout ce qu'on fera à une figure de cire fabriquée à votre intention. Et ici ce n'est pas votre corps qui sera affecté, c'est votre être spirituel ; aussi, tous les remèdes qui s'adresseraient à votre corps sont inutiles. Telle est la force de la malédiction... Et ne te moque pas de tout cela, ô médecin, tu ne sais pas quelle est la puissance de la volonté. »

      Comme on le voit, Paracelse croit à l'envoûtement ; mais contrairement aux idées de son temps, il repousse a priori tout sortilège, toute opération en dehors des lois de la nature, mais l'explique par une théorie que l'on peut trouver insuffisante ; mais qui, du moins, ne choque pas la raison.

      « On a négligé, dit-il, l'étude des forces de la nature, on s'est contenté de raconter des faits merveilleux... Par les yeux du corps nous ne voyons que la moitié des choses. C'est la lumière de la nature qui nous montre l'autre moitié et nous fait voir l'architecte intérieur, l'invisible. »

      L'invisible, c'est la force interne, la vertu cachée, l'archée, le fluide vital, nerveux ou magnétique, la mumie, le magnate magnum, l'âme matérielle des anciens, la nature des modernes ; c'est ce principe, toujours supposé et jamais démontré complètement, sans lequel l'explication des phénomènes de la vie universelle semble toujours impossible.

      Ce principe admis, l'auteur ne voit plus de mystère qu'il ne puisse éclaircir; pour lui, il n'est plus d'effet sans cause naturelle, parce que tous les effets observés chez l'homme et les animaux sont produits ou communiqués par cet agent inhérent à la nature de tous les individus, agent physique, quoique infiniment subtil ; universel, quoique différent selon les milieux, approprié aux divers corps avec lesquels il se trouve en rapport.


      Mais ce n'est pas tout d'avoir constaté l'agent interne, il faut encore connaître son langage. « Vous le connaîtrez, dit-il, en interrogeant les effets ou les causes externes. car l'invisible se manifeste par les choses extérieures. »

      Ce principe contient l'homeoopathie tout entière, et voici comment il l'expose : « Il faut donc chercher dans l'analyse du monde externe quelles sont les parties qui sont les analogues de chacun de nos organes, afin de pouvoir guérir la maladie en donnant à chaque partie du corps ce qui lui est semblable... Ce qui sert à un organe correspond à la nature de cet organe : le semblable appartient à son semblable. Il est faux que les contraires guérissent par les contraires ; vous ne devez pas chasser l'arcane, mais aider l'arcane intérieur au moyen de l'arcane extérieur qui lui correspond; et, par son aide, le fortifier contre les éléments contraires qui tendent à l'abattre. Chaque homologue externe guérit son homologue interne ; le mercure extérieur guérit le mercure intérieur.»

      Au XVIème siècle, l'aimant était beaucoup employé dans le traitement des affections nerveuses. Paracelse étendit son usage au traitement des affections organiques sur lesquelles il lui parut exercer une action non moins réelle. Lui attribuant une double propriété, d'attirer et de repousser, il le considère comme très utile dans le traitement du plus grand nombre des affections qu'il nomme matérielles, et particulièrement dans l'épilepsie, les écoulements sanguins et lymphatiques particuliers aux femmes ; la diarrhée, les diverses hémorragies, les fluxions des yeux, des dents, des oreilles, du nez et des membres ; la jaunisse, l'hydropisie, etc., etc. Selon qu'il veut attirer les humeurs à l'extérieur ou les repousser vers leur source, il emploie l'un ou l'autre pôle de l'aimant. Ses indications à ce sujet sont vagues et embrouillées ; et si on comprend qu'il agit conformément à une théorie raisonnée, on saisit assez difficilement le fond de sa pensée.


      En raison de sa théorie, basée comme on l'a vu sur celle du fluide universel, il considère les talismans comme des réservoirs, comme des accumulateurs des influences planétaires ; et, en conséquence, il leur attribue une grande importance dans le traitement des maladies.


      En ce qui touche plus directement à l'art de guérir par les procédés connus de son temps, nous avons vu qu'il employait l'aimant et les métaux ; il employait aussi certains attouchements, sans leur attribuer une grande importance ; il n'admet pas de sortilège et d'enchantement, mais soutient que la foi et l'enchantement sont de très puissants auxiliaires ; et, comme ses prédécesseurs, il n'est pas loin d'admettre que cette dernière puisse nous être nuisible.

      « L'imagination reçoit tout son développement de la foi, dit-il, et celui qui croit en la nature reçoit de la nature suivant l'étendue de sa foi... Je ne nierai pas, ajoute-t-il, que l'imagination soit tellement efficace qu'elle puisse nous rendre sains ou malades. »


      Quelques auteurs ont considéré Paracelse comme le Père du Magnétisme. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il a fait de la Médecine magnétique, comme Agrippa fit avant lui de la Médecine occulte, et que l'on trouve dans sa doctrine l'exposé de presque tous les principes magnétiques qui furent décrits plus tard avec plus de précision. C'est lui qui fut le vulgarisateur des traitements sympathiques à distance. Il donna la recette de deux onguents : l'onguent vulnéraire et l'onguent des armes employés pour cela.

      Il fut un savant presque universel, connaissant à fond toutes les sciences qui, de près ou de loin, touchent à l'art de guérir. La médecine, la chirurgie, la physique et surtout la chimie lui sont considérablement redevables. On lui doit les premières observations relatives à la théorie actuelle de la lumière, l'art de préparer les médicaments par la chimie, la connaissance des propriétés de l'opium et du mercure, ainsi que beaucoup d'observations pratiques qui le font encore considérer comme l'un des plus grands maîtres de la médecine au XVIème siècle.


      Paracelse a écrit un nombre considérable de traités ; mais son style est diffus, énigmatique, mystérieux ; on le devine plutôt qu'on ne le comprend. Ses œuvres ont été plusieurs fois rééditées ; la meilleure édition est celle de Genève, 3 volumes in-folio, 1658, avec figures.


      Il exerça une très grande influence sur les écrivains de son époque, et le XVIème siècle fut appelé à juste titre le Siècle de Paracelse. Aussi ses œuvres furent beaucoup lues, commentées et critiquées. Parmi ses biographes, critiques ou commentateurs, je citerai seulement les suivants, chez lesquels on trouve des appréciations intéressantes :

      L. SUAVIUS – De vita longa, 1567.

      ERASTE – Vie de Paracelse, Paris, 1772.

      G. COURTIN – Adversus Paracelsi, de tribus principius auro potabili. In-4°, Paris, 1579.

      COLONNA – Abrégé de la doctrine de Paracelse, 1724.

      JOYAND – Précis du siècle de Paracelse, Paris, 1787.

      LEFÈBRE DEUMIER – Etudes biographiques et littéraires sur quelques célébrités étrangères : le chevalier Morinot, Anne Radcliffe, Paracelse, Jeanne Vider, Paris.

      L. FIGUIER – Vie des hommes illustres, Paris.




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