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Saint-Martin le Philosophe Inconnu

Sa vie et ses écrits - Son maître Martinez et leurs groupes - D'après des documents inédits
Jacques Matter
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CHAPITRE II

La carrière des armes. – La garnison de Bordeaux. – L'initiation à l'Ecole de Martinez de Pasqualis. – La doctrine secrète de Martinez. – Son Traité inédit. – La chute et la réintégration.
Les opérations théurgiques et le commerce avec les esprits supérieurs. – Une discussion entre Martinez et Saint-Martin. – Appréciation des Illuminés de France par M. de Maistre.


1766-1771

De la magistrature Saint-Martin était passé dans la carrière des armes sans préparation aucune, sans transition. Le duc de Choiseul, pour obliger sa famille, lui avait fait délivrer, selon les usages du temps, un brevet d'officier dans le régiment de Foix, comme il avait fait donner à d'autres des brevets de chambellan.

      On ignore si le jeune lieutenant improvisé, rendu à son corps qui tenait garnison à Bordeaux, s'y appliqua à quelques études de science militaire, ou bien s'il se borna tout simplement aux devoirs communs de son grade et de son métier. Dans ses notes, je ne trouve trace de rien de ce genre. Ce qui explique quelque peu, dans la vie de M. de Saint-Martin, l'absence de toute préoccupation militaire, c'est que le traité de Versailles, en mettant fin à la guerre de sept ans, avait assuré à l'Europe un état de paix auquel l'opinion générale donnait une longue durée et que l'Amérique ne vint troubler qu'au delà des mers quand déjà le jeune officier n'était plus au service. D'ailleurs, toutes les puissances de son âme et de sa pensée étaient enchaînées autre part, et ses vives aspirations vers les deux sciences qu'il préférait à tout trouvèrent à Bordeaux un aliment plein de séduction. Il y rencontra un de ces hommes extraordinaires, grand hiérophante d'initiations secrètes, qui, pour communiquer leurs mystères, cherchent moins le grand jour que les ténèbres, Martinez de Pasqualis, Portugais, à qui nul ne peut reprocher d'avoir recherché, sous le masque de sa science secrète, soit la renommée, soit la fortune. De race orientale et d'oririgine israélite, mais devenu chrétien comme le devenaient les gnostiques des premiers siècles, dom Martinez initiait depuis 1754, dans plusieurs, villes de France, surtout à Paris, à Bordeaux, à Lyon et ailleurs, des adeptes dont aucun ne fut entièrement épopte, c'est-à dire n'eut tout son secret, mais dont plusieurs ne cessèrent de professer pour lui des sentiments d'admiration et de respect. Saint-Martin, qui devait être le plus illustre de ses disciples, nous dit lui-même que le maître ne les trouva pas assez avancés pour pouvoir leur faire ses communications suprêmes. Aussi ne leur a-t-il pas achevé les dictées de son enseignement.

      Quand Saint-Martin lui fut amené par les officiers ses camarades, il lui arrivait dans les meilleures dispositions.

      Comment, par quelles doctrines, quels talents, quelles cérémonies, quels moyens externes, le mystagogue étranger, dont le langage était fort défectueux, s'attacha-t-il des jeunes gens de si bonne naissance, un philosophe surtout d'une piété aussi tendre, d'un catholicisme aussi ferme en apparence et d'un âge déjà mûr ? Car dès cette époque Saint-Martin, que j'entends ici, était philosophe et il avait le droit d'être écolier difficile à satisfaire. Il avait suivi tant d'autres maîtres au collège et à l'école de droit, siégé six mois dans tin tribunal comme avocat du roi, lu tous les philosophes à la mode, et fait une étude spéciale du savant Burlamaqui.

      La doctrine de Martinez de Pasqualis et ses pratiques étaient donc bien séduisantes.

      Faute de documents, on a été réduit jusqu'ici à des inductions ou à des conjectures. Les unes et les autres, on les a établies très facilement, et une fois proclamées, elles ont passé pour des faits. On a dit que les opinions du maître devaient se trouver dans les écrits du disciple, surtout dans ceux que Saint-Martin a publiés les pre miers et avant d'avoir fait avec Jacques Bœhme Cette connaissance qui marqua une époque dans sa vie. En un mot, on croyait être certain que l'ouvrage des Erreurs et de la Vérité était écrit dans les principes et dans les idées de Martinez de Pasqualis ;

      Cette voie, d'ailleurs la seule possible avant la conmaissance des manuscrits laissés par dom Martinez, était toutefois peu sûre. Chacun le sent, car chacun sait quelles idées on se ferait de la doctrine de Socrate en suivant les écrits de Platon, ou de la doctrine de Platon en suivant les écrits d'Aristote, ou d'Aristote en ne consultant que ceux de Théophraste. Et, pour prendre des exemples plus rapprochés de nous, chacun sait aussi quel Descartes on aurait en écoutant Malebranche ou Spinoza, et quel Kant en s'attachant à Fichte, quel Fichte en le prenant dans Schelling. Il en est absolument de même de Saint-Martin et de son maître : on n'aurait aucune idée juste de celui-ci en ne consultant que Saint-Martin, quoiqu'il insinue lui-même que, dans ses premiers écrits, il suivait les idées de Martinez.

      Nous avons à la vérité l'ouvrage d'un autre disciple du fondateur de l'école de Bordeaux, l'abbé Fournié ; mais on ne le connaîtrait pas davantage en écoutant ce dernier. Il dit pourtant plus formellement encore qu'il nous expose les idées de son maître, mais il diffère de Saint-Martin, pour reprendre un exemple cité et compris de tout le monde, autant que les deux célèbres disciples de Socrate, Xénophon et Platon, diffèrent entre eux. On doit donc faire une profonde distinction entre le maître de Bordeaux et ses deux élèves, comme entre les deux élèves eux-mêmes.

      Quelle a été la vraie doctrine du chef de l'école ?

      On a dit la science secrète de Martinez un mélange de gnosticisme et de judaïsme christianisé, nourris tous deux de la kabbale. Cela n'est pas absolument faux. Les gnostiques ayant professé ou consulté tous les systèmes de la Grèce et de l'Orient, y compris les textes juifs et chrétiens, il y a naturellement du gnosticisme dans toutes les spéculations théosophiques un peu savantes, et il n'est pas de juif érudit, si chrétien qu'il soit devenu par ses études, qui n'ait quelque reste de familiarité avec les idées de la kabbale.

      On a pu se contenter de ces généralités tant qu'on a ignoré l'existence ou dédaigné l'étude d'un exposé de l'enseignement de Martinez tracé par lui-même ; mais en consultant ce document que j'ai entre les mains, le traité si rare de la Réintégration, je n'ai aucune raison de croire que dom Martinez doive être rattaché aux anciennes écoles des gnostiques ou des kabbalistes. De ces anciens docteurs, il n'en cite aucun, et il ne connaît réellement ni leurs textes ni leurs systèmes, pas plus que ceux des philosophes de la Grèce ou ceux des docteurs de l'Eglise. Il ne cite pas même les penseurs juifs ou chrétiens du moyen-âge et des temps modernes. Sa doctrine n'est sans doute qu'un singulier éclectisme, mais elle ne ressemble à rien de ce qui est connu dans l'histoire de la philosophie. Elle prend les textes sacrés pour guide, mais elle en fait sortir ou y rattache, de son fonds, des enseignements que les auteurs de ces textes rejetteraient bien loin.

      Le traité manuscrit de Martinez dont je parle et que j'ai eu la bonne fortune de rencontrer très inopinément, se distingue déjà par la hardiesse de sa conception. Il porte ce titre : Traité sur la Réintégration des êtres dans leurs premières propriétés, vertus et puissances spirituelles et divines, et se compose de plusieurs parties, formant environ 355 pages in-4°, d'une écriture assez serrée. On le dirait écrit d'un seul trait, tant la marche et la nature des idées s'y enchaînent.

      Il a pour objet, non pas l'état actuel des choses, mais le rétablissement de leur état primordial, celui de l'homme et celui des êtres en général. Et, loin d'offrir une discussion ou une hésitation quelconque, il expose la pensée de son auteur très magistralement. Point de doute ni de difficultés sur rien ; des révélations, du mystère, de l'obscurité partout.

      Son point de départ est pris dans nos premiers textes sacrés, mais c'est moins un commentaire qu'une nou velle révélation, du moins une dogmatique substituée à une autre. Tout le Pentateuque, toute l'histoire du peuple de Dieu y est à ce point modifiée et changée que, dans la personne d'Adam et d'Hévah, dans celle des patriarches, du législateur des Hébreux ou de leurs rois, l'homme diffère des types connus, autant que les anges, les démons et Dieu lui-même diffèrent des types bibliques. En un mot, la destinée de tous les êtres y diffère de tout ce que l'histoire ou la tradition consacrée nous apprennent sur ces grands sujets.

      Le traité, dans les deux manuscrits que j'ai pu consulter et qui sont les seuls dont l'existence m'est connue, est divisée en cinq parties dans l'un, en deux dans l'autre. Mais il n'est pas achevé, et à la suite je trouve cette note : « L'auteur n'a pas été plus loin dans ce traité, qui devait être beaucoup plus long. C'est sur tout à la venue du Christ qu'il devait être plus important, selon ce qu'il a dit lui-même à ses amis. »

      Cela se comprend. Continué sur le même pied, ce traité devenait très long. Son auteur, en cessant d'écrire, n'en est encore qu'à Saül, et, s'il donnait dans sa pensée aux discours des prophètes, à ceux de Jésus-Christ et à ceux de ses apôtres la même étendue qu'à ceux de Moïse et de ses successeurs, il nous laissait toute une bibliothèque. Il s'y rencontrait peut-être avec les idées qu'on trouve dans les entretiens des apôtres avec leur maître tels que les donne la Sophia Pistis, qu'on a souvent at tribuée au gnostique Valentin, mais il leur donnait certainement beaucoup plus d'étendue.

      Je crois pouvoir dire qu'à mon avis Martinez n'ajoutait rien à son enseignement en achevant son ouvrage et qu'il perdait peut-être plusieurs de ses adeptes.

      En effet, son auditeur chrétien pouvait écouter avec plus ou moins de curiosité les harangues que Martinez y prête à Adam, à Noé, à Moïse, ou à la pythonisse d'Endor ; mais il n'aurait pas accepté de même des discours prêtés à Jésus-Christ, à saint Jean ou à saint Paul. On donnerait sous des noms aussi vénérés des discours supérieurs ou égaux, si cela n'était pas impossible, à leurs paroles authentiques, qu'on ne satisferait pas les délicates et sévères exigences de la pensée chrétienne. Or ceux que Martinez prête avec tant de laisser aller aux personnages qu'il nous présente sont très faibles, sans portée. Ils témoignent, de la part d'un homme de race orientale, une absence, étonnante de goût et de sentiment en matière de style majestueux. De l'éloquence hardie, impétueuse et sublime, des textes mosaïques, il ne reste pas trace dans les dissertations tantôt abstraites, tantôt familières qu'il nous offre. Que le langage d'un juif portugais, même converti, ne soit pas très français, cela se comprend, et loin de choquer ses auditeurs, cela pouvait ajouter au prestige dont il savait les fasciner. Mais que de jeunes militaires du dernier siècle, appartenant aux bonnes familles du pays et ayant au milieu d'eux un spirituel magistrat qui s'était familiarisé dès le collège avec les philosophes du jour, aient accepté cet enseignement comme raisonnable, évangélique et équivalent, ou même supérieur au christianisme de Fénelon et de Malebranche, de Bossuet et de Leibnitz, voilà qui ne se comprend pas. Que des contemporains de Voltaire et de Rousseau n'aient pas posé une seule fois cette question, qui se présentait si naturellement sur leurs lèvres : De quelle autorité tenez-vous des discours que vous nous citez littéralement et que vous seuls semblez connaître ? voilà qui ne se comprend pas davantage. Aussi je n'admets pas que ce traité donne des leçons faites par Martinez à l'ensemble de ses auditeurs. Je pense, au contraire, qu'il ne contient que ce qui allait aux initiés, aux adeptes véritables, c'est-à-dire la doctrine ésotérique, celle-là précisément qui nous intéresse le plus. Peu nous importe, en effet, ce qu'il a pu dire à tout le monde.

      Si l'écrit donne la pensée intime du fameux mystagogue, la donne-t-il tout entière ? Martinez était-il chrétien sincère ou juif dissimulé, loyal enfant de l'Eglise ou habile disciple de la kabbale ?

      Martinez de Pasqualis ne fut rien de tout cela. Théosophe très mystérieux, il fut au plus haut degré ce que que les humbles et modestes de sa race sont sur une petite échelle, c'est-à-dire enthousiaste de sa propre science et très jaloux de ses dons naturels. Peut-être le fut-il encore plus de ses rapports réels ou imaginaires avec le monde supérieur et ses Vertus ou ses Agents, dont il obtenait, suivant ses disciples, des communications, des lumières, des visions et des forces extraordinaires, grâce aux pratiques secrètes et aux moyens magiques qu'il savait employer pour s'en assurer la possession. On sait que tout mystique qui sort des limites marquées par la raison, et tout théosophe qui franchit l'Evangile pour se mettre en communication avec le monde des esprits en vient là, soit par une théurgie spéciale, par une méthode de contemplation directe, ou par des habitudes de prière et d'extase quelconques.

      Mais dom Martinez fut-il contemplatif, extatique ou théurgiste ?

      Il fut un peu tout cela, si ce n'est quelque chose de plus encore et de moins sublime.

      Son traité n'expose que la première moitié de son système, mais ce n'en est pas la moins intéressante, puisque c'en est la plus franche, celle sur laquelle en sa qualité de chrétien peu sûr il pouvait le mieux s'expliquer. En effet, il s'y étend avec complaisance sur la théorie de la chute des êtres et sur celle des conséquences de ce grand fait, tandis qu'il n'aborde pas réellement la réintégration et ses suites qui devaient être le véritable objet de son travail. Ce qui paraît l'avoir arrêté en route, c'est qu'il aurait fallu, en traitant de la réintégration, accepter la personne du Christ d'après les textes sacrés ou la masquer suivant ses traditions secrètes, deux partis dont l'un et l'autre devenaient pour lui également difficiles.

      Quant à la chute, ses révélations, si ce mot peut s'employer, sont ambitieuses, comme sont imposants les objets qu'elles touchent. Ce n'est pas de la terre seulement ou d'un peuple, fût-ce celui de Dieu, qu'il y traite, c'est de l'univers, de tous les êtres, du monde divin comme du monde humain. Et ce n'est pas lui, l'homme du dix-huitième siècle qui parle, c'est le plus grand des prophètes du peuple de Dieu, c'est Moïse. Dom Martinez n'est que son greffier.

      Le point de départ de la Réintégration, c'est la chute, et c'est une idée chère à beaucoup de mystiques très transcendants, que les plus purs et les plus saints d'entre les mortels, les élus, doivent se sacrifier et s'immoler pour apaiser les colères divines soulevées par l'état d'imperfection où gît le monde déchu.

      « Oui, Israël, s'éerie Moïse, je te dis en vérité qu'il en est du monde divin comme des habitants spirituels du monde général terrestre. Ne sois pas étonné si je t'apprends que les habitants du monde divin se ressentent encore de la première prévarication et s'en ressentiront jusqu'à la fin des temps, où leur action cessera de participer au temporel, qui n'est pas leur véritable emploi, et pour lequel ils n'ont point émané (sic)... De même que les habitants spirituels de la terre payent tribut à la justice de l'Eternel pour la prévarication du premier mineur, commise au centre de l'univers temporel, de même les habitants du monde divin payent tribut à la justice du Créateur pour l'expiation du crime des premiers esprits. »

      On le voit, d'ailleurs, avec dom Martinez on n'est pas terre à terre pour les conceptions ou les questions. On n'est pas non plus terre à terre pour l'autorité : la science qu'il enseigne est suprême. Elle rappelle un peu celle de Philon, qui commente aussi la Bible à sa manière, c'est à-dire qui la prend aussi pour point de départ de ses élucubrations, mais qui l'explique, la modifie et l'amplifie, lui aussi, soit au gré de ses études philosophiques, soit au nom de ses illuminations divines. Philon toutefois n'ose pas, dans la savante Alexandrie, prêter autant de discours apocryphes à ses personnages sacrés que leur en prête dom Martinez à Bordeaux, trop audacieux dans la patrie de Montesquieu. Ce fut sans doute cette audace, jointe à la hauteur des problèmes, qui fascina des adeptes tels que l'abbé Fournié et Saint-Martin, déjà séduits à moitié, l'un par les aspirations passionnées d'une âme tendre et pieuse, l'autre par les misères et les souffrances d'un esprit que tourmentait le scepticisme des sages ou la négation des incrédules du temps.

      On le sait par le témoignage de tous les siècles, partout où le sensualisme amène à sa suite ses deux grossiers compagnons, l'athéisme et le matérialisme, le rationalisme et le spiritualisme, ses adversaires légitimes, se jettent alarmés dans les bras du mysticisme et de la théosophie, qui les entraînent rapidement, dans ces mauvais jours, vers des régions qu'en des jours plus heureux ils n'aborderaient qu'en tremblant.

      Sur la fin du dernier siècle ces contrastes se produisirent avec éclat en France comme dans le reste de l'Europe ; on aimait alors bien des associations mystérieuses qui depuis ont été appréciées sévèrement.

      Dans la société secrète où Saint-Martin fut introduit tout à coup à Bordeaux, il y avait alors, comme ailleurs, autre chose qu'un simple enseignement antisensualiste ou spiritualiste. Martinez offrait un ensemble de symboles et de leçons qui se complétaient par des pratiques ou des opérations théurgiques correspondantes. A cette vaste théorie d'une chute arrivée dans les cieux comme sur la terre, à cet enseignement d'un tribut solidaire payé à la justice divine par les habitants du monde divin et par ceux du monde terrestre, se joignaient des actes, des œuvres, des prières, une sorte de culte. Entre les esprits terrestres et les esprits célestes, la communauté des destinées éternelles et des hautes aspirations garantissait aux yeux de dom Martinez la communauté de l'œuvre de réintégration imposée à tous, et il fallait par conséquent, pour obtenir l'effet, la communauté des travaux. L'assistance des majeurs ou des esprits supérieurs était donc assurée aux mineurs, si ces derniers savaient intéresser les premiers à leur sort et en conquérir la bienveillance au moyen de savantes pratiques.

      Voilà à la fois les principes et l'origine de la théurgie, la légitimité de son idée et la nécessité de ses opérations.

      A l'école de dom Martinez ces opérations jouaient un grand rôle. Ce qui me porte à croire qu'on les y considérait comme une sorte de culte, c'est que ce terme est resté cher à Saint-Martin, qui, par une singulière contradiction, n'aimait guère ces opérations et adoptait néanmoins le mot opérer pour désigner la célébration de la sainte cène et du baptême.

      Dire ce qu'étaient réellement les opérations de l'Ecole de Bordeaux est difficile. On ne nous l'apprend guère.

      Etaient-ce des cérémonies secrètes qu'on pratiquait pour se mettre en rapport avec des puissances supérieures, à l'effet d'arriver à des réalisations ou des œuvres surnaturelles avec ou sans leur concours ?

      C'est là l'antique prétention de la théurgie, de la science d'Iamblique et d'autres néo-platoniciens, de la science de Basilide et d'autres gnostiques, de la science de beaucoup de partisans ou de maîtres des arts occultes dans tous les siècles et dans tous les pays. En effet, entre la théurgie et la magie l'affinité est toujours intime. Si la ligne de démarcation qui les sépare est facile à tracer en théorie, elle est sans cesse franchie dans la pratique ; les opérations des deux arts se confondent.

      A défaut de toute espèce de document authentique, il est impossible de déterminer comment elles se distinguaient dans l'Ecole de Bordeaux. Il paraît qu'il était interdit, dans la société de dom Martinez, de révéler en quoi consistaient ces cérémonies qui choquaient un peu Saint-Martin. Le discret élève nous apprend bien, dans sa correspondance avec le baron de Liebisdorf, qu'il s'écria plus d'une fois, lui partisan d'un spiritualisme plus pur et plus évangélique, « Eh quoi, maître, faut-il tant de choses pour prier Dieu ? » Mais il se garde bien de nous laisser entrevoir ce qu'était ce tant de choses. De plus, quoiqu'il se soit écoulé vingt-cinq ans depuis qu'il a jeté ces cris, il ne veut entrer dans aucun détail. Il a l'air de rapporter avec une sorte de naïveté la réponse que lui fit Martinez ; mais je me défie beaucoup de sa mémoire dans ce récit, et, s'il est exact, je suis certain que le maître et l'élève ne se sont pas compris et n'ont pas voulu se comprendre. Je crois que le maître a été un peu étourdi de la question, et le disciple trop prompt à se payer d'une réponse telle quelle. Saint-Martin dit que le mystagogue lui répondit : « Il faut bien se contenter de ce que l'on a. » Il pense que Martinez ne voyait dans ces opérations ou dans ces formules que du remplacement. Mais j'estime qu'il a tort. Ce n'est pas des formules et des opérations que son maître a pu dire « qu'il fallait s'en contenter. » Avouer qu'on n'a que des formules théurgiques, serait faire un singulier aveu. Et, en réalité, c'en est un tout autre que fait dom Martinez. Saint-Martin n'aurait pas dû s'y tromper, et il vaut la peine de tirer la matière au clair, afin d'arriver à des idées précises, non pas seulement sur Martinez et sur Saint-Martin, mais sur toute cette théurgie contemporaine de Rousseau et de Voltaire. Car le récit de Saint Martin a cette portée, et il y a ici une profession de foi curieuse à recueillir des lèvres d'un des grands admirateurs de Rousseau, se confessant à un ancien correspondant du philosophe de Genève.

      « Je crois, dit Saint-Martin à son ami de Berne, je crois comme vous que la sagesse divine se sert d'Agents et de Vertus pour faire entendre son Verbe dans notre intérieur. » (Lettre du 12 juillet 1792.)

      Telle est donc sa doctrine vingt-cinq ans après son initiation à l'école de Martinez.

      Il a fait de grands pas dans l'intervalle, et sa pensée sur le système de son maître a beaucoup changé. Sa pratique aussi s'est profondément modifiée ; elle s'est attachée plus au centre, à l'intérieur, moins à la circonférence, à l'extérieur, comme il se plaît à nous l'apprendre. Et cependant il croit que, pour faire la chose principale dans cet intérieur, pour y faire entendre le Verbe, la sagesse divine se sert d'Agents et de Vertus.

      Or, ces Agents et ces Vertus, ce ne sont, selon Saint Martin, ni nos idées, ni des idées quelconques ; ce ne sont ni nos sentiments, ni des sentiments quelconques. A cet égard il n'est pas de doute possible. Ce sont des puissances intermédiaires entre Dieu et l'homme ; Liebisdorf le disait expressément dans sa lettre du 30 juin. « Pour nous faciliter, autant que possible, notre union avec les Agents intermédiaires qui sont nos amis, nos aides et nos conducteurs, je crois qu'il faut une grande pureté du corps et de l'imagination. »

      Cela est clair. Il s'agit d'esprits supérieurs, ou, pour parler le langage de dom Martinez, de ces majeurs qui viennent assister le mineur, l'homme. Telle est, dans le traité de la Réintégration des êtres, la doctrine intime du mystérieux Portugais. C'est donc l'assistance des majeurs qu'il veut s'assurer par les opérations et les formules qui fatiguent l'impatience du jeune et pieux Français ; et quand celui-ci a l'air de se révolter : « Il faut bien se contenter de ce qu'on a, » lui dit le maître. C'est-à-dire, en d'autres termes, il faut se contenter des Vertus et des Agents intermédiaires, parce que l'on peut disposer d'eux, tandis qu'on ne peut pas, au moyen de nos arcanes, disposer de Dieu ou de son Verbe.

      Voilà le sens du mot remplacement. Ce ne sont pas les opérations qui remplacent ; ce sont les puissances elles mêmes mises en jeu par la théurgie, et, si l'on se contente de ces Agents, c'est qu'on n'a pas mieux. Mais on aspire à autre chose. On sera bien autrement fort, et ce sera bien autre chose quand sera accompli le cycle complet, et quand sera achevée l'œuvre entière de la réintégration des êtres en leurs formes et puissances primitives.

      Voilà la doctrine de ceux des théosophes et des mystiques qui vont jusqu'à la théurgie. Et telle est la doctrine constante de Saint-Martin lui-même.

      Cela va beaucoup plus loin que les ambitions les plus hautes du spiritualisme actuel. Celles-ci se bornent au commerce avec les défunts ; celles-là ramènent l'homme à sa primitive grandeur ; elles le font semblable à Dieu.

      Telle est la portée réelle du système de Saint-Martin. Telle est sa doctrine intime, non pas à Bordeaux seulement, à Paris et à Lyon, c'est-à-dire à l'école de dom Martinez et dans ses premiers écrits, mais encore après son séjour à et après son passage à l'école de Bœhme, longtemps après la mort de Martinez.

      Et d'abord, pour ce qui est de la véritable théurgie, non seulement il professe sa foi à des Agents en 1792, nous venons de l'entendre, mais il distingue des classes d'Agents et trace des règles de prudence pour le commerce de l'âme avec elles. « Nous devons recueillir avec soin, dit-il au baron de Liebisdorf, au sujet de ces Agents, nous devons recueillir tout ce qui se dit en nous. Vous croyez que c'est principalement sur nos corps qu'ils agissent – le baron, pour s'expliquer par une com paraison, avait parié un peu en chimiste de l'union de deux corps antipathiques au moyen d'un troisième – il y en a pour cette partie extérieure de nous-mêmes. Mais leur œuvre s'arrête là, et doit se borner à la préservation et au maintien de la forme en son bon état, chose à laquelle nous les aidons beaucoup par notre régime de sagesse physique et morale. »

      La mission de ces Agents, selon Saint-Martin, est donc à ce point importante et principale, que c'est essentiellement à eux qu'il appartient de préserver notre organisme, et que, dans cette œuvre, nous ne sommes que leurs aides. Nous pouvons les aider beaucoup.

      Cela étant, notre rôle serait assez facile, n'était une circonstance grave. J'entends l'existence d'une autre classe d'Agents, voisins des premiers, mais moins di gnes qu'eux de notre confiance, plus empressés d'en jouir, et cela sans doute pour en abuser. C'est là ce qui rend notre tâche difficile, car il nous faut veiller nous mêmes à ce que font les premiers et ne pas trop nous en remettre à leur sollicitude pour nous. « Gardons nous, dit Saint-Martin à son ami, de nous reposer trop sur eux. Ils ont des voisins qui agissent aussi sur cette même région, et qui ne demandent pas mieux que de s'emparer de notre confiance, chose que nous sommes assez disposés à leur accorder, en raison des secours extérieurs qu'ils nous procurent, ou que, plus souvent encore, ils se contentent de nous promettre. »

      On le voit, la foi de Saint-Martin dans la théorie des Agents et dans celle des voisins dangereux reste entière, encore après son séjour à Lyon, à Paris et à . Toutefois, sa pratique, l'usage qu'il fait de sa foi, s'est modifiée profondément dans cet intervalle, et il tient plus que jamais au second point, à la réintégration dans notre nature primordiale et à notre retour vers l'union avec Dieu.

      Saint-Martin nous fait connaître lui-même où il en était à Bordeaux en 1766 et où il en est vingt-cinq ans plus tard.

      « Je ne regarde, dit-il en 1792, tout ce qui tient à ces voies extérieures (il entend les opérations théurgiques pour s'assurer l'assistance des Agents en ce qui concerne le corps) que comme les préludes de notre œuvre. Car notre être étant central – dans la théorie de Martinez tous les êtres sont émanés du centre, ou pour prendre son style, le centre de tout a émané tous les êtres de son sein, – notre être étant central, doit trouver dans le centre d'où il est né tous les secours nécessaires à son existence. «Voilà 1792.

      « Je ne vous cache pas que j'ai marché autrefois dans cette voie seconde et extérieure, qui est celle par où l'on m'a ouvert la porte de la carrière. » Voilà 1766.

      Saint-Martin n'ose plus dire qu'il faut nécessairement passer par cette porte, par les Agents. Mais comme ils sont très puissants et comme la sagesse divine se sert d'eux pour faire entendre le Verbe dans notre intérieur, il est de toute prudence, même dans le système de 1792, de passer par cette porte. Ecoutons-le.

      « Celui qui m'y introduisait (Martinez) avait des Vertus très actives. »

      Ici Saint-Martin évite le mot agents, mais il ajoute un fait qui ne laisse pas de doute sur le sens. « La plupart de ceux qui le suivaient avec moi en ont retiré des confirmations qui pouvaient être utiles à notre instruction et à notre développement. Malgré cela je me suis senti de tout temps un si grand penchant pour la voie intérieure et secrète, que cette voie extérieure (l'emploi d'agents) ne m'a pas autrement séduit, même dans ma très grande jeunesse, car c'est à l'âge de vingt-trois ans qu'on m'avait tout ouvert (révélé) sur cela. »

      En effet, c'est parce qu'il prenait si peu de goût à « ces choses si attrayantes pour d'autres » – car Saint Martin ne dit pas qu'il ait reçu des confirmations lui aussi – qu'au milieu des moyens, des formules et des préparatifs de tous genres auxquels « on nous livrait, » il s'impatienta et jeta au maître ces mots de censure ou d'opposition : « Faut-il donc tant de choses pour prier Dieu ? »

      Cependant, tout en se détournant ainsi des opérations théurgiques avec une sorte d'antipathie, Saint-Martin n'avait fait qu'obéir à d'anciens instincts de spiritualité, et si grands qu'on conçoive les pas qu'il a faits de 1766 à 1792, sa théorie est restée la même. On va s'en con vaincre. « Sans vouloir déprécier, écrit-il à son disciple Liebisdorf, les secours que tout ce qui nous environne peut nous procurer, chacun en son genre, je vous exhorte seulement à classer les Puissances et les Vertus. Elles ont toutes leur département. Il n'y a que la Vertu centrale qui s'étende dans tout l'empire. »

      Il prend sur lui de mettre son ami dans de bonnes voies, il l'engage à bien savoir à qui il s'adresse. Mais il ne le détourne pas des bons Agents, de ceux qui nous font entendre le Verbe dans l'intérieur. Classer les Puis sances et s'attacher au centre pour l'œuvre de la Réintégration, telle était la substance même de la doctrine de Martinez de Pasqualis, et plus on étudie Saint-Martin, le traité de son maître De la Réintégration sous les yeux, plus on sent dans toute sa profondeur l'influence du théurgiste de Portugal sur le plus célèbre de ses élèves de Bordeaux.

      Ajoutons, dès à présent, que le spiritualisme de Jacques Bœhme, venant à passer là-dessus, donnera aux idées de Saint-Martin une singulière élévation et aura l'air de faire dans sa pneumatologie une métamorphose complète. En apparence il changera les Agents et les Vertus du monde spirituel en autant de puissances du monde matériel, selon le point de vue du poète qui dit à l'Eternel : « Tu fais des vents tes serviteurs et des flammes tes messagers. » Mais c'est là une apparence plutôt qu'une réalité. En effet, nous verrons en son lieu que Saint-Martin, délaissant des pratiques pleines d'attraits pour d'autres et qu'il n'avait jamais aimées, garda les idées de celui qui lui « avait ouvert la carrière sur tout cela » et qui avait des Vertus très actives, nous dit-il encore vingt ans après.

      Nous n'avons plus sur Saint-Martin, suivant l'école de Bordeaux, que cette lettre à Liebisdorf si peu explicite pour le fond et à laquelle nous venons d'arracher quelques inductions plus ou moins sûres. Le traité de dom Martinez lui-même n'éclaire ce document qu'en ce qui concerne sa doctrine. Il ne s'explique pas sur les opérations favorites de son auteur. Aucun des autres officiers du régiment de Foix, qui suivirent avec l'ancien magistrat du présidial de Tours les assemblées si pleines d'attraits pour plusieurs d'entre eux, n'en a parlé. Aucun d'eux n'a voulu donner des détails sur lesquels le plus célèbre d'entre eux s'est imposé sinon le silence, du moins la plus grande discrétion.

      Ce qui prouve combien ces pratiques étaient devenues chères, même à celui de tous qui semble les avoir le moins aimées ; c'est qu'il paraît en avoir repris le goût à Paris et s'y être livré aux heures les plus solennelles de la nuit, si nous devons nous en rapporter à une tradition ésotérique qui nous paraît digne de toute confiance. Nous la tenons d'un des plus sincères admirateurs de Saint-Martin. Et elle se comprend. Du moment où Saint-Martin était convaincu que son maître avait des Vertus très actives, que ses camarades avaient eu des confirmations remarquables et instructives, il était assez naturel qu'il cherchât, lui aussi, ces confirmations et ces vertus. Les résultats que d'autres avaient obtenus, il devait les espérer à son tour.

      M. de Maistre, qui parle de Saint-Martin avec tant de bienveillance, me paraît avoir en vue et caractériser fort bien les martinézistes et les martinistes quand il dit au savant interlocuteur qu'il se donne :

      « Puisque vous m'interpellez formellement de vous dire ce que c'est qu'un illuminé, peu d'hommes peut-être sont plus que moi en état de vous satisfaire.
      En premier lieu, je ne dis pas que tout illuminé soit franc-maçon : je dis seulement que tous ceux que j'ai connus, en France surtout, l'étaient. Leur dogme fondamental est que le christianisme, tel que nous le connaissons aujourd'hui, n'est qu'une véritable loge bleue faite pour le vulgaire ; mais qu'il dépend de l'homme de désir de s'élever de grade en grade jusqu'aux con naissances sublimes, telles que les possédaient les premiers chrétiens qui étaient de véritables initiés. C'est ce que certains Allemands ont appelé le christianisme transcendantal. Cette doctrine est un mélange de platonisme, d'origénianisme et de philosophie hermétique, sur une base chrétienne.
      Les connaissances surnaturelles sont le grand but de leurs travaux et de leurs espérances ; ils ne doutent point qu'il ne soit possible à l'homme de se mettre en communication avec le monde spirituel, d'avoir un commerce avec les esprits et de découvrir ainsi les plus rares mystères.
      Leur coutume invariable est de donner des noms extraordinaires aux choses les plus connues sous des noms consacrés : ainsi un homme pour eux est un mineur, et sa naissance, émancipation. Le péché originel s'appelle le crime primitif ; les actes de la puissance divine ou de ses agents dans l'univers s'appellent des bénédictions, et les peines infligées aux coupables, des pâtiments. Souvent je les ai tenus moi-même en pâtiment lorsqu'il m'arrivait de leur soutenir que tout ce qu'ils disaient de vrai n'était que le catéchisme couvert de mots étranges.
      J'ai eu l'occasion de me convaincre, il y a plus de trente ans, dans une grande ville de France, qu'une certaine classe de ces illuminés avait des grades supérieurs inconnus aux initiés admis à leurs assemblées ordinaires ; qu'ils avaient même un culte et des prêtres qu'ils nommaient du nom hébreu cohen.
      Ce n'est pas au reste qu'il ne puisse y avoir et qu'il n'y ait réellement dans leurs ouvrages des choses vraies, raisonnables et touchantes, mais qui sont trop rachetées par ce qu'ils y ont mêlé de faux et de dangereux, surtout à cause de leur aversion pour toute autorité et hiérarchie sacerdotale. Ce caractère est général parmi eux ; jamais je n'y ai rencontré d'exception parfaite parmi les nombreux adeptes que j'ai connus.
      Le plus instruit, le plus sage et le plus élégant des théosophes modernes, Saint-Martin, dont les ouvrages furent le code des hommes dont je parle, participait cependant à ce caractère général. » (Soirées de Saint-Pétersbourg.)
      Sauf le point de vue et la rhétorique propres à M. de Maistre, ces appréciations, qui sont en partie des renseignements, méritent toute confiance. L'auteur nous dit lui-même qu'on ne lui reprochera pas de parler des illuminés sans les connaître. « Je les ai beaucoup vus ; j'ai copié leurs écrits de ma propre main. Ces hommes parmi lesquels j'ai eu des amis m'ont souvent édifié, souvent ils m'ont amusé et souvent aussi... Mais je ne veux point me rappeler de certaines choses. »

      Il est vraiment fâcheux que, de tous ceux qui ont pris part aux travaux de l'école, l'abbé Fournié et Saint Martin soient les seuls qui aient écrit ; et le fait étrange, que des autres prêtres formés à Bordeaux ou à Paris, aucun n'ait laissé une page sérieuse sur la tradition secrète au nom de laquelle leur maître commun les avait initiés, doit être le résultat d'une sorte de convention.

      Je ne classe point parmi les pages sérieuses, dignes de l'attention de l'histoire, quelques-uns de ces dialogues entre initiateurs et aspirants à l'initiation, ni de ces discours si pleins de promesses de révélations qui ne se réalisent jamais que j'ai eus sous les yeux, et qu'on fait remonter soit à des disciples de dom Martinez soit à ce maître lui-même. Je ne nommerai, de ces obscures élucubrations, et à titre d'exception, que le soi-disant commentaire sur les Lamentations de Jérémie ; et j'ai à peine besoin d'ajouter que l'ouvrage publié, en deux volumes, par un écrivain allemand sur les Analogies que présentent les mystériologues anciens et modernes, n'offre pas plus d'intérêt. En ce qui regarde l'école de Bordeaux et Saint-Martin, l'auteur n'a consulté que le livre Des Erreurs et de la Vérité.




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