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Saint-Martin le Philosophe Inconnu

Sa vie et ses écrits - Son maître Martinez et leurs groupes - D'après des documents inédits
Jacques Matter
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CHAPITRE V

Suite des martinézistes. – Cazotte, sa conversion, sa propagande, ses prophéties. – Madame la marquise de la Croix et ses manifestations.
Saint-Martin et le comte d'Hauterive. – Leurs conférences à Lyon. – Les extases et les absences du comte.


1771-1778

Ancien administrateur fort distingué, écrivain d'infiniment d'esprit et de talent, de fécondité surtout, et homme d'une rare pureté de principes, Cazotte avait parlé un soir, avec une certaine gravité de l'avenir de la France au milieu d'une société frivole. Il avait semé son discours de prévisions plus ou moins empreintes de vraisemblance. Après les événements, un auditeur bien connu mit dans sa bouche de terribles oracles, avec les noms et les circonstances fournies par l'histoire elle-même. Et voilà Cazotte devenu prophète sans le vouloir.

      Et il le restera pour beaucoup de gens, en France comme à l'étranger, où ses oracles sont cités avec la plus grande confiance. Quoique parmi nous bien des auteurs en connaissent parfaitement l'origine, on a toujours l'air d'y croire, et chez nos voisins leur authenticité sert d'argument à des théories aussi hasardées que sublimes, témoin l'un des ouvrages les plus cités du mystique Young ou plutôt Jung Stilling, pour lequel Saint-Martin exprima plusieurs fois les mêmes sentiments d'estime que Gœthe et Lavater.

      Cazotte était très croyant au milieu de gens qui professaient le doute ou affectaient l'incrédulité. On l'appela crédule et bonhomme, deux des épithètes les plus cruelles parmi nous. Mais s'il est un Cazotte de la fable convenue, celui de l'histoire ne lui ressemble guère.

      Cazotte, élevé à Dijon et à Paris par les plus habiles professeurs, s'illustra comme commissaire de la marine à la Martinique. Il s'y était lié, en vertu de ses goûts littéraires, avec le procureur général des Jésuites, le P. Lavalette. Ruiné par la banqueroute de ce hardi spéculateur et obligé de lui intenter ce fameux procès qui devint celui d'un ordre célèbre, Cazotte plaida avec tout le sentiment de son droit, mais aussi avec toute la reconnaissance due aux maîtres chéris de sa jeunesse, et se fit un des plus beaux noms de l'époque. Un héritage, un mariage, des écrits recherchés, que tout le monde connaît, lui firent, grâce à ses goûts modestes, une fort douce existence. Il se partageait entre Paris et sa campagne de Pierry, près d'Epernay. Un élève de Martinez de Pasqualis attiré chez lui par une des plus charmantes compositions qu'il eût publiées (Le Diable amoureux), le croyant très versé dans la science des démons, l'entretint de la pneumatologie de son maître et lui inspira le désir de l'étudier. Cazotte en profita d'une façon admirable, car il s'éprit d'amour pour le spiritualisme des textes chrétiens, pour les Evangiles et surtout pour la morale qu'ils enseignent. Il voua aux saintes lois du Christ un culte sincère. Ce culte charma sa pensée et sa vie, et il eût encore plus embelli l'une et l'autre, si Cazotte plus philosophe y avait apporté un esprit moins minutieux et s'il avait mieux compris qu'une époque aussi sceptique demandait moins d'expansivité. La sienne touchant à l'imprudence lui valut ces deux épithètes, crédule et bonhomme.

      A soixante-dix ans, le bonhomme, sur quelques textes que lui traduisait un moine, écrivait ses Contes arabes ; il y faisait entrer ses idées de spiritualité de manière à leur donner tous les genres d'attraits, tous ceux dont pouvait les revêtir une imagination brillante et un esprit charmant. A la même époque, Cazotte composait un conte original, La Brunette anglaise, qu'on attribua à Voltaire, et qui plut au point que le grand écrivain fit à l'auteur la malice de ne pas le désavouer. Ce tour inspira au spirituel vieillard, je parle de Cazotte, un poème où il joua au premier poète du temps, celui de le mystifier lui-même en lui prêtant son œuvre. Ce fut là, en effet, l'origine du prétendu septième chant de La Guerre de Genève dont Voltaire n'écrivit ni le cinquième ni le sixième.

      Tel était Cazotte quand éclata cette révolution de 89 dont les principes purs étaient les siens, dont les fautes et les excès provoquèrent ses craintes les plus vives et dont les destinées lui firent imaginer, pour les combattre, mille moyens qu'avec cette même expansivité qu'il apportait dans son prosélytisme religieux, il communiquait à tout venant et partout. Il les consignait particulièrement dans sa correspondance avec un secrétaire de la liste civile, Ponteau. Ses lettres, saisies au 10 août, le firent arracher de Pierry et conduire ainsi que sa fille qui était son secrétaire, à la prison de l'Abbaye. En vain cette fille héroïque, âgée de vingt ans, lui sauva la vie au 02 septembre, en l'entourant de ses bras et en criant aux massacreurs ces mots sublimes : « Vous n'arriverez au cœur de mon père qu'après avoir percé le mien. » En vain, ce cri de l'âme joint à la vue du vénérable vieillard fit reporter le père et la fille chez eux en triomphe. Réclamé par le tribunal institué pour juger les crimes du 10 août, Cazotte, séparé de sa fille, fut condamné à la mort, après un interrogatoire qu'il soutint pendant trente-six heures, et malgré les éloges que l'accusateur public et le juge se plurent à donner à ses soixante-douze années de vertus, le proclamant bon fils, bon époux et bon père, « Cela ne suffit pas, dit le président, et il faut encore être bon citoyen. » Avec un peu de justice, on lui aurait laissé le temps de le devenir. On ne voulut pas le soumettre à cette épreuve et Cazotte mourut le 25 septembre 1792, cette année même que nous verrons Saint-Martin passer si tristement à Amboise.

      De tous les disciples de Martinez de Pasqualis, le spirituel Cazotte fut, avec l'abbé Fournié, celui qui l'honore le plus sous le point de vue que voici.

      On a souvent suspecté les convictions religieuses du célèbre Portugais. On a dit qu'en dépit de ses concessions de langage, il était resté juif. Nous avons vu, en pariant de Fournié, que cette opinion ne doit pas se soutenir. A son tour Cazotte devient chrétien sincère sous la direction de Pasqualis et même il s'arrête là, l'Evangile lui suffit. Le maître eût peut-être désiré le conduire plus loin, l'élève ne s'y prêta pas, et la conduite de l'un et de l'autre, celle de l'élève qui s'arrête où sa conscience le veut, et celle du maître qui respecte sa réserve, n'en est que plus belle. Dans tous les cas le témoignage de l'abbé Fournié, qui nous apprend que Martinez s'appliquait sans cesse à mener à Dieu, au Dieu des chrétiens, gagne singulièrement par la vie de Cazotte, vie à ce point dévouée à la morale évangélique qu'il la pratique même minutieusement, et qu'il en respecte les délicates sévérités, même dans ses compositions les plus gaies. Cazotte, il est vrai, n'est pas martinéziste caractérisé dans ses publications ; mais il y est toujours spiritualiste, et il l'est grâce à son maître, dont il répand l'enseignement à son point de vue, jusque dans ses Contes arabes. J'ai dit que son Diable amoureux, qui présente une pneumatologie si piquante, est une création de pure fantaisie et antérieure à son initiation.

      Cazotte mérita et rencontra quelques sympathies de la part de Saint-Martin. Mais sa réserve sur les grands objets du théosophe ne plaisait pas à celui-ci ; cela ne répondait ni à l'élan de ses aspirations ni à la vivacité de ses affections transcendantes.

      D'une autre part les hardies allures du prosélytisme de salon de Cazotte choquaient ses habitudes. Cela sentait la profanation.

      Sous ce double point de vue le comte d'Hauterive et la marquise de la Croix, qui appartenaient au monde aristocratique, répondaient mieux à ses vues comme à ses goûts.

      La marquise de la Croix avait des dispositions mystiques qui se développèrent jusqu'à la mettre assez habituellement dans un état qui tenait le milieu entre la vision et l'extase, ce qu'on appellerait aujourd'hui un état de communication très familière avec les esprits. Saint-Martin raconte lui-même qu'elle avait « des manifestations sensibles. » Cela veut dire qu'elle voyait des esprits ou qu'elle les entendait et leur parlait. Elle avait avec eux des rapports à ce point involontaires qu'on la voyait interrompre la conversation pour ces audiences hors ligne. Or, d'une part cela fascinait singulièrement le jeune enthousiaste et l'attachait, mais d'autre part son esprit, façonné par la lecture de Bacon et de Descartes, trouvait les preuves de la réalité de ces manifestations « négatives plutôt que positives. »

      Toutefois, l'affinité des aspirations amena l'intimité des habitudes entre Saint-Martin et madame de la Croix, que nous retrouverons dans sa vie plus d'une fois encore.

      Sa liaison avec le comte d'Hauterive fut également intime, surtout à Lyon.

      Dès 1774, et très probablement avant cette époque, M. de Saint-Martin s'était rendu à Lyon, l'une des grandes stations de son maître. A cette époque les Loges étaient considérées par les uns comme une sorte de sanctuaires de mysticité, par les autres comme un moyen d'honnêtes distractions, moyen un peu relevé par la bienfaisance. Beaucoup de Loges se décoraient du nom de cette vertu, nom assez récemment créé et substitué au mot de charité qu'on trouvait trop peu philosophique. Saint-Martin fit à la Loge de la Bienfaisance de Lyon un cours dont quelques leçons ou plutôt quelques fragments ont été publiés dans ses œuvres posthumes (Tours, 1807). Elles ne sont remarquables que par les idées morales ; il ne s'y trouve rien de tranché comme doctrine.

      Dans les années qui suivirent celle que nous venons de nommer, Saint-Martin se livra, dans la même ville, avec le comte d'Hauterive à une série d'expériences dont il existe des procès-verbaux encore inédits, rédigés par Saint-Martin dans un style à ce point laconique qu'on ne voit pas aisément quel en était l'objet, des expériences mesmériennes ou des études théurgiques. Le laconisme étudié des procès-verbaux, qui souvent se réduisent à deux lignes insignifiantes ou bien à des formules énonciatives de quelque vérité générale, ne permet pas d'induction positive. Les conférences continuèrent pendant les années 1774, 1775 et 1776. A cette époque le mesmérisme en était encore à ses premières phases, aux fluides thérapiques et au magnétisme minéral. Mais il commençait à se transformer. On imposait la main depuis 1773. Mesmer ne fonda qu'en 1778 la société des magnétiseurs de Paris, et les succursales de Lyon, d'Ostende et de ne s'ouvrirent que plus tard ; toutefois la clairvoyance se recherchait déjà. Seulement elle bornait ses prétentions à la vue de l'état physique des malades. De cette autre illumination, de ces visions surnaturelles et de ces perceptions lointaines qui furent l'ambition et la passion des phases suivantes, il n'en était pas question. Nul ne s'élançait encore dans ces régions supérieures où d'autres ont vu, depuis, tant de merveilles, et nul ne publiait de ces pérégrinations célestes où l'on voit Goëthe faire le catéchisme et Socrate présider le culte. Cependant l'attention des curieux a pu s'attacher dès lors à l'étude de ces phénomènes, qui s'adressaient à tout le monde dans leur nouveauté. M. de Saint-Martin avait de la personne de Mesmer une opinion peu favorable ; c'était à ses yeux ce un matérialiste, mais qui disposait d'une grande puissance. » On comprend donc l'importance qu'il y avait pour des spiritualistes tels que Saint-Martin et d'Hauterive, de s'assurer par eux-mêmes de la valeur d'une découverte qui occupait toute l'Europe. Encore aujourd'hui nous sentons le besoin de nous rendre compte, par nous mêmes, de ce que ces phénomènes, et de plus étranges, offrent d'illusions ou de réalités. Au risque même de nous compromettre quelque peu aux yeux de la critique à parti pris et de la négation de l'inexpliqué quel qu'il soit, chacun veut, en un siècle d'investigation méthodique, si l'occasion est bonne, avoir raison par lui-même de faits beaucoup plus merveilleux et d'une plus grande portée que ceux du magnétisme thérapeutique ou extatique. Cela est juste, et lorsqu'il éclate dans une région quelconque du monde civilisé, dans une classe quelconque de la société, un mouvement d'une ambition plus haute encore que celle du cosmographe armé de ses lunettes et à la recherche des espaces infinis, l'indifférence serait une faiblesse aussi grande que la crédulité. Quand l'astronomie a, par ses télescopes agrandis, tant agrandi les espaces et multiplié les sphères, il est tout simple que la pneumatologie essaye à son tour de les peupler ; il est tout simple aussi que l'esprit humain tente de faire marcher de pair ses progrès dans le monde spirituel avec ses progrès dans le monde matériel.

      J'ai lieu de croire que les deux jeunes curieux, loin de borner leurs expériences à des recherches thérapeutiques, visaient aux découvertes pneumatologiques les plus hautes. La physiologie empirique ou rationnelle elle-même n'était à leurs yeux qu'une étude vulgaire. Ils étaient d'une école de théurgie, et le vrai but des théurgistes est moins la science de l'âme que celle des esprits. Saint-Martin était à ce sujet d'une exigence fabuleuse. Il trouvait Swedenborg lui-même, ce grand interrogateur du monde spirituel, plus fort dans la science des âmes que dans celle des esprits. Quand il conférait à Lyon avec d'Hauterive, on était loin encore des révélations qui se sont annoncées sous nos yeux, à l'Amérique et au monde moderne par la famille Foster ; on était loin de la variété des procédés de communication inventés par les uns, perfectionnés par les autres, puis rendus inutiles par la généreuse impatience des esprits, par leurs dictées, par leurs écritures directes. Toutefois on se persuade peut-être avec trop de complaisance qu'on est aujourd'hui très au delà de l'ancienne connaissance du monde spirituel. D'abord le commerce des esprits a toujours été la passion de l'homme. Ensuite l'antique théurgie a sur le spiritisme moderne une supériorité incontestable. Celui-ci, réduit dans ses communications aux individualités de l'espèce humaine, à des parents et à des amis, s'adresse à des personnages éminents, sans doute, mais à de simples créatures qui ont appartenue la sphère terrestre. La théurgie ancienne, beaucoup plus ambitieuse, se mettait hardiment en rapport avec les êtres les plus élevés de la grande et universelle famille des cieux.

      C'est à ces hautes régions que s'élevaient les aspirations des deux théurgistes qui nous ont laissé des procès verbaux trop discrets de leurs séances de Lyon. Je ne tire pas ces inductions positives de leurs notes si laconiques que j'ai sous les yeux, mais je vois dans leur correspondance qu'ils allaient réellement jusqu'à la recherche de rapports avec des esprits supérieurs à l'humanité. C'était la prétention de l'Ecole de Pasqualis. Fournié nous dit positivement qu'il voyait son maître, ses parents et sa sœur, tous défunts, et quelqu'un qui n'appartenait pas à ce cycle purement terrestre. Il voyait aussi le fils de Dieu ; et il supprime toute la deuxième partie des révélations qu'un instant il avait destinées au public.

      Saint-Martin et d'Hauterive ne disent pas ce qu'ils virent ; mais, plus discrets, ils ne furent pas moins ambitieux que Fournié. Les lettres de Saint-Martin ne laissent aucun doute à ce sujet en ce qui le regarde. Quant au comte d'Hauterive il restait si peu en arrière, que Saint-Martin se vit obligé de rectifier la tradition qui disait que son ami, non seulement conversait avec le monde spirituel, mais allait trop loin quand il s'y élevait.

      L'ambition de l'un et de l'autre était haute, en effet, et ils faisaient tous deux très peu de cas des Agents intermédiaires, des Puissances subalternes, de la région astrale. Une personne digne de confiance qui rencontra le comte d'Hauterive dans l'émigration à Londres, vers 1790, apprit à un correspondant de Saint-Martin que nous citerons plus d'une fois, que le comte parvenait, à la suite de plusieurs opérations, à « la connaissance physique, de la cause active et intelligente. » Cela veut dire à l'intuition ou la vue de Jésus-Christ, car c'est ainsi, c'est par les mots de cause active et intelligente, que cette école théurgique désignait le Verbe, la Parole ou le Fils de Dieu. Aussi cela semble-t-il s'accorder parfaitement avec les visions de l'abbé Fournié, et bien établir que telles étaient les prétentions de l'école de dom Martinez. Mais on attribuait de plus à M. d'Hauterive la faculté ou le privilége de se dépouiller de son corps au point de le laisser là pendant ses ascensions mystiques. On ajoutait même que cette séparation avait l'inconvénient de livrer le corps à des influences dangereuses. Saint-Martin, à qui son correspondant de Berne en écrivit avec le désir d'en savoir la vérité, donna un démenti formel à ces bruits, en ce qui concernait la décorporisation, mais il passa sous silence le fond de la question, ainsi que nous le verrons en son lieu. Cette circonstance, rapprochée de la teneur des procès-verbaux des deux amis, ne me laisse pour mon compte aucun doute sur la nature de leurs aspirations et sur celle de leurs idées à cette époque. On ne prête qu'aux riches.

      Je ne pense pas, toutefois, qu'ils aient aspiré à voir le Fils de Dieu, qui, sous ce rapport, ne figure pas dans la doctrine et dans les écrits de Saint-Martin comme dans le volume de Fournié. Est-ce principe, est-ce réserve ? Je n'en déciderai pas ici ; car cette question reviendra à sa place, et elle sera facile à résoudre quand nous serons plus avancés dans nos études sur Saint-Martin, sur sa vie et ses écrits.

      Quant aux conférences des deux amis, à Lyon, une chose m'étonne. C'est que leur maître commun, dom Martinez, qui fut souvent avec eux dans cette ville, n'y soit point mentionné. Saint-Martin, qui n'avait pas goûté ses opérations théurgiques à Bordeaux, ne se souciait-il plus de se mettre en contact avec lui ? Ou bien les deux jeunes gens étaient-ils bien aises de tenter ces voies téméraires pour leur compte, d'expérimenter avec une pensée d'examen plus libre, d'appliquer une critique plus indépendante et des idées plus détachées de la tradition, de la kabbale et du panthéisme de leur maître ?

      Je le pense.

      Je ne vois plus en général, depuis Bordeaux, d'intimités suivies entre dom Martinez et M. de Saint-Martin. Je vois dans celui-ci une allure de plus en plus dégagée. Sa liberté, à l'égard des traditions de Bordeaux, n'est pas suffisante encore, mais déjà très sensible, et l'on se ferait de la vie qu'il menait, soit à Lyon, soit à Paris, une idée très imparfaite, si on le croyait toujours livré à la recherche de quelque société secrète ou limité au seul commerce avec le monde spirituel et avec les personnages mystérieux qui en déchiraient les voiles. Le monde qu'il voyait le plus était tout autre qu'un monde de théosophes ou de mystiques. Nous allons nous en convaincre en le suivant un peu dans ses relations les plus intimes.


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Note de l'auteur sur le chapitre :  Saint-Martin ne parle de Cazotte qu'une ou deux fois avec amitié, mais sans en faire tout le cas qu'il eût mérité. Il lui reproche d'avoir méconnu et maltraité la doctrine.




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