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Saint-Martin le Philosophe Inconnu

Sa vie et ses écrits - Son maître Martinez et leurs groupes - D'après des documents inédits
Jacques Matter
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CHAPITRE XX

Séjour prolongé à Paris. – Renvoi des dix louis. – L'offre de trois pièces d'argenterie. – M. Barthélemy. – Lakanal.
Un programme de Garat, au nom de l'Institut. – Le concours sur les signes de la pensée. – M. de Gérando. – Un poème satirique, Le Crocodile.


1796-1797

Saint-Martin, qui ne cessait de faire l'éloge de et la critique de Paris, laissait là , revenait toujours à Paris avec empressement, y voyait beaucoup de monde, y employait fort bien le temps qu'il croyait y perdre et ne s'en allait qu'avec regret, et quand il le fallait.

      L'atmosphère morale de Paris l'étouffait, mais il y voyait une mission à remplir par lui. Il y resta toute l'année 1797, même une partie de la suivante. Pauvre partout, et toujours généreux, il y vécut plusieurs mois dans une grande tristesse.

      « On y délibéroit, nous dit-il, un nouveau décret de bannissement contre la vieille caste. Si le décret étoit rendu, je n'aurais pas un morceau de pain dans mon exil. »

      C'est là d'ailleurs le moindre de ses soucis. Et en effet, il saisit ce moment pour renvoyer les dix louis que le baron lui avait adressés dans le temps avec une délicatesse aussi ingénieuse que rare. Il voulait même y ajouter les frais de port, et le spirituel patricien de Berne ne put l'en empêcher qu'en affirmant qu'il n'y avait pas eu de frais, grâce à la courtoisie de l'administration des postes ! En affaire d'argent, Saint-Martin ne comprenait pas la finesse, et il se contenta d'une réplique de Liebisdorf où celui-ci disait que, tant qu'il leur resterait un morceau de pain à deux, ils le partageraient ensemble. Le riche baron, par suite de l'entrée de nos troupes en Suisse, entrée qui fut ce que la guerre est toujours quand même il n'y figure point de Rapinat, était frappé lui-même dans ses intérêts matériels, et plus inquiet de son avenir qu'il ne l'avouait. Mais cette fois, Saint-Martin le devina et prit sa revanche. Il ne lui offrit pas de l'argent, – « étant réduit à la petite semaine, » – mais « deux ou trois pièces d'argenterie qui lui restoient. »

      A ces échanges d'une vive et tendre, mais mélancolique sympathie, les deux amis ajoutèrent les viriles consolations de leurs saintes études. Liebisdorf, quoiqu'il désirât recevoir dans ses bras son illustre ami et maître, assura, ce qu'il aimait à croire, que le terrible décret ne serait pas rendu ; et Saint-Martin fit de son côté, auprès du personnage de France le plus puissant en Suisse, l'ambassadeur Barthélemy, tout ce qu'il put pour que Liebisdorf fût ménagé autant que les temps le souffraient. Jamais leurs lettres, souvent si curieuses, même dans les parties qui trahissent les défauts de leur science et les distractions de leur logique, n'ont pu leur offrir plus d'intérêt que dans ces moments. Empreintes de toutes les solennités du malheur, sans jamais trahir aucune de ces faiblesses ni de ces découragements que la raison ne pardonne pas plus au philosophe que l'Evangile au chrétien, elles montrent toujours, au contraire, ces deux vaillants athlètes de la foi, vieux soldats devenus philosophes, honorer ensemble la foi et la philosophie et s'occuper avec constance, avec ardeur de la méditation des mystères de l'une et de l'autre, tout en traduisant leur « chérissime » théosophe.

      Le baron travaille à un résumé général du philosophe teutonique ; il en traduit les Lettres et les soumet à son ami, qui tout aussitôt les lui renvoie corrigées ou mises au net et l'engage à continuer son double travail, quoiqu'il apprenne de madame de Bœcklin, qu'il existe déjà un résumé de Bœhme ; car sa correspondance avec cette amie unique a été reprise depuis que le comité révolutionnaire a cessé ses blessantes indiscrétions. L'autre, Saint-Martin, traduit L'Aurore et les Quarante Questions de l'âme, et sans cesse demande au baron, sur les termes difficiles et les phrases obscures, des éclaircissements qui lui sont donnés immédiatement avec autant d'abondance que de clarté. Ils sont entremêlés d'indications sur les traductions ou les résumés des mêmes textes, faits par le pieux Law, ainsi que sur les traductions et les résumés que le comte de Divonne, leur ami commun, fait à son tour des textes de Law.

      Ce n'est pas tout. Plus les deux amis « étouffaient dans l'atmosphère morale et politique » de leurs pays respectifs, plus ils aimèrent à se réfugier ensemble dans le monde mystique et à se donner, à se demander au besoin des nouvelles de leurs frères et concitoyens de cette patrie-là. Saint-Martin, dans une des plus touchantes de ses lettres, et au milieu de ses confidences les plus pénibles, secoue tout à coup sa forte âme et s'écrie : « Mais il y a bien longtemps que vous ne m'avez parlé de votre ami de Marbourg (Young-Stilling), ni de votre ami de Munich (M. d'Eckartshausen), ni de votre Zurichoise (mademoiselle Lavater). »

      A cela le baron répondit par d'intéressantes nouvelles et des invitations pressantes. Mais Saint-Martin était enchaîné par de graves travaux et le sentiment que c'étaient des devoirs de sa mission. Dès l'an 1796 (l'an V), la classe des sciences morales et politiques de l'Institut (rétabli ou établi plutôt l'an III, sur un rapport excellent de Lakanal, dont nous avons vu les années de calme sans en avoir connu les années de tourmente) avait ouvert, par un programme bien fait, son célèbre concours sur les Signes de la pensée.

      Cette question de philosophie pure était loin d'avoir pour le public du jour l'importance d'une de ces questions de morale ou de politique qui offrent de l'attrait à tout le monde dans tous les temps, mais ce fut peut être la plus curieuse de toutes en ce moment. Saint-Martin, qui aimait singulièrement à méditer sur les rapports de l'homme intérieur avec le dehors, et qui, loin de vouloir expliquer l'homme par la nature, expliquait la nature par l'homme, Saint-Martin, disons-nous, dont la finesse d'observation se plaisait surtout dans l'étude du jeu de la pensée, et qui, la prenant en ses primitifs éléments, la suivant avec amour en ses progrès les plus variés et en ses incessantes transformations, s'éclairait surtout des moyens venus de haut, traita ce sujet avec plus de soin et plus de profondeur qu'il n'en avait apporté à son premier travail présenté à l'Institut. Son amour-propre se trouvait plus engagé dans ce second. Pour le premier aussi il aurait pu désirer à Paris un triomphe qui consolât son ancien échec à Berlin ; mais ici il y avait plus : il s'agissait, en quelque sorte, d'une suite à donner aux débats, si importants à ses yeux, de l'Ecole normale. Garat était de la classe des sciences morales et de sa première section, de celle qui s'occupait de l'analyse des sensations et des idées. Au bout d'une trêve de quatre ans, il s'agissait donc de reprendre la lutte du sensualisme et du spiritualisme engagée à l'amphithéâtre du Jardin des Plantes, et de livrer pour la même cause une nouvelle bataille. Une victoire plus éclatante pouvait se voir sur un autre terrain. L'Institut avait publié ce programme, fait avec soin au point de vue et de la main de Garat :

      « Est-il bien vrai que les sensations ne puissent se transformer en idées qu'au moyen de signes ? Ou, ce qui revient au même, nos premières idées supposent-elles essentiellement des signes ?
      L'art de penser serait-il parfait, si l'art des signes était porté à sa perfection ?
      Dans les sciences où la vérité est reçue sans contestation, n'est-ce pas à la perfection des signes qu'on en est redevable ?
      Dans les sciences qui fournissent un aliment éternel aux disputes, le partage des opinions n'est-il pas un effet nécessaire de l'inexactitude des signes ?
      Y a-t-il un moyen de corriger les signes mal faits et de rendre toutes les sciences également susceptibles de démonstration ? »

      On voit, du même coup d'œil, la magnifique portée de la question et la tendance étroite du rédacteur. Aux yeux de celui-ci, il ne s'agit que de perfectionner le langage, de corriger les signes, pour porter les vérités de la métaphysique, de la religion, de la morale et de la politique au même degré de perfection ou de certitude, que celles de l'arithmétique, de l'algèbre et de la géométrie, sciences qui ont des signes parfaits, et sur lesquelles, par cette raison même, on ne se dispute pas. Tout cela repose sur le fameux axiome : la science n'est qu'une langue bien faite. Quel magnifique sujet pour un débat académique, dans la situation où se trouvaient nos doctrines et nos écoles ! Jamais position plus belle n'était faite à un spiritualiste tel que Saint-Martin. On dirait que Garat, en écrivant son programme, n'avait songé qu'à ménager à son brillant adversaire l'occasion la plus belle qu'il pût souhaiter pour exposer au grand jour sa doctrine tout entière.

      Saint-Martin a-t-il compris sa pensée ? Il s'appliqua cette fois-ci avec une sérieuse attention à éviter les fautes de son concours de Berlin ; mais peut-être en fit-il d'autres. Il voulut être plus simple et plus clair, et il avait raison ; mais il prit pour y arriver un moyen qui le perdit : il renonça complètement, ainsi qu'il nous l'apprend lui-même, aux secours que pouvaient lui offrir les littératures étrangères, où, dès lors, la question était fort bien traitée. « Je n'ai point eu recours, pour mon essai sur les signes, au mémoire de Soulzer, ni même aux différents endroits de Bœhme qui renferment là-dessus des magnificences. » Renoncer même à ce que présentait son auteur favori, c'était évidemment aller trop loin.

      Ce n'est pas tout ; Saint-Martin nous apprend avec une naïveté charmante qu'il croyait les membres de la seconde classe de l'Institut trop peu initiés aux grands problèmes pour vouloir les en embarrasser.

      « Je n'ai eu en vue que nos simples docteurs académiques, et il ne faut pas que je les sorte trop de leur sphère : ils ne m'entendroient pas. »

      Cela ne paraît pas étrange, seulement cela paraît hautain. Qu'on ne s'y trompe pas, toutefois. Saint-Martin ne veut pas dire que l'Institut n'eût pas alors de métaphysiciens pour les questions supérieures, il veut dire seulement qu'il s'est abstenu de leur exposer les grands principes de son spiritualisme mystique. Mais quand même les académiciens du jour ne se seraient pas prêtés à son point de vue, du moment où il avait mission de le dire, et telle était sa foi souvent professée, il ne fallait pas hésiter à l'émettre. L'Institut n'est un foyer complétement éclairé qu'autant qu'il est ouvert à tous les rayons de lumière qui s'abaissent sur la terre, de quelque part qu'ils viennent.

      Il est vrai que le spiritualisme mystique, qui n'a jamais régné dans aucune Académie, n'était pas en grande faveur à l'Institut en ce temps-là. Mais si Saint-Martin, se mettant sciemment à un autre point de vue que celui de ses juges, fut parfaitement dans son droit, il ne le fut plus en se mettant aussi à un autre point de vue que celui de la science pure. C'est en choisissant ce dernier que le jeune soldat qui remporta le prix montra son bon esprit. Aussi il s'ouvrit par ce travail, suivi de plus considérables, les portes de l'Institut, celles de l'Ecole de droit, celles du Conseil d'Etat, celles de la Chambre des pairs et bien d'autres. M. de Gérando, partout aimé pour ce bon esprit admirablement relevé par un bon cœur, j'allais ajouter même par ses bonnes œuvres, fut bientôt aimé et estimé de Saint-Martin, qu'il avait vaincu, comme de tout le monde. On peut regretter que le jeune lauréat se contînt lui-même, sans nul effort d'ailleurs, dans le simple empirisme de Locke et de Condillac, pour la solution d'une question si belle et qui est presque toute la philosophie ; mais bientôt, chacun le sait, de Gérando marcha avec Royer-Collard, Maine de Biran et Saint-Martin lui-même, sans parler d'un illustre vivant qui, plus jeune que lui, ne pouvant le diriger que par de sérieuses critiques, lui prodigua celles-ci et l'aida à devenir un des spiritualistes les plus sincères.

      Disons, d'ailleurs, que Saint-Martin, qui ne fut pas jaloux de la couronne placée sur une noble tête, traita lui-même le sujet avec une remarquable profondeur, avec une grande richesse d'aperçus peu communs, et parfois avec un rare bonheur d'expression.

      Dès le début, et à propos de la juste distinction des signes de la pensée en naturels et en artificiels, ou conventionnels, il signale avec fermeté le privilège de l'homme d'imposer à son gré un sens et une idée aux objets quelconques.

      « C'est, dit-il, un de nos droits éminents. Il y a un commerce de signes parmi plusieurs classes d'animaux ; mais leurs signes sont d'une nature très servile et leur commerce est très limité. Nous ne pouvons nous-mêmes exercer notre privilège qu'envers des êtres intelligents : les animaux que nous stylons ne font jamais autre chose que nous répondre. Jamais ils n'auraient rien provoqué dans l'ordre si borné où nous nous renfermons avec eux. Lorsque des hommes très célèbres ont voulu plaider la cause des animaux, et ont prétendu que leur privation en ce genre ne tenoit qu'à leur organisation, et que s'ils étoient autrement conformés, on ne leur trouverait aucune différence d'avec nous, tout ce qu'ils ont dit par là est, en dernière analyse, que si l'homme étoit une bête, il ne serait pas un homme, et que si la bête étoit un homme, elle ne serait pas une bête. »

      Malheureusement, et comme si cette fois encore il voulait empêcher ses juges de lui donner leurs sympathies, l'auteur jette à l'Institut quelques-unes de ces paroles de critique que n'excusent suffisamment ni l'âge mûr d'un concurrent ni la liberté d'aucun temps.

      « C'est après avoir subordonné les idées à ces signes factices et fragiles, dit-il, que nous en sommes venus à croire qu'elles n'avoient pas d'autre base, et que par conséquent l'art de ces signes factices devoit être le principal objet de nos études ; qu'il devoit être notre règle souveraine, et que si nous pouvions parvenir à le perfectionner, nous nous emparerions tellement du domaine des idées, que nous régnerions souverainement sur elles ; et que leur mode, leur caractère et leur formation seraient entièrement dans notre dépendance, comme le sont les substances de toute espèce, que nous soumettons journellement au mécanisme de nos manipulations. En un mot, c'est ce qui a enfanté la question de l'Institut national : Déterminer l'influence des signes sur la formation des idées ; tandis qu'il aurait fait une question aussi propre à fournir d'utiles et de solides développements, s'il eût proposé de déterminer l'influence des idées sur la formation des signes. »

      « Car, la source des signes étant le désir, puisque telle est même celle des. idées, il eût été naturel de présumer une plus grande influence de la part du principe générateur sur sa production que de celle de la production sur son principe générateur. »

      D'abord, cela n'est pas exact ou du moins n'est exact qu'en partie. Car le désir n'est pas l'origine de toutes nos idées, et dire qu'il l'est de toutes, c'est subordonner l'intelligence au sentiment, c'est lui dénier toute spontanéité, c'est se rapprocher de la sensation exclusive par le sentiment aspirant à devenir exclusif. Le désir fût-il même la source de toutes les idées, il ne serait pas encore pour cela celle de tous les signes, puisque l'intelligence, une fois nantie des idées, aurait bien mieux que le désir : elle aurait le pouvoir de créer les signes.

      Ensuite, ce qu'on vient d'affirmer serait la vérité elle-même, qu'on ne s'attaquerait pas très convenablement à ses juges aussi directement ni aussi sèchement.

      Et pourtant, si tout le mémoire de Saint-Martin était écrit avec cette autorité dans le ton et cette fermeté de style, l'Académie aurait pu partager le prix entre les deux concurrents. Mais il y a, dans le peu de pages de Saint-Martin, de grandes inégalités de pensée et d'autres défauts, tandis que le travail couronné, à la fois plus complet et plus égal, reste constamment dans ce ton académique qui est celui de la maison et qu'il est de bon goût de ne pas choquer quand on veut y entrer. La véritable originalité, celle qui caractérise un penseur et lui marque une place indisputable dans la postérité, est quelquefois du côté du théosophe plutôt que du côté de son concurrent, mais il s'y soutient peu. Son observation, « qu'en fait de signes il s'agit moins de la formation des idées, mot peu juste, que du développement de ces idées ; que, si nous ne trouvions pas dans nos semblables des germes propres à recevoir la fécondation, une chose analogue à l'idée que nous voulons leur faire entendre, jamais nous ne pourrions en former en eux la moindre trace, » – cette observation, dis-je, est si frappante, qu'on est surpris de ne la trouver que dans le volume oublié où elle s'est produite il y a plus de soixante ans. Car on ne cite plus ce travail. Mais c'est un grand tort, et nul ne doit écrire sur la question à moins de s'en être pénétré.

      Par une de ces bizarreries auxquelles n'échappent pas toujours les hommes les plus graves, l'auteur a d'abord enfoui son écrit dans une allégorie de longue haleine, pleine de beaucoup de récriminations contre les compagnies savantes et les savants. Ce roman est inconnu aujourd'hui, comme tant d'autres de ce genre, et j'hésite à en parler. Car qui lit Le Crocodile de nos jours et qui s'intéresse même à savoir ce qu'on y pourrait chercher ?

      C'est pourtant une de ces créations qui attestent une rare fécondité dans l'imagination et une merveilleuse entente de la langue. Seulement la sévère raison et le bon goût, si impérieusement exigés du génie national dans toute œuvre qui doit lui rester chère, ne règnent pas là au degré voulu. Puis Saint-Martin lui-même a laissé trop de belles pages pour qu'on lui pardonne volontiers celles qui ne le sont pas, et pour qu'on achète le plaisir d'en trouver quelques-unes de plus par l'étude de ce chaos qui rappelle, en un grand nombre d'excentricités, que son auteur fut compatriote de Rabelais.

      Mais son traité des signes, inséré par voie de fiction prophétique dans le corps de cette longue allégorie, est une vraie perle enchâssée dans une pierre lourde et opaque. Saint-Martin le sentit lui-même et le fit imprimer à part l'an VII, avec cette épigraphe imitée d'Horace et qui rend bien sa pensée : Nascuntur ideæ, fiunt signa.

      Le Crocodile, ayant pu être imprimé en même temps que le traité des signes, avait donc été écrit les années précédentes : mais comment Saint-Martin a-t-il pu trouver dans ce temps-là le loisir et les dispositions d'esprit que demandait un ouvrage pareil ?

      C'est ce que les graves pensées que l'auteur y expose sous des formes qui étonnent et la singulière force d'âme qu'il déploya au milieu de tous les tumultes externes, peuvent seules nous faire comprendre. Il est certain qu'au sein de toutes les violences, il n'en fut jamais atteint de rien, qu'aucun péril ne put ébranler son courage, aucune crainte effleurer sa sérénité, ni aucune déception le faire désespérer du salut de son pays.

      Pour lui tout était réglé et tout était dirigé. Et il faut le dire en l'honneur de ses principes : ses principes firent le charme de sa vie.


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Note de l'auteur sur le chapitre :  « Il y (Paris) resta toute l'année 1797. » Des projets de mariage le préoccupaient, à Amboise, aux mois d'août et de septembre.




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