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Traité de la réintégration des êtres

créés dans leurs primitives propriétés, vertus et puissances spirituelles divines
Martines Pasqually
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TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES – 12

      Je reviendrai à la réconciliation parfaite d'Adam et au genre d'opération nouvelle qu'il fit pendant le cours de sa réconciliation, ainsi qu'il lui fut dit et ordonné par le Créateur, parlant à lui et à son œuvre première : « Va, Adam, rehausse ton ouvrage, ainsi que t'est enjoint par moi, afin qu'il concoure à former avec toi une postérité de forme particulière, dans laquelle sera contenue la forme universelle et générale de figure certaine et indubitable, ainsi qu'elle est empreinte dans celle que tu diriges et gouvernes pour le temps que je t'ai prescrit. » C'est de là qu'est tiré ce qui nous est enseigné que le Créateur dit à Adam et Eve, lorsqu'il les fit venir de la première place opérante : « Allez, croissez, et multipliez des formes semblables aux autres. »

      Adam agit ainsi qu'il lui avait été dit par le Créateur. Ils conçurent tous deux des productions semblables aux leurs avec une passion furieuse des sens de leur matière, ce qui retarda encore la réconciliation parfaite d'Adam avec son Créateur. Ils engendrèrent la forme corporelle de leur premier fils qu'ils nommèrent Caïn, qui veut dire « fils de ma douleur ». Ce nom lui fut donné par Adam, parce qu'il sentit bien qu'il avait produit ce fils avec une passion désordonnée et contraire à la modération que le Créateur lui avait ordonné d'employer dans cette reproduction physique. C'est encore de là qu'il nous est enseigné que le Créateur fit Adam le seul gardien de la semence reproductive.

      Adam avait donc bien raison de nommer le premier-né, « fils de ma douleur », puisque ce fut par le second ouvrage que sa réconciliation parfaite fut suspendue. Il prophétisa même, par le nom qu'il donna à ce fils, des douleurs qui résulteraient de sa prévarication pour sa postérité qui contreviendrait aux lois, préceptes et commandements divins que le Créateur avait mis réversibles sur eux au moment de leur incorporisation dans leur forme terrestre. C'est encore par le nom de Caïn qu'Adam a été reconnu par sa postérité pour le premier prophète, relativement aux malheureux événements qui sont survenus par la suite à ce premier homme créé et premier père de reproduction de forme matérielle, par sa postérité subséquente.

      Adam ayant conçu son premier-né Caïn dans un état d'indifférence aux ordres qu'il avait reçus, au sujet, du Créateur, ce fils ainsi conçu devait être l'instrument dont le Créateur se servirait pour opérer la réconciliation d'Adam par les vives douleurs que ce fils occasionnerait à ce premier père temporel, en mettant sous les yeux de ce père la noirceur de la première prévarication, qu'il opérait en sa présence. Tel fut le reproche opiniâtre et téméraire de ce premier fils né à ce premier père créé. Je vous laisse penser à quel point de sensibilité fut portée la douleur de ce père, et combien son amertume le concentra dans la tristesse et dans l'accablement, surtout en considérant ce fils en proie aux puissances démoniaques. Ce malheureux père seul put juger du sentiment douloureux qu'il ressentit et de celui que ce même fils allait éprouver ainsi que lui, ainsi qu'il n'y avait pas longtemps que ce premier père venait d'être retiré par la pure miséricorde du Créateur des mains des mêmes démons qui avaient séduit son premier fils pour le mettre pour une éternité en privation divine.

      Ce fut donc par cette double peine et par cette double douleur que ce pauvre père redoubla sa foi et sa confiance au Créateur. Ses lamentations et son repentir d'avoir coopéré à la conception d'un pareil fils hors des bornes prescrites par le Créateur, firent qu'il se soumit volontairement par un serment inviolable à la volonté du Créateur, pour suivre avec précision ses lois, préceptes et commandements, et de ne s'en écarter jamais sous quelque prétexte que ce fût.

      J'ajouterai encore à tout cela que la fermeté et la résignation de ce premier père ne fut qu'apparente, qu'elle n'eut point la persévérance qu'il avait jurée. Car il conçut avec sa société une postérité femelle qu'il nomma, conjointement avec Eve, Kani, « enfant de confusion », en ce que cette conception fut opérée dans le genre de Caïn.

      Adam fut cinq ans sans opérer avec Eve. Il crut, après ce temps, mis fin à toutes ses peines par les liens qui unissaient ses deux fils, ce qui fit qu'il s'aveugla de nouveau, et dans une passion immodérée pour Eve, il conçut encore une troisième postérité femme, qu'il nomma Abac, c'est-à-dire « enfant de matière ou de privation divine ». De six années Adam n'opéra plus. Dans cet intervalle il tomba dans un assoupissement décidé, un dégoût de son être s'empara de lui, il ne savait que devenir. Il fut dans une inaction complète, soit envers le spirituel divin, soit envers le temporel démoniaque. Il était insensible à toute impression bonne et mauvaise. Il était, enfin, comme l'enfant qui vient de naître. Ce fut la connaissance de tous ses crimes qui le réduisirent dans cet état. Il eut cette connaissance de l'esprit bon, qui lui signifia que la terre qu'il avait cultivée jusqu'alors ne produirait que douleur et amertume et ferait le poison de la discorde pour toute sa postérité.

      Voilà d'où provient le grand abattement d'Adam. C'est ce que dans l'Ecriture le Créateur dit à Adam lorsqu'il le chassa ainsi qu'Eve du paradis terrestre : « Va cultiver la terre, mais elle ne te produira que des ronces plus aiguës que celles qu'un enfant pervers fait sentir à un père bon et juste. » Ce sont là ces ronces funestes que le Créateur avait annoncées à son homme faible pour le produit de son opération de matière terrestre.

      Adam ne finit point de borner sa postérité aux trois premiers dont je viens de parler, puisqu'il eut encore quatre enfants, deux mâles et deux femelles.

      Dieu, touché de l'état d'anéantissement d'Adam, se disposait à accorder grâce aux faiblesses de son premier homme incorporé dans un corps de matière terrestre, pour que lui et sa compagne coopérassent à une conception pure et simple, sans participation des sens de leur forme matérielle.

      Ils formèrent donc l'un et l'autre une opération agréable au Créateur, et Eve conçut selon le séminal qu'Adam avait répandu dans ses entrailles, qu'elle conserva jusqu'à son entière maturité avec un soin particulier.

      Elle eut une joie et une satisfaction complète de ce nouveau fruit par la différence des mouvements en comparaison de la conception des trois premiers, qui avaient été un triste de douleurs. Ce changement provenait des dons que la grâce de l'Eternel avait mis dans l'âme de l'enfant qu'elle portait et qui communiquait à elle-même son innocence, sa candeur et sa pureté. Adam revint de même satisfait et glorieux pendant le temps qu'Eve ce dernier fruit ; ce qui augmenta encore la joie d'Eve, et ils se contemplaient dans cette dernière œuvre.

      Le temps de l'enfantement venu, qui complétait la septième année de l'intervalle qu'Adam avait mis depuis qu'il avait eu les trois premiers, fit tenir ce langage Adam, lors de l'avènement de l'enfant sur la terre : « L'Eternel créateur des cieux et de la terre et de son serviteur Adam, ou Roux, soit éternellement béni par tout ce qu'il a créé. C'est de lui que je tiens ma quatrième postérité qui soit toute ma satisfaction dans le cours d'ici-bas et dans celui à venir. »

      Il le nomma Aba 4, qui signifie « enfant de paix », ou Abel 10, ou « être élevé au-dessus de tout sens spirituel ».

      Cette vérité a encore été répétée en nature physique aux yeux des hommes de ce siècle par la grossesse de Marie et d'Elisabeth, et par le tressaillement qu'Elisabeth sentit naître dans son âme, lorsqu'elle salua la cousine Marie qui venait la visiter, et par la satisfaction que les deux pères temporels sentirent, l'un de sa propre opération physique de ses œuvres, et l'autre de l'unique opération spirituelle que l'Eternel avait manifestée en faveur de sa femme adoptive. Ailleurs seront expliqués ces types.

      Après qu'Adam eut reçu cette quatrième postérité du Créateur et qu'il eut loué l'Eternel du trésor immense qu'il venait d'en recevoir et dont il ignorait même toute l'étendue du fruit qu'il devait en retirer par la suite en sa faveur et en celle d'Eve, ils prirent l'un et l'autre un soin extrême de ce dernier-né. Ils ne le perdaient jamais de vue, ils étaient ravis de voir naître de lui des œuvres aussi pieuses que méritantes envers ses deux premières sœurs et son frère Caïn. Cette conduite commença à l'âge le plus tendre, puisqu'il n'avait que trois ans accomplis. Il fut toujours augmenté en vertu, sagesse et bon exemple envers ses père, mère, frère et sœurs, tout le temps qu'il resta parmi eux comme homme-Dieu juste sur la terre. Ce bienheureux enfant s'efforçait sans cesse d'élever des autels au Créateur, qui paraissaient aussi surprenants à cette première postérité qu'à son père et à sa mère. Toutes les opérations spirituelles qu'il faisait devant sa famille n'étaient que pour calmer le Créateur envers sa première créature mineure, ainsi qu'envers sa première postérité qu'il voyait dans ses opérations sans doute exposée à la colère de l'Eternel. Oui, Abel se comporta envers le Créateur comme son père aurait dû le faire lorsqu'il était revêtu de son premier corps de gloire. Cette divine conduite d'Abel était bien le type réel du culte que l'Eternel devait retirer d'Adam.

      Le culte de ce bienheureux Abel était encore un type bien frappant de la manifestation de la gloire divine qui s'opérerait un jour par le vrai Adam, ou Réaux, ou le Christ, pour la réconciliation parfaite de la postérité passée, présente et future de ce premier Adam, moyennant que cette postérité usât en bien du plan d'opération qu'il leur laisserait tracé par sa pure miséricorde, ainsi qu'Abel l'avait déjà prédit par toutes ses œuvres à Adam et à ses trois premières postérités.

      Adam, voyant bien l'inconduite de sa première postérité mâle et femelle comparée à celle d'Abel, fit qu'il considéra ce dernier pour leur interprète spirituel divin, et ils observaient avec précision ce qu'il leur disait. Mais il n'en fut pas de même de cette postérité, ils formèrent au contraire opposition à ce qu'Abel opéra en leur propre faveur et en celle de leurs père et mère. Ils tendirent même des pièges d'opérations contraires pour le détruire et l'effacer physiquement devant eux, à quoi ils parvinrent comme vous allez en être instruit.

      Adam ayant assemblé Abel et Caïn pour assister au culte divin d'une opération spirituelle qu'il voulait faire, et, ayant exclu sa postérité femelle de leur assemblée, n'étant point de la nature de leur forme et de celle de leur vertu et puissance spirituelle mineure, d'agir et de soutenir avec une fermeté invincible une pareille opération, il éloigna cette postérité à une grande distance ; elle était de quarante-cinq coudées du lieu où Adam et ses deux fils devaient faire cette fameuse opération divine. Tout étant parfaitement disposé par Adam pour la manifestation de cette sublime opération conçue par lui pour la plus grande gloire du Créateur, Abel exerça par ordre de son père les fonctions auxquelles il était destiné pour le premier service indispensable à ce premier travail spirituel. Il dressa l'autel et les cercles convenables, étant placé au centre, il offrit le premier parfum au Créateur. Il offrit au Créateur comme un holocauste, sa forme corporelle en humble prosternation, et soumit son être spirituel mineur l'Eternel, pour être le réceptacle de la justice divine, sur lequel l'Eternel manifesterait sa plus grande gloire de miséricorde en faveur d'Adam, sa première créature mineure. Adam occupait la corne de l'autel, ou le côté des cercles qui regarde au midi.

      Après qu'Abel eut fini les fonctions spirituelles conformément aux ordres qu'il avait reçus de son père, il sortit de sa prosternation et rendit compte à son père de ce qu'il avait appris du Créateur en sa faveur. Adam se plaça au septentrion et ce malheureux père fut en tremblant se prosterner comme avait fait Abel ; et lorsqu'il eut fini, il appela ses deux fils à lui, il plaça Abel à sa droite, et Caïn à sa gauche et leur fit part de ce qu'il avait appris du Créateur. Il leur parla ainsi : « Je vous préviens par l'Eternel créateur que j'ai obtenu grâce devant lui. Sa justice cesse d'être réversible sur moi, par l'intermission du culte de mon fils Abel, que le Créateur a examiné en sainteté divine en ma faveur. Venez, mes fils, que je partage ma joie avec vous, en vous faisant part de deux sensations que je viens de ressentir à la fois, celle du mal et celle du bien. Elles terminent ma réconciliation parfaite avec le Créateur. » Après ce transport, Adam dit à son fils Caïn : « Vos œuvres doivent être celles d'Abel. Apprenez de moi que le Créateur met toute sa confiance sans distinction d'origine temporelle et spirituelle, et accorde toute puissance supérieure spirituelle divine, en celle ou celui qu'il sait la mériter et à qui elle est due. Que votre volonté, Caïn, à l'avenir soit celle de votre frère Abel, de même que la mienne est et sera invariablement celle du Créateur. »

      Le principe cérémoniel de cette opération mémorable commença à moitié jour solaire et finit au bout d'une heure. Chacun se retira à sa destination ordinaire, Caïn vers ses deux sœurs et Abel vers son père et sa mère.

      Faites réflexion sur cette division de créatures humaines, trois d'un côté et trois de l'autre. Vous y trouverez la vraie figure et le type du bien et du mal. Vous y voyez encore le vrai type des trois essences spiritueuses, qui composent les différentes formes corporelles de matière apparente ; celles de l'être raisonnable et irraisonnable. Additionnez ces deux nombres ternaires. Vous verrez encore par le produit sénaire le nombre de création divine, ou les six pensées opérantes du Créateur pour la création générale et particulière. Vous y trouverez encore qu'enseigne l'Ecriture, que trois sont en haut et trois sont en bas, et dans ces deux nombres ternaires, il y en a un qui distingue le bien et l'autre le mal. Faites des réflexions conséquentes sur cela. Je continuerai la réconciliation finale d'Adam.

      Caïn, étant retiré avec ses deux sœurs dans le coin de la terre qui leur été assigné, leur fit part du prétendu outrage que son père venait de lui faire en lui enlevant son droit d'aînesse pour le rendre réversible sur son frère Abel. Il ajouta encore que son père l'avait assujetti et subordonné à ce cadet. Ses sœurs en furent indisposées, elles portèrent Caïn à user de toute sa puissance et force d'homme contre celle de leur père, de leur frère et même contre le Créateur qui avait permis un pareil forfait de la part de leur père, et à la sollicitation de leur frère cadet qui avait surpris la bonne foi du père et corrompu sa bonne pensée par un acte de cérémonie aussi faux qu'injuste. L'effet des reproches de ces trois sujets fut que Caïn conçut d'opérer un culte aux faux dieux ou aux premiers démons, pour qu'ils lui donnassent une puissance supérieure à celle que le Créateur avait donnée à son frère Abel, et cela pour se venger du prétendu tort qu'il avait reçu de son père à l'instigation de son frère, ainsi qu'il lui avait été enseigné par son père Adam ; et fit assister ses deux sœurs avec lui, comme Abel et lui avaient assisté à celle de leur père, et suivit exactement le cérémonial qu'il avait vu faire. Lorsqu'il vint à son tour de prosternation, il mit sa dernière sœur à la place qu'il occupait à l'autel et aux cercles qu'il avait faits, et étant en prosternation, il offrit en victime la forme et la vie de son frère Abel au prince des démons. La forme est le corps, et la vie est l'âme.

      Cette cérémonie finie, Abel vint se présenter à son frère duquel il reçut beaucoup de reproches. Abel les reçut avec douceur et humilité et répondit à Caïn : « Ce n'est point à moi ni à mon père temporel que vous devez vous en prendre. C'est à vous-même et à celui qui vous dirige en ce moment. Car vous devez opérer un culte faux contre le Créateur éternel. La noirceur de votre crime est au-dessus de celle de celui d'Adam notre père temporel. Vous avez disposé en faveur du dieu des ténèbres d'un holocauste qui n'est point en votre pouvoir. Vous avez cherché à tort de satisfaire les chefs de votre pensée inique, en vous proposant de répandre injustement le sang du juste pour la justification des coupables. »

      Abel retourna vers Adam, et lui fit part de ce qui venait de se passer avec son frère. Ce détail l'affligea et le plongea dans la plus grande consternation. Abel demanda à son père quel était le sujet de son abattement et de sa tristesse. Il tâcha de le consoler. Adam ne lui répondit rien. Il semblait prévoir ce qui devait arriver à ce fils bien-aimé de la part de son frère et n'osait lui en faire part. Abel le rassura et lui dit avec fermeté : « Ce qui est décrété en votre faveur et en celle de votre postérité par le Créateur doit avoir son action, soit en bien ou en mal. Car toute la création générale que vous voyez n'est autre chose qu'un lieu que l'Eternel a réservé et destiné pour opérer la manifestation de sa toute-puissance pour sa plus grande gloire. C'est donc dans votre postérité corporelle que l'Eternel mettra des sujets convenables pour être les vrais instruments dont il se servira pour le triomphe de sa victoire et de sa justice, pour l'avantage des bons et la honte des mauvais. Il est très inutile d'aller contre ce qui a été délibéré par le Créateur pour et contre la créature spirituelle majeure et mineure. » Sur quoi, Adam parut calmé et s'adressa au Créateur : « Ô toi, Eternel, que ce qui est conçu par ta pensée soit accompli par ton fidèle serviteur, père d'une multitude de nations qui habiteront dans ton cercle universel. Amen. »

      Ensuite, Adam et Abel furent visiter Caïn qui vint avec ses sœurs au-devant d'eux. Lorsqu'ils se furent joints, les sœurs embrassèrent leur père, et Caïn embrassa son frère Abel et lui porta trois coups d'un instrument de bois fait en forme de poignard. Le premier lui perça la gorge, le second le cœur, et le troisième les entrailles. Adam ne s'aperçut pas de ce forfait, mais à peine le meurtre fut-il commis, qu'il sentit une commotion terrible, qui lui fit la même sensation sur les deux sœurs. Elles tombèrent à la renverse avec Adam en s'écriant : « Notre conciliateur, Seigneur, nous est ravi par la main de l'impie, nous réclamons ta justice et laissons notre vengeance à toi seul. »

      Voyez l'industrie du démon, comme il se déguise en apparences spirituelles par de simples paroles aux yeux de la créature. La commotion et le terrassement d'Adam et de ses filles provenaient de la vision qu'ils eurent, en nature effective, du mineur et majeur spirituel d'Abel, qu'ils ne purent soutenir sans tomber en défaillance. Adam se releva le premier et retourna vers Eve à qui il apprit que ce que le Créateur avait voulu exiger de lui pour son entière réconciliation et pour la science venait d'être accompli par la victime de son fils Abel, et que tout était couronné.

      Quelle fut la douleur de cette mère tendre ? C'est là cette ronce prédite qui a percé le cœur d'Adam ; c'est là cette funeste ronce produite par la première terre créée, effet de la prévarication d'Adam. Eve terrestre a donc produit de son côté son fléau. Elle l'avait conçu par l'opération physique qu'Adam avait opérée avec elle. C'est là le produit que nous appelons de confusion par le nombre de deux.

      Le nombre de confusion est ce que nous appelons opération simple et particulière, qui se fait par la pure volonté d'un mineur avec un majeur démoniaque. Ces deux sujets, par leur intime liaison, ne font qu'un relativement à leur unité de pensée, d'intention et d'action. Cependant vous les trouverez toujours distincts l'un et autre, faisant toujours deux en ce qu'ils sont encore susceptibles de désunité, lorsqu'un médiateur plus puissant qu'eux se met entre l'un et l'autre, et qu'il a opéré en réaction opposée à la première, qui fait par ce moyen un changement décidé en faveur du mineur, et au détriment du majeur, en contenant ce majeur en suspension de ses fonctions ordinaires, à l'avantage du mineur. C'est ce que nous appelons opération de confusion, que nous distinguons par le nombre de deux.

      Vous pourriez peut-être me répondre : « Lorsque le mineur est joint au majeur bon, est-ce qu'il ne fait pas aussi ce nombre de confusion comme le premier ? » Non, l'esprit bon ne peut faire jonction avec un mineur qu'au préalable il n'ait communiqué à ce même mineur son esprit intellect, que nous appelons puissance spirituelle mineure, qui dispose l'âme mineure particulière à recevoir l'impression de l'esprit majeur bon, selon la volonté du majeur et du mineur. L'âme acquiert par cette jonction un nombre de deux, qui, en se joignant à lui, fait un nombre ternaire : la puissance innée du majeur premier qui est l'âme 1, celle de la puissance mineure intellect de l'esprit majeur 2, et la puissance directe de l'esprit majeur 3, voilà comme l'âme mineure fait dans son premier principe de liaison spirituelle bonne, sa jonction ternaire.

      L'esprit majeur, tenant son action immédiate du Créateur, a la correspondance régulière aux puissances divines que nous appelons quadruple essence divine éternelle, qui se fait par l'âme du mineur qui est en correspondance avec l'intellect 2, l'intellect avec l'esprit 3, et l'esprit majeur avec la Divinité ; voilà la preuve démonstrative de l'émanation et de l'exacte correspondance de tout être créé spirituel avec l'Eternel.

      Outre la correspondance spirituelle majeure avec la Divinité, je vais vous donner celle de l'organe du corps particulier de l'homme avec tout être spirituel créé. Le corps de l'homme est l'organe de l'âme, c'est par lui que le mineur fait apercevoir à ses semblables son intention et sa volonté d'action spirituelle par toutes ses différentes opérations et démarches, l'âme mineure est l'organe de l'intellect ; l'intellect est l'organe de l'esprit majeur ; et l'esprit majeur est celui de l'esprit divin. Voilà une harmonie organique des principaux êtres spirituels divins, soit avec la loge particulière de l'homme, soit avec la loge universelle générale. Cet ordre prouve évidemment que tout est émané de ce premier être, soit spirituel et temporel.

      Les nombres divins sont ceux dont l'Eternel se servit pour opérer sa création universelle.

      Par le nombre ternaire l'on connaît l'unité ternaire des essences spiritueuses dont l'Eternel s'est servi pour la création des différentes formes matérielles apparentes ; et par le nombre quaternaire, les nombres spirituels divins, qui ont servi pour tous êtres spirituels de vie, qui sont les esprits majeurs vivants, qui sont donnés au Christ, et de privation qui sont les démons et les mineurs. Ils sont sous la puissance et la domination des démons.

      C'est ce qui a fait dire aux sages et à saint Paul qu'on ne peut être savant dans aucune espèce de science quelconque sans la connaissance parfaite des nombres. Distinguons la connaissance des lois de convention des hommes temporels et de celles de la nature spirituelle : Les lois de convention des hommes temporels varient comme l'ombre qui passe sur un cadran solaire, et celles de la nature spirituelle sont immuables, tout étant inné en elles de la première émanation de création.




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