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Traité de la réintégration des êtres

créés dans leurs primitives propriétés, vertus et puissances spirituelles divines
Martines Pasqually
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TRAITÉ DE LA RÉINTÉGRATION DES ÊTRES – 5

      J'entrerai présentement dans l'explication de la prévarication d'Adam, ou du premier être maçon mineur créé après les premiers êtres spirituels et prévaricateurs avant lui. Je dirai, pour cet effet, que la prévarication du premier maçon créé est une répétition de celle des premiers esprits. Elle est telle parce que l'inspiration de sa prévarication, quoique partant de sa propre volonté, ne vient point immédiatement de sa pensée, cette pensée lui ayant été suggérée par ces premiers esprits prévaricateurs. La force de la prévarication d'Adam est encore plus grande et plus considérable que celle des premiers esprits. Elle est telle, non seulement parce qu'Adam a retenu impression du conseil des démons qui l'ont fait déterminer à contracter sa volonté mauvaise en faveur de leurs conseils démoniaques, mais encore il s'est porté à mettre en usage toute sa volonté, vertu et puissance divine contre le Créateur, ce que ces premiers esprits n'avaient pas eu le temps de faire, leur pensée et volonté mauvaise ayant été lues par le Créateur, qui abattit tout aussitôt leur vouloir à ce sujet. On demandera pourquoi le Créateur n'a pas usé de son pouvoir contre la mauvaise volonté et l'opération inique d'Adam, ainsi qu'il avait fait contre celle des premiers esprits pervers. Je répondrai à cela que, comme le Créateur avait créé l'homme, ou le mineur, pour être l'instrument duquel il se servirait pour l'entière punition des premiers esprits, il laissa subsister les lois d'ordre qu'il avait données à l'un et à l'autre de ces deux êtres créés, et les vit opérer selon leur libre-arbitre, suivant leur pensée, désir et volonté innés en eux. Le Créateur, étant un être immuable dans ses décrets et dans ses dons spirituels, comme aussi dans ce qu'il promet et refuse, de même que dans les récompenses et les peines qu'il inflige à sa créature, suivant qu'elle sait qu'elle le mérite par ses actions, laissa agir ces deux êtres créés à leur propre volonté, n'étant point au Créateur de lire dans les causes secondes, comme je l'ai déjà dit, et encore moins de les empêcher et arrêter. Il ne le pourrait sans sortir de son immutabilité et déroger par là de sa propre existence d'être nécessaire et à sa puissance divine, comme je vais le faire entendre à mon disciple.

      Si le Créateur prenait quelque part aux causes secondes, il faudrait que de toute nécessité, il communiquât lui-même la pensée et la volonté à la créature bonne et mauvaise, et qu'il la fît communiquer par ses agents spirituels qui émaneraient immédiatement de lui, ce qui reviendrait toujours à la même chose.

      Si le Créateur agissait ainsi, vous auriez raison de dire que le bien et le mal viennent de Dieu, de même que le pur et l'impur. Toute chose étant ainsi, vous n'auriez plus besoin de vous considérer comme des hommes libres et sujets à aucun culte divin de notre propre volonté, puisque nous n'en n'aurions aucune par le défaut de liberté. Rendons donc toute la justice qui est due au Créateur, en restant plus que certains et convaincus, qu'il n'a jamais existé en lui le moindre soupçon de mal, ce qui ne peut même se penser, la chose n'étant point possible et n'étant même point dans la possibilité divine.

      Ce qui prouve démonstrativement la vérité de ce que je dis, c'est que s'il avait été à la possibilité du Créateur d'arrêter les causes secondes, il n'aurait point permis que son mineur, ou son premier homme, qu'il avait créé pour être le seul être opérant pour la punition des esprits pervers, fût la proie des démons, l'ayant expressément créé pour être l'instrument particulier de la manifestation de sa gloire contre ces esprits. Je ferai encore une petite comparaison à ce sujet, quoiqu'il n'y en n'ait point à faire. Je vous proposerai, par exemple : Si vous envoyiez un second vous-même pour combattre et terrasser vos ennemis et qu'il fût en votre pouvoir de le faire revenir victorieux et triomphant sur eux, pourriez-vous le laisser succomber sans succomber vous-même ? Si, au contraire, votre ennemi ne marche à vos ennemis pour les combattre, que sous les lois immuables que vous lui auriez prescrites, il reviendra triomphant s'il les a suivies de point en point, et vous le récompenserez de tout votre pouvoir, comme un ami fidèle à vos ordres. Mais s'il succombe, ayant transgressé ces mêmes lois, vous le punirez, comme ayant la force en main. Ce député ayant enfin uccombé, avez-vous subi son sort ? Non, il n'y a que lui de blâmable, et sur lequel doit porter votre indignation, en le considérant comme un opprobre, faussaire et parjure à lui-même. Je dirai donc à cet égard : Si votre député avait reçu vos ordres pour combattre vos ennemis, et si, au lieu de les attaquer pour les terrasser selon vos lois, il se joignait à eux pour vous attaquer et vous rendre leur sujet, au lieu qu'ils sont les vôtres, comment considéreriez-vous ce député ? Vous le regarderiez comme un traître et vous seriez en garde contre lui. Eh bien, voilà précisément, par les comparaisons que je viens de faire, la prévarication de ce premier homme, ou maçon mineur créé, contre son Créateur. C'est à ce sujet qu'il est dit dans les saintes Ecritures par l'ange du Créateur : « Chassons d'ici l'homme qui a la connaissance du bien et du mal. Car il pourrait nous troubler dans nos fonctions toutes spirituelles. Et prenons garde qu'il n'attaque ou ne touche l'arbre de vie et qu'il ne vive par ce moyen à jamais. »

      L'arbre de vie n'est autre chose que l'esprit du Créateur, que le mineur attaque injustement avec ses alliés. « Qu'il ne vive à jamais » signifie qu'il ne vive éternellement comme les esprits démoniaques, sous leur même vertu et puissance maudite.

      Je ferai encore observer à mon disciple que, si le premier maçon mineur eût resté concentré dans son premier crime et qu'il n'eût point obtenu du Créateur sa réconciliation, il serait resté mineur des mineurs démoniaques, auxquels il aurait été soumis, et qu'au contraire le mineur a été remis par son Créateur dans sa même vertu et puissance qu'il avait eue auparavant contre les infidèles de la loi. C'est donc par cette réconciliation que le mineur a reçu une seconde fois du Créateur, vertu et puissance pour et contre tout être, afin qu'il en use avec sagesse et modération, et qu'il ne s'efforce plus à l'avenir d'employer son libre-arbitre et sa volonté au gré des ennemis du Créateur, dans la crainte qu'il ne devienne par ce moyen l'arbre de vie du mal, en vivant à jamais sous la même vertu et puissance démoniaque.




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