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Abbé Jean Trithème

(Johan Trittheim)
(1er février 1462, à Trittenheim - 27 décembre 1516, à Magdebourg)
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      Jean Trithème ou Tritheim, historien et théologien, naquit le 1er février 1462, dans l'électorat de Trèves, à Trittenheim ; et c'est de ce nom qu'on a formé le sien. Son père est désigné par ceux de Joannes de Monte, Jean Heidenberg ou Eidenberg, et qualifié tantôt de vigneron, tantôt de chevalier. On dit aussi qu'Elisabeth de Longovico ou de Longwi, mère de Trithème, était d'une noble famille. Ayant perdu son époux douze à quinze mois après la naissance de leur fils, elle resta sept ans veuve, et prit ensuite un second mari, dont elle eut plusieurs enfants ; ils moururent tous fort jeunes, excepté un seul, nommé Jacques.

      L'éducation de Jean Trithème avait été fort négligée. A peine à quinze ans avait-il commencé d'apprendre à lire : mais il se sentait du goût pour l'étude ; et ce penchant devint si vif, qu'il résolut de s'y livrer, malgré la défense de son beau-père. Les menaces et les mauvais traitements ne l'effrayèrent plus ; et s'il ne pouvait étudier à son aise en plein jour, il allait passer une partie de la nuit chez un voisin, qui lui enseignait tant bien que mal à lire, à écrire, à décliner et conjuguer des mots latins. Il vit bientôt que cette instruction ne le conduirait pas fort loin, et prit le parti de quitter la maison maternelle, impatient de fréquenter de meilleures écoles. Ses talents se développèrent à Trèves, puis en quelques autres villes, particulièrement à Heidelberg. Lorsqu'il crut avoir acquis un assez grand fonds de connaissances, l'idée lui vint de retourner à Trittenheim . Il se mit en route au commencement de l'année de 1482 : le 25 janvier, il arrivait à Spanheim. Les neiges qui tombèrent durant toute cette journée le forcèrent de s'arrêter au monastère de ce lieu, non sans un secret pressentiment qu'il y fixerait sa demeure. En effet, après y avoir séjourné une semaine, il déclara qu'il renonçait au monde, quitta l'habit séculier le 02 février, fut admis au nombre des novices le 21 mars, et fit profession le 21 novembre. Il était encore le dernier des profès quand ses confrères l'élurent pour abbé, le 09 juillet 1482. Si l'on voulait supposer, contre l'opinion de Mercier de St Léger (Mém. à la suite du Sup. de l'Hist. de l'imprim. de Pr Marchand), qu'alors l'année commençait à Pâques en Allemagne, il y aurait lieu de modifier les dates que nous venons d'énoncer, et de substituer à 1482 et 1483, 1483 et 1484. Mais dans cette hypothèse peu plausible, l'élection de Jean Trithème, âgé de 22 ans et demie au plus, semblerait encore bien précoce. Pour en être moins étonné, il faut songer d'une part que, studieux comme il était, et doué des plus heureuses dispositions, il avait dû faire de grands progrès durant les six ou sept années précédentes ; de l'autre, qu'à la fin du XVème siècle, les monastères de l'ordre de saint Benoît ne se peuplaient que de sujets fort médiocres, et ne possédaient plus à beaucoup près autant d'hommes de mérite qu'ils en avaient compté jadis et qu'ils en ont retrouvé depuis. Aussi l'abbaye dont Trithème prenait possession était-elle dans un état si déplorable qu'effrayé des obligations qu'il venait de contracter, il craignit de n'avoir point assez d'expérience et d'autorité pour les bien remplir. On avait négligé même le soin du temporel. Les bâtiments tombaient en ruine ; les biens étaient aliénés, ou engagés, ou mal régis. D'énormes dettes, qu'il fallait payer, rendaient cette administration de plus en plus difficile. Cependant le jeune abbé vint à bout de remédier à tant de désordres : il fit des réparations et des constructions, opéra des remboursements, rétablit l'équilibre entre les recettes et les dépenses. Son zèle s'exerçait avec plus d'ardeur encore sur le régime intérieur et moral de sa communauté. Il exigea des mœurs plus régulières ; et persuédé qu'aucune réforme ne serait efficace au sein de l'ignorance et de l'oisiveté, il s'efforça de ranimer les études sacrées et profanes. Dans ses sermons à ses moines, il leur recommande surtout de lire et d'écrire : selon lui, le meilleur travail manuel et auquel ils puissent se livrer est de transcrire des livres. Il voudrait les voir presque tous occupés de cet exercice honorable ou des services accessoires qu'il entraîne, comme de préparer le parchemin, l'encre et les plumes ; de régler les pages, de corriger les fautes, d'enluminer les titres et les capitales, et de relier les tomes. Au moyen de ces copies et des acquisitions qu'il faisait, soit d'anciens manuscrits, soit des livres qui s'imprimaient depuis 1450, il parvint à former une riche collection. Il n'avait trouvé dans ce couvent que 48 volumes, ou même que 14, à ce quil dit quelque part : il y en avait 1646 en 1502, et bientôt après 2000, en tout genre et en toutes langues, spécialement en latin, en grec et en hébreu. On venait voir par curiosité cette bibliothèque nouvelle, qui paraîtrait si chétive aujourd'hui.

      On était d'ailleurs assez attiré à Spanheim par le désir de connaître le savant abbé, dont la réputation s'était rapidement étendue. Des seigneurs, des prélats, des hommes de lettres, accouraient d'Italie, de France et de toutes les parties de l'Allemagne pour jouir de ses entretiens. Les princes qui ne pouvaient le visiter eux-mêmes lui envoyaient, nous dit-il, des nonces et des orateurs, pour traiter d'affaires littéraires. Quoiqu'on rendît hommage à sa piété autant qu'à son savoir, à la pureté de ses doctrines théologiques autant qu'à la variété de ses connaissances, quoiqu'il prescrivît sans cesse de puiser la science de la religion à ses véritables sources, c'est-à-dire dans les Livres saints plutôt que dans les écrits des philosophes et les controverses des docteurs scolastiques, il se vit pourtant soupçonné d'erreurs graves, accusé de nécromancie et de magie. La renommée avait fait de lui un sorcier qui évoquait les démons et les morts, qui prédisait l'avenir et usait d'enchantements pour surprendre les voleurs. On racontait, par exemple, que l'empereur Maximilien ne se consolant pas de la mort de sa première épouse, Marie de Bourgogne, Trithème, qui se trouvait à la cour de ce prince et qui prenait pitié de sa douleur, avait offert de lui faire apparaître la défunte ; qu'en effet, Maximilien et l'un de ses courtisans s'étant renfermés avec l'abbé dans une chambre écartée, Marie s'était montrée à leurs yeux parée de son éclat accoutumé ; que pour être plus sûr que c'était bien elle-même, son auguste époux avait cherché et trouvé une verrue qu'il savait être située à la nuque de la princesse ; mais que, cédant bientôt à l'effroi mortel dont le frappait ce spectacle, il avait ordonné à Trithème de finir à l'instant un si terrible jeu, en lui défendant de jamais renouveler de pareilles expériences. Si ce conte avait besoin d'être réfuté, il le serait assez par sa date ; car Marie de Bourgogne est morte en 1482, époque où Trithème n'avait que 20 ans, et n'était encore ni abbé, ni connu dans le monde. En 1505, Philippe, comte palatin du Rhin, le pria de venir à Heidelberg, où il voulait conférer avec lui sur une affaire monastique. Trithème s'y rendit, y tomba malade et y reçut la nouvelle d'une révolte qui, en son absence, venait d'éclater contre lui dans son couvent de Spanheim. Pour être mieux informé des détails et des suites de cette révolution claustrale, il se retira d'abord à Cologne, puis à Spire ; mais il apprit que ses moines persévéraient à s'affranchir de son autorité, qu'ils ne voulaient plus d'un abbé qui prétendait les obliger à s'instruire et à se comporter raisonnablement. De son côté, il résolut de ne jamais retourner auprès d'eux, quoiqu'il se sentît rappelé dans leur monastère par la bibliothèque qu'il y laissait et par le souvenir de tout le bien qu'il y avait fait durant vingt-deux années.

      On lui conféra l'abbaye de St-Jacques à Würtzbourg ; il en prit possession le 15 octobre 1506, y passa les dix dernières années de sa vie, n'acceptant aucune des places plus éminentes qu'on s'empressait de lui offrir ailleurs, et y mourut le 27 décembre 1516 : nous écartons la date 1519 que donne G.-J. Vossius, trompé par Bellarmin. L'abbé Trithème fut enterré dans ce couvent de St-Jacques, où il avait paisiblement poursuivi le cours de ses travaux littéraires.

      Neuf de ses ouvrages ont été réunis sous le titre Opera historica, par Marquard Freber, Francfort, 1601, in-folio.

       Chronologia mystica de septem secundeis sive intelligentiis orbes post Deum morentibus. Une ancienne doctrine platonique ou cabalistique, renouvelée et modifiée au XVème siècle, plaçait dans chaque sphère céleste une intelligence chargée de la gouverner. Le livre où Trithème veut rattacher des notions historiques à ce système a paru en allemand, à Nüremberg, en 1522, in-4°. Dans les éditions d'Augsbourg, 1545, in-8°, de Cologne, 1567, in-8°, de , 1600, in-4°, il est en langue latine, ainsi que tous les articles qui vont suivre.

       Chronique (fabuleuse) des Francs, depuis Marcomir jusqu'à Pépin, mise à jour à Mayence, en 1515, et à Paris, en 1539, in-fol. ; insérée, en 1574, au tome 3 de la collection des historiens d'Allemagne de Schardius ;

       Origine de la nation des Francs, d'après Hunebauld ; autre tissu de fables, selon les critiques modernes, publié, avec le précédent, à Mayence, à Paris, et dans le Recueil de Schardius, et reproduit par Ludewig (Script, herbipol., Francfort, 1713). Ce roman remonte à l'an 140 avant J.-C. et descend jusqu'au milieu du VIIIème siècle de notre ère.

       Chronique des ducs de Bavière et des comtes palatins, jusqu'en 1475, imprimée à Francfort, in-4°, en 1544 et 1549, et traduite en allemand par Phil. Ern. Voegelin, Francfort, 1616, in-4° ;

       De luminaribus Germaniæ : il en a paru des éditions in-4° à Utrecht, en 1495 ; à Mayence, en 1497. Parmi les Allemands déclarés illustres dans ce catalogue, il en est dont aucun autre livre ne fait mention. Les notices jointes à tous ces noms sont fort succintes, mais quelquefois remarquables par leur singularité.

       De scriptoribus ecclesiasticis, série chronologique de 963 articles sur un égal nombre de Pères de l'Eglise et de théologiens, depuis le pape Clément Ier jusqu'à l'auteur lui-même, qui achevait ce travail en 1494 et le dédiait à l'évêque de Worms, Jean de Dalberg. Le nom de chaque personnage amène un exposé sommaire des principaux traits de sa vie, et l'indication de ses ouvrages. Malgré beaucoup d'omissions et d'erreurs, ce livre a été fort utile à ceux qui ont depuis mieux traité la même matière : on le consulte encore aujourd'hui. Les premières éditions sont de Bâle, 1494, in-fol. ; de Mayence, en la même année, in-4° ; de paris, in-4°, en 1497 ; les suivantes contiennent des additions et des appendices ; elles ont été publiées in-4°, à Paris, en 1512 ; à Cologne, 1531 et 1546 ; à Bâle, 1594, etc. La dernière et la meilleure est celle qui fait partie de la bibliothèque ecclésiastique de J. Alb. Fabricius, Hambourg, 1718, in-fol. Le nom de chaque personnage amène un exposé sommaire des principaux traits de sa vie, et l'indication de ses ouvrages. Malgré beaucoup d'omissions et d'erreurs, ce livre a été fort utile à ceux qui depuis mieux traité la même matière : on le consulte encore aujourd'hui. Les premières éditions sont de Bâle, 1494, in-fol. ; de Mayence, en la même année, in-4° ; de Paris, in-4°, à Paris, en 1512 ; à Cologne, 1531 et 1546 ; à Bâle, 1594, etc. La dernière et la meilleure est celle qui fait partie de la bibliothèque ecclésiastique de J. Alb. Fabricius, Hambourg, 1718, in-fol. Aubert le Mire a fait des suppléments




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