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La Science des Mages

Et ses applications théoriques et pratiques
Papus
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CHAPITRE PREMIER
§ 4 - L'UNITÉ


      L'Univers conçu comme un tout animé est composé de trois principes qui sont : la Nature, l'Homme et Dieu, ou, pour employer le langage des hermétistes, le Macrocosme, le Microcosme et l'Archétype. (20)

      L'homme est appelé microcosme ou petit monde parce qu'il contient analogiquement en lui les lois qui régissent l'Univers. (21)

      La Nature forme le point d'appui et le centre de manifestation générale des autres principes.
      L'homme agissant sur la Nature par l'action, sur les autres hommes par le Verbe, et s'élevant jusqu'à Dieu par la Prière et l'Extase constitue le lien qui unit la création au créateur.
      Dieu enveloppant de son action providentielle les domaines dans lesquels agissent librement les autres principes, domine l'Univers dont il ramène tous les éléments à l'unité de direction et d'action.

      Dieu se manifeste dans l'Univers par l'action de la Providence qui. vient éclairer l'homme dans sa marche ; mais qui ne peut s'opposer dynamiquement à aucune des deux autres forces primordiales. (22)

      L'Homme se manifeste dans l'Univers par l'action de la Volonté qui lui permet de lutter contre le Destin et d'en faire le serviteur de ses conceptions. Dans l'application de ses volitions au monde extérieur, l'homme a toute liberté de faire appel aux lumières de la Providence ou d'en mépriser l'action.

      La nature se manifeste dans l'Univers par l'action du Destin qui perpétue d'une manière immuable et dans un ordre strictement déterminé les types fondamentaux qui constituent sa base d'action.
      Les faits sont du domaine de la Nature, les Lois du domaine de l'homme, les principes du domaine de Dieu.

      Dieu ne crée jamais qu'en Principe. La Nature développe les Principes créés pour constituer les faits, et l'homme, établissant, par l'emploi que fait sa volonté des facultés qu'il possède, les relatons qui unissent les faits aux Principes, transforme et perfectionne ces faits par la création des Lois.

      Mais un fait, quelque simple qu'il soit, n'est jamais que la traduction par la nature d'un principe émané de Dieu, et l'Homme peut toujours rétablir le lien qui relie le fait visible au principe invisible, et cela par l'énonciation d'une Loi (Fondement de la méthode analogique).


*

*         *

      Un steamer est lancé sur l'immense Océan et vogue vers le but assigné par le terme du voyage.
      Tout ce que contient le steamer est emporté en avant.
      Et cependant, chacun est libre d'organiser sa cabine comme il lui plaît. Chacun est libre de monter sur le pont contempler l'infini ou de descendre à fond de cale. Le progrès en avant s'effectue chaque jour pour la masse totale ; mais chaque individualité est libre d'agir à sa guise dans le cercle d'action qui lui est dévolu en partage.
      Toutes les classes sociales sont là sur ce navire, depuis le pauvre émigrant, qui couche tout habillé dans un sac, jusqu'au riche yankee, qui occupe une bonne cabine.
      Et la vitesse est la même pour tous, riches, pauvres, grands et petits tous aboutiront en même temps au terme du voyage.
      Une machine inconsciente fonctionnant d'après des lois strictes meut le système tout entier.
      Une force aveugle (la vapeur) canalisée dans des tubes et des organes de métal générée par un facteur spécial (la chaleur) anime la machine tout entière.

      Une volonté, dominant et la machine organique et l'ensemble des passagers, gouverne tout : le capitaine.
      Indifférent à l'action particulière de chaque passager, le capitaine, les yeux fixés sur le but à atteindre, la main à la barre, conduit l'immense organisme vers le terme du voyage, donnant ses ordres à l'armée des intelligences qui lui obéissent.
      Le Capitaine ne commande pas directement l'hélice qui meut le steamer, il n'a d'action immédiate que sur le gouvernail.

      Ainsi l'Univers peut être comparé à un immense steamer dont ce que nous appelons Dieu tient le gouvernail ; la Nature est la machinerie synthétisée dans l'hélice qui fait marcher tout le système aveuglément d'après des lois strictes, et les humains sont les Passagers.
      Le Progrès existe, général, pour tout le système, mais chaque être humain est absolument libre dans le cercle de sa fatalité.
      Telle est l'image qui peint assez clairement les enseignements de l'Occultisme sur cette question.


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(20)  Il y a trois mondes, le monde archétype, le macrocosme et le microcosme, c'est-à-dire Dieu, la Nature et l'Homme. (Robert Fludd - XVIème siècle)

(21)  L'homme forme à lui seul tout un monde appelé le microcosme parce qu'il offre en abrégé toutes les parties de l'univers. Ainsi la tête répond à l'empyrée, la poitrine au ciel éthéré ou moyen, le ventre à la région élémentaire.

(22)  C'est la nature qui préside à notre naissance, qui nous donne un père, une mère, des frères, des soeurs, des relations de parenté, une position sur la terre, un état dans la société ; tout cela ne dépend pas de nous : tout cela, pour le vulgaire, est l'ouvrage du hasard ; mais pour le philosophe pythagoricien, ce sont les conséquences d'un ordre antérieur, sévère, irrésistible, appelé Fortune ou Nécessité.
      Pythagore opposait à cette nature contrainte une nature libre qui, agissant sur les choses forcées comme sur une matière brute, les modifie et en tire à son gré des résultats bons ou mauvais. Cette seconde nature était appelée Puissance ou Volonté : c'est elle qui règle la vie de l'homme et qui dirige sa conduite d'après les éléments que la première lui fournit.
      La Nécessité et la Puissance, voilà, selon Pythagore, les deux mobiles opposés du monde sublunaire où l'homme est relégué, les deux mobiles tirent leur force d'une cause supérieure, que les anciens nommaient Némésis, le décret fondamental, et que nous nommons Providence. (Fabre d'Olivet - Vers dorés, 5ème examen, 1825)




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