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La clairvoyance

Charles Webster Leadbeater
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CHAPITRE II
Clairvoyance simple : complète

      Nous avons défini cette clairvoyance : la simple action de la vue éthérique ou astrale, grâce à laquelle celui qui l'exerce peut voir tout ce qui se trouve autour de lui sur des niveaux correspondants ; mais cette faculté n'est en général pas accompagnée de celle qui permet de voir quelque chose de très lointain ou de lire dans le passé ou dans l'avenir. Il est cependant impossible d'exclure ces dernières facultés, car la vue astrale a nécessairement une puissance beaucoup plus considérable que la vue physique, et des fragments de tableaux à la fois du passé et de l'avenir sont souvent visibles, à l'occasion, même pour les clairvoyants qui ne savent pas comment les rechercher spécialement ; mais il y a néanmoins une distinction très réelle entre de pareilles lueurs accidentelles et le pouvoir défini de la projection de la vue, soit dans l'espace, soit dans le temps.

      Chez les gens sensitifs, nous trouvons à tous les degrés cette espèce de clairvoyance, depuis celle de l'homme qui reçoit une vague impression méritant à peine le nom de vision, jusqu'à la possession – complète de la vision éthérique et astrale, respectivement. La méthode la plus simple consisterait peut-être pour nous à décrire ce qui serait visible, dans le cas de ce développement plus parfait du pouvoir en question, car l'on verra alors tout naturellement, dans quelles circonstances se manifeste sa possession partielle.

      Considérons, d'abord, la vision éthérique. Elle consiste, simplement, comme nous l'avons déjà dit, en une sensibilité à une catégorie beaucoup plus importante de vibrations physiques qu'à l'ordinaire, mais néanmoins cette faculté permet de voir bien des choses auxquelles la majorité des hommes reste aveugle. Examinons les changements que l'acquisition de cette faculté apporte à l'aspect d'objets familiers, animés ou inanimés, et voyons ensuite en présence de quels nouveaux facteurs elle nous met. Mais il faut se rappeler que ce que je vais décrire est le résultat de la possession complète et parfaitement maîtrisée de la seule faculté en question, et que la plupart des cas que l'on rencontrera dans la vie réelle seront susceptibles d'en manquer beaucoup, dans un sens ou dans un autre.

      Le changement le plus frappant que l'acquisition de cette faculté produise dans l'aspect des objets inanimés consiste en ce que la plupart d'entre eux deviennent presque transparents, ce qui est dû à la différence de longueur des ondes de certaines vibrations auxquelles l'homme se trouve être devenu sensible. Il se trouve capable d'accomplir avec la plus grande facilité le prodige proverbial de « voir au travers d'un mur de briques », car le mur de briques semble ne pas avoir, pour sa vue nouvellement acquise, plus de consistance qu'une brume légère. Il voit, par conséquent, ce qui se passe dans une pièce voisine, à peu près comme si la cloison qui l'en sépare n'existait point; il peut décrire avec précision le contenu d'une boîte fermée ou lire une lettre cachetée; avec un peu d'habitude, il peut lire un passage déterminé dans un livre fermé. Ce dernier exploit, quoique parfaitement facile à accomplir avec la vision astrale, présente une énorme difficulté Pour celui qui se sert de la vue éthérique, par suite de ce fait que chacune des pages du livre doit être regardée à travers toutes celles qui lui sont superposées.

      On demande souvent si, dans de pareilles circonstances, c'est toujours que l'homme voit avec cette vue anormale ou bien si ce n'est seulement que lorsqu'il le veut. La réponse est que si la faculté est parfaitement développée, il sera entièrement maître d'elle et pourra à volonté se servir de cette vue anormale ou de sa vue plus ordinaire. Il passera de l'une à l'autre aussi aisément et aussi naturellement que nous changeons le foyer de nos yeux lorsque nous levons le regard de dessus notre livre pour suivre les mouvements d'un objet qui se trouve à un mille de distance. C'est, en quelque sorte, une concentration de l'état de conscience sur l'un ou l'autre aspect de ce que l'on voit ; et quand bien même l'homme aurait très nettement en vue l'aspect sur lequel son attention est momentanément fixée, il resterait toujours vaguement conscient aussi de l'autre aspect tout comme, lorsque nous concentrons notre regard sur un objet que nous tenons entre les mains, nous voyons vaguement, cependant, et à l'arrière-plan, le mur de la pièce, en face de nous.

      Un autre curieux changement qui accompagne la possession de cette vue, consiste en ce que le sol sur lequel l'homme marche lui semble, dans une certaine mesure, transparent, en sorte qu'il peut voir à l'intérieur de ce sol, à une profondeur considérable, tout comme nous pouvons voir ce qui se passe dans une eau suffisamment claire. Cela lui permet de suivre un animal qui se cache sous terre, de reconnaître une veine de charbon ou de minerai, si elle ne se trouve pas trop loin de la surface du sol, et ainsi de suite.

      La limite de la vue éthérique, lorsque nous regardons au travers d'une matière opaque, nous paraît analogue à celle qui nous arrête lorsque nous plongeons notre regard dans la brume ou dans l'eau. Nous ne pouvons pas voir au delà d'une certaine distance, parce que le milieu au travers duquel nous regardons n'est pas tout à fait transparent.

      Pour l'homme qui a accru dans cette mesure la puissance de sa vue, l'apparence des objets animés se modifie aussi considérablement. Les corps des hommes et des animaux lui sont en général transparents, de sorte qu'il peut surveiller l'action des divers organes intérieurs et diagnostiquer, dans une certaine mesure, quelques-unes de leurs maladies.

      Cette vision amplifiée lui permet aussi de percevoir plus ou moins distinctement diverses catégories de créatures, élémentals ou autres, dont les corps ne sont capables de réfléchir aucun des rayons qui se trouvent dans le rayon du spectre tel qu'on le voit d'ordinaire. Parmi les entités ainsi vues se trouveront certaines espèces inférieures d'esprits de la nature, celles dont les corps sont formés de la matière éthérique la plus dense. C'est à cette catégorie qu'appartiennent presque toutes les fées, les gnomes et les lutins au sujet desquels il subsiste encore tant d'histoires, dans les montagnes d'Ecosse et d'Irlande et dans les villages perdus du monde entier.

      Le vaste royaume des esprits de la nature est principalement un royaume astral, mais il en est cependant une grande partie qui appartient au domaine éthérique du plan physique, et naturellement cette partie-là est, bien plus que les autres, à la portée des individus ordinaires. En fait, quand on lit les banales histoires de fées, on rencontre fréquemment des indications qui montrent nettement que c'est à cette catégorie-là que nous avons affaire. Ceux qui s'intéressent aux contes de fées se rappelleront comme il est souvent fait mention de quelque drogue ou de quelque onguent mystérieux qui, appliqué sur l'œil de l'homme, le met à même de voir les membres du royaume des fées, chaque fois qu'il lui arrive de les rencontrer.

      On raconte, si constamment et dans tant de parties différentes du monde, l'histoire d'un baume semblable et des résultats qu'on obtient grâce à lui, qu'il doit très certainement se cacher là quelque vérité, comme on en trouve toujours, sous toute tradition vraiment populaire. Eh bien, il n'existe pas d'onguent, quel qu'il soit, qui pourrait seul, en aucune manière, donner la vue astrale à un individu, bien que certaines onctions faites sur le corps puissent grandement aider le corps astral à quitter en toute conscience le corps physique, fait dont la connaissance semble avoir survécu même aux temps moyenâgeux, comme le montrent les débats dans les procès faits aux sorciers. Mais l'application d'un baume sur l'œil physique pourrait très facilement stimuler sa susceptibilité, suffisamment pour le rendre sensible à certaines des vibrations éthériques.

      Les contes disent fréquemment aussi comment, lorsque l'être humain qui s'est servi de cet onguent mystique divulgue en quelque façon sa vision accrue à une fée, celle-ci le frappe dans l'œil ou le lui crève, le privant ainsi non seulement de la vue éthérique, niais aussi de celle du plan physique plus dense (voyez n'importe quel recueil important de contes de fées). Si ç'avait bien été la vue astrale que l'homme aurait acquise grâce à l'onguent, une semblable cruauté de la part de la fée eût été parfaitement vaine, car il n'est pas de blessure faite à l'organe physique, qui pourrait porter atteinte à une faculté astrale; mais dans le cas où la vue procurée par l'onguent aurait été éthérique, la destruction de l'œil physique l'éteindrait aussitôt dans la plupart des cas, puisque l'œil est l'organe grâce auquel s'effectue cette vue éthérique.

      Quiconque posséderait la vision dont nous parlons pourrait aussi percevoir le double éthérique de l'homme ; mais étant donné que ce double est à ce point semblable au corps physique par la taille, c'est à peine s'il attirerait son attention, à moins qu'il ne fût partiellement projeté pendant la trance ou sous l'influence d'anesthésiques. Après la mort, lorsqu'il se retire complètement du corps dense, ce double lui serait nettement visible et il le verrait fréquemment, en passant dans quelque cimetière, planer sur de récentes sépultures. S'il assistait à une séance de spiritisme il verrait la matière éthérique s'échapper du flanc du médium et pourrait observer les divers emplois qu'en font les entités correspondantes.

      Un autre fait qui ne pourrait guère manquer longtemps de s'imposer à son attention, serait l'extension de sa faculté de percevoir la couleur. Il se trouverait capable de voir plusieurs couleurs entièrement nouvelles ne ressemblant pas le moins du monde à aucune de celles qui composent le spectre tel que nous le connaissons, et par conséquent tout à fait indescriptibles dans le langage dont nous nous servons. Et il ne verrait pas seulement des objets nouveaux de couleurs parfaitement nouvelles, mais il découvrirait encore des changements dans la couleur de quantité d'objets tout à fait familiers, suivant qu'ils auraient ou non des teintes de ces nouvelles couleurs mélangées aux anciennes. En sorte que deux surfaces d'une couleur déterminée qui, pour des yeux ordinaires, sembleraient rigoureusement identiques, présenteraient souvent à sa vue plus perçante des nuances nettement différentes.

      Nous avons donc passé en revue quelques-uns des changements principaux qui modifieraient la vie d'un homme s'il acquérait la vue éthérique ; et il faut toujours se souvenir que, dans la plupart des cas, un changement correspondant viendrait en même temps à se produire dans les autres sens, de sorte qu'il serait capable d'entendre et peut-être même de sentir plus finement que la majorité de ceux qui l'entoureraient. Eh bien, en supposant qu'il acquît, au surplus, la vision du plan astral, quelles autres transformations observerait-on en lui ?

      Ces transformations seraient nombreuses et grandes ; en fait, un monde nouveau tout entier s'ouvrirait à ses yeux. Considérons-en brièvement ses merveilles, si vous le voulez bien, dans le même ordre que précédemment, et voyons d'abord quelles seraient les différences dans l'aspect des objets inanimés. Je puis, à ce propos, rapporter tout d'abord une curieuse réponse, donnée dans une revue :

      « Il y a une différence bien nette entre la vue éthérique et la vue astrale, et c'est cette dernière qui semble correspondre à la quatrième dimension.

      Le moyen le plus facile de comprendre cette différence est de prendre un exemple. Si vous regardiez un homme par le moyen de l'une et l'autre vue, à tour de rôle, vous verriez, dans les deux cas, les boutons qui se trouvent au dos de son vêtement ; seulement, lorsque vous vous serviriez de la vue éthérique, vous les verriez au travers de lui, et leur attache vous semblerait être le plus près de vous ; tandis que si vous le regardiez astralement, vous ne les verriez pas seulement comme je viens de le dire, mais encore de l'autre côté, comme si vous vous trouviez à la fois derrière et devant l'individu.

      Ou encore : si vous regardiez éthériquement un cube de bois sur toutes les faces duquel on aurait écrit, vous pourriez voir au travers de ce cube, comme s'il était de verre, et l'écriture du côté opposé et le plus éloigné de vous vous apparaîtrait renversée, alors que l'écriture tracée sur les côtés droit et gauche ne vous apparaîtrait pas clairement, à moins que vous ne bougiez, parce que vous la regarderiez de profil. Mais si vous regardiez le cube astralement, vous en verriez toutes les faces en même temps et sur toutes l'écriture vous apparaîtrait à l'endroit, comme si le cube entier avait été développé devant vous; vous verriez même chaque parcelle de l'intérieur du cube, – et non pas les unes à travers les autres, mais toutes sur un même plan. Vous regarderiez le cube sous un autre angle, un angle qui serait droit par rapport à toutes les directions que nous pouvons imaginer.

      Si vous regardez éthériquement une montre du côté du boîtier, vous en voyez au travers tous les rouages, et à travers ces rouages, vous voyez le cadran, mais à l'envers ; si vous regardez cette même montre astralement, vous voyez le cadran à l'endroit et tous les rouages séparément, côte à côte, sans aucune superposition, quelle qu'elle soit ».

      Voilà donc la clé du mystère, le principal facteur de ce changement ; l'homme regarde toutes choses d'un point de vue absolument nouveau, tout à fait en dehors de ce qu'il a pu imaginer auparavant. Il n'éprouve plus la moindre difficulté à lire une page quelconque d'un livre fermé, car il ne regarde plus, maintenant, à travers les autres pages qui se trouvent devant ou derrière elle, mais directement, comme si c'était la seule page qu'il pût voir. La profondeur à laquelle peut s'étendre un gisement de charbon ou de minerai ne constitue plus un empêchement à ce qu'il le voie, car il ne le regarde plus du tout maintenant à travers l'épaisseur du sol qui l'en sépare. La largeur d'un mur ou un certain nombre de murs qui sépareraient l'observateur de l'objet observé contrarieraient singulièrement la clarté de la vue éthérique; mais ils ne gêneraient en rien la vue astrale, parce que, sur le plan astral, ils ne s'interposeraient pas entre l'observateur et l'objet. Ceci semble certes paradoxal ou impossible et c'est, en effet, tout à fait incompréhensible pour un esprit qui n'a pas été spécialement éduqué à comprendre ce phénomène ; cela n'en est du reste pas moins absolument vrai.

      Et ceci nous mène droit au cœur même de la question si débattue de la quatrième dimension – question du plus haut intérêt, bien que nous ne puissions pas prétendre la discuter dans l'espace dont nous disposons.

      Je sais que Mme Blavatsky, en faisant allusion à la théorie de la quatrième dimension, a exprimé l'opinion que ce n'est qu'une manière gauche de présenter l'idée de la parfaite perméabilité de la matière; je sais aussi que M. W. Stead a adopté cette façon de voir, et a présenté cette conception à ses lecteurs sous le nom de throughth [Note du traducteur : De through, à travers. On pourrait peut-être rendre throughth par "traversabilité" ?]. Une étude attentive, souvent répétée et minutieuse, semble toutefois montrer d'une manière très concluante que cette explication ne répond pas à tous les faits. C'est une description excellente de la vision éthérique, mais l'autre idée entièrement différente de la quatrième dimension telle que la présente M. Hinton est la seule qui nous donne une explication quelconque ici-bas des faits constamment observés de la vision astrale. J'ose donc suggérer respectueusement que, lorsque Mme Blavatsky écrivit comme elle l'a fait, elle parlait de la vision éthérique et non astrale et qu'elle ne songea pas à quel point sa phrase s'appliquait à cette seconde et plus haute faculté qu'elle n'envisageait pas à ce moment-là.

      Dans tout ce qui suit, il ne faut jamais perdre de vue la possession de ce pouvoir extraordinaire et à peine définissable. Il livre entièrement aux regards du voyant chaque parcelle de l'intérieur de quelque corps solide que ce soit, absolument de même que chaque endroit dans l'intérêt d'un cercle est visible pour l'individu qui le regarde d'en haut.

      Mais ce n'est même pas là tout ce qu'il procure à celui qui en jouit. Celui-là ne voit pas seulement l'intérieur aussi bien que l'extérieur d'un objet quelconque, mais il voit également sa contre-partie astrale. Tout atome et toute molécule de matière physique a ses atomes et ses molécules astrals correspondants, et notre clairvoyant voit nettement le corps que ceux-ci composent. Habituellement, l'astral d'un objet quelconque se projette, en quelque sorte, au delà de la partie physique de cet objet, et c'est ainsi qu'on voit des métaux, des pierres et d'autres corps entourés d'une aura astrale.

      On comprendra tout de suite que, même dans l'étude de la matière inorganique, un homme gagne beaucoup à posséder cette vision. Non seulement il voit la partie astrale d'un objet qu'il regarde, partie qui lui était complètement cachée jusqu'alors ; non seulement il voit beaucoup plus de sa constitution physique qu'auparavant, mais il voit encore bien plus clairement et exactement ce qui lui était déjà précédemment visible. Un instant de réflexion montrera que sa vision nouvelle se rapproche bien davantage de la perception vraie que la vue physique. Si, par exemple, il regarde astralement un cube de verre, les côtés lui en paraîtront égaux, comme nous savons qu'ils le sont en réalité, tandis que sur le plan physique il verra le côté le plus éloigné de lui, en perspective, plus petit par conséquent que le côté le plus proche, et cette différence n'est qu'une illusion due à la limitation de ses facultés physiques.

      Lorsque nous en venons à considérer les facilités nouvelles que la vision astrale apporte dans l'examen des objets animés, nous voyons plus nettement encore ses avantages. Elle montre au clairvoyant l'aura des plantes et des animaux, et par suite, en ce qui concerne ces derniers, leurs désirs, leurs émotions et leurs pensées, quels qu'ils soient, sont clairement mis devant ses yeux.

      Mais c'est surtout à l'endroit des êtres humains qu'il goûtera le plus le prix de cette faculté, car il lui sera souvent permis de leur venir en aide plus efficacement lorsqu'il pourra se guider d'après les indications qu'elle lui fournira.

      Il pourra voir l'aura jusqu'à la limite du corps astral, et quoique cette limite cache encore à ses regards tout le domaine supérieur de l'homme, il lui sera cependant possible, s'il observe attentivement, d'apprendre, grâce à ce qui est à sa portée, beaucoup de ce qui concerne ce domaine supérieur. La faculté d'examiner le double éthérique lui sera extrêmement utile pour déterminer et pour classer les faiblesses ou les maladies du système nerveux, quelles qu'elles soient, tandis que l'aspect du corps astral lui fera connaître aussitôt toutes les émotions, les passions, les désirs et les tendances de l'homme qu'il aura en face de lui, ainsi qu'un grand nombre de ses pensées.

      A mesure qu'il regardera une personne, il la verra environnée de la brume lumineuse de l'aura astrale, brillant de toutes sortes de couleurs étincelantes, et changeant constamment de ton et d'éclat selon chaque variation dans les pensées et les sentiments de cette personne. Il verra cette aura inondée de la superbe couleur rose de la pure affection, du beau bleu du dévouement, du brun dur et sombre de l'égoïsme, du rouge foncé de la colère, de l'horrible rouge blafard de la sensualité, du gris livide de la crainte, des nuages noirs de la haine et de la malice, ou de l'un quelconque des innombrables sentiments qu'y peut si facilement lire un œil exercé; et ainsi il sera impossible à n'importe qui de lui cacher l'état véritable de ses pensées sur quelque sujet que ce soit.

      Ces indications variées que donne l'aura constituent en elles-mêmes une étude du plus grand intérêt, mais je manque de place pour les examiner en détail ici. On en trouvera dans mon ouvrage sur ce sujet, L'Homme visible et invisible, un exposé beaucoup plus complet ainsi qu'un grand nombre de planches en couleurs.

      L'aura astrale ne montre pas seulement au clairvoyant le résultat temporaire de l'émotion qui la traverse en un moment déterminé, mais elle lui permet encore, grâce à l'arrangement et au rapport de ses couleurs lorsque l'aura se trouve dans un état de repos relatif, de déterminer les tendances générales et le caractère de celui qui la possède. Car le corps astral est l'expression de tout ce qui peut se manifester du tempérament de l'homme sur ce plan, en sorte que ce qu'on y voit permet d'imaginer, avec une grande certitude, beaucoup plus de ce qui appartient aux plans supérieurs.

      Dans ce jugement du caractère des individus, notre clairvoyant sera grandement aidé par tout ce qui s'exprime de leur pensée sur le plan astral et se trouve, en conséquence, à sa portée. Le véritable asile de la pensée se rencontre sur le plan mental, et c'est là que toute pensée se manifeste d'abord sous forme de vibration du corps mental. Mais si cette pensée est le moins du monde égoïste, ou si elle a un rapport quelconque avec une émotion ou un désir, elle descend immédiatement dans le plan astral et adopte une forme visible de matière astrale.

      Chez la majorité des hommes, toute pensée, pour ainsi dire, ressortirait à l'un ou l'autre de ces deux chefs ; ce qui fait que, pratiquement, leur personnalité tout entière apparaît nettement à la vision astrale de notre clairvoyant, puisque leurs corps astrals et les formes-pensées qui en rayonnent constamment lui seraient aussi intelligibles qu'un livre ouvert oit leurs traits caractéristiques seraient écrits en lettres assez grosses pour qu'il fût possible de lire même en courant. Ceux qui chercheraient à se faire une idée de la manière dont les formes-pensées se présentent à la vision clairvoyante, pourront se satisfaire dans une certaine mesure en examinant les dessins qui illustrent notre ouvrage sur ce sujet particulier [Note de l'éditeur : Les Formes-pensées, par A. Besant et C.-W. Leadbeater ; nombreuses planches coloriées.].

      Nous avons dit quelques mots des changements qui se produisent dans l'apparence des objets animés et inanimés, lorsque ceux-ci sont vus par quelqu'un qui possède une vision clairvoyante complète, en ce qui concerne le plan astral ; considérons maintenant les objets entièrement nouveaux que ce quelqu'un verra. Il aura conscience d'une bien plus grande richesse dans la nature, sous beaucoup de rapports, mais son attention sera particulièrement attirée par les citoyens vivants de ce monde nouveau. Il ne nous est pas permis de parler d'eux en détail dans l'espace dont nous disposons; à ce sujet, nous renvoyons le lecteur à l'ouvrage Le Plan astral [Note : Le Plan astral, par C.-W. Leadbeater.] Nous ne pouvons rien faire de plus ici que d'énumérer brièvement quelques-unes des classes seulement de la grande multitude des habitants de l'astral.

      Le clairvoyant sera frappé des formes protéennes de la marée incessante d'essence élémentale, tourbillonnant toujours autour de lui, menaçante souvent, mais se retirant toujours cependant en présence d'un effort déterminé de la volonté ; il sera émerveillé par la gigantesque armée d'entités soustraites à cet océan et temporairement appelées à une existence séparée, par les pensées et les désirs, bons ou mauvais, de l'homme. Il verra travailler ou s'amuser les nombreuses catégories d'esprits de la nature, il pourra parfois étudier avec un enchantement toujours croissant révolution magnifique de certaines des classes les plus inférieures du glorieux royaume des devas, qui correspond approximativement à l'armée des anges de la terminologie chrétienne.

      Mais peut-être que les habitants humains du monde astral lui seront d'un intérêt plus palpitant encore, et il verra qu'ils se divisent en deux grandes classes : ceux que nous nommons, les vivants, et les autres – dont la plupart sont infiniment plus vivants – que nous nommons si stupidement, à tort : les morts. Il en trouvera un, çà et là, parmi les premiers, parfaitement éveillé et pleinement conscient, envoyé peut-être pour lui porter quelque message, ou qui l'examinera de près pour voir quels progrès il accomplit ; tandis que la majorité de ses voisins, alors qu'éloignés de leurs corps physiques durant leur sommeil, se traîneront paresseusement drapés dans leurs propres pensées au point de ne pas se rendre compte, pour ainsi dire, de ce qui se passe autour d'eux.

      Parmi la grande multitude de ceux qui sont récemment morts, il trouvera tous les degrés d'états de conscience et d'intelligence et des caractères de toutes espèces ; car la mort qui semble être, pour notre vision limitée, un changement si absolu, ne modifie en réalité rien de l'homme lui-même. Le lendemain de sa mort il est exactement le même homme que le jour qui la précéda, avec les mêmes tendances, les mêmes qualités, les mêmes vertus et les mêmes vices, – avec cette différence, cependant, qu'il a dépouillé son corps physique ; mais cette perte-là ne fait pas davantage de lui un autre homme que ne le saurait faire le fait d'enlever son pardessus. Ainsi, parmi les morts, notre étudiant trouvera des hommes intelligents et stupides, au coeur bon, et moroses, sérieux et frivoles, à l'esprit tourné vers les choses spirituelles ou vers les sensuelles, tout comme parmi les vivants.

      Etant donné qu'il a la faculté, non seulement de voir les morts mais encore de leur parler, il peut leur être souvent très utile en leur donnant des indications et des conseils qui leur sont du plus grand prix. Beaucoup d'entre eux sont dans un état de grande perplexité et parfois même de détresse aiguë, parce qu'ils trouvent que les événements de ce monde nouveau ressemblent si peu aux légendes enfantines qui constituent tout ce que la religion populaire de l'Occident a pu leur offrir sur ce sujet d'une importance transcendante ; et c'est pourquoi l'homme qui comprend ce monde nouveau et peut expliquer les choses est comme un véritable ami pour qui se trouve dans le besoin.

      De bien d'autres façons, l'homme qui possède pleinement cette faculté peut être utile aux vivants aussi bien qu'aux morts ; mais j'ai déjà parlé de ce côté-ci de la question dans mon petit livre Les Aides invisibles. En plus des entités astrales, il verra des corps astrals – ombres ou coques à tous les états de décomposition ; mais il nous suffit simplement de les mentionner ici, puisque le lecteur désireux d'en savoir davantage trouvera ce qu'il cherche dans nos autres ouvrages.

      Un autre résultat surprenant que la faculté parfaite de la clairvoyance astrale apporte à l'homme consiste en ce qu'il n'a plus aucune discontinuité de conscience. Quand il se couche le soir il donne à son corps physique le repos dont il a besoin, cependant qu'il va à ses affaires dans le beaucoup plus confortable véhicule astral. Au matin, il regagne son corps physique, le réintègre, mais sans aucune perte de conscience ou de mémoire entre ces deux états, et il peut vivre, pour ainsi dire, une vie double qui est unique pourtant, et s'employer utilement pendant sa durée entière, au lieu de perdre un tiers de son existence dans une morne inconscience.

      Un autre pouvoir curieux que le clairvoyant peut se trouver posséder (bien que la maîtrise absolue de ce pouvoir appartienne plutôt à l'encore plus haute faculté devakhanique) est celui qui lui permettra d'agrandir à volonté, en leur donnant la dimension qu'il lui plaira, les molécules physiques ou astrales les plus menues, quoiqu'on n'ait jamais fait et qu'on ne fera probablement jamais de microscope qui possède même la millième partie de ce pouvoir grossissant psychique. Grâce à lui, la molécule et l'atonie hypothétiques recherchés par la science se présentent à celui qui étudie la science occulte sous forme de réalités visibles et vivantes, et cet examen plus proche les lui fait trouver beaucoup plus complexes dans leur structure que l'homme de science n'a encore pu les concevoir. Il Pourra suivre aussi avec l'attention la plus soutenue et le plus vif intérêt toutes sortes d'actions électriques, magnétiques ou éthériques ; et quand quelques-uns de ceux qui se spécialisent dans ces diverses branches de la science seront à même d'acquérir la faculté de voir ces choses au sujet desquelles ils écrivent si facilement, on pourra s'attendre à des révélations très extraordinaires et merveilleuses.

      Et voici maintenant un des siddhis ou pouvoirs que les livres orientaux disent échoir à l'homme qui s'adonne au développement spirituel, bien que le nom sous lequel on les mentionne puisse ne pas être reconnaissable dès l'abord. On en parle comme de la « faculté de se faire grand ou petit à volonté », et la raison d'une explication qui semble contredire si complètement ce fait est que, en réalité, la méthode grâce à laquelle on accomplit cette action est précisément celle qui est indiquée dans ces anciens livres.

      C'est par le moyen d'appareils d'une inconcevable délicatesse que l'on voit si clairement le monde des infiniment petits ; et de même (ou plutôt par contre) c'est en augmentant temporairement d'une manière considérable la dimension des appareils ainsi employés, qu'il devient possible d'accroître le champ de sa vision – au sens physique aussi bien, espérons-le, qu'au sens moral – bien au delà de tout ce que la science a jamais pu rêver de possible pour l'homme. De sorte que le changement des dimensions réside véritablement dans le véhicule de l'état de conscience de celui qui étudie, et non dans quoi que ce soit en dehors de lui ; et le vieux livre oriental a, en somme, précisé le cas beaucoup plus exactement que nous.

      La psychométrie et la seconde vue in excelsis seraient aussi au nombre des facultés dont notre ami serait en possession ; mais nous en parlerons plus convenablement dans un prochain chapitre, puisque, dans presque toutes leurs manifestations, ces facultés impliquent la clairvoyance, soit dans l'espace, soit dans le temps.

      J'ai maintenant indiqué, quoique dans les plus grandes lignes seulement, ce qu'un étudiant exercé, en possession de la vision astrale complète, verrait dans le monde immensément plus vaste que cette vision lui aurait ouvert ; mais je n'ai rien dit du changement prodigieux survenu dans ses dispositions mentales, changement qui provient de sa certitude expérimentale touchant l'existence de l'âme, sa survie après la mort, le fonctionnement de la loi de Karma, et d'autres points encore d'une importance également primordiale. Il faut sentir, afin de pouvoir l'apprécier, la différence qui existe entre la conviction intellectuelle même la plus profonde et le savoir précis acquis grâce à l'expérience personnelle directe.




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