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La voie de l'occultiste - Tome 2

Annie Besant
© France-Spiritualités™






FRAGMENT II : LES DEUX SENTIERS
Chapitre XIV : La Porte Ouverte

      Charles Webster Leadbeater : Nous voici arrivés au deuxième fragment traduit par Mme Blavatsky du Livre des Préceptes d'or, et dont le titre est Les Deux Sentiers. Ce fragment n'est pas nécessairement la suite du premier, appelé La Voix du Silence, bien qu'il s'adresse, en commençant, à l'homme qui vient d'atteindre le grade d'Arhat. Rien ne montre qu'il existe entre les trois fragments aucune relation spéciale. Il ne faut y voir que trois ouvrages distincts traitant d'une manière assez semblable un même sujet. Pour l'aspirant, c'est pourtant un grand avantage d'entendre répéter, sous des formes légèrement différentes, la doctrine du Sentier ; cette élude nouvelle ranime son enthousiasme, attire son attention sur des points qui ont pu lui échapper et en général élargit son point de vue.

      Le présent fragment débute par un appel adressé à celui qui est parvenu au sommet du Sentier et la question se pose : continuera-t-il sa marche en avant dans la béatitude nirvanique sans s'occuper des retardataires ou, déjà sur le seuil, reviendra-t-il sur ses pas pour assister ceux qui montent ?


      Et maintenant, ô Maître de Compassion, indique la voie à d'autres hommes. Regarde, tous ceux qui frappent pour être admis attendent, dans l'ignorance et l'obscurité, que la porte de la douce Loi s'ouvre toute grande !
      Voix des candidats :
      Ne révéleras-tu pas la doctrine du cœur, Maître de ta propre pitié ? Refuseras-tu de conduire tes serviteurs sur le Sentier de la délivrance ?


      En cet âge moderne, le premier paragraphe de ce fragment peut tout d'abord sembler un peu étrange. Le Sentier est ouvert partout, et à toute personne – sans distinction de race, de religion, de sexe, de caste ou de couleur – qui adopte la vie prescrite pour le Sentier : voilà une idée qui nous est familière. Dans ces conditions, pourquoi y aurait-il des gens attendant, plongés dans les ténèbres et dans l'ignorance, qu'une porte leur soit ouverte ?

      C'est un fait qu'à l'époque où Notre Seigneur le Bouddha prêchait Sa doctrine dans l'Inde, la religion brahmanique était devenue très rigide. A l'origine, une allégresse, une liberté extrêmes caractérisaient cette foi, mais au cours des siècles, les prêtres et les souverains avaient étendu le système des castes à toutes sortes de détails. Quand vers 10.000 av. J.-C., les Aryens descendirent dans la péninsule, une nombreuse population d'Atlantes et d'Atlanto-Lémuriens habitait les plaines de l'Inde. C'est pourquoi le Manou jugea nécessaire de défendre toute union entre les deux races et, vers l'an 8000 av. J.-C., il institua le système des castes pour empêcher toute fusion nouvelle et maintenir les unions qui avaient déjà eu lieu. Il ne fonda tout d'abord que trois castes – Brahmana, Rajan et Vish. La première comprenait des Aryens purs ; la deuxième des Aryens et des Toltèques, la troisième des Aryens et des Mongols.

      D'où le nom de Varnas, ou couleurs, donné aux castes – le blanc pour les Aryens purs, le rouge pour les Aryens Toltèques, le jaune pour les Aryens-Mongols. Les mariages étaient permis entre castes différentes, mais bientôt l'opinion s'établit qu'ils ne devraient se contracter qu'entre personnes d'une même caste. Plus tard, les Indiens qui n'étaient pas du tout Aryens reçurent l'appellation générale de Shoudras ; même parmi eux, cependant, peut se manifester souvent la présence d'un peu de sang aryen. Beaucoup des tribus montagnardes sont partiellement aryennes, quelques-unes complètement comme les Siapoch et les Gitanes.

      Il y a dans les textes sacrés hindous des passages montrant qu'il était possible pour des individus d'un caractère et d'une valeur exceptionnels d'être élevés à une caste supérieure, mais cette faveur dut être bien rarement accordée ; il est certain qu'avant l'avènement de Notre Seigneur le Bouddha, un Brahmane pouvait seul prétendre à la libération, et que pour y parvenir il fallait d'abord trouver moyen de naître dans la caste brahmique. Pour la plupart des Indiens, cette doctrine n'offrait guère d'espoir, car les Brahmanes n'ont jamais été nombreux (aujourd'hui même, la population totale d'environ trois cent millions ne compte que treize millions de Brahmanes), et ils ne permettaient pas aux castes inférieures d'étudier les livres sacrés.

      La doctrine du Bouddha vint alors ouvrir les portes toutes grandes ; Il enseignait qu'un égal respect était dû à toute caste menant la vie prescrite et, par contre, qu'un Brahmane qui ne s'y conformait pas n'était pas digne de respect ; témoin ce verset du Vasala Soutta :

      Ce n'est point en naissant que l'on devient membre d'une caste inférieure,
      Ce n'est point en naissant que l'on devient brahmane ;
      C'est par les actions seulement que l'on entre dans une caste inférieure,
      C'est par ses actions seulement que l'homme devient brahmane.


      Beaucoup de Brahmanes m'ont dit éprouver positivement la vérité de ce passage dans leur vie quotidienne ; ils se sentent plus attirés vers les gens qui conforment leur conduite aux idéals de la vie brahmanique, que vers les membres de leur propre caste qui en négligent les idéaux et mènent une vie moins relevée.

      Notre Seigneur le Bouddha ne cherchait pas à fonder une religion nouvelle, mais à réformer l'hindouisme. Il y eut un temps où l'Inde tout entière se disait bouddhiste. Il y avait des Hindous bouddhistes, comme de nos jours il y en a beaucoup dans le Nord-Ouest, qui se disent Hindous Sikhs. En tant que religion, le bouddhisme a depuis longtemps disparu de l'Inde ; les vingt millions de Bouddhistes mentionnés par les statistiques appartiennent à la province de Birmanie qui, au point de vue géographique et ethnique, est une région tout à fait distincte. Néanmoins, l'effet voulu par Notre Seigneur le Bouddha se retrouve nettement dans la religion hindoue contemporaine. Nous en voyons un exemple dans les sacrifices d'animaux, auxquels s'opposa très énergiquement le Bouddha ; avant Son époque, ces pratiques étaient très répandues ; elles sont fort rares aujourd'hui. Ajoutons que de nos jours, dans l'Inde, tout saint personnage est l'objet de la vénération générale, quelle que fût sa caste avant de devenir un sannyasi. Partout la Bhagavad Gîta est considérée avec respect, comme un livre présentant un caractère de suprême autorité.

      Nous y lisons ces paroles du Seigneur :

      « Je suis le même pour tous les êtres ; personne ne M'inspire attrait ou éloignement ; ceux qui M'adorent avec dévotion sont en Moi et Je suis en eux. Même si le plus grand des pécheurs M'adore sans partage, il sera considéré comme un juste, car en vérité il a résolu juste. Il apprend vite à faire son devoir et s'achemine vers la paix éternelle, ô fils de Kunti ; sache que celui qui M'adore ne périt jamais. Tous ceux qui cherchent refuge en Moi, ô Partha, de quelque origine qu'ils soient : femmes, Vaïshivas, ou même Shudras, tous ils vont vers le Sentier Suprême ». (45)

      Il ne faut pas supposer que dans ces lignes Shri Krishna assigne aux femmes, ni à d'autres personnes, un rang inférieur ; il réfute toute une série de superstitions populaires, par exemple l'idée que les êtres incarnés dans des corps féminins sont nécessairement de nature inférieure et ne peuvent arriver bien haut dans la voie spirituelle.

      Mme Blavatsky explique dans une note qu'il y a dans la doctrine du Bouddha deux écoles, l'une ésotérique, l'autre exotérique, appelées respectivement celle du « cœur » et celle de « l'œil » ; que la première est née dans le cœur du Bouddha, tandis que la seconde est l'œuvre de Son cerveau ou de sa tête. On m'a donné une autre interprétation ; il s'agirait du cœur et de l'œil du candidat : l'homme peut acquérir par l'œil une connaissance générale des choses, mais pour que le Sentier supérieur s'ouvre à lui, il faut que le cœur s'accorde avec la vie intérieure.

      Tout le passage est basé sur une hésitation attribuée au Bouddha, qui Se demandait s'Il devait prêcher. Comme Il était assis, le matin, sous l'arbre Bodhi, le lendemain de Son illumination, Il ne sut si le monde Le comprendrait et Le suivrait, jusqu'au moment où Il entendit une voix semblable à celle de la terre souffrante et qui s'écriait « Certainement je suis perdue ; moi et toutes mes créatures ! » Et encore : « Oh ! Etre suprême, que ta grande Loi soit promulguée ! »(46)


      Le Maître parle :
      Les sentiers sont deux ; les grandes perfections, trois ; six sont les vertus qui transforment le corps en l'arbre de la connaissance.


      Mme Blavatsky ajoute cette note :

      « L'arbre de la connaissance » est un titre donné par les disciples de la Bodhidharma (Religion-Sagesse) à ceux qui ont atteint les hauteurs de la connaissance mystique – aux Adeptes. Nagardjouna, le fondateur de l'école Madhyamika, fut appelé l'arbre-dragon, le dragon étant le symbole de la sagesse et de la connaissance. L'arbre est honoré parce que c'est sous l'arbre Bodhi (Sagesse) que Bouddha reçut la naissance et l'illumination, prêcha son premier sermon et mourut.

      Le Swami T. Subba Rao interprétait ce symbole de l'arbre d'une façon un peu différente. Le corps du candidat, disait-il, est devenu un canal ouvert à la connaissance (aussi bien qu'à la force, pourrions-nous ajouter) ; il ressemble donc à l'un des petits rameaux de l'Arbre figurant la sagesse collective du monde. Nous pourrions ajouter également que l'Initié fait partie du grand arbre formé par la Hiérarchie ou Grande Confrérie Blanche, dont les racines naissent au plus haut des plans supérieurs et dont les branches se ramifient dans toutes les parties de la vie humaine, et même jusque dans les règnes inférieurs. La lecture des derniers chapitres de Les Maîtres et le Sentier aura fait comprendre cet antique symbole de l'arbre ; nous y montrons que la Hiérarchie Occulte, sortie d'une grande et unique Racine, se ramifie vers l'extérieur.

      L'énumération des deux sentiers, des trois grandes perfections et des six vertus est un exemple du caractèreméthodique de la doctrine du Bouddha. Celui-ci a toujours aidé Ses fidèles à retenir Ses leçons en les leur donnant sous forme de tableaux. Il y avait ainsi les Quatre Nobles Vérités, dont chacune est représentée par un seul mot destiné à rappeler un groupe spécial d'idées ; puis encore le Noble Sentier Octuple, les Dix péchés, dont trois concernant le corps, quatre la parole et trois la pensée ; enfin les Douze Nidanas ou causes successives, pour l'homme, de la vie matérielle et de l'affliction.

      Les vérités transcendantales ou paramitas sont parfois données comme étant au nombre de six, parfois de sept, mais plus communément de dix. Pendant mon séjour à Ceylan, j'appris du Grand prêtre Soumangala qu'il y en avait dix : les six premières, disait-il, sont la charité parfaite, la moralité parfaite, la vérité parfaite, l'énergie parfaite, la bonté parfaite et la sagesse parfaite ; les quatre autres, parfois spécialement ajoutées par les prêtres, sont : la patience parfaite, la résignation parfaite, la résolution parfaite et l'abnégation parfaite. Dans l'Eveil de la Foi, d'Asbvagosha, traduit en anglais par Teitaro Suzuki, les Paramitas sont énumérées comme suit : la charité (dana) ; la moralité (cila) ; la patience (ksanti) ; l'énergie (virya) ; la méditation (dhyana) ; la sagesse (prajna), et les quatre paramitas additionnelles : l'à-propos (oupaya) ; la prière ou le vœu (pranidhana) ; la force (hala) ; la connaissance (jnana). Une note de La Voix du Silence, édition de 1924, donne une autre liste empruntée au Chinese Buddhism, d'Eitel : la charité, la moralité, la patience, l'énergie, la contemplation et la sagesse ; de plus, pour les prêtres, l'emploi des moyens convenables, la science, les vœux pieux et la force de détermination.

      Etant à Ceylan, j'ai comparé les opinions des orientalistes et la pensée bouddhiste elle-même. La différence est grande ; les premières n'ont aucune sève, mais la seconde est pleine de vie. Cependant, les moines instruits possèdent des connaissances aussi précises que celles des orientalistes les plus érudits. Sir Edwin Arnold, dans sa Lumière d'Asie, nous a exposé avec une exactitude remarquable l'aspect vivant du Bouddhisme. On a prétendu que l'auteur avait prêté au Bouddhisme les idées et les sentiments du Christianisme ; rien n'est plus faux ; je puis témoigner que les sentiments exprimés dans le poème sont bien ceux des Bouddhistes.


      Qui en approchera ?
      Qui y entrera le premier ?
      Qui le premier entendra la doctrine des deux sentiers en un et la vérité révélée au sujet du Cœur secret ? La loi qui, dissuadant d'apprendre, enseigne le Savoir, révèle une histoire de douleur.
      Hélas, hélas ! Dire que tous les hommes possèdent Alaya, sont un avec la grande Ame, et que, la possédant, Alaya leur sert si peu !
      Regarde comment, semblable à la lune réfléchie dans les vagues tranquilles, Alaya est reflétée par ce qui est petit et par ce qui est grand, elle se mire dans les plus minces atomes, mais ne réussit pas à atteindre au cœur des hommes. Hélas ! Dire que si peu profitent de ce don, de cet inestimable bienfait d'apprendre la vérité, la perception juste des choses existantes, la connaissance du non-existant.


      Le Cœur secret est la doctrine ésotérique. C'est un symbole que nous a transmis l'époque atlante. Tout au fond du grand temple de la Cité de la Porte d'or, était posé sur l'autel un coffret d'or massif en forme de cœur et dont la fermeture à secret n'était connue que du grand prêtre ; il était nommé « le Cœur du monde » et représentait les mystères suprêmes. Les objets les plus sacrés y étaient contenus ; à lui se rattachaient bien des symboles. Les Atlantes savaient que tout atome bat comme bat notre cœur ; ils en disaient autant du soleil et voyaient une relation entre ce mouvement et la période des taches solaires. Dans leurs ouvrages se rencontrent quelquefois des passages donnant l'impression que leurs connaissances scientifiques étaient plus étendues que les nôtres ; cependant, ils regardaient l'univers d'une façon poétique plutôt que scientifique. Ils pensaient, par exemple, que la terre respire et se meut, et l'on doit reconnaître que tout récemment des savants ont découvert que, chaque jour, s'opère un déplacement régulier de la surface du globe ; déplacement qui n'est pas sans analogie avec la respiration.

      En employant le terme « cœur secret », Aryasanga veut, lui aussi, parler des mystères intérieurs ; d'ailleurs, Mme Blavatsky dit en note :

      Le Cœur secret est la doctrine ésotérique.

      Par « dissuader d'apprendre », l'instructeur entend, à coup sûr, qu'il y a certains moments où nous devons détourner notre attention des connaissances qui s'acquièrent au dehors et par les sens, afin de laisser l'intuition développer le savoir intérieur. Nous ne pouvons arriver à la sagesse sans notions, sans instructions suffisantes à l'égard de ce qui nous attend ici-bas dans l'accomplissement de nos devoirs particuliers. D'un autre côté, nous nous tromperions fort en croyant que, dans la vie, rien n'est plus important que d'acquérir des connaissances très étendues ou même en attachant à ces connaissances une valeur intrinsèque, en dehors de l'utilité qu'elles peuvent présenter pour le service de l'humanité.

      En Europe, la tendance est d'envisager les questions et de les étudier au point de vue extérieur ; la méthode orientale consiste plutôt à les considérer au point de vue intérieur ; l'une et l'autre méthodes sont nécessaires, étant donné notre degré d'évolution présent. Quand, le développement du véhicule bouddhique étant achevé, l'intuition descendra de là dans le cerveau physique, elle nous donnera la véritable sagesse et le savoir parfait, mais chez la plupart des hommes, le véhicule n'est pas encore assez développé.

      Si même nous sommes capables de marcher, la tête dans les nuages, il est nécessaire que nos pieds aient sur terre un point d'appui solide et il faut peser avec soin les expériences qui nous viennent de l'intérieur, tout comme nous soumettons au sens commun les expériences de la vie journalière. Il le faut, car il est très facile de prendre pour des intuitions provenant du Moi supérieur des impulsions dues au corps astral. Il peut arriver, par exemple, qu'un défunt, nous voyant intéressé par un point particulier, nous suggère une idée sur le plan astral et que cette idée passant dans le cerveau, nous la prenions pour de l'intuition. Cependant, il se peut que le défunt soit sur le plan astral un observateur des moins compétents et que par suite ses informations soient fort inexactes.

      « Eviter d'apprendre » est un conseil utile non seulement à ceux qui suivent le Sentier mais encore à toute personne studieuse, si nous entendons par là qu'il ne faut pas nous borner à nous instruire – et c'est bien là le sens. Pousser très loin des études limitées aux objets extérieurs amène souvent au matérialisme. Témoins de cataclysmes, de sacrifices, d'oppression, de chagrins et de souffrances, témoins aussi d'une foule de prières qui semblent demeurer sans réponse, beaucoup de gens en viennent à penser que le conflit et la lutte sont ici-bas la loi et que la nature est sans pitié. Si au contraire nous étudions le monde avec tout le soin possible, sans jamais cesser d'y voir une école pour la vie incorporée dans ses formes innombrables, nous arrivons à la sagesse, et celle-ci nous montre que toutes choses contribuent au bien final. Quand ont été développées la vision astrale et celle des plans supérieurs, le fait que tout est pour le mieux n'a plus besoin d'être compris au moyen de laborieux raisonnements ; il saute aux yeux. Pour qui possède ces facultés nouvelles, impossible d'être matérialiste.

      Le mot Alaya signifie simplement une demeure ou maison. Esotériquement, dit Mme Blavatsky, il présente au moins deux sens : c'est d'abord l'âme universelle, ensuite le Moi d'un Adepte avancé. C'est la véritable habitation ou patrie de l'homme, l'aspect universel de ce qui est bouddhi dans la triade spirituelle de l'homme. C'est l'aspect mâle ou positif de l'âme universelle, le Logos. C'est « l'âme supérieure » d'Emerson, le Moi Supérieur universel de tous les êtres. C'est le « Nous » de Platon, principe indépendant de la matière, mais qui cependant agit avec méthode ; le jivatma des Hindous, source de la pensée créatrice divine. En d'autres termes c'est, dans le Deuxième Logos, l'âme spirituelle universelle dont le bouddhi est un rayon dans chaque homme.

      Que l'on puisse posséder « la connaissance du non-existant » doit certainement étonner les personnes qui ne connaissent pas le sens philosophique exact du dernier de ces mots. Exister signifie : se tenir à l'extérieur, posséder l'être externe ou objectif. Ce que l'on nomme existence appartient à tout ce qui est extérieur à nous-mêmes, mais à la vie ou conscience profonde appartient un être qui lui est propre ; vous êtes libre de l'appeler « istence », mais pas existence ». Point de réalité supérieure à celle de cette vie consciente, que nous possédons aussi parce que nous faisons partie du même Logos. Tel est le « non-existant » que l'aspirant doit arriver à connaître. Tout homme est essentiellement divin, mais pour qu'il puisse s'en rendre compte, il ne doit pas intercepter sa propre lumière ; alors plus d'ombre, plus d'illusion.


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(45)  Op. cit., IX, 29-32.

(46)  La Lumière d'Asie, livre VII.




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