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Le Christianisme ésotérique

ou Les Mystères mineurs
Annie Besant
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CHAPITRE XIV – LA RÉVÉLATION

Toutes les religions connues ont la garde de Livres Sacrés et font appel à ces Livres dans les cas de controverse. Ces Ecritures renferment toujours les enseignements donnés par le Fondateur de la religion ou par des Instructeurs venus plus tard, auxquels sont prêtées des connaissances surhumaines. Même dans le cas où une religion donne naissance à de nombreuses sectes, chacune d'elles reste fidèle au Canon Sacré et l'interprète de la manière qui s'accommode le mieux à ses propres doctrines. Quelle que soit la distance qui sépare dans leurs croyances les Catholiques Romains les plus avancés et les Protestants les plus avancés, les uns et les autres font appel à la même Bible. Quelles que soient les divergences entre le philosophe Védantin et le Vallabhâchârya le plus illettré, tous deux regardent les mêmes Védas comme leur autorité suprême. Quel que soit l'antagonisme acharné des Shiites et des Sunnites, le Coran a pour ces deux sectes le même caractère sacré. Il peut s'élever des controverses et des disputes portant sur l'interprétation des textes, mais le Livre lui-même est toujours également vénéré. Il l'est, d'ailleurs, à juste titre, car tout Livre de ce genre contient des fragments de la Révélation, choisis par l'un des Grands Etres qui en sont les dépositaires. Un fragment semblable se trouve incorporé dans ce que nous appelons ici-bas une « Révélation ou « Ecriture » et représente, pour une certaine partie de ce monde, un trésor inestimable. Les besoins du moment, la capacité du peuple qui le reçoit, le type particulier de la race qu'il est destiné à instruire, déterminent le choix du fragment. Il est généralement donné sous une forme spéciale, dans laquelle le voile de l'histoire, du récit, du chant, du psaume, ou de la prophétie semble être, pour le lecteur superficiel ou ignorant, l'ouvrage tout entier. Mais ce voile cache un sens plus profond, tantôt dans des nombres, tantôt dans des mots construits suivant un plan secret ou chiffré, tantôt dans des symboles que reconnaissent les personnes instruites, tantôt dans des allégories ayant l'apparence de récits, et sous bien d'autres formes encore. A vrai dire, ces Livres ont, jusqu'à un certain point, un caractère sacramentel ; ils présentent une forme extérieure et une vie intérieure, un symbole extérieur et une vérité intérieure. Pour en expliquer le sens caché, il faut avoir reçu les leçons de personnes qui le possèdent : d'où cette parole de saint Pierre : Aucune prophétie de l'Ecriture n'est affaire d'interprétation privée (354). Les commentaires méticuleux de certains textes sacrés, commentaires qui abondent dans les écrits des Pères de l'Eglise, semblent, à notre prosaïsme moderne, exagérés et arbitraires. Les dissertations sur les chiffres et sur les lettres, les interprétations, fantastiques à première vue, de certains paragraphes qui présentent l'apparence de simples récits historiques, d'un caractère évident, exaspèrent le lecteur moderne, qui veut voir les faits présentés d'une manière claire et cohérente et tient, avant tout, à sentir sous ses pieds un terrain solide. Il refuse absolument de suivre le mystique dans sa marche agile à travers ce qui lui semble être des fondrières mouvantes, dans sa poursuite de feux follets sautillants qui paraissent et disparaissent avec un caprice déroutant et absurde. Les auteurs de ces traités si exaspérants étaient pourtant doués d'une intelligence lumineuse et d'un jugement sûr ; c'étaient les maîtres constructeurs de l'Eglise ; leurs œuvres, pour qui sait les lire, sont, aujourd'hui encore, remplies de sous-entendus et d'idées suggestives et nous montrent maint sentier obscur menant au savoir, sentier que nous n'eussions point trouvé sans eux.

      Comme nous l'avons déjà constaté, Origène, le plus pondéré des hommes, versé dans les connaissances occultes, nous enseigne que les Ecritures ont un triple aspect présentant un Corps, une Ame et un Esprit. Il nous dit que le Corps des Ecritures se compose des mots extérieurs formant les histoires et les récits et n'hésite pas à affirmer que ces derniers ne sont pas littéralement vrais et n'ont d'autre objet que d'instruire les ignorants. Il va jusqu'à déclarer que certains faits contenus dans ces histoires sont manifestement contraires à la vérité, afin que les contradictions évidentes qui se montrent à la surface poussent le lecteur à chercher le sens véritable de ces narrations impossibles. Tant que les hommes restent ignorants, dit encore Origène, le Corps leur suffit ; ils s'instruisent en suivant ses leçons et ne s'aperçoivent ni des contradictions, ni des impossibilités résultant d'une interprétation littérale ; aussi n'en sont-ils point troublés. Mais à mesure que les hommes se développent intellectuellement, ces contradictions et ces impossibilités frappent leur attention. Le chercheur inquiet se sent poussé à trouver un sens plus profond, et l'Ame des Ecritures commence à lui apparaître. Cette Ame vient récompenser ses efforts intelligents, et il échappe aux liens de la lettre qui tue (355). Quant à l'Esprit des Ecritures, il ne se montre qu'à l'homme spirituellement illuminé. Ceux-là seuls en qui l'Esprit s'est développé peuvent comprendre le sens spirituel. Qui est-ce qui connaît ce qui est en l'homme si ce n'est son esprit qui est en lui ?... Et nous en parlons, non avec les paroles qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec celles que l'Esprit suggère (356).

      La raison de ce mode de Révélation s'explique aisément. C'est l'unique manière dont un seul et même enseignement puisse être donné à des intelligences inégalement évoluées et d'instruire, non seulement les hommes qui reçoivent les leçons de la première heure, mais encore ceux qui, avec le temps, se trouveront plus avancés que leurs frères auxquels la Révélation fut primitivement apportée. L'homme ne reste pas stationnaire. Le sens extérieur donné jadis à des hommes peu développés ne pouvait être que très limité, et s'il n'existait pas, dissimulé dans les Ecritures, quelque chose de plus profond et de plus complet, elles perdraient leur valeur au bout de quelques milliers d'années ; cette méthode d'instruction par significations successives leur donne au contraire une valeur permanente, et les hommes d'une évolution avancée peuvent y découvrir des trésors cachés, jusqu'au jour où, possédant le tout, ils n'ont plus besoin des vérités partielles.

      Les Bibles de l'humanité sont donc des fragments, des fragments de la Révélation ; aussi peuvent-elles, à juste titre, recevoir ce nom.

      La Révélation présente encore un sens plus profond, car elle comprend les nombreux enseignements confiés, dans l'intérêt de l'humanité, à la grande Fraternité des Instructeurs spirituels. Ces enseignements sont contenus dans des livres écrits en caractères symboliques et contenant un exposé des lois cosmiques, des principes sur lesquels repose l'existence de l'univers, des méthodes suivant lesquelles procède son évolution, de tous les êtres qui le composent, de son passé, de son présent, de son avenir. Tel est le trésor inestimable dont les Protecteurs de l'humanité conservent le dépôt et où ils puisent, de temps à autre, certains fragments, pour en former les Bibles de ce monde. Mais il est encore une Révélation – la plus haute, la plus complète et la plus précieuse de toutes – par laquelle la Divinité Se dévoile Elle-même, dans le Cosmos, révèle attribut après attribut, pouvoir après pouvoir, beauté après beauté, dans toutes les différentes formes qui, dans leur totalité, constituent l'univers. Elle manifeste Sa splendeur dans le ciel, Son infinité dans l'espace fourmillant d'étoiles, Sa force dans les montagnes, Sa pureté dans les pics neigeux et l'air translucide, Son énergie dans la houle de l'Océan, Sa beauté dans le torrent qui bondit, dans le lac aux eaux calmes et limpides, dans la forêt fraîche et profonde et dans la plaine ensoleillée, Son intrépidité dans le héros, Sa patience dans le saint, Sa tendresse dans l'amour maternel, Sa sollicitude protectrice dans le père et dans le roi, Sa sagesse dans le philosophe, Sa connaissance dans le savant, Son pouvoir curatif dans le médecin, Sa justice dans le juge, Sa richesse dans le marchand, Son pouvoir d'enseigner dans le prêtre, Son industrie dans l'artisan. Elle nous parle dans la brise qui murmure, nous sourit dans le rayon de soleil, nous reprend dans la maladie, nous stimule tantôt par nos succès, tantôt par nos défaillances. Partout et en toutes choses Elle Se laisse entrevoir, afin d'éveiller en nous le désir de L'aimer, et Elle Se cache afin que nous apprenions à marcher seuls. La reconnaître partout est la Sagesse véritable, L'aimer partout le Désir véritable, La servir partout l'Action véritable. Cette Révélation de Dieu par Lui-même est la Révélation suprême ; toutes les autres sont secondaires et imparfaites.

      Etre inspiré, c'est recevoir partiellement cette Révélation, par l'action directe de l'Esprit Universel sur l'Esprit séparé qui est Son enfant ; c'est avoir éprouvé l'influence illuminante qu'exerce l'Esprit sur l'Esprit. Nul ne connaît la vérité de manière à ne jamais la perdre, nul ne connaît la vérité de manière à ne jamais en douter, avant que la révélation ne soit descendue en lui comme s'il était seul sur la terre, que le Dieu extérieur n'ait parlé au Dieu intérieur dans le temple du cœur humain et qu'ainsi l'homme soit arrivé à savoir par lui-même et non plus par autrui.

      A un degré moindre, un homme peut encore se trouver inspiré lorsqu'un Etre plus grand que lui stimule en son âme des facultés normalement encore dormantes, ou même prend possession de lui et se sert momentanément de son corps comme d'un véhicule. Un homme ainsi illuminé peut, quand l'inspiration s'empare de lui, parler de ce qu'il ne sait point et faire connaître des vérités ignorées jusque-là. Certaines vérités sont parfois, pour aider ce monde, répandues de la sorte par un canal humain ; un Etre plus grand que celui qui parle communiquant sa propre vie au véhicule humain, les vérités s'échappent des lèvres de l'inspiré. Un Grand Instructeur peut alors dire des choses qui dépassent ses connaissances normales, car l'Ange de l'Eternel a touché ses lèvres d'un charbon ardent (357). Ainsi parlaient les Prophètes qui, à certaines époques, manifestèrent leur irrésistible conviction, leurs connaissances profondes, leur entente parfaite des besoins spirituels de l'humanité. Des paroles semblables vivent d'une vie immortelle, et celui qui les prononce est véritablement un messager de Dieu. L'homme à qui ont été accordées ces connaissances est désormais incapable de les oublier complètement ; il porte en son cœur une certitude qui ne saurait s'évanouir tout entière. La lumière peut disparaître et l'obscurité descendre sur lui ; la lueur céleste peut pâlir à ses yeux et les nuages l'environner ; les menaces, le doute, les défis peuvent l'assaillir, mais dans son âme se cache le Secret de la Paix : il sait – ou sait qu'il a su.

      Frederick Myers, dans son poème bien connu, Saint Paul, a exprimé d'une manière admirable et juste ce souvenir de la véritable inspiration, cette réalité de la vie cachée. L'Apôtre parle de ses propres expériences et s'efforce de trouver des termes pour exprimer ses réminiscences. Le poète nous le montre incapable d'y parvenir entièrement, bien que saint Paul sache et que sa certitude reste inébranlable (358).
      L'homme qui admet le moins du monde la réalité de la Présence Divine autour de lui, en lui et en toute chose, comprendra pourquoi un endroit ou un objet peuvent être rendus « sacrés » par une légère « objectivation » de cette Présence universelle et constante, si bien que des personnes normalement inconscientes de cette omniprésence parviennent à la sentir. C'est généralement dû à un homme d'une évolution fort avancée, en qui la Divinité intérieure est largement développée et dont les corps subtils répondent par conséquent aux vibrations les plus subtiles de la conscience. Par l'intermédiaire d'un homme comme celui-là, ou par sa volonté, des énergies spirituelles peuvent se manifester en s'unissant à son pur magnétisme vital. Il peut alors communiquer ces énergies à un objet quelconque, dont l'éther et les corps de matière subtile s'accorderont avec ses propres vibrations, comme nous l'avons expliqué plus haut ; enfin, la Divinité latente se manifestera plus facilement. Un objet semblable se trouvera « magnétisé » ; en outre, si l'influence exercée a été puissante, l'objet deviendra lui-même un centre magnétique capable de magnétiser à son tour ceux qui l'approchent. Tel un corps électrisé par une machine électrique influence d'autres corps placés auprès de lui.

      Un objet ainsi rendu « sacré » est un auxiliaire des plus utiles dans la prière et la méditation. Les corps subtils de l'adorateur se mettent au diapason de ses vibrations intenses, et l'homme se trouve calmé, tranquillisé, pacifié, sans aucun effort personnel ; dans cette disposition nouvelle, la prière et la méditation, au lieu d'être pénibles et vaines, sont faciles et efficaces, et ces exercices, naguère fastidieux, deviennent insensiblement une joie. L'objet représente-t-il quelque Personne Sacrée, s'agit-il d'un Crucifix, d'une Madone, d'un Ange, d'un Saint, c'est un avantage de plus. L'Etre représenté, si son magnétisme a été communiqué à l'image par la « Formule » et par le « Signe d'autorité » convenables, peut renforcer ce magnétisme par une très légère effusion d'énergie spirituelle et, par là, influence l'adorateur ou même Se montre à lui dans Son image, ce que, autrement Il n'eût point fait. Car dans le monde spirituel, l'économie des forces est une règle ; une dépense minime d'énergie est permise là où une dépense plus considérable ne l'est pas.

      L'application de ces mêmes lois occultes peut servir à expliquer l'emploi d'un objet consacré quelconque, relique, amulette, etc. Tous sont des objets consacrés, dont la puissance et l'utilité sont en raison directe du savoir, de la pureté, de la spiritualité et de la personne qui les magnétise.

      Une localité peut de même être rendue sacrée par la présence de Saints, dont le pur magnétisme rayonnant autour d'eux fait régner dans l'atmosphère ambiante des vibrations paisibles. Il peut arriver que des Saints ou des Etres venant des mondes supérieurs magnétisent directement un endroit déterminé. C'est ainsi qu'il est dit, dans le Quatrième Evangile, qu'un Ange descendait, à certains moments, touchait l'eau d'une piscine et lui communiquait ainsi des propriétés curatives (359). Dans un lieu semblable, l'influence bénie pourra se faire sentir, même à des hommes légers et irréligieux ; ils éprouveront un instant d'émotion et seront accessibles à des pensées plus hautes. La Vie divine S'efforce sans cesse, en tout homme, de subjuguer la forme et de la modeler à Sa ressemblance. Ces efforts, on le comprendra, se trouveront facilités si les vibrations de la forme sont amenées à s'accorder avec celles d'un Etre plus élevé, car les efforts de la Vie intérieure se trouveront renforcés par une puissance supérieure. Cela se traduira, extérieurement, par un sentiment de tranquillité, de calme et de paix : la pensée cessera de s'agiter ; le cœur oubliera ses peines. Il suffit de s'observer soi-même pour constater que certaines localitéS disposent, mieux que d'autres, au calme, à la méditation, à la pensée religieuse, à l'adoration. Il est beaucoup plus difficile d'apaiser le mental et de le concentrer, dans une chambre ou dans un édifice où ont régné longtemps les pensées légères, les conversations frivoles, l'agitation de la vie mondaine, que dans un lieu où la pensée religieuse s'est exercée année par année, siècle après siècle. Ici le mental se calme et s'apaise peu à peu, et l'homme accomplit sans peine ce qui, ailleurs, lui eût demandé les plus grands efforts. Les lieux de pèlerinage, les retraites où l'on vient quelque temps s'isoler, n'ont pas d'autre but : l'homme tourne sa pensée vers le monde intérieur et cherche en lui-même son Dieu ; il est aidé, en cela, par l'atmosphère créée par des milliers de ses semblables qui sont venus, avant lui, dans le même lieu, dans la même intention. Car il ne règne pas simplement ici un magnétisme dégagé par un Saint isolé ou par quelque grand Etre descendu des mondes invisibles. Chaque personne qui visite ce lieu, le cœur rempli de respect et de dévotion, se trouve mise au même diapason, en renforce, de sa propre vie, les vibrations et quitte cet endroit meilleure qu'elle n'était en y arrivant. Petit à petit l'énergie magnétique se dissipe ; un objet ou un lieu sacré peut donc perdre graduellement son magnétisme, s'il est mis de côté ou abandonné ; son magnétisme augmente, au contraire, s'il est employé ou fréquenté. D'autre part, la présence des moqueurs ignorants est nuisible à ces objets et à ces lieux, car elle y met en jeu des vibrations hostiles qui affaiblissent les vibrations anciennes. Une onde sonore rencontre-t-elle une autre onde qui la supprime, le silence en résulte : les vibrations des pensées moqueuses affaiblissent, de même, ou éteignent les vibrations du respect et de l'amour. Le résultat dépendra naturellement de l'amplitude relative, mais les vibrations nuisibles ne sauraient rester sans effet, car les lois de la vibration sont les mêmes dans les mondes supérieurs que dans le monde physique, et les vibrations mentales sont l'expression d'énergies réelles.

      La raison et la conséquence de la consécration des églises, chapelles, cimetières, sont par suite évidentes. L'acte de consécration ne consiste pas simplement à réserver un lieu pour un usage spécial, mais encore à le magnétiser pour le bien des personnes qui le fréquentent. Car les mondes visible et invisible sont en rapport étroit ; ils se pénètrent l'un l'autre, et l'homme qui sait mettre en jeu les énergies de l'invisible est celui qui peut le mieux servir l'humanité.


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(354)  II, St Pierre, 1, 20.

(355)  II Cor., III 6.

(356)  I Cor., II, 11, 13.

(357)  Es., VI, 6, 7.

(358)  So, even I, athirst for His inspiring.
I, who have talked with Him, forget again;
Yes, many days with sobs and with desiring,
Offer to God a patience and a pain.

Then through the mid complaint of my confession.
Then through the gang and passion of my prayer,
Leaps with a start the shock of His possession,
Thrills me and touches, and the Lord is there.

Lo, if some pen should write upon your rafter
Mene and Mene in the folds of flame,
Think ye could any memories thereafter
Wholly retrace the couplet as it came?

Lo, if some strange intelligible thunder
Sang to the earth the secret of a star,
Scarce should ye catch, for terror and for wonder.
Shreds of the story that was pealed so far!

Scarcely I catch the words of His revealing
Hardly I hear Him, dimly understand.
Only the power that is within me pealing
Lives on my lips, and beckons to my hand.

Whose hath felt the Spirit of the Highest
Cannot confound, nor doubt Him, nor deny;
Yea with one voice O world, though thou deniest,
Stand thou on that side, for on this am I.

Rather the world shall doubt when her retrieving
Pours in the rain and rushes from the sod;
Rather than he in whom the great conceiving
Stirs in his soul to quicken into God.

Nay, though thou then shouldst strike him from his glory,
Blind and tormented maddened and alone,
E'en on the cross would he maintain his story,
Yes, and in Hell would whisper, « I have known ».

(359)  St Jean, V, 4.




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