Vous êtes ici : Biographies & portraits | B | Boson Roi d'Arles et duc de Provence

Boson

Roi d'Arles et duc de Provence
(? - 11 janvier 888)
© France-Spiritualités™




      Boson, roi d'Arles, ou de Provence, fondateur de cette monarchie de peu de durée, nommée par quelques historiens royaume de Bourgogne cis-jurane, était frère de l'impératrice Richilde, femme de Charles le Chauve, qui le créa duc de Milan dès qu'il eut été proclamé roi d'Italie et couronné empereur. Ce gouvernement ne satisfit pas l'ambition de Boson : assuré de la protection de son beau-frère, et de l'amitié de Bérenger, duc et marquis de Frioul, qu'il avait gagné par sa politique insinuante, il vint à la cour de ce dernier, sous prétexte du service de l'Empereur, et, ayant enlevé la princesse Hermengarde, fille unique de l'empereur Louis II, et la plus riche héritière qui fut en Europe, il l'emmena à Verceil, où il l'épousa. Les noces se firent avec une manificence extraordinaire, et aux frais de l'empereur et de l'impératrice Richilde, qui se trouvaient dans cette ville : ce fut à cette occasion que Charles le Chauve fit Boson duc de Provence, en 877. Ce gouvernement, désigné aussi sous le nom de haute Aquitaine, comprenait de plus le Vivarais, le Dauphiné, le Lyonnais et la Savoie.

      Retiré dans son gouvernement après la mort de Charles, et excité par sa propre ambition et par les instances d'Hermengarde, qui, étant fille d'empereur, et ayant été fiancée au fils de l'empereur d'Orient, voulait au moins être reine, il se concerta avec le pape Jean VIII pour être nommé roi d'Italie ; les autres gouverneurs et princes de la Lombardie ayant opposé trop de résistance à l'exécution de ce projet, Boson tourna ses vues d'un autre côté. Profitant de l'embarras où les jeunes rois de France, Louis et Carloman, se trouvaient par la guerre que Louis, roi de Saxe, leur avait déclarée en 879, il convoqua, le 15 octobre de la même année, les évêques et seigneurs de son gouvernement, qu'il avait gagnés en leur promettant des bénéfices et des fiefs. L'assemblée, composée de six archevêques et de dix-sept évêques, se tint, non à Mantaille (Mantalum), près de Vienne, comme la plupart des historiens le disent, d'après Charvet, mais à Mantale (Mantala), position indiquée avec précidsion dans l'Itinéraire d'Antonin et la table de Peutinger, que Guichenon et Bouche placent par erreur à Montmélian, mais qui se trouve près de St-Pierre d'Albigni, dans un lieu qui, depuis cette assemblée, a conservé le nom de Bourg Evescal. (Voyez Grillet, Dictionnaire historique... de la Savoie, tome 5, pp. 302 et 450.) Dans cette espèce de concile, présidé par Rostagge, archevêque d'Arles, et vicaire apostolique, tout se passa au gré de Boson ; il y fut élu roi, d'un consentement unanime, et les évêques le couronnèrent.

      Louis et Carloman, rois de France, et les princes de la branche germanique, ne pardonnèrent pas à Boson son usurpation ; mais son extrême habileté et le courage d'Hermengarde surent le maintenir sur le trône, malgré leurs efforts. Son audace donna aux autres ducs le funeste exemple de se rendre indépendants, chacun dans son gouvernement, et porta ainsi la première secousse au trône des héritiers de Charlemagne. Cette insubordination générale, jointe à l'irruption des barbares qui inondaient la France, obligèrent Charles le Gros à céder de bonne grâce à Boson les terres qu'il avait érigées en royaume, et de se contenter de l'hommage qu'il lui en fit, en l'an 885.

      Boson régna tranquillement depuis lors, mourut le 11 janvier 888, et laissa son royaume à son fils Louis, qui fut depuis empereur. Son corps fut inhumé dans l'église de Saint-Maurice à Vienne, où on voyait encore naguère son épitaphe.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 5 - Page 118)




Site et boutique déposés auprès de Copyrightfrance.com - Toute reproduction interdite
© 2000-2019  LB
Tous droits réservés - Reproduction intégrale ou partielle interdite

Taille des
caractères

Interlignes

Cambria


Mot de passe oublié
Créer un compte