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Childebrand, frère de Charles-Martel

(VIIIème siècle)
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      Childebrand, un des princes les moins connus de l'histoire de France, et celui sur lesquel on a le plus écrit, parce qu'un grand nombre d'historiens et de généalogistes ont voulu faire de lui la tige des Capétiens, et rattacher ainsi leur origine au grand Clovis. Il était, suivant Frédégaire et les auteurs qui l'ont copié, fils de Pépin le Gros, dit d'Héristal, et d'Alpaïde ; frère de Charles-Martel ; comte et duc de Matrie. Ce qui a jeté beaucoup d'obscurité sur ce paysage, c'est l'opinion adoptée par plusieurs écrivains, et combattue par d'autres, qu'à la même époque il existait un Childebrand, prince ou roi des Lombards, qui vint au secours de Charles-Martel. Il ne paraît pas que Childebrand, fils de Pépin, ait eu une part remarquable dans son héritage ; mais Charles-Martel n'en avait pas lui-même. La mairie, qui avait détruit la royauté, fut destinée par Pépin à son petit-fils Theudoalde, et il fallut que Charles triomphât de ses rivaux et de ses ennemis. (Voyez Charles-Martel.)

      Childebrand accompagna son frère, lorsqu'en 737 il marcha contre les Sarrasins qui avaient surpris Avignon, et qui désolaient la Provence et le Lyonnais. Les deux princes emportèrent Avignon d'assaut, traversèrent en vainqueur la Septimanie, et vinrent assiéger Narbonne. Les Maures d'Espagne étant accourus au secours de cette place, Charles et Childebrand leur livrèrent bataille, les mirent en déroute, les poursuivirent jusqu'à leurs vaisseaux, s'en emparèrent, et les Maures furent tous pris, tués ou noyés. Childebrand continua le siège de Narbonne, tandis que Charles alla s'emparer de Béziers, d'Agde et de Nîmes. Il est vraisemblable que Narbonne se rendit ; mais les anciennes chroniques ne parlent plus de ce siège, et on ignore quelle en fut l'issue.

      Charles-Martel ayant partagé le royaume entre ses enfants, ce partage occasionna, en 751, des troubles dans la Bourgogne, échue à Pépin le Bref, peut-être parce que Grifon, quoique fils légitime de Charles, suivant Eginhard, n'obtint qu'une très faible part dans ce grand héritage. Quoi qu'il en soit, les troubles furent bientôt apaisés par Childebrand, qui accompagna son neveu Pépin à la tête d'une armée (Ann. Melenses, ad annum 741).

      C'est tout ce que l'histoire nous fait connaître de Childebrand, et ces notions sont encore vagues et incertaines. Les chroniqueurs de cette époque ne désignent et ne distinguent rien : ils ne font souvent connaître ni les lieux, ni les temps, ni les personnes. Boileau s'est étonné avec raison que Carel eût choisi pour sujet d'un poème épique Childebrand, ou les Sarrasins chassés de France. En voulant expliquer un des points les plus embrouillés de l'histoire, la descendance de Hugues Capet, on a beaucoup parlé de Childebrand, sans le faire mieux connaître. Parmi les auteurs qui le disent frère de Charles-Martel et fils d'Alpaïde, on distingue Duchesne, du Bouchet, les Ste-Marthe, d'Auteuil, le Cointe, Ménage (Histoire de Sablé), Marc-Antoine Dominici, l'abbé de Camps et le père Tournemine. Le duc d'Epernon, dans son Origine de la maison royale de France, le fait fils de Plectrude, première femme de Pépin. Parmi les auteurs qui ont nié l'existence de Childebrand, on remarque J.-J. Chifflet, qui écrivait pour la prééminence de la maison d'Autriche. Parmi ceux qui ont confondu Childebrand, frère de Charles-Martel, avec un Childebrand, prince lombard, ou qui ont eu des opinions particulières, nous citerons Zampini, Mabillon, le jésuite Jourdan, St-Foix et Legendre de St-Aubin. Le père Anselme, dans le tome 1er de son Histoire généalogique ; les Ste-Marthe, dans l'Histoire généalogique de France, livre 11 ; les bénédictins, dans la Nouvelle collection des historiens de France, préface du tome 10, font connaître les diverses opinions débattues sur Childebrand et sur l'origine de la maison de France. Foncemagne en a fait le sujet d'un mémoire imprimé dans le tome 10 du recueil de l'académie des belles-lettres. Il réduit ces opinions à quatre : les bénédictins en trouvent sept. Foncemagne discute celles qu'il rapporte, et n'en adopte aucune.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 8 - Page 145)




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