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Gondebaud, roi de Bourgogne

(? - 516)
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      Gondebaud, roi de Bourgogne, fils aîné de Gondioc, fut honoré du patriciat des Gaules pendant la vie de son père, et contribua beaucoup, dit-on, à l'élection de l'empereur Flavius Glycerius, en 473. Les Etats de Gondioc ayant été divisés entre ses quatre fils, Gondebaud eut pour sa part les pays qui formaient la première Lyonnaise, et retint le titre de roi de Bourgogne, qui lui laissait quelque autorité sur les provinces possédées par ses frères. Chilpéric et Gondemar, à peine en possession de leurs Etats, s'unirent contre le nouveau roi, dont ils redoutaient les vues ambitieuses, et, ayant rassemblé une armée considérable, ravagèrent la Bourgogne. Gondebaud, les ayant poursuivis, leur livra bataille sous les murs d'Autun ; mais la victoire s'étant déclarée pour ses frères, il s'enfuit secrètement, et fit répandre le bruit qu'il avait péri dans le combat. Cependant, il instruisit de sa retraite les seigneurs qui lui étaient restés fidèles ; et avec leur secours étant parvenu à lever de nouvelles troupes, il parut tout à coup à leur tête, et marcha sur Vienne, où étaient alors ses deux frères, avec une telle diligence qu'ils ne purent pas songer à se défendre. Gondemar refusa de se rendre, et fut brûlé dans le palais où il s'était enfermé ; Chilpéric eut la tête tranchée, et sa femme Agrippine, accusée de l'avoir excité à la révolte, fut noyée dans le Rhône. Des quatre enfants de ce malheureux prince, Clotilde seule trouva grâce aux yeux du farouche vainqueur ; et il l'emmena à sa cour, où il fit élever avec le plus grand soin cette princesse, dont les fils devaient un jour venger la mort de leur aïeul.

      La victoire de Gondebaud lui assurait le premier rang dans les Gaules. Rien ne lui aurait été plus facile que de dépouiller de ses Etats Gondegisile, son troisième frère ; et l'on doit remarquer à son honneur que la bonne intelligence qui régnait entre eux n'éprouva pas alors la moindre altération. Ils unirent leurs armes pour forcer Odoacre, roi d'Italie, à respecter les conditions des traités, passèrent les Alpes en 493, et s'emparèrent presque sans obstacle de plusieurs provinces, dont ils ramenèrent un immense butin. Théodoric, successeur d'Odoacre, demanda la paix au roi bourguignon, et donna sa fille Ostrogothe en mariage à Sigismond, fils de Gondebaud. Cependant Clovis, roi des Francs, devenu l'époux de Clotilde, continuait de faire des incursions dans la Bourgogne. La religion était le prétexte dont Clovis couvrait son ambition. Gondebaud avait embrassé l'erreur de l'arianisme, et il y persistait par la politique. Sa lettre à Avitus, archevêque de Vienne, en est la preuve : « Si votre croyance est véritable, lui dit-il, pourquoi les évêques de votre communion n'empêchent-ils pas le roi des Francs de me faire la guerre et de se liguer avec mes ennemis pour me perdre ? Comment conciliez-vous la vraie religion avec l'ambition insatiable qui le dévore ? Qu'il nous prouve sa foi par ses œuvres. » La mésintelligence des deux rois parut à Gondegisile une occasion favorable d'agrandir son pouvoir aux dépens de son frère. Il rechercha l'amitié de Clovis, et s'engagea par serment à se reconnaître son tributaire s'il le rendait maître du royaume de Bourgogne. Gondebaud, informé des préparatifs de guerre que faisait Clovis, et ne upçonnant pas la perfidie de son frère, l'invita à réunir leurs forces contre un ennemi qui paraissait les menacer également. Gondegisile crut devoir dissimuler, et marcha avec lui contre Clovis, qu'ils rencontrèrent près de la rivière d'Ouche. Pendant le combat, il se retira avec ses soldats, et les ramenant sur les derrières, enveloppa l'armée de Gondebaud, qui fut taillée en pièces. Ce prince échappa cependant à tous les dangers, et se réfugia dans Avignon, dont Clovis vint faire le siège. Désespérant de s'emparer de cette ville, Clovis consentit à retourner dans ses Etats moyennant quelques sacrifices. Gondebaud, délivré de ce puissant ennemi, poursuit à son tour Gondegisile, enfermé dans Vienne. Il y pénètre à la faveur d'un aqueduc souterrain, et fait massacrer tous les soldats de Gondegisile, qui est égorgé lui-même dans une église.

      Cet événement rendit Gondebaud maître de tout le royaume de Bourgogne. Il chercha alors à se réconcilier avec Clovis, et s'engagea par un nouveau traité à l'aider en cas de guerre ; mais il soupçonnait justement la bonne foi de ce prince, et il fut toujours en garde contre lui. Il parvint ainsi à maintenir la paix dans son royaume, s'appliqua à y faire fleurir l'agriculture et les lois, et mourut en 516, laissant le trône à son fils Sigismond, qu'il avait fait reconnaître roi par les grands de l'Etat, afin d'éviter les divisions entre ses enfants. C'est du nom de ce prince que le code des Bourguignons a été appelé la loi Gombette. On y remarque, suivant dom Rivet (Histoire littéraire de la France, t. 3), un grand fonds d'équité, beaucoup de pénétration d'esprit, une attention singulière à prévenir les moindres différends, une science peu commune en ces temps-là dans la politique, enfin une sagesse digne d'un prince chrétien. Ce code a été imprimé dans le Sylloge legum antiquarum de Jean Herold, Bâle, 1557 ; dans le Codex legum antiquarum de Frédéric Lindenbrog, et dans le Corpus juris Germanici antiqui (voyez Georgisch). Schoepflin a donné des détails curieux sur la loi Gombette, dans la Dissertatio historica de Burgundia cis-et-transjurana, Strasbourg, 1741, in-4°.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 17 - Pages 136-137)




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