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Jakob Boehme

(24 avril 1575, à Goerlitz, en Silésie (alors Etat prussien) - 17 novembre 1624, à Goerlitz)
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Jacob Boehm, fondateur de la secte des boehmistes, naquit en 1575, dans un petit village près de Goerlitz, dans la haute Luzace. Ses parents, qui étaient pauvres, lui firent apprendre le métier de cordonnier, et il l'exerça à Goerlitz. Au milieu de son travail, Walther lui ayant donné quelques notions de chimie, il en fit sortir un système philosophique tout nouveau, s'abandonna à des extases mystiques, se crut appelé de Dieu, eut des visions, des révélations, et écrivit, en 1612, un livre intitulé Aurora, qui, malgré son obscurité, excita la colère du clergé de Goerlitz, qui le fit saisir et défendre ; mais on l'a réimprimé depuis à Amsterdam. Boehm, qui continuait à rêver, continua à écrire. En 1619, parut son traité De Tribus Principiis ; il assujettissait les opérations de la grâce aux mêmes procédés que ceux de la nature dans la purification des métaux, et regardait Dieu comme la matière de l'univers qui a tout produit par voie d'émanation : ce qui est une espèce de spinozisme. Il alla ensuite à Dresde, où il fut examiné par quelques théologiens plus indulgents qui le trouvèrent irréprochable.

      De retour à Goerlitz, il y mourut en 1624, laissant un grand nombre de traités mystiques Du Mystère céleste et terrestre, De la Vie intellectuelle, etc. « ll n'est pas possible, dit Mosheim, de trouver plus d'obscurité qu'il n'y en a dans ces pitoyables écrits, où l'on ne voit qu'un mélange bizarre de termes de chimie, de jargon mystique et de visions absurdes. » Il a cependant trouvé dans le dernier siècle un zélé apologiste dans William Law, qui a publié une traduction anglaise de ses œuvres en 2 vol. in-4°. Ses disciples l'appelèrent le Théosophiste allemand ; il en eut un grand nombre, et ce nombre, d'abord fort diminué, a paru s'accroître depuis. Quelques-uns, malgré leur attachement à son système, mirent quelque modération dans leur conduite ; les autres étaient de vrais fanatiques, tel que Kuhlmann, qui fut brûlé à Moscou en 1684. Cette secte s'est répandue surtout dans le nord de l'Allemagne.
      Saint-Martin a traduit en français cinq ouvrages de Boehm, savoir : L'Aurore naissante, ou la Racine de la philosophie, de l'astrologie et de la théologie, etc., Paris, 1800, 2 vol. in-8° ; Les Trois Principes de l'essence divine, etc., Paris, 1800, 2 vol. in-8° ; Le Ministère de l'homme-esprit, etc., Paris, 1802, in-8° (Note FS) ; Quarante Questions sur l'origine, l'esprit, l'être, la nature et la propriété de l'âme, etc., Paris, 1807, in-8° ; 5° De la triple Vie de l'homme, selon le mystère des trois principes de la manifestation divine, Paris, 1800, in-8°. Il se proposait de publier la traduction complète des ouvrages de Boehm en 30 volumes. Il a de plus donné la vie de cet illuminé, dans aquelle il rapporte l'anecdote à laquelle on attribue son illuminisme.
      En reconnaissant que les illuminés sont presque tous spinosistes, d'habiles critiques observent que Boehm se rapprochait du manichéisme ; car, tandis que Svedenborg établissait les deux colonnes amour et sagesse, principe de tout ce qui existe (l'agent et le patient), Boehm admettait pour deuxième principe la colère de Dieu (le mal) ; etc, ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'elle émanait du NEZ de Dieu, car ils sont encore tous anthropomorphites. Indépendamment de ses ouvrages mystiques, Boehm en a fait aussi sur la chimie, entre autres une Métallurgie, en allemand, Amsterdam, 1695, in-12. Son Miroir temporel de l'éternité, ou de la Signature des choses, est traduit en français, Francfort, 1669, in-8°. Tous ses ouvrages ont été réimprimés à Amsterdam en 1730, in-8°, sous le titre de Theosophia revelata (1).


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(Note FS)  Cet ouvrage est de Louis-Claude de Saint-Martin, et non de Jakob Boehme.

(1)  Un anonyme a traduit en français Le Chemin pour aller au Christ, en neuf petits traités, etc., Berlin, 1722, in-12. M. Noé, juif polonais, a publié La Clef, ou Explication des divers points et termes principaux employés par Jacob Boehm dans ses ouvrages, traduit de l'allemand sur l'édition de ses œuvres complètes imprimées en 1715, Paris, 1826, in-8°.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 4 - Page 526)



Dictionnaire universel d'histoire et de géographie de Bouillet

       Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 20ème édition (1866), p. .




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