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Léonidas Ier

(? - ~ -480, aux Thermopyles, en Grèce)
Roi de Sparte de ~ -493 à ~ -480
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      Léonidas, l'un des rois les plus célèbres de Sparte, était de la famille des Agides et florissait dans le IVème siècle avant J.-C. Les premières années de sa vie et le commencement de son règne nous sont tout à fait inconnus : nous savons seulement qu'il était le fils d'Anaxandridas et qu'après la mort de ses frères Cléomènes et Dorire, il monta sur le trône en l'an 493 avant J.-C.

      L'action qui a immortalisé son nom est sans contredit un des plus beaux faits de l'antiquité. Xerxès marchait contre la Grèce avec une armée qui, si l'on en croit Hérodote, s'élevait à plus de deux millions de soldats. La Thessalie avait succombé sous le joug des barbares ; et déjà leurs innombrables phalanges, campées dans la Trachinie, étaient près d'envahir la Grèce : mais le défilé des Thermopyles les en séparait encore, et c'était le seul point par lequel on pût y pénétrer. La défense en fut confiée à Léonidas, et ce général se décida aussitôt à l'occuper avec un corps de trois cents hommes seulement. Les éphores, étonnés, voulurent le contraindre d'en emmener un plus grand nombre ; mais Léonidas, sans révéler ses projets, leur répondit qu'il avait assez de soldats pour l'entreprise qu'il projetait. Les éphores, plus surpris encore par cette réponse énigmatique et croyant qu'il n'avait d'autre but que celui d'une petite expédition, cherchèrent à l'en dissuader. Alors il leur dit sans détour que, désespérant du salut de Sparte, il voulait, avant de voir sa patrie sous la puissance des barbares, lui donner un grand exemple de dévouement ; qu'il allait s'immoler avec ses compagnons d'armes, et que par là il étonnerait les Perses et exciterait le courage des Grecs. Les éphores n'eurent plus rien à opposer à une telle résolution, et ils ne purent s'empêcher d'y applaudir. Avant le départ des soldats de Léonidas, Lacédémone fut le témoin du spectacle le plus attendrissant. Victimes vouées à une mort certaine, ils célébrèrent d'avance leurs funérailles, et, après cette triste cérémonie, ils partirent en recevant les éternels adieux de leurs compatriotes. Léonidas, empressé d'arriver à son poste, passa dans plusieurs villes et contribua, par son exemple, à retenir dans le devoir les Thébains, prêts à se déclarer pour les Perses. Sa troupe s'augmenta en route, et lorsqu'il fut aux Thermopyles, il commandait à peu près 7000 hommes.

      Bientôt après son arrivée, Xerxès, instruit de ses projets, ne put s'empêcher d'en redouter les suites ; et avant d'avoir recours aux armes, il tenta de le séduire par des promesses. Il lui offrit la possession de toute la Grèce s'il voulait se ranger sous ses drapeaux : Léonidas, indigné, rejette de telles propositions. Alors Xerxès, croyant lui imposer par un ton de fermeté et de commandement, lui ordonne de livrer ses armes entre ses mains. Le roi de Sparte se contenta de répondre à cette première insulte avec l'énergie et le laconisme d'un Spartiate : Viens les prendre. Enfin, après être resté quatre jours dans l'inaction, le roi de Perse, renonçant à séduire un tel homme, songea à l'attaquer. Il envoya d'abord une avant-garde avec ordre de faire prisonniers les défenseurs des Thermopyles : mais cette première attaque fut sans succès ; et ce combat, qui dura tout le jour, apprit à Xerxès, comme le dit Hérodote, qu'il avait beaucoup d'hommes, mais peu de soldats. Le lendemain il revint à la charge avec tout ce qu'il avait de plus aguerri, promettant de grandes récompenses aux vainqueurs et menaçant de la mort ceux qui prendraient la fuite. Tous se précipitent à la fois sur les Grecs ; mais cette tentative lui fut aussi funeste que la première, et pour la seconde fois les soldats de Xerxès furent mis en fuite par la petite troupe de Léonidas.

      Ce fut alors que la trahison d'un Grec vint tirer le roi de Perse de l'embarras où il se trouvait. Un habitant de la Trachinie, nommé Ephialtes, lui indiqua un sen­tier par lequel il pouvait entrer dans la Phocide sans être obligé de passer par le défilé des Thermopyles. Xerxès reçoit avec joie cette nouvelle ; et après avoir chargé de présents celui qui livrait ainsi sa patrie, il le mit à la tête de dix mille hommes et lui donna l'ordre de les conduire, pendant la nuit, par ce chemin secret. Mais Léo­nidas en fut instruit par des transfuges : alors il assembla les officiers de sa petite armée, et s'apercevant qu'ils redoutaient l'approche de l'en­nemi, il en renvoya un grand nombre et ne retint avec lui que trois cents Spartiates, tous disposés à mourir et regardant les Thermopyles comme leur tombeau. Ils ne tardèrent pas à apercevoir les dix mille hommes, commandés par le Grec perfide : aussitôt ils demandent à aller au combat et ne veulent pas attendre que ces barbares les aient entourés. Léonidas, voyant leur noble ardeur, leur fait prendre un dernier repas, disant que dans peu ils iront manger chez Pluton. Ils partent ; et après avoir reçu l'ordre de se jeter tous à la fois sur les Perses, ils marchent en poussant des cris de joie, comme si, dit un historien, ils eussent été invités à un festin. Ils se disposent en colonne serrée, et attaquent ainsi les barbares sûrs de mourir au milieu des ennemis, ils veulent au moins faire payer cher leur trépas. Léonidas, qui marche à leur tête, est un des premiers qui succombent. Alors ses soldats combattent encore avec plus d'acharnement ; ils s'efforcent de défendre le corps de leur roi et tombent, les uns après les autres, sur son cadavre sanglant. Un seul d'entre eux survécut, et il alla porter cette nouvelle à Lacédémone ; mais bientôt honteux de sa lâcheté et accablé des reproches que lui tirent ses concitoyens, il fut obligé d'aller chtombeau. Ils ne tardèrent pas à apercevoir les dix mille hommes, commandés par le Grec perfide : aussitôt ils demandent à aller au combat et ne veulent pas attendre que ces barbares les aient entourés. Léonidas, voyant leur noble ardeur, leur fait prendre un dernier repas, disant que dans peu ils iront manger chez Pluton. Ils partent ; et après avoir reçu l'ordre de se jeter tous à la fois sur les Perses, ils marchent en poussant des cris de joie, comme si, dit un historien, ils eussent été invités à un festin. Ils se disposent en colonne serrée, et attaquent ainsi les barbares sûrs de mourir au milieu des ennemis, ils veulent au moins faire payer cher leur trépas. Léonidas, qui marche à leur tête, est un des premiers qui succombent. Alors ses soldats combattent encore avec plus d'acharnement ; ils s'efforcent de défendre le corps de leur roi et tombent, les uns après les autres, sur son cadavre sanglant. Un seul d'entre eux survécut, et il alla porter cette nouvelle à Lacédémone ; mais bientôt honteux de sa lâcheté et accablé des reproches que lui tirent ses concitoyens, il fut obligé d'aller chercher la mort à Platée.

      On connaît les résultats de l'héroïque dévouement de Léonidas ; il porta l'effroi dans le cœur des Perses ; il inspira aux Grecs la plus heureuse confiance, et il leur donna le temps de se préparer aux victoires de Platée et de Marathon. Xerxès eut la lâcheté de faire attacher son cadavre à une potence, et il fit ainsi voir aux hommes les plus courageux le sort qui les attendait. Les Lacédémoniens ne perdirent pas la mémoire de ces guerriers malheureux : ils leur élevèrent un monument à l'endroit même où ils avaient combattu et expiré : deux inscriptions annoncèrent leur valeur et leur fin. L'une d'elles regardait tous ceux qui étaient morts aux Thermopyles ; l'autre, composée par Simonide, n'ayant rapport qu'aux trois cents Spartiates immolés avec Léonidas, était ainsi conçue : « Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts ici pour obéir a ses saintes lois. » Le vainqueur de Platée, Pausanias, fit transporter à Lacédémone, quarante ans après [Note de l'auteur : Il paraît qu'il y a eu erreur dans les chiffres, ou que ce n'est pas le vainqueur de Platée qui transporta le corps de Léonidas : car Pausanias mourut en l'an 477 avant J.-C., et le combat des Thermopyles se donna en l'an 480.], les ossements de Léonidas ; il lui fit élever un temple, et il institua une fête, appelée Léonidée, que l'on célébrait chaque année et où les jeunes gens se disputaient le prix de la force et du courage. Les Lacédémoniens seuls avaient droit d'y assister, parce que eux seuls avaient pris part à l'affaire des Thermopyles.

      Le silence de l'histoire sur les premières années du règne de Léonidas indique assez qu'il rendit ses sujets heureux. Quand il partit pour les Thermopyles, sa femme lui demanda quelles étaient ses dernières volontés dans le cas où il viendrait à mourir : « Je ne te demande rien, » dit-il, « sinon qu'après ma mort tu épouses quelque homme brave et vertueux qui puisse donner à Sparte des enfants dignes de moi. »

      La mort de Léonidas a été le sujet de plusieurs productions remarquables dans les arts. Un Anglais en a fait un poème épique (Voyez Glower) ; et de Fontanes a traité le même sujet dans un poème resté inédit, mais dont plusieurs fragments sont connus. Tout le monde a vu le tableau des Thermopyles par David ; enfin la statue de Léonidas, par Lemot, est un des plus beaux ornements de la galerie du Luxembourg.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 24 - Pages 189-191)




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