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François Eudes de Mézeray

1610, à Ri, près d'Argentan - 10 juillet 1683, à Paris)
Historien français - Elu à l'Académie française en 1649
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Biographie universelle ancienne et moderne

      François Eudes de Mézerai, historien célèbre, naquit, en 1610, près d'Argentan, dans le village de Rye, où sa mémoire s'est si bien conservée, qu'on y montre encore un arbre qui, selon la tradition, fut planté par lui. Son père était chirurgien, et eut trois fils. Le premier fut Jean Eudes, fondateur de la congrégation des eudistes ; le second, François, appelé Mézerai, d'un hameau de la paroisse de Rye ; le troisième, chirurgien habile, prit le surnom de Douay.

      François fit ses études, avec un succès marqué, dans l'université de Caen. Son inclination parut d'abord se diriger vers la poésie, à laquelle il renonça bientôt par l'avis alors imposant du rimeur Des Yvetaux, qui lui fit obtenir un brevet de commissaire des guerres. Dégoûté d'un emploi auquel on peut croire qu'il n'était pas très propre, il revint à Paris. C'est alors qu'il se fit appeler de Mézerai, sans doute pour relever le nom d'Eudes en lui donnant une apparence de noblesse. Le dessein d'acquérir à la fois la célébrité d'un bel esprit et d'un homme versé dans la politique lui suggéra quelques écrits satiriques sur les affaires du temps. La critique du présent, toujours si facile, le porta heureusement à rechercher dans les siècles passés des objets de comparaison, et il prit le goût des études historiques. L'ardeur du travail l'emporta trop loin : il tomba dangereusement malade. Le cardinal de Richelieu sut qu'au collège de Ste-Barbe demeurait un jeune homme de grande espérance, qui était sur le point d'être victime de son zèle pour l'étude : il lui envoya deux cents écus, avec l'assurance de sa protection. Cette libéralité si bien placée pouvait cependant ne faire un jour de Mézerai qu'un historiographe de France, trop attaché à ses maîtres, comme parlait Amyot, pour dire la vérité ; mais ce titre dont il fut revêtu plus tard n'empêcha pas qu'il ne se crût appelé à être historien, en écrivant avec une indépendance qui était trop dans son caractère pour être dominée.

      Le premier volume de sa grande Histoire de France ne tarda pas à paraître. L'auteur avait senti que son livre aurait plus de faveur dans le public s'il était accompagné de gravures, accessoire assez inutile, mais qui alors comme aujourd'hui faisait vendre un livre sans le rendre meilleur. Il tira de La France métallique, par Jacques de Bie, fameux graveur, des portraits de rois, de reines, et quantité de médailles vraies ou fausses. Tous ces portraits, dont rien ne prouve la ressemblance, furent reçus pour authentiques. Mézerai grossit encore son histoire de vers sur les principaux personnages de chaque règne, en forme de quatrains, composés par son ami Jean Baudoin, de l'Académie française, mauvais poète et traducteur infatigable. Le succès surpassa les espérances de Mézerai, et les historiens qui l'avaient précédé tombèrent presque dans l'oubli. Les savants, jaloux d'une réputation nouvelle acquise trop aux dépens des anciens, dont Mézerai parlait fort légèrement, s'armèrent en faveur de Gaguin, de Du Haillan, de Nicole Gilles, de Belleforest et d'autres compilateurs. Leurs efforts furent vains ; Mézerai l'emporta. Le second volume qui parut en 1646 et le troisième qui ne fut achevé qu'en 1651 ne reçurent pas un accueil moins flatteur.
      A ce grand travail succédèrent des écrits peu importants, dans un genre qui n'était pas nouveau pour Mézerai. Sétant fait frondeur déterminé, il se crut obligé d'écrire contre Mazarin une vingtaine de pamphlets qu'il publia sous le nom de Sandricour. Revenu à ses livres, et cédant aux conseils de ses amis, il commença l'abrégé de sa grande histoire, ouvrage auquel il donna des soins pendant dix années. La première édition parut en 1668, et mit le sceau à la réputation de l'auteur. Ce n'est pas qu'on s'accordât sur l'exactitude de Mézerai : des critiques relevèrent un grand nombre d'erreurs, auxquelles il ne semble pas qu'il attachât une grande importance (1). Appliqué surtout à plaire, par la manière de présenter les faits et de les peindre, il se croyait assez supérieur aux autres historiens pour se dispenser d'entreprendre de laborieuses recherches. Tel est vraisemblablement le motif secret de sa réponse au P. Petau, fameux chronologiste, qui l'assurait avec toute la rudesse d'un érudit de profession qu'il avait découvert mille fautes grossières dans son Abrégé. Mézerai repartit : « Et moi j'y en ai trouvé deux mille ».

      Il eut bientôt à se défendre contre des reproches d'une autre nature, qui l'occupèrent davantage. La manière dont il envisageait dans son histoire l'origine des tailles, de la gabelle et des impôts en général, déplut fort à Colbert, qui lui fit témoigner son mécontentement par l'académicien Perrault, en lui donnant à entendre que sa pension de quatre mille francs pourrait bien être suspendue. L'auteur de la Vie de Mézerai (Daniel Larroque) rapporte les paroles attribuées, dans cette occasion à Colbert, que Laharpe a pris la peine de réfuter longuement, par des raisonnements très philosophiques, sur l'indépendance nécessaire aux historiens ; mais il y a de la témérité à croire sans preuves que Colbert ait pu tenir le langage qu'on lui prête. On sait d'ailleurs qu'il était fort laconique, surtout dans ses moments d'humeur. Il est d'autant plus permis de nier ce discours, que, d'après l'opinion de Pellisson, la véracité de l'auteur de la Vie de Mézerai est fort suspecte. Au reste, on pourrait encore examiner si un ministre des finances est bien coupable d'exiger une certaine retenue de la part d'un écrivain qui reçoit des bienfaits du gouvernement, et qui, s'écartant de son sujet, décrie sans mesure les impôts nécessaires au soutien de l'Etat. L'animosité et la passion de Mézerai sur ce sujet percent trop visiblement dans plusieurs mots qu'il répétait avec complaisance, et dans le plaisir qu'il se promettait d'acheter fort cher une loge lorsqu on pendrait quelque financier en place de Grève. On assurait qu'il avait composé un livre intitulé Histoire de la maltôte, qui n'a pas vu le jour. Il voulut que le Dictionnaire de l'Académie, au mot Comptable, servît son ressentiment, en recueillant le proverbe populaire : Tout comptable est pendable. Forcé par ses confrères de supprimer cette belle sentence, il écrivit en marge : Rayé quoique véritable. Le mécontentement de Colbert fut un peu calmé par la promesse que donna Mézerai de retoucher, dans une seconde édition, les passages dont on se plaignait. Les corrections furent faites d'une main si indulgente ou avec tant de mauvaise volonté, qu'elles n'apportèrent pas de grands changements. Le contrôleur général, se croyant joué, retrancha la moitié de la pension. Mézerai était encore riche de ce qu'il avait retiré de ses ouvrages et des pensions de plusieurs princes étrangers ; mais son caractère impétueux ne s'imposa aucune retenue dans ses plaintes. Sa pension fut alors supprimée en entier. Il déclara qu'il n'écrirait plus, et se réduisit ensuite à cette résolution, un peu mercenaire, que ne recevant plus d'argent du roi, il cesserait de parler de lui, soit en bien, soit en mal.

      L'Académie française avait admis Mézerai dans son sein après qu'il eut publié les deux premiers volumes de sa grande histoire. Il remplaça Voiture, dont il n'evalt pas la grâce et l'élégance. La collection de l'Académie ne contient pas son discours de réception, quoique l'usage de ces harangues fût déjà établi. On lui conféra l'emploi de secrétaire perpétuel, à la place de Conrart, qui l'avait exercé le premier depuis l'origine de l'Académie. Ce n'est pas sans doute son style, dès lors reconnu pour incorrect, qui fixa sur lui les suffrages de ses confrères. Quand il fut en possession des honneurs académiques, il se montra fort dédaigneux à l'égard des candidats qui se mettaient sur les rangs ; son usage constant était de leur donner une boule noire ; non pour satisfaire son humeur, mais, disait-il, c'était afin de laisser à la postérité une preuve de la liberté des suffrages académiques. Souvent il compromit, par ses manières originales et ses habitudes populaires, la dignité d'un secrétaire perpétuel de l'Académie française. Sa négligence dans ses habits et sa personne devint si choquante, qu'un jour des archers s'assurèrent de lui, l'ayant pris pour un mendiant vagabond. La méprise lui plut.

      Une de ses manies était de se soustraire à la clarté du soleil et d'éclairer sa chambre avec des flambeaux, quand il travaillait, en plein midi, au cœur de l'été. De peur que cette singularité ne ressortît pas assez, il ne manquait pas de reconduire jusqu à la porte de la rue, une lumière à la main, ceux qui lui rendaient visite. On cite encore d'autres traits du même genre, qui peuvent bien avoir été inventés pour faire rire aux dépens de Mézerai et qui n'ont rien d'assez piquant pour être rapportés.

      Dans les dernières années de sa vie, il forma une liaison fort intime avec un cabaretier de la Chapelle, près de St-Denis, qu'il avait découvert en se promenant autour de Paris. Une humeur enjouée, de la franchise, du bon vin, séduisirent Mézerai, au point qu'il préférait la société du cabaretier Lefaucheur à celle des beaux esprits qui recherchaient le secrétaire de l'Académie. Ses journées se passaient à la Chapelle ; et son testament mit le comble à une amitié si étrange. Il institua Lefaucheur son légataire universel, en le qualifiant de mon cher compère, fidèle et véritable ami, homme de bien et loyal. Sa sœur et ses neveux n'eurent de lui que ses biens patrimoniaux, que lui-même avait annoncé être fort peu de chose. L'argent comptant, les pierreries, la vaisselle d'argent, généralement tout ce qu'il avait pu acquérir par son travail et ses soins, furent compris dans le legs, qui était considérable. Il se souvint cependant de son frère, le P. Eudes, et légua une somme pour lui construire un monument. Jusque-là, il avait fait peu de cas de la grande piété de son aîné ; et il avait coutume de répondre à ses pressantes exhortations, qu'il comptait tant sur la sainteté d'un si bon frère, qu'il était persuadé que tous deux seraient sauvés, l'un portant l'autre.

      Mézerai mourut, le 10 jîuillet 1683, dans des sentiments plus chrétiens. confirma par ces paroles remarquables l'abjuration d'une incrédulité qui avait été plutôt l'effet de son caractère porté à l'indépendance, et de son humeur contrariante, que de sa conviction : Souvenez-vous, dit-il à ses amis, que Mézerai mourant est plus croyable que Mézerai vivant. Son cœur fut embaumé et déposé dans l'église des Carmes du Marais, par les soins de Lefaucheur. On pensait, d'après l'opinion que lui-même avait voulu accréditer, qu'il laissait des manuscrits très précieux, entre autres, un recueil d'anecdotes dont seul il avait pu faire la découverte. Colbert intervint dans l'inventaire des papiers, et ceux qui parurent avoir rapport aux fonctions d'historiographe, furent portés à la bibliothèque du roi, où ils se trouvent encore. On n'y voit rien de remarquable ; ce sont des morceaux sans suite, sur des points d'histoire, excepté un petit cahier intitulé Pensées d'un solitaire sur la cause et la fin des choses.

      Mézerai, comme historien, a été dans son temps l'objet d'une grande admiration. Aujourd'hui les lecteurs lui manquent. Il pèche par défaut d'exactitude, surtout en ce qu'il adopte trop légèrement les inculpations hasardées et les soupçons vagues. Il avait peu lu les auteurs originaux, sans lesquels il est impossible de ne pas s'égarer. Il avait travaillé principalement d'après Papire Masson, Du Haillan et Nicole Gilles. Son style dur, inégal, a vieilli plus qu'il n'aurait dû arriver s'il l'avait moins négligé. Ses transitions sont rarement heureuses, et refroidissent la narration : « Mais on sent, dit le chancelier d'Aguesseau, de la force, du nerf et de la supériorité dans sa manière. Si sa diction n'est pas pure, il sait du moins penser noblement. Ses réflexions sont courtes et sensées ; ses expressions, quelquefois grossières, mais énergiques ; et son histoire est semée de traits qui pourraient faire honneur aux meilleurs historiens de l'antiquité. » Il s'est même quelquefois élevé jusqu'à leur manière, ainsi que le prouve le discours qu'il met dans la bouche du maréchal de Biron père, pour dissuader Henri IV de chercher un asile en Angleterre, et celui qu'il fait adresser par Biron fils à ses juges.
      Mézerai sut se maintenir dans une grande liberté d'opinions. Ce n'est pas seulement en traitant des impôts et de leur origine qu'il s'exposait à déplaire au pouvoir : son penchant l'entraîna plus loin et le rendit non moins blâmable que si, par l'excès contraire, il se fût rabaissé à une servile adulation des rois et du despotisme : il est, selon Bayle, celui de tous les historiens qui flatte le plus le peuple contre la cour. Il se fait un plaisir de relever tout ce qu'il trouve d'injuste et se honteux dans la conduite de la France. On peut croire qu'il était de ces esprits que les troubles de la Fronde avaient amenés à concevoir l'espérance de grands changements dans la constitution de l'Etat. La preuve en est assez sensible dans un pamphlet qu'il publia en 1652, sous ce titre : Les très humbles remontrances des trois états, présentées à Sa Majesté pour la convocation des états généraux (2).

      Voici la liste des ouvrages de Mézerai : Histoire de France, 1643, 1646, 1651, 3 vol. in-fol. Le choix d'un exemplaire complet exige de l'attention, afin de reconnaître si l'on y trouve tous les passages retranchés de la plupart des volumes. Le Manuel de M. Brunet indique les diverses particularités dont la réunion compose un exemplaire parfaitement complet, tant pour le texte que pour les portraits gravés. L'édition de Paris, 1685, est peu recherchée à cause des retranchements. L'Histoire de France de Mézerai a été réimprimée en 1830, Paris, 18 vol. in-8° ; continuée jusqu'à 1715 par Limiers, et depuis 1715 jusqu'à 1830, par une société de professeurs d'histoire de l'université, nouvelle édition, Paris, 1838-1839, publiée par livraisons in-8° à deux colonnes. Abrégé chronologique de l'Histoire de France, 1668, 3 vol. in-4° ; réimprimé en Hollande, 1673, 6 vol. in-12. On préfère cette contrefaçon à l'édition originale. La meilleure édition de l'Abrégé est celle de 1775, 14 vol. in-12. On y a joint les passages supprimés dans l'édition de 1668, une continuation par Limiers, et une bonne table des matières. Traité de l'origine des Français, qui suppose des connaissances étendues sur beaucoup de points de notre histoire, Amsterdam, 1688, in-12 ; une Traduction de l'histoire des Turcs, de Chalcondyle, Paris, 1662, 2 vol. in-fol. Le style de la traduction de Vigenère ayant vieilli, des libraires proposèrent à Mézerai de le rajeunir et d'y joindre des notes avec une suite jusqu'en 1650. Cette continuation n'est qu'une espèce de gazette écrite sans aucun agrément. Une Traduction françoise du Traité de Jean de Salisbury, intitulé la Vanité de la cour, Paris, 1640, in-4° ; Traité de la vérité de la religion chrétienne, traduit du latin de Grotius, ibid., 1644, in-8° ; Histoire de la mère et du fils, c'est-à-dire de Marie de Médicis et de Louis XIII, Amsterdam, 1730, in-4°, ou 2 vol. in-12. Mézerai a pu travailler dans sa jeunesse à cet ouvrage, mais ce n'est pas une production digne de lui. Quelques personnes ont cru pouvoir lui attribuer l'Histoire de Henri IV, publiée par Péréfixe ; rien ne prouve qu'il en soit l'auteur : il n'était guère capable d'un style aussi correct et aussi facile. On a voulu donner à Mézerai des Mémoires historiques et critiques sur divers points de l'histoire de France ; compilation qu'on a cru être de lui, parce qu'elle a paru sous le nom de cet historien hardi, mais moins libre encore que l'auteur ou l'éditeur de ces Mémoires (Voyez Camusat).


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(1)  On en peut juger par le ton du doute avec lequel il s'exprime sur le voyage dans la terre sainte, attribué à Clovis, et par son assertion ridicule sur la loi salique, dont il fait dériver le nom des mots Si aliquis, qui, selon lui, s'y trouvent répétés à chaque paragraphe.

(2)  Il existe à la bibliothèque Mazarine, n° 5841, un exemplaire in-folio de l'Histoire générale des rois de France, par Bernard de Girard, seigneur du Haillan (Paris, 1627), qui a appartenu à Mézerai. Il y a mis son nom avec les mots suivants, sur le feuillet qui est avant le frontispice, et ces mots écrits de sa main révèlent ses sentiments et son opinion à l'égard du gouvernement papal de Rome : Duo tantum hæc opto, unum ut moriens populum romanum liberum relinquam ; alterum ut ita cuique eveniat, sicut de republica quisque merebitur.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 28 - Pages 178-180)



Dictionnaire universel d'histoire et de géographie de Bouillet

      Eudes de Mézeray, historien, né en 1610 à Ry, près d'Argentan, mort en 1683, était fils d'un chirurgien de village. Il fut quelque temps commissaire des guerres, et suivit en cette qualité l'armée de Flandre, puis il se fit homme de lettres et prit le nom du hameau de Mézeray, voisin du lieu de sa naissance.

      Il débuta par des pamphlets politiques. La composition de ce genre d'écrits l'ayant conduit aux études historiques, il conçut le projet d'écrire notre histoire, et s'enferma au collège de Sainte-Barbe, où il travailla avec une ardeur qui mit sa vie en danger. Après plusieurs années d'un travail assidu, il publia sa grande Histoire de France (jusqu'à Louis XIII) ; elle parut en 3 volumes in-fol., à des époques assez éloignées : 1643, 1646 et 1651. Cet ouvrage lui fit bientôt une grande réputation : il fut nommé historiographe du roi, fut admis à l'Académie française dès 1649, et devint, après la mort de Conrart, secrétaire perpétuel de cette compagnie.

      Pendant les troubles de la Fronde, Mézeray se signala parmi les adversaires de Mazarin et écrivit contre le ministre nombre de pamphlets. A la paix, il revint à ses études historiques et rédigea un Abrégé chronologique de l'Histoire de France qui mit le sceau à sa réputation : cet ouvrage, publié en 1668, en 3 volumes in-4, a été plusieurs fois réimprimé, notamment à Amsterdam, 1755, en 14 volumes in-12, avec une Continuation par Limiers, contenant les règnes de Louis XIII et de Louis XIV.

      Quoique historiographe du roi, Mézeray écrivait avec une indépendance qui lui devint funeste : Colbert, choqué de la manière dont il s'exprimait au sujet de l'origine des impôts, lui fit retirer une pension de 4000 livres qu'il recevait de la cour. Mézeray a le style clair, facile et nerveux, mais ce style a un peu vieilli. Son histoire est composée d'une manière assez intéressante ; il mêle à ses récits des jugements libres et sévères, mais le plus souvent il n'a pas pris la peine de recourir aux sources ; il ne peut par conséquent faire autorité.

      Outre son histoire, on a encore de lui un Traité de l'origine des Français, Amsterdam, 1688. On lui attribue l'Histoire de la mère et du fils (Marie de Médicis et Louis XIII).  Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 20ème édition (1866), p. 1249.




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