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Maximilien Ier

(22 mars 1459, à Wiener-Neustadt, en Autriche - 11 janvier 1519, à Wels, en Autriche)
Archiduc d'Autriche - Roi des Romains - Empereur germanique
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Maximilien Ier, empereur d'Allemagne, fils de Frédéric III et d'Eléonore de Portugal, naquit le 22 mars 1459. Jusqu'à l'âge de dix ans, il articulait si mal, qu'on l'appelait le Muet. Ce défaut cessa entièrement dans la suite ; ce qu'il ne dut qu'à lui-même, son éducation ayant été fort mauvaise. Cependant. il avait à peine atteint sa quatorzième année, que le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, dans une entrevue qu'il eut à Trèves avec Frédéric III, fit, en présence de sa propre fille. l'éloge le plus flatteur du jeune prince, et prépara ainsi ce mariage qui devait avoir de si grands résultats (Voyez Marie de Bourgogne).
      Dès qu'il eut épousé la riche héritière de Bourgogne, l'archiduc (1) eut à défendre l'héritage de son épouse, que Louis XI avait envahi. Quoique Maximilien ne fût alors âgé que de dix-huit ans, et qu'il eût à combattre un des souverains les plus actifs et les plus artificieux de son temps, il arrêta les efforts des Français, et força leur roi de rendre le Quesnoi, Bouchain, Cambrai, et d'accepter une trêve, qui fut signée à Sens le 17 septembre 1477. Les hostilités ayant bientôt recommencé, Maximilien prit l'offensive, et gagna, le 24 août 1479, la bataille de Guinegate, qui mit ses affaires dans le meilleur état. Cependant il ne continua pas la guerre, parce que, voyant la santé du roi de France s'affaiblir, il espérait obtenir de meilleures conditions de son successeur. Mais la mort de sa jeune épouse vint changer la face des affaires. Marie laissait deux enfants, Marguerite et Philippe. Les états de Flandre nommèrent des gouverneurs à celui-ci ; et regardant son père comme étranger, ils l'empêchèrent de prendre part à son éducation. Ces mêmes états firent proposer à Louis XI la main de Marguerite pour le Dauphin ; et leur offre ayant été acceptée, Maximilien fut obligé d'y consentir. La jeune princesse reçut en dot les comtés d'Artois et de Bourgogne, le Mâconnais et l'Auxerrois. Le temps ne fit qu'accroître les défiances que Maximilien avait inspirées aux Flamands ; et l'on en vint bientôt à des hostilités déclarées. L'archiduc soumit la ville de Gand, qui le reconnut pour tuteur de son fils et pour gouverneur de la Flandre. En retour, il promit de ne point emmener son fils hors des Pays-Bas, et il confirma les privilèges des Flamands.

      Ayant ainsi rétabli son autorité en Flandre, il se disposa à tourner ses armes contre la France. Louis XI n'était plus, et les contestations entre madame de Beaujeu et le duc d'Orléans semblaient favoriser les plans de Maximilien. Ce prince conclut une ligue avec le duc de Bretagne ; et ce fut dans ce temps-là que son père le fit élire roi des Romains (1486). Frédéric se rendit à cette occasion en Flandre, et son fils lui donna des fêtes brillantes et dispendieuses, qui excitèrent beaucoup de murmures. Les impôts qu'il fut obligé d'établir ajoutèrent au mécontentement ; et l'on vit bientôt éclater un soulèvement général. Le roi des Romains faillit être massacré à Bruges, où il eut le courage de paraître devant la populace révoltée : « Me voici, dit-il, je suis prêt à vivre et à mourir avec vous. » Quelques applaudissements se firent d'abord entendre ; mais la foule s'étant de plus en plus pressée autour du prince, il fut forcé d'entrer dans la boutique d'un apothicaire, où on le retint plusieurs jours. Quelques-uns de ses ministres furent mis à la torture sur la place publique ; d'autres furent décapités, et lui-même fut contraint de renoncer à la tutelle de son fils. On établit, au nom de l'archiduc Philippe et du roi de France, en qualité de suzerain, une nouvelle administration. Maximilien montra dans cette occasion un courage, une dignité qui contribuèrent beaucoup à rétablir le calme. Il ne recouvra sa liberté qu'en renonçant au gouvernement de la Flandre, et en s'engageant à rendre toutes les places et à retirer les troupes allemandes. Après avoir signé cette espèce de capitulation, il se rendit à l'église, alla visiter la maison de l'apothicaire, et y lut sans émotion apparente des inscriptions injurieuses. Il assura qu'il oubliait tout, monta sur une estrade au milieu de la place, lut à haute voix les engagements qu'il avait pris et jura sur la sainte hostie d'y être fidèle. Il trouva hors des murs une escorte que Frédéric III lui avait envoyée. Quoique son serment eût été déclaré nul par l'empereur et par les états de l'Empire, Maximilien refusa de prendre part aux opérations militaires ; et la paix ne tarda pas à se faire avec la France. Charles VIII avait succédé à Louis XI, et ses ambassadeurs conclurent à Francfort (22 juillet 1489) un traité de paix qui obligea les Flamands à se soumettre.
      Peu de temps après, le trône de Hongrie étant venu à vaquer par la mort de Mathias Corvin, les princes autrichiens le réclamèrent en vertu d'un pacte de famille qu'ils avaient conclu avec le feu roi ; mais on n'y eut point d'égard, et le roi de Bohême, Ladislas, fut élu. Maximilien, irrité, fond sur la Hongrie, et se rend maître d'Albe Royale. Il se disposait à s'avancer jusqu'à Bude, lorsque la mutinerie de ses troupes le força de se retirer. N'ayant pu obtenir des secours de la diète de l'Empire, le roi des Romains se borna, dans l'entrevue de Presbourg (07 novembre 1491), à renouveler le pacte de famille. On lui promit une somme de cent mille ducats, et il lui fut permis de prendre le titre de roi de Hongrie.

      Depuis longtemps il s'était établi des relations entre ce prince et le duc de Bretagne : il en avait même épousé la fille par procureur ; mais ce mariage ne fut pas confirmé (Voyez Anne de Bretagne). On sait que cette princesse fut enlevée à Maximilien par Charles VIII, qui lui renvoya Marguerite d'Autriche, sa fille, à laquelle le roi de France avait été fiancé. Irrité de cet affront, l'archiduc forma une ligue avec les rois d'Angleterre et d'Aragon ; il réclama l'appui des Suisses, et fit à la diète une demande d'hommes et d'argent. Mais les Suisses se bornèrent à lui offrir leur médiation ; et les états de l'Empire, après lui avoir accordé la moitié des secours qu'il demandait, les rendirent inutiles par leur lenteur. Henry VII, il est vrai, vint mettre le siège devant Boulogne ; mais soudain il fit la paix avec la France, et le roi d'Aragon fut gagné par la cession du Roussillon et de la Cerdagne. Maximilien, resté seul et forcé d'obéir à la nécessité, céda. La Franche-Comté, l'Artois, le Châlonnais lui furent restitués.

      Son père qui lui avait depuis quelque temps résigné l'administration de ses Etats, étant mort le 19 août 1493, il commença son règne par l'expulsion des Turcs, qui avaient porté le ravage jusqu'à Laybach et dans la Styrie. Après cette courte expédition, il se rendit à Inspruck, où il épousa (16 mars 1494) Blanche-Marie, sœur de Jean Galeas, duc de Milan, et nièce de Ludovic Sforce, qui lui apporta en dot une somme considérable (440.000 écus d'or) ; et cette alliance lui donna les moyens d'intervenir dans les affaires d'Italie. Cependant l'orgueil des seigneurs allemands s'indigna de voir ce chef de l'Empire s'allier à une famille qui ne devait sa récente élévation qu'à un bâtard. Ils refusèrent longtemps de reconnaître Blanche pour impératrice ; et si elle avait eu des enfants, il est probable que, selon le droit public de l'Allemagne, ils n'auraient été considérés que comme de simples gentilshommes. Cependant Charles VIII avait exécuté sa fameuse expédition de Naples. Maximilien, qui en conçut les plus vives inquiétudes, forma une ligue secrète avec le pape, le duc de Milan, le roi d'Aragon et les républiques de Venise et de Florence ; et, sous prétexte d'aller se faire sacrer à Rome, il dirigea une armée vers l'Italie. Il demanda ensuite des secours à l'Empire germanique, et convoqua à Worms la fameuse diète de 1496, qu'il présida en personne. Ludovic Sforce y reçut l'investiture du duché de Milan ; puis, devenu membre de l'Empire, il en réclama assistance. Le légat du pape, s'étendant sur les excès commis par les troupes françaises, peignit le saint-père fugitif et réclama pour lui de prompts secours ; mais toutes ses instances furent vaines. Les Etats ne songèrent qu'au rétablissement de la tranquillité intérieure ; et pour y parvenir ils abolirent le droit de guerre particulier, et fondèrent la chambre impériale, dont le siège fut d'abord établi à Francfort. Maximilien espérait que le consentement qu'il avait donné à l'érection de ce tribunal porterait la diète à lui fournir les moyens de reprendre en Italie l'ascendant qu'y avaient eu ses prédécesseurs. Après beaucoup d'hésitation et de délais, l'assemblée vota la levée d'une armée, qui devait être assez forte pour arrêter les progrès des Français ; mais elle n'affecta, pour l'entretien des troupes, que des sommes insuffisantes. Au lieu de fournir à ses alliés un contingent de 9000 hommes, ainsi qu'il en avait pris d'engagement, l'empereur ne put leur en envoyer que 3000 ; ce qui suffit toutefois pour faire perdre aux Français le royaume de Naples avec autant de rapidité qu'ils l'avaient conquis.

      Cependant Charles VIII à peine rentré en France, prépara une nouvelle expédition ; et Ludovic Sforce courut vers Maximilien, que l'offre d'un subside fit consentir à reprendre les armes. Il convoqua une diète (1497) à Lindau ; les princes et états de l'Empire eurent ordre de réunir leurs contingents à Feldkirch, et déjà il avait passé les Alpes avec 500 chevaux et huit compagnies d'infanterie, lorsqu'il apprit que Charles VIII différait son expédition. Ses alliés, n'ayant plus besoin de ses secours, lui firent entendre qu'ils ne seraient pas fâchés de le voir retourner en Allemagne. Néanmoins, dans l'espoir de détacher les Florentins de l'alliance qu'ils avaient contractée avec la France, on consentit à ce que Maximilien assiégeât Livourne. Il bloqua le port de cette ville avec une flotte équipée à Gênes ; mais cette entreprise, que les alliés secondèrent mal et même traversèrent, n'eut aucun succès, et Maximilien, après leur avoir adressé des reproches amers, quitta l'Italie.

      Dès qu'il fut rentré dans ses Etats, il se vit engagé dans de nouvelles contestations avec la France. Charles VIII avait promis, par la paix de Senlis, de restituer plusieurs places à l'archiduc Philippe lorsque ce prince serait arrivé à l'âge de vingt ans. L'archiduc en avait à peine atteint dix-neuf qu'il demanda l'exécution du traité. Charles VIII éluda sa demande ; et après la mort de ce monarque, Louis XII se montra encore moins disposé à lui céder. Maximilien, voulant soutenir les droits de son fils, fit entrer en Bourgogne une armée composée d'Autrichiens et de Suisses. Cette armée éprouva peu de résistance ; mais les Suisses, s'étant mutinés, se débandèrent, et les Autrichiens furent forcés de se retirer. Louis XII qui songeait à attaquer le Milanais, ouvrit des propositions de paix, que Philippe s'empressa d'accepter (août 1498). Les villes d'Aire, d'Hesdin et de Béthune lui furent rendues. Ce prince, comme comte de Flandre, donna l'investiture de Boulogne à Louis XII, de qui, à son tour, il reçut celle de l'Artois, du Charolais et de la Flandre. Maximilien, à qui l'Empire retira son appui, fut forcé de souscrire à cet arrangement ; et bientôt on lui donna, d'un autre côté, assez d'occasions pour qu'il ne pût plus y songer. Le duché de Gueldre, sur lequel Charles d'Egmont avait formé des prétentions, déclarées nulles par les arbitres nommés, fut reconnu fief de l'Empire. Maximilien Ier en conféra l'investiture à Philippe, son fils. Charles d'Egmont ne tarda pas à prendre les armes, et il recouvra la plus grande partie du pays. Soutenu par la France, il fit échouer tous es ellorts de l'empereur, qui, se flattant d'être plus heureux ailleurs, abandonna une entreprise infructueuse ; et, peu de temps après son départ, on conclut, sous la médiation de Louis XII, un traité de paix (1499).

      Maximilien avait senti les avantages qu'il pourrait retirer de l'Helvétie, et, piqué de l'opposition qu'il éprouvait de la part des cantons démocratiques, il tenta de diviser les Suisses entre eux, et de leur arracher, comme empereur, les secours qu'il n'avait pu en tirer comme chef de sa maison ; mais ils refusèrent de se reconnaître membres de l'Empire, et de fournir le contingent qu'on leur avait demandé. Le pape, à l'instigation de Maximilien, les excommunia ; et la chambre impériale exerça contre eux toute la rigueur de son autorité. Ces mesures violentes engagèrent tous les cantons à s'unir ; et l'empereur ayant fait marcher contre eux une armée de 16.000 hommes, fut vaincu dans un combat opiniâtre, et se vit obligé de signer l'indépendance helvétique (1499).

      Pendant cette guerre, Louis XII avait fait la conquête du Milanais, et déjà il menaçait le royaume de Naples. Maximilien, alarmé, se hâta de conclure une alliance avec les Suisses ; et il convoque dans la ville d'Augsbourg (1499) une nouvelle diète qui, cette fois, consentit à lui prêter des secours et à déterminer les contingents que devaient fournir les membres du corps germanique : elle envoya même une ambassade au roi de France pour s'entendre avec lui sur le Milanais. En retour de ces concessions, Maximilien consentit à la réorganisation de la chambre impériale, et même à l'établissement d'un conseil de régence, destiné à tenir les rênes du gouvernement dans l'absence du chef de l'Empire. Le siège en fut établi à Nuremberg, et le monarque en fit l'ouverture en décembre 1500. L'ambassade qui était allée en France, ayant négocié une trêve, l'empereur refusa de la ratifier. Louis XII, ne voulant pas s'engager dans une expédition contre le royaume de Naples, tant qu'il aurait à craindre du côté de l'Allemagne et qu'il n'aurait pas reçu l'investiture du Milanais, s'adressa en même temps aux états de l'Empire et à l'archiduc Philippe, prince jeune et ambitieux, qui avait beaucoup d'ascendant sur l'esprit de son père. Il lui assurait pour son fils, qui était encore dans l'enfance, la main de Madame Claude de France, avec le Milanais en dot ; et il prit l'engagement de n'opposer aucun obstacle à ce que Philippe régnât sur la Castille et l'Aragon, dont il avait épousé, en 1496, l'héritière présomptive. Ebloui par ces offres brillantes, l'archiduc fit tous ses efforts pour réconcilier Louis XII et Maximilien ; et il finit par vaincre la répugnance de l'empereur. Le 13 octobre 1501, on conclut à Trente un traité par lequel le projet d'unir Madame Claude au fils de l'archiduc fut approuvé ; et la main de Marie, sœur du jeune prince, fut promise au premier enfant mâle qui naîtrait au roi de France. Maximilien devait, pour une somme convenue, accorder l'investiture du Milanais à Louis XII, qui, à son tour, promit de fournir des troupes pour combattre les Turcs, de favoriser le couronnement de l'empereur à Rome, et de soutenir les prétentions de la maison d'Autriche à la réversion des couronnes de Hongrie et de Bohême, ainsi que les droits de l'archiduc Philippe sur la succession d'Espagne.
      Préoccupé d'une prophétie qui semblait annoncer qu'il serait un conquérant célèbre, ou poussé plutôt par son génie inquiet et romanesque, Maximilien Ier, après avoir terminé ses démêlés avec la France, voulut se mettre à la tête d'une croisade ; et, pour éviter la lenteur des diètes, il sollicita, chacun en particulier, les princes et Etats de l'Empire. Les lecteurs, loin d'accéder à ses demandes, se plaignirent de la manière illégale dont il avait agi et s'assemblèrent (02 juillet 1502) à Gelnhausen, où ils formèrent la célèbre union électorale, par laquelle ils s'engageaient à n'avoir qu'une même opinion dans les diètes. Maximilien ordonna aux électeurs de se séparer ; mais, au lieu d'obéir, ils dressèrent une liste de griefs. L'empereur avait tenté de renverser la chambre impériale et le conseil de régence, et de les remplacer par le tribunal qui, dans la suite, a été appelé conseil aulique. La tentative qu'il fit pour ériger l'Autriche en électorat fut un autre grief. On s'y opposa vivement ; et Maximilien y renonça dans l'accommodement qui eut lieu. Ce prince, malgré tous ses embarras, n'avait pas abandonné son projet de croisade. Il s'était efforcé de lever une armée de volontaires et d'exciter l'enthousiasme des seigneurs allemands, en annonçant divers prodiges que l'on considérait comme des preuves réelles de l'intervention de la Divinité. Telle fut une pierre du poids de deux cent cinquante livres, tombée du ciel, près d'Ensisheim, dans la haute Alsace (1). L'empereur parlait aussi d'une maladie terrible qui avait enlevé des millions d'hommes (la maladie vénérienne), et d'instruments de la passion imprimés en couleur de sang sur le corps et les vêtements d'une foule de personnes. Ses exhortations ne furent pas tout fait vaines, et beancoup de seigneurs allemands prirent la croix. Des sommes considérables furent levées dans toute la chrétienté ; mais le pape Alexandre VI leur donna une destination différente ; et d'autres obstacles empêchèrent Maximilien d'effectuer cette folle expédition. Il fut obligé de marcher contre Robert, fils de l'électeur palatin, qu'il fit mettre au ban de l'Empire pour avoir envahi la succession de son beau-père Georges, duc de Bavière-Landshut, mort sans enfants mâles en 1503. Robert avait levé une armée en Bohême, et, dans le combat que lui livra l'empereur sous les murs de Ratisbonne, les troupes impériales plièrent et furent rompues par des sorties impétueuses. Plusieurs Bohémiens entourèrent Maximilien et l'enlevèrent de dessus sa selle, au moyen de leurs armes crochues. Eric, duc de Brunswick, étant accouru, reçut les coups portés à l'empereur et lui sauva la vie. Sans se déconcerter, Maximilien rallié ses troupes, les excite et les conduit à la victoire. Peu de temps après cette bataille, Robert mourut, laissant trois enfants en bas âge ; mais l'électeur palatin, soutenant les intérêts de ses petits-fils, continua les hostilités, et le Palatinat fut attaqué et dévasté. L'électeur, renfermé dans Heidelberg, fut contraint de se rendre. L'empereur prononça la sentence dans une diète tenue à Cologne (1504) : le pays situé entre le Danube et la Naab, qui a éïé ensuite appelé haut Palatinat, la ville de Neubourg et les terres allodiales furent adjugés aux fils de Robert et d'Elisabeth ; et le reste appartint à la branche de Munich. Maximilien, pour s'indenmiser des frais de la guerre, retint Kufstein, Geroldseck et quelques autres places, ainsi que le landgraviat d'Alsace. Ses alliés obtinrent aussi plusieurs districts ; et c'est ainsi que commença la décadence de la maison palatine.

      Pendant ce temps, Maximilien, mécontent du retard que Louis XII apportait à exécuter le traité de Trente, avait envové contre lui 3000 hommes dans le royaume de Naples, et se flattait de procurer cette couronne à sa famille. Mais les sentiments de l'archiduc Philippe différaient de ceux de son père. Ce jeune prince, allant des Pays-Bas en Espagne, avait été reçu avec de grands honneurs par le roi de France, et il avait renouvelé le traité de Trente. Il travailla ensuite à un raccommodement entre Louis XII et Maximilien. Par ses soins, on convint à Blois le 22 septembre 1504, d'un arrangement, qui fut presque aussitôt rompu que signé. Malgré rengagement qu'il venait de renouveler, le roi de France unit sa fille à François, duc d'Angoulême, depuis François Ier. Il promit sa nièce à Ferdinand d'Aragon. L'archiduc Philippe étant mort vers cette éoque, laissant un fils en bas âge, Maximilien chercha vainement, comme aïeul et tuteur du jeune prince, à se faire donner la régence de Castille : mais il fut plus heureux dans les Pays-Bas, dont il remit l'administration à sa sœur (Voyez Marguerite d'Autriche). Ce prince annonçait depuis longtemps l'intention de se rendre à Rome, pour y recevoir la couronne impériale. Jules II, voulant l'éloigner de l'Italie, conclut une ligue avec Louis XII, les Vénitiens et d'autres Etats ; mais bientôt, redoutant plus le roi de France que l'empereur, il pressa celui-ci de passer les Alpes, à la tête d'une armée. Ses instances furent appuyées par la république de Venise, qui offrit un passage dans ses Etats ; et Maximilien Ier, qui ouvrait alors une diète à Constance (1507), détermine cette assemblée à décréter la levée de 90.000 hommes. Cette levée se fit avec une activité peu commune ; et neuf cantons helvétiques promirent d'y joindre 6000 hommes. Mais Louis XII, qui ne voulait point être en guerre avec l'Empire, licencia son armée après avoir soumis Gênes. Les frayeurs de la diète s'évanouirent, et les préparatifs du corps germanique furent suspendus : la ligue italienne, formée pour empêcher Maximilien de pénétrer en Italie, fut au contraire renouvelée et l'on fit de grands préparatifs pour lui disputer le passage. Ces obstacles n'ébranlèrent point sa résolution, quoiqu'il eût à peine reçu le quart du subside de cent mille florins qu'on avait voté et qu'il n'eût été rejoint que par une partie de l'armée. A la tête de 25.000 hommes au plus, il passa les Alpes au cœur de l'hiver, et descendit dans l'évêché de Trente (1508). Après une vaine tentative pour secourir le parti des mécontents à Gênes, il prit le titre d'empereur élu, et requit Venise de lui laisser le libre passage. Sa demande fut rejetée avec de grandes marques de respect, et on lui offrit de le laisser passer sans son armée. L'empereur mit le doge et le sénat au ban de l'Empire, assiégea Vicence et s'empara de Cadore : mais l'approche de l'armée combinée de France et de Venise le fit replier dans le Frioul, et mit fin à une entreprise mal concertée. Afin de sauver son honneur, il publia une bulle du pape qui lui conférait le titre d'empereur des Romains, et courut à Ulm pour donner de la vigueur aux résolutions de la diète et en tirer des secours ; mais, tandis qu'il pressait ses demandes, les troupes françaises et vénitiennes enveloppèrent les Allemands dans le Frioul, les firent prisonniers, et reprirent toutes les places qui avaient cédé aux premiers efforts des impériaux. Elles s'emparèrent de Trieste et de Fiume, et elles auraient envahi tout le Trentin, si Louis XII, mécontent de Venise, ne lui avait retiré son appui.
      On conclut (en 1508) une trêve de trois ans ; mais Maximilien n'attendit pas ce terme pour susciter de nouveaux ennemis à cette orgueilleuse république. Jules II, Louis XII et Ferdinand d'Aragon entrèrent dans ses vues, et sous prétexte de régler des contestations qui s'étaient élevées à l'occasion du duché de Gueldre, Marguerite d'Autriche et le cardinal d'Amboise se rendirent à Cambrai avec des pleins pouvoirs, et tous les points en contestation entre la France, la maison Autriche et le duc de Gueldre furent bientôt réglés (3). Les deux principaux articles du traité portaient que l'empereur, moyennant cent mille ducats, accorderait à Louis XII une nouvelle investiture du Milanais, et que Maximilien renoncerait aux mariages convenus par le traité de Blois. La ruine et le partage des Etats de Venise entre les grandes puissances furent arrêtés par les articles secrets du même traité ; et il fut convenu que l'empereur aurait Vérone, Padoue, Vicence et le Frioul. Impatient d'obtenir ces dépouilles, tandis que les rois de France et d'Aragon réunissaient leurs forces, il convoqua (avril 1509), à Worms, une diète de l'Empire laquelle il exposa le plan de la ligue. Mais il n'en reçut que des reproches, auxquels il répondit par une apologie véhémente, et qui eût été d'un faible secours, si, pendant ce temps, les Français n'avaient pas réduit les Vénitiens à la dernière extrémité. Dans cette fâcheuse position, ceux-ci cherchèrent à gagner l'empereur, et ils offrirent de le reconnaître pour suzerain, de lui payer un tribut et de rendre à la maison d'Autriche tout ce qu'ils lui avaient enlevé.

      Séduit par des offres aussi brillantes, Maximilien était près d'abandonner la France ; mais il fut retenu par les représentations du cardinal d'Amboise, qui s'était rendu à Trente pour y recevoir, au nom du roi, l'investiture du Milanais (juin 1509). Après la cérémonie, l'empereur renouvela le traité de Cambrai, et accepta la proposition d'avoir près du lac de Garde une entrevue avec Louis XII. Cette entrevue fut sans résultat. L'empereur refusa l'investiture promise, et il se brouilla de nouveau avec Louis XII. N 'ayant pu se mettre assez promptement en possession des places qui lui étaient dévolues, il échoua devant Padoue, et fit en 1510 une autre campagne qui ne fut pas plus décisive. Peu de temps après, le roi de France ayant assemblé un concile national à Tours, l'évêque de Gurck s'y présenta comme ambassadeur de Maximilien. L'assemblée s'étant conformée aux vues de son roi, on proposa de faire revivre la pragmatique sanction de Charles VII. L'empereur voulut la faire recevoir aussi dans les états de l'Empire ; mais les évêques allemands ne se montrèrent pas aussi traitables que les prélats français. Ce furent probablement et leur résistance et les conseils de Ferdinand d'Aragon qui portèrent Maximilien Ier, quoiqu'il eût déjà donné un édit pour la convocation d'un concile universel (16 janvier 1511), à consentir à la tenue d'un congrès où l'on devait travailler à une pacification générale.

      Les plénipotentiaires de toutes les puissances se réunirent à Mantoue. Jules II, qui ne songeait qu'à expulser les Français de l'Italie, chercha de nouveau à leur enlever l'appui de Maximilien ; mais tous ses efforts échouèrent, ainsi que ceux de Venise, qui offrit vainement à l'empereur un équivalent en argent pour qu'il abandonnât ses prétentions. Ce prince avait trop à cœur de faire des acquisitions en Italie ; et, lorsque les intrigues du pape eurent opéré la dissolution du congrès, il resserra l'alliance qu'il avait contractée avec la France, pour qui elle fut d'un faible secours. Maximilien y renonça toutefois à une époque où il paraît qu'il aurait dû y tenir davantage, c'est-à-dire lorsque les Français, sous la conduite de Gaston de Foix, eurent remporté de grands avantages en Italie. L'empereur fut gagné, dit-on, par le roi d'Aragon, qui le flatta de l'espoir de recouvrer le Milanais, et même d'être élevé à la papauté, chimère dont il se repaissait depuis quelque temps. Une maladie grave dont Jules II fut atteint échauffa de plus en plus l'ambition de Maximilien, qui, ayant besoin d'argent pour gagner les membres du conclave, fut sur le point d'engager aux Fugger, célèbres banquiers d'Augsbourg, les ornements impériaux. Lorsque le rétablissement du pape eut trompé l'attente de l'empereur, il ne perdit pas encore de vue son projet ; il sollicita même le titre de coadjuteur du saint-siège, qu'il ne put obtenir malgré ses relations avec Jules II, auquel il se réunit contre le roi de France et la république de Venise. Ce pape étant mort peu de temps après, le cardinal Jean de Médicis fut placé dans la chaire de saint Pierre sous le nom de Léon X.
      Maximilien, comptant sur l'appui du nouveau pontife, autorisa Marguerite, sa fille, à conclure avec le roi d'Angleterre, Henry VIII, un traité par suite duquel le monarque anglais passa la manche avec 15.000 hommes, s'avança dans l'Artois et mit le siège devant Térouenne. Maximilien ne crut pas s'abaisser en servant dans l'armée anglaise comme volontaire, avec un traitement de cent écus par jour. Ce fut lui toutefois qui dirigea les opérations de la campagne ; et il signala de nouveau son courage et son activité à Guinegate, où il remporta une victoire décisive (4) sur une armée française venue au secours de la place. La paix se fit bientôt avec le roi de France, qui promit de donner la main de Renée, sa fille, à l'un des archiducs, avec le duché de Milan et Gênes pour dot. Toutefois les hostilités continuèrent entre Venise et les confédérés. Les troupes impériales eurent d'abord l'avantage, mais à la fin de la campagne de 1514, les Vénitiens eurent recouvré la plus grande partie de leurs Etats de terre ferme, et une trêve fut conclue par la médiation du pape.

      Pendant ce temps Louis XII était mort (1er janvier 1515), et François Ier, son successeur, marchant à la conquête du Milanais, avait gagné la bataille de Marignan, tandis que des intérêts puissants empêchaient l'empereur de prendre part à cette campagne. Par un double mariage de deux de ses petits-enfants avec les fils de Ladislas, roi de Bohême et de Hongrie, il avait assuré les droits de sa famille à la réversibilité de ces deux royaumes. Il eut à peine formé cette union, que l'archiduc Charles, son petit-fils, se vit par la mort de Ferdinand d'Aragon, héritier de toutes les couronnes d'Espagne. François Ier cherchait à faire revivre les droits de la France sur le royaume de Naples ; mais de son côté, Maximilien brûlait de relever sa puissance en Italie. Outre vingt mille ducats qu'il avait reçus du roi d'Aragon, le roi d'Angleterre, Henry VIII, lui fournit des sommes considérables. Excité secrètement par le pape, il passe les Alpes (mars 1516), délivre Brescia qui était serrée de près par les Français, s'empare de Lodi et investit Milan. Sans l'arrivée de 13.000 Suisses que la France venait de prendre à sa solde, tout le Milanais était envahi : mais les Suisses des deux armées refusèrent d'en venir aux mains les uns contre les autres ; et ceux de l'empereur réclamèrent leur solde à grands cris. Maximilien, effrayé, se retira derrière l'Adda, et dans l'ombre de la nuit il crut entendre les spectres de Léopold et de Charles le Téméraire lui recommander de se défier des Suisses. Il n'osa plus se montrer à ses troupes, qui ne tardèrent pas à se débander ; et leur dispersion fut suivie de la prise de Brescia et de l'investissement de Vérone. Ayant fait après cet échec de vains efforts pour réunir le pape, l'Angleterre et son petit-fils contre la France, Maximilien se vit obligé de rendre Vérone et de déposer les armes. Ainsi finit pour lui cette guerre, occasionnée par la ligue de Cambrai.
      Quelque malheureux que ce prince ait été dans ses opérations extérieures, on ne peut nier qu'il n'ait signalé son administration par des mesures sages et des établissements utiles. C'est sous son règne que fut complétée la division de l'Allemagne en dix cercles (5). Il fit régner constamment la tranquillité dans ses Etats, abolit définitivement la redoutable cour Vehmique, ou tribunal secret de Westphalie ; et la jurisprudence de l'Allemagne se réduisit en système par l'introduction de conseils auliques dans les divers Etats. La dernière diète que présida Maximilien s'ouvrit à Augsbourg au mois de juillet 1518. Il l'avait convoquée dans le double dessein de former une croisade contre les Turcs, et de faire élire roi des Romains Charles, son petit-fils ; mais on éluda sous divers prétextes, et il ne put rien obtenir.
      Son règne approchait de sa fin, lorsque commença le schisme de Luther, qui a produit dans l'état religieux et politique de l'Europe cette révolution qui en a enfanté tant d'autres. Maximilien, qui aimait les opinions neuves et hardies et qui redoutait les invasions de l'autorité spirituelle, ne témoigna aucun mécontentement des premières attaques du réformateur, et il se contenta d'adresser à Léon X une lettre où il insistait sur la nécessité de mettre fin à des disputes dangereuses. Les progrès de la maladie qui le mit au tombeau furent du reste si rapides, qu'il n'aurait pu prendre aucune part à la discussion. Depuis quatre ans il ne voyageait plus sans traîner après lui son cercueil (6), auquel on l'entendait souvent adresser la parole. Peu de temps après être arrivé à Inspruck, où il se proposait de régler l'ordre de succession à ses Etats héréditaires, il fut saisi de la fièvre ; et pour changer d'air il se fit porter à Wels, dans la haute Autriche : un excès de table (7) y redoubla son mal. Sentant approcher sa fin, il reçut les derniers sacrements et fit son testament. Il ordonna qu'après sa mort on lui coupât les cheveux, qu'on lui tirât les dents, qu'on les broyât et qu'on les réduisît en cendres ; que son corps fût renfermé dans un sac rempli de chaux vive, déposé dans son cercueil et inhumé sous un autel de l'église de Neustadt (8). Enfin il donna sa bénédiction à ceux qui étaient présents, répondit lui-même aux prières des agonisants, et mourut le 11 janvier 1519, dans la 60ème année de son âge.
      Maximilien laissa de Marie de Bourgogne, sa première femme, deux enfants, Philippe et Marguerite d'Autriche. Blanche-Marie, sa deuxième femme, ne lui en avait point donné : il en eut quatorze de diverses maîtresses. De tous les successeurs de Rodolphe de Hapsbourg, Maximilien, dit Coxe, fut le plus remarquable par les qualités de l'esprit et du corps ; sa taille était moyenne mais bien prise, et il avait autant de force que d'agilité ; il avait l'air mâle, les traits agréables et la physionomie animée. Son port et tous ses mouvements étaient pleins de majesté et de grâce. Le son de sa voix était flatteur ; toutes ses manières annonçaient la noblesse de ses sentiments : ses qualités aimables, sa franchise et son esprit conciliant, la facilité avec laquelle il s'exprimait en latin, en allemand, en français, faisaient l'admiration générale. Il avait d assez grandes connaissances dans les sciences et les arts ; et il encouragea la culture des lettres par sa protection et son exemple. Ses exploits et ses amusements même font connaître l'intrépidité de son âme. Il se plaisait beaucoup à la périlleuse chasse du chamois ; et il surpassait dans tous les exercices du corps et surtout dans les tournois la plupart de ses contemporains. Ce prince tenait à Worms, en 1495, sa première diète, lorsque Claude de Batre, chevalier français célèbre par ses faits d'armes, fit publier qu'il se battrait corps à corps, contre tout Allemand qui oserait se présenter. Ce défi restant sans réponse, Maximilien fit annoncer qu'un chevalier allemand soutiendrait le combat ; et au jour fixé, il se présenta dans la lice, combattit longtemps, reçut un coup à la poitrine, et contraignit enfin son adversaire à lui céder la victoire. Les applaudissements éclatèrent de toutes parts ; et le vainqueur ayant levé la visière de son casque, les spectateurs furent aussi charmés que surpris de reconnaître l'empereur. Aucun prince ne possédait à un plus aut degré les qualités qui font les guerriers. Il supportait la fatigue, était actif, audacieux jusqu'à la témérité, passionné pour la gloire et doué d'un courage supérieur à tous les obstacles, à tous les dangers. Durant ses guerres contre la France et dans la Gueldre, il envoya plus d'une fois défier tout chevalier qui voudrait se mesurer avec lui, et deux fois tua son adversaire. La théorie de la guerre ne lui était pas moins familière que la pratique ; et il perfectionna la manière de fondre les canons, la construction des armes à feu, et la trempe des armes défensives. On lui attribue plusieurs découvertes dans la pyrotechnie. Il établit le premier, dans les Etats autrichiens, une armée permanente ; il arma ses troupes de lances d'une nouvelle forme et dont l'usage devint bientôt général. Enfin, ce prince a composé et laissé en manuscrit de nombreux traités sur presque toutes les branches des connaissances humaines ; sur la religion, sur la morale, sur l'art militaire, sur l'architecture, sur ses propres inventions, sur la chasse au tir et à l'oiseau, sur l'art de cultiver les jardins, et même sur celui de faire la cuisine (9) : mais quelles que fussent les bonnes qualités de ce prince, elles étaient balancées par de grands défauts.

      Son imagination ardente le jetait sans cesse dans des entreprises au-dessus de ses forces : il les formait sans calcul ni prévoyance, les suivait avec mollesse et les abandonnait au premier obstacle. Un plus grand défaut était son peu d'économie. Fils d'un prince avare, il méprisa l'argent dès sa jeunesse, et ce mépris dégénéra bientôt en une folle prodigalité. Après avoir reçu des subsides de beaucoup de puissances, il se trouva dans une sorte de besoin et réduit aux expédients les plus honteux ; ce qui lui fit donner le sobriquet humiliant de Sans argent. Quoique ce prince n'ait fait aucune conquête, on peut le considérer comme le second fondateur de la maison d'Autriche, à laquelle il a procuré par d'utiles mariages la riche succession de Bourgogne, toutes les couronnes d'Espagne et celles de Hongrie et de Bohême. Les moyens dont il usa pour ces importantes acquisitions ont fourni le sujet de la fameuse épigramme attribuée à Mathias Corvin :

Bella gerant alii ; tu, felix Austria, nube :
Nam quæ Mars aliis, dat tibi regna Venus.

      Aussi jaloux d'illustrer sa maison que d'en étendre les possessions, Maximilien fit parcourir l'Allemagne à des savants chargés de compulser les archives des couvents, pour y recueillir les généalogies de sa famille et copier les inscriptions placées sur les tombeaux des princes autrichiens. Ce fut dans ces recherches qu'on retrouva l'ancien itinéraire de l'empire romain, connu sous le nom de Table de Peutinger.

      On a composé sur Maximilien de nombreux écrits : les Dangers et partie de l'histoire du célèbre chevalier Theurdannek, 1517, in-fol. ; sorte de poème orné d'estampes gravées sur bois, et préparées par Maximilien lui-même : l'auteur est Melchior Pfintzing, secrétaire de ce prince. Voyez les Mémoires (Beytræge) pour l'histoire critique de la langue allemande, t. 2, p. 191, où l'on trouve un long extrait de la dissertation de J.-D. Koeler, sur le Theuerdanek (Voyez J.-D. Koeler). – Le Weiss Kunig (le Roi sage, ou le Roi blanc), livre singulier contenant un extrait de ce qui est relatif à la naissance, aux études et aux actions les plus remarquables de Maximilien, qui probablement l'a dicté à Marc Treitzsaurwein, un autre de ses secrétaires (Voyez Burgkmair). Cet ouvrage, qui est accompagné de 237 planches gravées aussi sur bois, n'a été publié qu'en 1775. Voyez l'Histoire du règne de l'empereur Maximilien Ier, par D.-H. Hegewisch, Hambourg, 1782, 2 part. in-8° (en allemand) ; ibid., 1819, 2 vol. in-8° ; et Maximilien Ier, empereur d'Allemagne, et Marguerite d'Autriche, sa fille, par J.-G. Le Glay, Paris, 1829, in-8°. M. Le Glay a publié également, Paris, 1840, 2 vol. in-8°, la Correspondance de l'empereur Maximilien Ier et de Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas, de 1507 à 1519.


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(1)  L'érection de l'Autriche en archiduché date de 1453. Cependant la plupart des auteurs français, notamment Comines, ne donnent à Maximilien que le titre de duc, mais il prenait réellement celui d'archiduc que la France a reconnu dans la maison d'Autriche par les traités de Francfort (1489) et de Senslis (1493).

(2)  Ce récit et d'autres du même genre ont passé pour des fables, jusqu'à ce que des événements récents et des recherches exactes en aient démontré l'authenticité. La pierre d'Ensisheim a été analysée par un chimiste français ; et il en est question dans la 1ère partie des Transaction philosophiques, année 1802.

(3)  Il paraît cependant qu'il y eut entre les deux négociateurs des altercations assez vives. « Nous sommes, M. le légat et moi, écrivait Marguerite, près de nous prendre au poil. »

(4)  Cette bataille est connue sous le nom de journée des Eperons.

(5)  On ajoutait les cercles d'Autriche, de Bourgogne, de haute Saxe et du haut Rhin aux six anciens.

(6)  On rapporte que Maximilien faisant bâtir un palais à Inspruck témoigna son mécontement d'une bévue que l'architecte avait commise, et qu'il dit à un de ses officiers : « Je ferai construire une autre demeure. » Il fit en effet venir un charpentier et lui commande un cercueil. On y joignit un poêle et tous les objets nécessaires à des funérailles. Le tout fut déposé dans un coffre, dont l'empereur garda la clef, et que l'on portait à sa suite dans tous ses voyages. Ceux qui l'accompagnaient crurent que son trésor était renferme dans cette caisse.

(7)  Il mangea immodérément du melon. Frédéric III, son père, avait commis la même imprudence, et en était mort.

(8)  Le corps de Maximilien Ier a été ensuite transféré à Inspruck ou l'empereur Ferdinand Ier lui a fait ériger un superbe mausolée.

(9)  On a imprimé : sa lettre De pontificia et imperatoria dignitate conjungenda, dans les Monita politica de curia romana, Francfort, 1609, in-4° ; sa Querela contra abusus atque gravamina romanistarum, dans le Fasciculus rerum expetendarum, 1636 (Voyez Gratius).  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 27 - Pages 373-380)




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