Vous êtes ici : Biographies & portraits | P | Nicolas Pavillon (17 novembre 1597, à Paris - 08 décembre 1677, à Alet)

Nicolas Pavillon

(17 novembre 1597, à Paris - 08 décembre 1677, à Alet)
Evêque d'Alet de 1639 à 1677
© France-Spiritualités™




Biographie universelle ancienne et moderne

Tombe de Nicolas Pavillon, dans le cimetière d'Alet-les-Bains (Aude)      Nicolas Pavillon, évêque d'Aleth, né à Paris le 17 novembre 1597 d'un auditeur à la chambre des comptes, entra de bonne heure dans l'état ecclésiastique ; il fit ses humanités au collège de Navarre et son cours de théologie en Sorbonne. Il mêlait l'exercice des bonnes œuvres à l'étude des connaissances de son état, et sa piété le fit remarquer de saint Vincent de Paul, qui l'admít dans ses conférences du mardi à St-Lazare et l'employa dans sa mission. L'abbé Pavillon ne voulut recevoir le sacerdoce qu'à trente ans ; il était cité comme un de ceux qui secondaient avec le plus de zèle les efforts de plusieurs hommes recommandables pour établir une bonne discipline dans le clergé. Sans être attaché à aucune paroisse, il exerçait assidûment le ministère, se livrait à la prédication, visitait les hôpitaux et dirigeait beaucoup de personnes pieuses.

      Vincent de Paul l'indiqua comme un sujet digne de l'épiscopat, et le cardinal de Richelieu le fit nommer en effet à l'évêché d'Aleth, en Languedoc. Pavillon n'accepta ce fardeau qu'avec beaucoup de répugnance ; il fut sacré en 1639 et se rendit aussitôt dans son diocèse avec la ferme intention de ne plus revenir à Paris. Le spirituel et le temporel de l'évêché avaient été également négligés et offraient une ample matière à son zèle. Le prélat établit un séminaire dans sa propre maison, institua des conférences ecclésiastiques, tint des synodes fréquents, visita exactement son diocèse, forma des écoles pour les deux sexes et fit des règlements sages, auxquels sa conduite et sa vertu donnaient une nouvelle autorité. Ennemi déclaré de tout relâchement, il alla jusqu'à mettre en pénitence publique les pécheurs scandaleux et jusqu'à excommunier ceux qui résistaient à ses monitions. Cette sévérité excita de vives plaintes et donna lieu à des procès : mais l'évêque ne se départit jamais du plan qu'il avait adopté, et l'estime qu'on avait pour lui à la cour prévalut sur les réclamations de tous ceux dont il cherchait à réprimer les désordres ; il eut aussi quelques démêlés avec les religieux de son diocèse : il avait d'abord appelé pour le seconder des missionnaires de la congrégation de St-Vincent de Paul et des jésuites ; mais il les congédia ensuite. Sa charité parut avec éclat dans une épidémie qui affligea son diocèse en 1651 ; il allait de tous côtés visiter les pauvres et les malades et ne montra pas moins d'ardeur, pour secourir les victimes de la guerre, lors d'une invasion que les Espagnols firent dans son diocèse. Deux affaires particulières troublèrent son épiscopat. Il était lié avec le docteur Arnauld et avec les amis et les partisans de ce docteur. Ces relations l'entraînèrent dans quelques démarches qui ne furent pas généralement approuvées ; Vincent de Paul en écrivit à l'évêque et lui fit des observations auxquelles celui-ci ne se rendit pas entièrement.

      Toutefois, ce ne fut qu'après la mort de saint Vincent que ce prélat se déclara tout à fait. Il donna le 1er juin 1665 un mandement dans lequel il distinguait le fait du droit dans la signature du formulaire. Ce mandement fut condamné à Rome et à Paris, et il s'ensuivit de longues négociations qui furent terminées en 1668 par une lettre que l'évêque d'Aleth et ses trois collègues adressèrent au pape et dans laquelle ils assuraient qu'ils avaient souscrit et fait souscrire aux constitutions apostoliques suivant l'intention du saint-siège. Cette déclaration, que le pape dut croire sincère, arrêta les poursuites et amena ce qui fut appelé la Paix de Clément IX : on peut en voir les détails dans l'Histoire des cinq propositions, de l'abbé Dumas. Au milieu de ces disputes, le même prélat avait publié un nouveau rituel pour son diocèse ; les instructions en avaient été revues par Arnauld : le pape condamna ce livre par un décret du 09 avril 1668. Pavillon défendit son rituel par une ordonnance, le fit imprimer de nouveau et y joignit les approbations de quelques évêques ses amis. On trouva de l'affectation et une sorte de bravade dans cette impression : plus tard, l'évêque envoya au pape un mémoire où il semblait flotter entre la soumission et le désir de soutenir son ouvrage.
Panneau de l'avenue Nicolas Pavillon, sur laquell est située l'abbaye d'Alet (Aude)      Ce prélat, recommandable par son zèle, sa régularité, ses immenses charités et ses travaux, mourut dans sa ville épiscopale le 08 décembre 1677. Le Nécrologe de Port-Royal entre dans quelques détails sur les vertus de cet évêque ; on peut voir aussi les Mémoires pour servir à la vie de M. Pavillon, 1733, in-12, et la Vie de M. Pavillon, 1739, in-12. M. Barbier dit que ce dernier ouvrage est de Lefèvre de St-Marc et de la Chassagne et qu'il a été composé sur les mémoires dressés ou revus par Vaucel : l'abbé Goujet prétend, dans la dernière édition du Moréri, que ces derniers Mémoires n'ont jamais existé.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 32 - Page 323)



Dictionnaire universel d'histoire et de géographie de Bouillet

       Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 20ème édition (1866), p. .




Site et boutique déposés auprès de Copyrightfrance.com - Toute reproduction interdite
© 2000-2020  LB
Tous droits réservés - Reproduction intégrale ou partielle interdite

Taille des
caractères

Interlignes

Cambria


Mot de passe oublié
Créer un compte