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Pépin le Gros / Pépin d'Héristal / Pépin de Herstal / Pépin le Jeune

Pépin le Jeune / Pépin de Herstal
(?, à Héristal, sur la Meuse - 16 décembre 714, à Jupille, en Belgique)
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Pépin le Gros ou Pépin d'Héristal, petit-fils de Pépin le Vieux, père de Charles-Martel, aïeul de Pépin le Bref qui devint roi de France et fonda la seconde dynastie, contribua beaucoup par son ambition, sa prudence, ses grandes qualités et l'art de captiver l'amour des peuples, à avancer une usurpation que sa famille mit un siècle à accomplir. Il reçut le nom de Pépin, si cher aux Austrasiens, quoiqu'il ne descendît de Pépin le Vieux que par sa mère ; ces substitutions fictives étaient autorisées par l'usage.

      Après l'assassinat de Dagobert, la famille de France se trouva éteinte en Austrasie ; et suivant les coutumes observées depuis Clovis, ce royaume devait rentrer sous la domination de Thierri ; mais les Austrasiens avaient de tout temps montré la plus ferme résolution d'avoir au milieu d'eux le prince destiné à les gouverner, ou, à son défaut, de former un royaume distinct, régi par un maire du palais, qui ne rendait guère au roi éloigné qu'un hommage de forme ; cette disposition servit les projets de Pépin le Gros.

      Thierri était asservi par son maire du palais, Ebroïn ; cet homme inspirait d'autant plus d'horreur à la cour d'Austrasie, que toutes les victimes de son avarice et de sa cruauté allaient y chercher un asile et attendre l'occasion de se venger. Dans la crainte de tomber sous la puissance d'Ebroïn, les Austrasiens se prêtèrent à secouer le joug de l'autorité royale, et nommèrent pour les gouverner les ducs Pépin et Martin ou Martel. Ebroïn fit la guerre à ces peuples pour les ramener dans le devoir ; il remporta sur eux une victoire dans laquelle le duc Martin périt ; mais Pépin ne se laissa point abattre par cet échec ; il se soutint jusqu'au moment où Ebroïn fut assassiné ; cessant alors de garder la défensive, il porta ses armes dans le royaume de Neustrie, sous le prétexte de faire obtenir justice à tous les proscrits réfugiés en Austrasie. Thierri fut vaincu, et n'osant plus contester la bonté de la cause que défendait Pépin, il le nomma maire du palais, se mit, ainsi que la France, sous la domination du vainqueur, et légitima l'usurpation du royaume d'Austrasie ; car Pépin resta duc souverain de ces contrées et ne fut maire que des Etats qui ne réclamaient point contre l'autorité de Thierri. En paraissant augmenter le pouvoir de ceux qu'ils ne pouvaient vaincre, les rois de la première race imitaient la politique des empereurs de Constantinople à l'égard des barbares ; et peut-être cette condescendance aurait-elle sauvé les héritiers du grand Clovis, s'il s'était enfin élevé un prince digne de lui succéder.

      Pépin ne prit point le titre de roi ; l'abandon général dans lequel était tombé son oncle Grimoald, lorsqu'il avait cru le moment favorable pour placer son fils sur le trône, indiquait que les Français conservaient encore une vive reconnaissance pour la famille du héros qui les avait établis dans les Gaules ; ce sentiment avait besoin d'être ménagé. Quoique le roi ne se montrât point, tout se conduisait en apparence par son autorité, et les victoires que Pépin remportait sur les princes tributaires qui avaient profité des troubles intérieurs pour secouer le joug ; l'ordre qu'il rétablissait dans le royaume, ses conquêtes qui en agrandissaient le territoire, le soin qu'il prenait de rappeler les vieilles coutumes si chères à la nation, les richesses qu'il prodiguait aux églises, son zèle pour la propagation du christianisme, le bonheur dont les Français jouissaient par ses soins, lui attiraient sans doute de nombreux partisans, mais ne pouvaient éloigner les cœurs d'un roi sous le nom duquel tant de bien s'accomplissait. Il fallait d'ailleurs du temps pour accoutumer les grands à voir un souverain dans celui qui était leur égal ; et si les Austrasiens, dont il était l'idole, lui avaient d'abord donné un collègue en lui confiant le soin de les gouverner, on croira sans peine que les seigneurs de Bourgogne et de Neustrie, auxquels il était à peu près étranger, se seraient promptement ligués contre lui si, dévoilant tout à coup son ambition, il leur eût fourni l'occasion d'éclater. Pépin le Gros ne se trompa jamais sur ce que les circonstances lui permettaient. Il fut averti de la disposition secrète des principaux personnages de l'Etat par la mort de son fils Grimoald, qu'il avait fait duc de Bourgogne et qui fut assassiné au moment où, lui-même étant dangeureusement malade, le parti qui lui était opposé crut arrêter l'usurpation et rappeler le gouvernement à son ancienne forme. Il punit cet attentat avec beaucoup de sévérité et profita de la terreur des exécutions pour nommer son petit-fils, encore enfant, maire du palais de Dagobert II, qui lui-même était en bas-âge ; entreprise d'autant plus hardie qu'elle attaquait le droit incontestable qu'avaient les seigneurs d'élire à cette place.

      Pépin le Gros, approchant toujours de la royauté, et n'osant s'en emparer, mourut le 16 décembre 714, après avoir gouverné 28 ans la France sous les rois Thierri, Clovis III, Childebert III et Dagobert II. Il laissa pour héritier de ses projets son fils Charles-Martel (Voyez Alpaïde).  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 32 - Pages 440-441)



Dictionnaire M. Bescherelle

Pépin d'Héristal ou Pépin le Gros, né à Héristal, sur la Meuse, était petit-fils par sa mère de Pépin de Landen. Il gouverna l'Austrasie à titre de duc, après l'assassinat de Dagobert II en 680, envahit la Neustrie en 687 ; transporta la royauté en Austrasie ; gouverna en souverain sous les trois rois fainéans, Clovis III, Childebert III et Dagobert II ; et mourut en 714, ne laissant de ses trois fils que Charles-Martel.  M. Bescherelle, aîné, Dictionnaire national ou Dictionnaire universel de la langue française - Volume II (G-Z) (1856), p. 836.




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