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Totila / Baduila / Baduelle

(? - 552, à Tagina, aujourd'hui Gualdo Tadino)
Roi des Ostrogoths de 541 à 552
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      Totila, roi des Ostrogoths, surnommé Baduelle, était duc de Frioul en 541, pendant les règnes d'Hildibald et d'Eraric. La monarchie des Ostrogoths, ébranlée par les victoires de Bélisaire, ne comprenait plus, à cette époque, que les provinces situées entre le Pô et les Alpes. Des divisions funestes avaient éclaté entre les chefs de cette nation, et Totila, neveu de l'avant-dernier roi d'Hildibald, craignant d'être à son tour victime des assassins de son oncle, était déjà entré en négociation avec les Grecs ; mais avant que le traité fût conclu, à la fin de l'année 541, les Goths massacrèrent Eraric et proclamèrent Totila à sa place. Ce jeune prince, dont la prudence égalait la valeur, dut surtout ses premiers succès à l'ineptie et aux divisions des généraux grecs qui lui étaient opposés. Les Goths étaient tellement abattus par leurs précédentes défaites, qu'ils abandonnaient, à l'approche de l'ennemi, les villes les plus fortes. Ce fut au hasard seul que Totila dut, en 542, la conservation de Vérone ; et ce succès peu glorieux lui ayant donné le moyen de rassembler une armée de 5000 Goths, il alla chercher les Grecs qui s'étaient retirés près de Faenza, avec une armée non moins forte ; il les attira dans une embuscade et les battit, après quoi il entra en Toscane, où il fut entouré par des forces supérieures ; mais une terreur panique, qui saisit ses ennemis, le délivra de leur armée. Les prisonniers que fit Totila dans cette occasion étant presque tous des soldats mercenaires et sans patrie, il les détermina aisément à se ranger sous ses étendards. Alors, avec une armée plus respectable, il s'avança dans le midi de l'Italie, quoique aucune ville ne voulût lui ouvrir ses portes. Il prit Bénévent, dont il rasa les murailles, et ensuite Cumes, où les femmes de plusieurs sénateurs romains s'étaient retirées. Il les renvoya généreusement à leurs maris, sans qu'on leur fît aucun outrage. Naples, qu'il avait longtemps assiégée et que les Grecs avaient vainement tenté de ravitailler, se rendit à Totila en 543, et le généreux vainqueur soigna lui-même le régime de ses ennemis, afin qu'en passant tout à coup d'une extrême disette à une extrême abondance, ils ne fussent pas victimes de leur voracité. Totila, en étendant chaque jour son gouvernement sur des provinces nouvelles, faisait bénir sa justice, tandis que l'Italie entière accusait les Grecs d'avarice, de débauche et de cruauté. Totila, qui ne voulait point affaiblir son armée en détachant des garnisons, et qui rasait partout les murs des villes, pour n'être pas exposé à les reprendre une seconde fois, avait besoin de compter sur l'affection des habitants. En 545, Justinien sentit la nécessité de rappeler Bélisaire de la guerre de Perse pour l'opposer à Totila ; mais il lui donna si peu de soldats et d'argent, que ce grand général ne put empêcher le roi goth de prendre Spolète, Assise, Pérouse, Plaisance et enfin Rome elle-même, presque sous les yeux de Bélisaire, qui était alors à Porto. La capitale de l'empire, avant d'être livrée aux Goths, avait éprouvé les dernières extrémités de la faim et de la misère ; la veuve de Boèce, Rusticiana, après avoir distribué son immense fortune aux pauvres, s'était trouvée réduite elle-même à mendier son pain. Quoique cette dame illustre eût fait renverser dans tous les quartiers de la ville les statues de Théodoric, par une vengeance tardive du supplice de son mari et de son père, Totila ordonna qu'elle fût traitée avec respect.

      Le roi goth, voulant ensuite marcher dans la Lucanie, fit abattre les murailles de Rome, afin de n'être pas obligé d'y laisser une garnison. On assure qu'il voulait aussi raser les plus somptueux édifices de cette ville, de crainte que les Grecs ne s'y fortifiassent ensuite contre lui ; mais Bélisaire lui écrivit pour le conjurer de respecter ces monuments d'une gloire passée, et Totila préféra le culte des souvenirs à son propre intérêt. Quarante jours après le départ du roi goth et de son armée, en 547, Bélisaire rentra dans Rome, qu'il trouva déserte, et il s'y fortifia de manière à pouvoir bientôt y soutenir un nouveau siège. Cependant, de petits combats se répétaient chaque jour d'une extrémité à l'autre de l'Italie, et telle était la désolation de cette contrée, que des corps de 200 ou 300 hommes, Grecs ou Ostrogoths, étaient réputés former une armée.

      En 548, Bélisaire fut rappelé par Justinien pour être chargé de la guerre de Perse ; et l'année suivante Totila reprit Rome, qu'il résolut cette fois de ne point abandonner. Ne pouvant obtenir la paix de Justinien, il attaqua la Sicile, qu'il dévasta en grande partie, et il réduisit les Grecs à n'avoir plus en Italie que quelques partis errants et quelques forteresses éloignées, sans liaison les unes avec les autres. Enfin, Justinien envoya Narsès en Illyrie, en 551 ; et ce général, après y avoir rassemblé une armée plus considérable qu'acune de celles qui jusqu'alors avaient soutenu le parti impérial, entra en Italie, en suivant les rives de l'Adriatique, et vint chercher Totila dans l'Apennin, entre Matuela et Gubbio, dans un lieu nommé Tagina, où les Goths furent défaits en 552, après la bataille la plus sanglante. Totila, blessé mortellement, expira peu de jours après. Teja, un de ses généraux, recueillit les restes de son armée et porta encore une année le titre de roi des Ostrogoths ; cependant, ce fut la mort de Totila qui entraîna la ruine d'une monarchie qu'il était seul en état de défendre encore.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 42 - Page 5)




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