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Pape Urbain VIII

Maffeo Barberini (1568, à Florence - 1644, à Rome)
233ème pape - Pape du 06 août 1623 au 29 juillet 1644
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Maffeo Barberini, pape sous le nom d'Urbain VIII, succéda à Grégoire XV, et fut élu le 06 août 1623. Il était d'une famille noble et ancienne de Florence, où elle avait occupé des places considérables. Dès son plus jeune âge, Barberini s'était distingué par ses heureuses dispositions. A l'âge de dix-neuf ans, il fut fait prélat. Sixte-Quint l'avait nommé référendaire ; Clément VIII lui avait donné le gouvernement de Fano, à l'âge de vingt-quatre ans ; ensuite la charge de protonotaire apostolique, et depuis l'archevêché de Nazareth ; enfin Paul V l'avait élevé à la pourpre. Il avait dressé l'acte de possession de Ferrare et signé le contrat de mariage de Philippe III avec la reine Marguerite. Barberini, envoyé nonce en France, y était venu pour complimenter Henri IV sur la naissance du Dauphin, depuis Louis XIII.

      L'élection d'Urbain VIII fut généralement approuvée, à cause de l'intégrité de ses mœurs et de l'habileté avec laquelle il s'était acquitté de tous ses emplois. Son zèle pour tous les intérêts de la religion confirma les heureuses espérances que son élévation avait fait concevoir. Il s'attacha à la conversion des hérétiques, surtout des schismatiques d'Orient, et réussit à l'égard de quelques-uns. Il exhorta les évêques à procéder contre les femmes qui paraissaient à l'église d'une manière contraire à la modestie. Ce qui l'occupa souvent, ce fut la béatification et la canonisation de quelques personnes célèbres par la piété de toute leur vie, telles qu'André Avellin, Gaëtan de Thienne, Félix de Cantalice, François de Borgia, Elisabeth de Portugal, Ignace de Loyola et saint Roch. Ces actes solennels de la puissance des clefs lui paraissaient essentiels à confirmer de plus en plus d'une manière irrévocable, parce qu'ils avaient fait un sujet de contestation dans les premiers siècles, où chaque Eglise s'attribuait particulièrement ce pouvoir (Voyez le Président Hénault, année 998). Urbain VIII, à l'exemple de quelques-uns de ses prédécesseurs, défendit de rendre aucun culte à ceux qui étaient morts, même en odeur de sainteté, avant qu'ils eussent été béatifiés ou canonisés par la cour de Rome. Ce pape fit bâtir de nouve les églises et en répara beaucoup d'anciennes. Il conféra, le premier, le titre d'éminence aux cardinaux, et leur donna ainsi le rang de princes de l'Eglise. Il renouvela plusieurs fois la fameuse bulle In cœna Domini, proscrite en France et depuis abolie par Clément XIV. Il supprima en 1630 l'ordre des Jésuitesses, qui s'était multiplié en Italie et dans les Pays-Bas, comme étant contraire aux saines doctrines et aux bonnes mœurs.

      La vie politique d'Urbain VIII mérite aussi d'être remarquée par des événements et des actes d'une grande importance. Pendant la guerre de la Valteline, sous le ministère du cardinal de Richelieu, il imposa un tribut à tout le clergé d'Italie, qui était sous la domination espagnole ; il fit fortifier le château St-Ange et plusieurs endroits de Rome ; il réussit à réunir au domaine du saint-siège le duché d'Urbin, les comtés de Montefeltro et de Gubio, la seigneurie de Pesaro et le vicariat de Sinigaglia. En 1639, Urbain VIII déclara la guerre au duc de Parme et lui enleva Castro, dont il voulait réunir le duché au saint-siège, faute par le duc de rembourser les sommes qu'il devait au mont-de-piété de Rome, et pour lesquelles il avait engagé son duché. Ce fut une guerre de chicane, prolongée par des négociations infructueuses et qui ne fut terminée qu'en 1644. La France, les Vénitiens, le grand-duc de Toscane et le vice-roi de Naples furent les médiateurs de la paix ; et le duc de Parme rentra dans la possession de Castro.
      Ce fut Urbain VIII qui condamna le livre de Jansenius par sa bulle de 1642. On sait trop ce qu'il en résulta de troubles et de dissensions jusqu'à la fin de ce siècle et dans tout le cours du suivant, pour que nous ayons à nous appesantir davantage sur ce sujet. Ces querelles déplorables sont à peu près tombées dans l'oubli, et il serait au moins inutile de les en tirer. Ce pontife entendait si bien le grec, qu'on l'appelait l'Abeille attique (1). Il eut de grands succès dans la poésie latine. Il corrigea les hymnes de l'Eglise. Ses vers latins ont été imprimés à Paris, au Louvre, 1642, in-fol., avec beaucoup d'élégance, sous ce titre : Maffei Barberini poemata. Les pièces les plus considérables sont : des paraphrases sur quelques psaumes et cantiques de l'Ancien Testament ; des hymnes et des odes sur les fêtes de Notre-Seigneur, de la Ste-Vierge et de plusieurs saints. Ses odes surtout sont très estimées ; Vittorio Rossi dit qu'elles sont très pures, très élégantes et remplies de grâces poétiques. Des épigrammes sur divers hommes illustres. On a de lui des poésies italiennes, Rome, 1640, in-12, et on les a réimprimées à la suite des poésies latines dans l'édition du Louvre (pp. 227-318) ; elles se composent de soixante-dix sonnets, deux hymnes et une ode. Urbain détestait les écrivains médiocres. Un d'eux, nommé Rusticus, lui avait adressé un gros ouvrage qui l'avait fort ennuyé, le pontife lui appliqua très spirituellement ce vers, parodié d'Horace :

Despicit Urbanus quæ Runsticus edit inepte.

      Urbain VIII mourut le 29 juillet 1644, après avoir gouverné l'Eglise pendant vingt-et-un ans et vingt-deux jours. Il avait élevé quelques-uns de ses parents aux dignités de l'Eglise et de l'Etat, sans avoir cependant porté le népotisme jusqu'aux excès reprochés à ses prédécesseurs. Sa douceur et sa facilité à pardonner les injures ont fait chérir sa mémoire. Il avait eu à se plaindre vivement du cardinal Deti, qui l'avait fort maltraité avant son pontificat. Non seulement il oublia ses ressentiments, il lui procura même le décanat, par reconnaissance pour Clément VIII, qui avait été son bienfaiteur et celui de ce cardinal. Urbain VIII eut pour successeur Innocent X.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 42 - Pages 367-368)



Dictionnaire universel d'histoire et de géographie de Bouillet

       Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 20ème édition (1866), p. 1926.




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