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Vamba / Wamba

(? – 04 novembre 683 ou 687)
Trentième roi des Visigoths, de 672 à 680
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Vamba ou Wamba, trentième roi des Visigoths, et l'un des principaux seigneurs de la nation, fut élu, en 672, pour succéder au vertueux Recesvind. Aussi modeste que vaillant, il refusa avec tant d'opiniâtreté le dangereux honneur qui lui était offert, qu'un des électeurs, lui mettant l'épée sur la gorge, jura de l'en percer s'il ne se rendait pas aux vœux de la nation. Vamba accepta la couronne, mais à condition que l'assemblée générale des Goths confirmerait son élection. J'aime mieux, disait-il, vivre obscur, et mourir s'il le faut que de régner malgré mes concitoyens et au prix de leur sang. Il voulut aussi être sacré et couronné par le clergé, à Tolède ; et cette cérémonie, jusqu'alors inusitée chez les Goths, n'a eu lieu depuis que pour les deux premiers successeurs de Vamba.

      Les soucis auxquels ce prince avait cherché à se soustraire ne tardèrent pas à l'accabler. Des révoltes éclatent dans la Cantabrie et la Vasconie (la Biscaye et la Navarre). Un édit impolitique est un nouveau sujet de troubles. Vamba, suivant l'esprit de son siècle, avait banni tous les juifs. Ils furent accueillis par Hilderic, comte de Nîmes, par l'évêque de Maguelonne et par d'autres seigneurs de la Septimanie, qui se liguèrent contre Vamba. A cette nouvelle, ce prince, qui marchait contre les rebelles d'Espagne, détache une partie de son armée, sous les ordres du duc Paul, Grec d'origine ; mais le traître fait soulever la Catalogne, et ayant franchi les Pyrénées, il surprend Narbonne, harangue le peuple, se fait proclamer roi, et met dans son parti tous les seigneurs mécontents de la Gaule gothique. Vamba déploie une activité, une présence d'esprit, un courage qu'on n'attendait pas de son âge avancé. Dans ce danger pressant, sept jours lui suffisent pour réduire les Vascons et les Cantabres. Il publie un ban qui oblige tous les Goths, sans en excepter les prêtres et les évêques, à prendre les armes. Il entre dans la Catalogne, et la soumet sans éprouver de résistance, tandis qu'une partie de ses troupes, embarquée sur la flotte, en parcourt les côtes. Le reste de son armée, divisée en deux corps, pénètre par deux défilés dans la Septimanie, Vamba arrive devant Narbonne, que Paul avait abandonné pour se retirer à Nîmes. La place est emportée d'assaut en trois heures. Le gouverneur et les principaux officiers sont dépouillés et battus de verges. Béziers, Agde et Maguelonne se soumettent au vainqueur. Nîmes, après un siège sanglant et horrible dans ses détails, implore la clémence du roi. Paul, les évêques, les grands de son parti, les Français et les Saxons à sa solde, les trésors qu'ils avaient enlevés aux églises, tout tombe au pouvoir de Vamba. Cédant aux instances d'Argobate, évêque de Nîmes, il accorde la vie à tous les rebelles, et renvoie libres tous les étrangers. Après avoir donné des ordres pour réparer les édifices et les fortifications de Nîmes, et pourvu à la sûreté et à la tranquillité de la Septimanie, il retourne en Espagne et fait une entrée triomphale dans Tolède, précédé de Paul et de ses principaux complices qui, la tête et le menton rasés, les pieds nus et le corps couvert de vêtements grossiers, étaient traînés dans des tombereaux, et furent enfin renfermés dans les prisons qui leur étaient destinées.

      Vamba fit fortifier Tolède d'une nouvelle enceinte de murailles, avec des tours où l'on plaça les statues des saints protecteurs de la ville. La paix et la prospérité dont jouirent ses sujets ne furent troublées depuis que par une invasion que les Arabes, maîtres depuis peu de l'Afrique, tentèrent avec 260 barques sur les côtes d'Espagne. Ils furent battus et dispersés par la flotte de Vamba, et ils n'auraient pas mieux réussi dans cette entreprise, trente ans plus tard, si ce prince eût encore occupé le trône, ou s'il avait eu des successeurs dignes de lui. Secondé par les décisions de plusieurs conciles, il réprima l'ambition, les débauches et les crimes des évêques, et fixa invariablement les limites de leurs diocèses.

      Ce prince avait comblé de bienfaits le comte Ervige, Grec d'origine, mais allié au sang royal des Goths, soit parce que son père avait épousé une sœur ou une cousine du roi Chindasvind, soit, plus vraisemblablement, parce qu'il était lui-même par les femmes arrière-petit-fils d'Hermenegild, fils du roi Leuvigild. Cet ingrat, profitant d'une défaillance de Vamba, et secondé par le clergé, ordonna que ce grand prince fût rasé et revêtu d'un habit monastique, que la discipline de ce temps ne permettait plus de quitter. Vamba, ayant repris ses sens, fut forcé de signer son abdication en faveur d'Ervige, en l'an 680, après un règne glorieux de huit ans. Il se retira dans le couvent de Pampliega, près de Burgos, où il passa ses dernières années. Il eut encore le chagrin d'y apprendre que deux conciles avaient cassé les actes les plus remarquables de son administration, outragé sa mémoire, et sanctionné la perfidie de l'usurpateur.

      Il mourut avant le 04 novembre 683, suivant les uns ; mais, suivant les autres, il vécut jusqu'en 687, et vit sur le trône son neveu Egiza, gendre d'Ervige. Le corps de Vamba fut transféré à Tolède, sous le règne d'Alphonse le Sage. La tragédie de Vamba est une des pièces les plus extravagantes de Lope de Vega.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 42 - Pages 537-538)


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