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Vitiza / Witiza, roi des Visigoths

(? - ~710)
Roi des Visigoths de 701 &agrave ~710
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      Vitiza ou Witiza, 33ème et avant-dernier roi des Visigoths, fut associé au trône de l'Espagne, en l'an 696, par son père, Egica ou Egiza, qui lui avait cédé en même temps une partie de ses Etats, afin de le prémunir contre les avanies auxquelles étaient exposés les enfants d'un souverain mort dans une monarchie élective, telle qu'était celle des Visigoths. Mais les intentions d'Egica ne furent pas mieux remplies que lui-même n'avait respecté celles d'Ervige, son beau-père et son prédécesseur, dont il avait répudié la fille.

      Le règne de vitiza fut un des plus malheureux dont l'histoire fasse mention, et son influence amena la catastrophe qui mit l'Espagne sous la domination des Arabes. Vitiza, resté seul maître du trône, en l'an 701, par la mort de son père, accourut de Tuy en Galice, où il tenait sa cour, et se fit couronner à Tolède. Rien de plus contradictoire que tout ce qu'on a écrit sur ce prince ; rien de plus difficile que de découvrir la vérité sur les faits qui le concernent, que d'asseoir une opinion sur son caractère. On peut au reste en dire autant de la plupart des rois visigoths : le peu d'abondance des matériaux rend leur histoire confuse et presque sans intérêt. On paraît d'accord sur la sagesse des premières années du règne de Vitiza. Il ouvre les prisons, rappelle les bannis, rend les biens et les dignités à ceux qui en ont été privés, modère les impôts, fait remise de ce qui est dû au trésor royal, etc. ; et cependant on l'accuse d'avoir assommé en Galice le duc de Cantabrie, Favila, qu'il soupçonnait d'adultère avec sa femme ; d'avoir chassé de Tolède le jeune Pélage, fils de ce seigneur, et regardé depuis comme le restaurateur de la monarchie espagnole ; d'avoir scandalisé et corrompu ses sujets par l'exemple de son excessive incontinence ; d'avoir tenté d'introduire la polygamie et le concubinage parmi le clergé ; d'avoir rappelé les Juifs en Espagne, menacé le pape d'aller le mettre à la raison, démantelé la plupart des places fortes, dissipé et brûlé toutes les armes, afin de prévenir les révoltes et de réduire le peuple à l'esclavage ; enfin d'avoir fait crever les yeux au duc de Cordoue, Théodefred, fils du roi Chindasvind, enlevé sa petite-fille, et provoqué ainsi la vengeance et l'usurpation de Rodrigue ou Roderic, fils de ce duc. Les historiens Hiarcan et Masdeu ont cru tout concilier en admettant une partie de ces accusations et en rejetant les autres. Mayans y Siscar, au contraire, a cherché à justifier Vitiza, et à prouver que ce prince fut un des meilleurs rois des Visigoths, ce qu'il ne nous semble avoir nullement démontré.

      Au milieu de tant d'incertitudes, il est impossible de juger le caractère et les actions de Vitiza. Tout ce qu'on peut assurer, c'est que le gouvernement des Visigoths était essentiellement vicieux, que l'Espagne fut très malheureuse sous leur domination, que des factions puissantes déchiraient l'Etat, que la corruption avait gagné toutes les classes de la nation, et que l'égoïsme, l'hypocrisie et la cupidité avaient anéanti tout esprit public, tout sentiment d'honneur et de patriotisme ; qu'enfin Vitiza ne fut peut-être pas un plus mauvais roi que la plupart de ses prédécesseurs ; mais qu'à l'époque de son règne le relâchement de tous les ressorts de l'Etat, d'une part, et de l'autre les progrès rapides des conquêtes de la religion des Arabes, disposèrent l'Espagne à subir leur joug sans résistance. Ce fut en effet du temps de Vitiza que Mousa, gouverneur de l'Afrique pour le khalife Walid, conquit les îles Baléares, et fit explorer les côtes de la Péninsule, pour en connaître la situation topographique et politique. Cependant, l'Espagne comptait encore des guerriers. Le brave Théodemir battit une flotte musulmane, et le comte Julien, beau-frère du roi, défendit glorieusement Ceuta contre les Arabes, auxquels il devait bientôt livrer cette place.

      Mais la révolte de Rodrigue, qui avait à venger les malheurs de son père, et la guerre civile qui en résulta hâtèrent la chute de la monarchie des Goths. Vitiza, vaincu, fut pris et aveuglé par ordre de son rival, qui demeura maître du trône. Cette révolution arriva en l'an 709, ou au plus tard en l'an 710, suivant Ferreras, dont l'opinion se rapproche le plus de celle des historiens musulmans. Vitiza survécut peu à sa disgrâce, et mourut avant Rodrigue. Les historiens qui prolongent son existence jusqu'en 713 sont les mêmes qui placent après cette année la conquête de l'Espagne par les Maures. Ce prince laissa trois fils : Eba, Zewan, Sisebut, et un frère (Oppas, archevêque de Séville), qui, ainsi que le comte Julien, se joignirent aux infidèles et facilitèrent leur invasion par haine contre Rodrigue.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 43 - Pages 662-663)




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