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Zoroastre / Zarathoustra

(VIème siècle)
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      Zoroastre, réformateur et scribe sacré du magisme, nous apparaît au milieu des ténèbre de l'antiquité orientale avec les nombreux attributs et les caractères de législateur, de prophète, de pontife, de hiérophante et de philosophe. En vain pourtant, les savants du premier ordre se flatteraient de tracer l'histoire complète de sa vie et de ses dogmes, tant l'absence, l'incertitude ou l'inanité des documents opposent d'obstacles à une telle entreprise. Autour des fragments mutilés ou interpolés du Zend-Avesta se groupent avec les monuments énigmatiques de Persépolis et les bas-reliefs mithriaques du IVème siècle, d'une part ces légendes fabuleuses qu'enregistre indifféremment dans ses poèmes ou dans ses histoires la crédulité asiatique, de l'autre quelques traditions éparses dans les œuvres des peuples occidentaux, auxquels le nom du célèbre apôtre d'Ormuzd ne fut point inconnu. Qu'avec ces faibles données on parvienne à saisir quelques linéaments de cette grande figure, sans doute la chose n'est point impossible ; mais il est probable que jamais on ne reconstruira Zoroastre tout entier. On l'a essayé cependant, et si l'on n'a pas réussi complètement, du moins a-t-on vu naître quelques résultats intéressants sous la plume des hommes illustres qui ont concentré leurs travaux sur le zoroastérisme, et par les recherches desquels le problème originairement unique, et par la même confus et vague, s'est subdivisé en une foule de questions partielles. Rendre compte de toutes ces questions, de la manière dont elles se suivent, s'engendrent, se lient et se croisent, de la solution donnée à quelques-unes, de l'incertitude ou de la divergence qui s'est manifestée dans l'examen de quelques autres, enfin de leurs relations avec plusieurs problèmes historiques collatéraux ou parallèles, tel est le but que nous nous proposons dans cet article, qui ne sera pas seulement l'exposé biographique des événements qui ont signalé et rempli la vie de Zoroastre, mais qui de plus présentera succinctement un tableau complet des diverses opinions qu'on s'est formées sur son compte.

      Commençons par donner la vie de Zoroastre selon les poètes orientaux et les Gaures, encore fidèles à la religion du magisme. A l'exception de quelques mots tirés ou des traditions orales de cette peuplade reléguée sur les frontières de l'Hindoustan, ou des historiens mahométans, les particularités dans lesquelles nous allons entrer reposent toutes sur l'autorité du Zerdust-Namah (Histoire de Zoroastre) et du Tchengrengatch-Namah (Histoire du brame Tchengrengatcha), deux poèmes en langue persane moderne qui appartiennent au même auteur, Zerdust, fils de Behram, et qui paraissent avoir été composés vers la fin du XVIème siècle, quoique l'annaliste poète, en se nommant dans le dernier chapitre du Zerdust-Namah, certifie qu'il écrit en l'an 647 d'Iezdedgerd, c'est-à-dire en l'an 1276 de notre ère. Selon ces ouvrages, Zoroastre descendait du sang des rois de Perse et comptait parmi ses aïeux le célèbre Féridoun. Porochasp était le nom de son père. Dogdo ou Dogdhu, sa mère, étant déjà avancée dans sa grossesse, fut épouvantée sur la destinée de son fils par un songe aussi effrayant que compliqué. Le devin auquel elle alla confier sa frayeur la rassura sur l'avenir et lui prédit la haute mission et la gloire de Zoroastre. Trois mois après paraît l'enfant destiné à répandre sur la terre le culte des Amchapands : son entrée dans le monde ne coûte ni larmes ni douleurs à sa mère ; la chambre tout entière est illuminée d'une clarté symbolique ; les artères de sa tête battent avec tant de force qu'elles soulèvent la main appuyée sur son front ; enfin le sourire brille sur ses lèvres, et cette circonstance si rare, rapportée par Pline (livre 7, chap. 16) et par Solin (chap. 1), est regardée comme le pronostic de la science la plus vaste et la plus profonde. Aussi déjà les magiciens ennemis du vrai culte tremblent à la nouvelle de cette naissance miraculeuse. Ils ont bientôt résolu de faire périr l'enfant redoutable ; et dès lors, ils ne s'occupent plus que de lui dresser des embûches. Mais Ormuzd protège la faiblesse du prophète au berceau. En vain, Douranseroun, chef de la coalition, s'apprête à faire tomber le glaive sur son jeune ennemi ; en vain des esclaves le placent au milieu d'un désert sur un bûcher ; en vain on l'expose successivement sur la route étroite que suivent les bœufs et les chevaux ou dans l'antre des loups, dont on a tué les petits : la main qui tient le sabre levé se sèche ; les flammes ne produisent que la sensation d'une douce chaleur ; un taureau, une jument, une louve défendent successivement Zoroastre ; deux brebis descendent des montagnes pour lui présenter leurs mammelles. Retrouvé au bout de quelques jours par sa mère, il est confié par Porochasp à un vieillard, dont les soins le garantissent jusqu'à sept ans du contact d'Ahriman et des attaques des magiciens. Ceux-ci d'ailleurs étaient découragés par le peu de succès de leurs tentatives, et l'un des plus habiles d'entre eux, Tourberatorch, leur avait déclaré l'inutilité de leurs efforts, et prédit la victoire que Zoroastre et Ormuzd remporteraient sur eux. On peut donc être étonné de voir dans la suite reparaître sur la scène et les magiciens et Tourberatorch lui-même avec le cortège ordinaire des maléfices et des enchantements. Telles furent les attaques auxquelles, depuis l'âge de sept ans jusqu'à celui de quinze, il fut constamment en butte.
 (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 45 - Pages 585-603)




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