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Amilcar

(? - - 228)
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      Amilcar, surnommé Barca, père d'Annibal, appartenait à une famille chère au peuple, et qui faisait remonter son origine aux anciens rois de Tyr. Très jeune encore, il fut chargé du commandement de l'armée en Sicile, où les Carthaginois avaient presque tout perdu : c'était dans la 18ème année de la première guerre punique. Amilcar parut d'abord avec une flotte vers les côtes d'Italie, ravagea les terres des Locriens et des Bruttiens, revint en Sicile avec de riches dépouilles, y débarqua ses troupes, fit des incursions chez les alliés de Rome, déconcerta toutes les mesures des consuls, et termina glorieusement une campagne qui fut regardée à Carthage comme un chef-d'œuvre d'habileté. Pendant cinq ans, il désola l'Italie, et disputa la Sicile aux Romains ; mais Hannon, amiral de Carthage, ayant été vaincu par le consul Lutatius, dans un combat naval près des îles Egates, en l'an 242 avant J.-C., les Carthaginois résolurent de mettre fin à une guerre dont ils ne pouvaient plus supporter le fardeau. Chargé des négociations de la paix, Amilcar signa, en frémissant, un traité qui mettait sa patrie dans la dépendance de Rome. La conduite révoltante des Romains pendant les négociations ne fit qu'augmenter l'aversion qu'Amilcar avait conçue pour ces rivaux ambitieux. De retour en Afrique, il fut le défenseur, ou plutôt le libérateur de sa patrie dans la guerre des mercenaires, qui, au nombre de plus de 20.000, réunis à des hordes de Numides, assiégeaient Carthage même. Non seulement Amilcar les repoussa des murs de la capitale, mais il reprit les villes d'Utique et d'Hippone, et, après avoir détruit ces rebelles, il châtia les Numides, étendit la domination de Carthage, et rétalit le calme dans toute l'Afrique.

      Bientôt après, le cœur toujours ulcéré contre les Romains, il forma le projet de se rendre maître de toute l'Espagne, espérant y lever assez de soldats pour résister aux troupes que l'Italie fournissait à la rivale de Carthage. Les services qu'il venait de rendre à sa patrie lui firent obtenir aisément le commandement de l'armée d'Espagne ; il se rendit à Abyia avec des force imposantes, et, mettant à la voile, il traversa le détroit, débarqua en Espagne, et s'établit d'abord Cadix, capitale de la partie de l'Espagne alors au pouvoir de Carthage. Amilcar amenait avec lui son fils Annibal, âgé de neuf ans, et ce fut à son arrivée en Espagne qu'il lui fit jurer une haine éternelle aux Romains. Selon Appien et Polybe, Amilcar se proposait deux vues dans cette guerre : la première, de mettre Carthage en état de se venger des outrages qu'elle avait reçus ; et la seconde, de s'absenter de sa patrie, qui était alors divisée par deux partis puissants, dont l'un avait pour chef, dans le sénat, Hannon, son ennemi, et dont l'autre, qui avait épousé ses intérêts, s'appelait la faction Barcine.

      Amilcar commanda neuf ans en Espagne, subjugua plusieurs nations, fonda Barcelone, et soutint son crédit à Carthage, non seulement par les heureux succès de ses armes, mais encore par les grandes richesses qu'il y fit passer. L'histoire ne nous a pas conservé le détail de ses conquêtes dans cette contrée ; elle ne fait mention que de la bataille qu'il livra aux Vectones, peuples de la Lusitanie, et dans laquelle il fut tué, en l'an 228 avant J.-C. Polybe dit qu'Amilcar eut une fin digne de son mérite, en mourant sur le champ de bataille, à la tête de ses troupes. L'armée élut à sa place son gendre Asdrubal.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 1 - Pages 586-587)




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