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Jacques Ier d'Ecosse, dit 'le Captif'

(25 juillet 1394, à Dunfermline, en Ecosse - 21 février 1437, à Perth, en Ecosse)
Roi d'Ecosse de 1406 à 1437 (dans les faits, de 1424 à 1437)
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Jacques Ier, roi d'Ecosse, naquit en 1391. Robert III, son père, avait déjà perdu David, son fils aîné, mort victime des embûches que lui avait dressées Robert, duc d'Albany, son oncle. Le roi, voulant soustraire au même péril le seul enfant qui lui restait, le fit embarquer pour la France en 1405. L'Ecosse était alors en trêve avec l'Angleterre : néanmoins, le bâtiment qui portait Jacques, ayant été forcé de relâcher à Flamborough, dans le Yorkshire, fut arrêté par les Anglais. Ils eurent la perfidie de faire le jeune prince prisonnier, et l'envoyèrent à la tour de Londres, avec le comte d'Orkney, qui l'accompagnait. La nouvelle de ce fatal événement plongea Robert dans la tombe. La régence du royaume fut dévolue au duc d'Albany, ensuite à Murdoch, son fils. Tous deux aspiraient au trône, et ils se flattèrent d'y arriver plus aisément pendant qu'il était vacant par le fait. Ils entamèrent néanmoins quelques négociations pour obtenir la liberté du roi ; mais elles furent suivies avec beaucoup de négligence. Cependant, ils mettaient tout en œuvre pour s'attacher les nobles ; ils favorisaient leurs usurpations et toléraient tous les désordres. L'autorité royale fut par là réduite à un tel état de faiblesse, que les monarques suivants s'efforcèrent en vain de l'en relever.

      Enfin, après dix-huit ans de captivité, Jacques fut rendu à la liberté en 1423, par un traité qui l'obligeait de payer une forte rançon et de donner des otages. L'Angleterre racheta en quelque sorte son injustice envers lui, par l'éducation qu'il reçut dans ce pays et les connaissances qu'il y acquit. Les réflexions que lui suggéra la différence de l'état politique des deux pays lui inspirèrent le désir de tirer le sien de la barbarie. Suivant les expressions d'un auteur contemporain, « il n'y avait en ces jours-là point de loi en Ecosse ; mais le plus puissant opprimait le plus faible, et tout le royaume n'était qu'un repaire de brigands. Les homicides, les déprédations, les incendies et les autres crimes demeuraient impunis. » Dans un parlement qui se tint immédiatement après son retour, Jacques gagna la confiance de son peuple par plusieurs lois très sages. Il obtint ensuite un acte pour revendiquer les possessions de la couronne, illégalement aliénées ; enfin, les ligues et les associations, qui rendaient les nobles si formidables au roi, furent déclarées illégitimes. En même temps, Jacques fit arrêter son cousin Murdoch et ses enfants, ainsi que plusieurs grands personnages ; mais bientôt il se réconcilia avec le plus grand nombre d'entre eux, à l'exception du duc d'Albany, de ses enfants et du comte de Lenox, qui furent jugés par leurs pairs et condamnés.

      Adoré du peuple, qui, sous son règne, vivait dans une sécurité qu'il n'avait pas goûtée depuis bien longtemps, Jacques hasarda une nouvelle démarche contre la noblesse en révoquant le pardon accordé par le régent au père du comte de March, qui avait porté les armes contre Robert III. Les possessions du comte furent saisies. Cette mesure causa une alarme générale : le danger commun porta la plupart des nobles à se réunir, et leur inspira le projet d'attenter à la vie du roi. La guerre avait éclaté avec l'Angleterre ; et Jacques s'était dirigé sur la frontière, où il faisait le siège du château de Roxbourgh. Tout à coup, la reine arrive, et lui apprend que l'on conspire contre ses jours ; mais elle ne peut lui nommer les auteurs du complot. Jacques, n'osant se fier à des hommes auxquels il avait donné tant de sujets de mécontentement, congédie les nobles et leurs vassaux. Ensuite il se retire dans un couvent, près de Perth, et s'occupe de découvrir la conspiration. Les conjurés, à la tête desquels était le duc d'Athol, son parent, le préviennent. Ils marchent à la chambre du roi, enfoncent la porte et assassinent le prince dans les bras de la reine. Cet exécrable forfait fut commis le 20 février 1437. Ses auteurs, en butte à la haine du peuple, périrent par des supplices affreux.

      Jacques avait épousé, pendant sa captivité en Angleterre, Jeanne Beaufort, fille du comte de Somerset, petite-fille d'Edouard III. Il en eut un fils, qui lui succéda, et six filles. Marguerite, l'aînée, épousa Louis XI, roi de France.

      Jacques cultivait les lettres : on a de lui des pièces de poésie, dans lesquelles il décrit les occupations et les divertissements des Ecossais. Ses œuvres ont été publiées à Edimbourg, sous le titre de Restes poétiques de Jacques Ier, 1783, in-8°, et sont encore lues avec plaisir par les amateurs du dialecte écossais. Ce recueil est précédé d'une dissertation dans laquelle l'éditeur prouve l'authenticité des pièces qui composent ce livre. Le poème sur Jeanne, fille du comte de Somerset, qu'il épousa depuis, est, suivant le goût de son siècle, écrit dans la forme d'une vision allégorique ; il annonce beaucoup d'imagination et fait honneur au poète et à l'amant. Cette édition est enrichie de notes et de remarques, et d'une dissertation sur la musique écossaise. Jacques Ier était très versé dans cet art ; il y avait peu d'instruments connus alors dont il ne pût, dit-on, jouer mieux que les plus habiles musiciens de son temps. Outre ses chansons écossaises, dont il composa lui-même les airs, il avait fait un traité de la musique. On lui a longtemps attribué plusieurs chants écossais, remarquables par leur douce mélodie ; mais Burney, dans son histoire de la musique, s'est élevé contre cette tradition.

      Heureux ce prince, s'il eût régné sur un pays plus civilisé ! Son malheur vint de ce que ses principes et ses mœurs n'étaient pas au ton de son siècle. C'est à lui que commence cette suite continuelle de revers qui a poursuivi la maison de Stuart pendant près de quatre cents ans, jusqu'à son extinction, à la fin du XVIIIème siècle, et qui, suivant l'expression de Voltaire, justifie en quelque sorte ceux qui croient à une fatalité à laquelle rien ne peut se soustraire.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 20 - Pages 489-490)



Dictionnaire encyclopédique d'histoire, de biographie, de mythologie et de géographie

      Jacques Ier, roi d'Ecosse, fils de Robert III, de la maison des Stuarts, né en 1394, était prisonnier du roi d'Angleterre, Henry IV, à la mort de son père, 1406. Jacques resta captif jusqu'en 1423. Il lutta vigoureusement contre les grands, qui désolaient l'Ecosse, mais se rendit odieux par ses actes souvent cruels. Il maria sa fille Marguerite au dauphin Louis, fils de Charles VII, et déclara la guerre aux Anglais, 1436. Mais il fut assassiné à Perth, où il vivait retiré, 1437, par les nobles conjurés ; sa veuve vengea sa mort par des supplices terribles.

      Poète distingué, habile musicien, il composa la musique de quelques-unes de ses chansons ; plusieurs de ses vieux airs sont conservés. On a recueilli ses poésies sous le titre de Poetical Remains of James the First, 1783, in-8°.  Louis Grégoire, Dictionnaire encyclopédique d'histoire, de biographie, de mythologie et de géographie, nouvelle édition (1880), p. 1045.



Dictionnaire universel d'histoire et de géographie de Bouillet

      Jacques Ier, roi d'Ecosse, fils de Robert III, né en 1391, était encaptivité chez les Anglais quand son père mourut, en 1406. La royaume fut gouverné par son oncle le duc d'Albany, qui ne fit rien pour le délivrer. Il ne put recouvrer sa liberté qu'en 1423. Jacques sévit contre les grands qui commettaient impunément toutes sortes d'injustices, mais il se fit par là des ennemis irréconciliables ; ils conspirèrent contre lui et l'assassinèrent, en 1437.

      Ce prince cultivait les lettres ; on a de lui un poème allégorique, la Complainte royale, qu'il composa pendant sa captivité, et des pièces de poésie, dans lesquelles il décrit les occupations et les divertissements des Ecossais ; elles ont été publiées sous le titre de Restes poétiques de Jacques Ier, Edimbourg, 1783.  Marie-Nicolas Bouillet, Dictionnaire universel d'histoire et de géographie, 20ème édition (1866), p. 944.




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