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Pape Adrien II

(791, à Rome - Fin de 872, à Rome)
106ème pape - Pape du 14 décembre 867 à la fin de 872
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Biographie universelle ancienne et moderne

      Adrien II, élu pape le 14 décembre 867, après la mort de Nicolas Ier, était romain, et son père, qui fut ensuite évêque, se nommait Talare. Il avait refusé deux fois le pontificat, quoiqu'il y eût été porté unanimement après la mort de Léon IV et de Benoît III. Cette fois, le concours du peuple et du clergé fut si grand, et les instances si puissantes, qu'il ne put se dispenser d'accepter. Les ambassadeurs de l'empereur Louis se plaignirent de n'avoir pas été invités à cette élection. Les Romains répondirent qu'ils ne l'avaient point fait par mépris, mais de peur qu'il ne passât en coutume d'attendre les envoyés du prince pour l'élection du pape. Le peuple voulait même qu'il fût consacré sur-le-champ ; mais on attendit la réponse de l'empereur, qui ratifia l'élection, en déclarant qu'il n'entendait pas que l'on donnât rien pour la consécration d'Adrien, et qu'il voulait, au contraire, que, loin d'ôter quelque chose à l'Eglise romaine, on lui rendît ce qui lui avait été enlevé. Ces circonstances sont essentielles à remarquer pour faire voir à quel point le pape et les Romains aspiraient dès lors à l'indépendance (1). Fleury prétend qu'Adrien était marié, et que sa femme, nommée Stéphanie, dont il avait une fille, vivait encore. Ce fait assez extraordinaire n'est cependant pas relevé par la plupart des historiens et des biographes modernes. Quoi qu'il en soit, Adrien, parvenu au siège pontifical à l'âge de soixante-seize ans, déploya une vigueur qu'on semblait ne devoir pas attendre de lui. Il poursuivit avec chaleur la condamnation de Photius, patriarche de Constantinople, qu'il fit déposer et soumettre à la pénitence publique. Adrien se brouilla dans la suite avec l'empereur Basile et avec l'archevêque Ignace, pour s'être opposé au rétablissement du patriarche de Carie et des prêtres de Bulgarie, qui avaient participé au schisme de Photius : il voulait qu'ils comparussent à Rome pour y être jugés, quoiqu'ils ne relevassent pas de son siège. Adrien II obtint que Lambert, duc de Spolette, fût privé de son duché, pour avoir pillé la ville de Rome le jour même de sa consécration. Sa conduite avec Lothaire le Jeune fut aussi ferme que prudente. Ce monarque avait répudié Thietberge pour épouser Valdrade ; les prédécesseurs d'Adrien II, Benoît III et Nicolas Ier, avaient prononcé l'excommunication contre Lothaire. (Voyez Lothaire et Gonthier, archevêques de Cologne.) Peut-être Charles le Chauve, qui convoitait les Etats de son neveu, travaillait-il sourdement à faire condamner Lothaire sans retour. Adrien préféra l'engager à lui demander un pardon général. Au reste, il ne préjugeait rien sur la question principale du divorce qu'il avait renvoyée à un concile.

      Adrien fut moins heureux dans le projet qu'il forma de favoriser les prétentions de l'empereur Louis II, contre les intérêts de Charles le Chauve, qui s'était emparé d'une partie de la succession de Lothaire. Le pape menaça Charles de l'excommunier comme usurpateur. Ce fut à cette occasion qu'Hincmar de Reims lui écrivit avec vigueur, pour lui faire sentir que sa dignité ne lui donnait aucun droit se prononcer sur les démêlés qui s'élevaient entre les souverains. Adrien n'en voulut pas moins prendre ensuite le parti de Carloman, révolté contre le roi son père. Hincmar de Laon, neveu de l'archevêque de Reims, qui s'était rendu odieux par sa conduite, se déclara aussi pour Carloman. Condamné dans le concile d'Attigny, il en appela au pape, qui voulut le protéger et le soustraire au jugement du concile ; mais Adrien éprouva une telle résistance de la part du roi et des évêques de France, qu'enfin il céda, et fit à Charles le Chauve une réponse remplie de bienveillance et d'éloges.

      Adrien mourut vers la fin de 872, laissant des souvenirs respectables de ses lumières et des qualités de son cœur. On loue surtout beaucoup son désintéressement et sa munificence envers les pauvres. Il montra quelques idées exagérées sur l'autorité pontificale ; mais il reconnut ses torts : enfin il eut des vertus et répandit des bienfaits. On a conservé quelques lettres de lui. Dans son épître au concile de Constantinople, Adrien convient qu'il est permis aux évêques d'accuser, de juger et de condamner le pape pour cause d'hérésie. Adrien II eut pour successeur Jean VIII.


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(1)   Le P. Barre dans son Histoire générale d'Allemagne, dit qu'Adrien II fut élu par l'empereur Louis, mais qu'on conteste ce fait ; que Guillaume, successeur du bibliothécaire Anastase, assure au contraire, qu'on ne voulut pas même souffrir que les ambassadeurs de l'empereur assistassent à l'élection. Le P. Barre, pour établir le droit de l'empereur d'élire les pages, cite (t. 3, p. 424) un décret de Léon VIII, Qui accorde cette grande prérogative à Othon Ier et à ses successeurs ; mais quoique le savant archevêque de Marca ait voulu faire valoir ce décret, le P. Page et le P. Alexandre ont soutenu qu'il était apocryphe, et que Léon VIII était d'ailleurs un anti-pape, de l'aveu même de M. de Marca.  (Biographie universelle ancienne et moderne - Tome 1 - Pages 196-197)


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