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Fermentation

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Dom Antoine-Joseph Pernéty

      En terme de Physique, est une séparation naturelle de la matière sulfureuse d'avec la saline dans un corps, ou lorsque par la jonction de ces deux matières il se compose naturellement un mixte.

      Action de l'air sur les mixtes, qui en s'y raréfiant, en altère la forme, en désunit les parties sans y produire une dissolution entière comme la putréfaction. La fermentation tient le milieu entre la liquéfaction et la putréfaction. Toutes trois sont des effets de la raréfaction ; mais la putréfaction introduit des parties aqueuses dans les pores des mixtes, la fermentation des parties aériennes, et la liquéfaction des parties ignées. Il y a trois espèces de fermentations ; celle qui se fait par enflure, gonflement, tuméfaction, ébullition, et inflammation ou échauffement interne du mixte ; la seconde est proprement la fermentation ; et la troisième est l'acétification ou aigreur survenante au mixte. La première se voit dans toutes les enflures qui surviennent aux parties molles des animaux, quand ils ont pris du venin, ou qu'ils ont reçu quelque coup un peu violent, ou qu'elle est occasionnée et causée par quelque maladie ; tels sont les boutons avant qu'ils soient purulents, les bubons, les pustules de la petite vérole, des maux vénériens, etc. On dit alors que le sang fermente, et il faudrait plutôt dire qu'il y a ébullition dans le sang. Becher. Cette ébullition ou gonflement se fait aussi remarquer dans les viandes qu'on appelle venteuses, ou flatueuses, telles que les pois et autres légumes semblables ; lorsqu'on les fait cuire, on les voit se gonfler à mesure que l'air, qui y est renfermé, s'y raréfie. On voit aussi cette ébullition ou gonflement dans les mélanges des matières minérales ; lorsque, par exemple, on verse de l'huile de tartre sur de l'alun. La même chose arrive, si après avoir fait sécher la chaux des métaux faite à l'eau forte, on jette un peu de cette chaux dans de l'huile de tartre. Glauber.

      Les gens qui ferment le foin avant qu'il soit bien sec, ont, malheureusement pour eux, une funeste preuve de cette ébullition ou échauffement ; le fumier de cheval s'échauffe aussi par lui-même. Cette ébullition qu'on appelle aussi effervescence, est comme une préparation à la fermentation et à la putréfaction.

      La fermentation proprement dite, est la raréfaction d'un corps dense, par l'interposition de l'air dans ses pores. Le trop grand froid, la trop grande chaleur, et l'empêchement de l'accès libre de l'air ou de son action, sont des obstacles à la fermentation. Elle doit donc se faire dans un vase ouvert, ou dans lequel il y ait assez de vide pour que l'air puisse s'y raréfier. Au commencement de la fermentation le mouvement du vaisseau y est contraire ; sur la fin il y aide, pourvu qu'il ne soit pas trop violent. Lorsque la fermentation se fait dans un vase ouvert, le corps fermenté a beaucoup moins de force que lorsqu'elle est faite dans un vase fermé ou bouché, ce que l'on remarque dans les vins qu'on appelle fous. Le levain fait fermenter la pâte.

      L'acétification ou aigreur est le commencement de la fermentation, comme elle en est une espèce quand elle est complète; et cette aigreur a la raréfaction pour cause. L'élévation et évaporation des parties subtiles et sulfureuses des liqueurs est la cause de l'aigreur ; et si la fermentation se fait dans un vase clos, elle sera beaucoup plus longue ; par cette raison l'aigreur en sera plus forte, et ne succédera à la fermentation, que lorsque les parties grossières auront enveloppé et condensé les parties subtiles. Les vins les plus violents sont les meilleurs pour faire le vinaigre.

Fermentation. (Sciences Hermétiques) Philalèthe définit la fermentation Hermétique, dans la médecine du second ordre, l'incorporation de celui qui anime, la restauration de la saveur, l'inspiration de l'odeur, et le supplément des êtres. Et tout cela ne signifie que la réduction de puissance en acte du corps qui donne la teinture et de celui qui la reçoit.

      Si vous ne savez donner le feu au feu, le mercure au mercure, vous ne réussirez jamais ; c'est en quoi consiste toute la perfection du magistère et la médecine du second ordre. Il faut aussi savoir que tous les termes ci-après se rapportent à cette médecine : inspirer, vivifier, semer, mettre, mêler, joindre, infuser, incorporer, marier, donner, épouser, fermenter, tuer, mortifier, congeler, fixer et teindre.

      La fermentation est une des opérations que les Philosophes ont tenue des plus secrètes, et n'en ont parlé que par énigmes et paraboles fort obscures, afin de ne point en découvrir le secret, lequel si on l'ignore, on travaille en vain. Hermès dans le 7° livre de ses Traités, en parle plus clairement qu'aucun autre Philosophe, lorsqu'il dit que les ferments sont composés de leur propre pâte; il ajoute ensuite que les ferments blanchissent le composé, l'empêchent d'être brûlé, retardent le flux de la teinture, consolident les corps, et en augmentent l'union. Ceux qui cherchent le ferment dans les minéraux sont dans l'erreur.

      Ce que les Philosophes appellent proprement fermentation est l'opération de l'élixir. Il ne suffit pas, pour parfaire le grand œuvre, de pousser le magistère au rouge. La pratique de la pierre, dit d'Espagnet, s'achève par deux opérations ; l'une consiste à créer le soufre ou magistère, l'autre à faire l'élixir, et ce dernier se fait par la fermentation. En vain tenterait-on la projection, si la pierre n'est fermentée. Le magistère au rouge est un soufre ou une terre très subtile, extrêmement chaude et sèche ; elle cache dans son intérieur un feu de nature très abondant, qui a la vertu d'ouvrir et de pénétrer les corps des métaux, et de les rendre semblables à elle; ce qui lui a fait donner le nom de père et de semence masculine. Mais de ce soufre il faut en créer un second, qui pourra ensuite être multiplié à l'infini. Ce soufre se multiplie de la même matière dont il a été fait, en y ajoutant une petite partie du premier, et fermentant le tout avec le ferment rouge ou blanc, selon l'intention de l'Artiste. La fermentation se fait ainsi, suivant Philalèthe : prenez une partie de ce soufre igné et trois parties d'or très pur, faites fondre le soleil dans un creuset neuf, et quand il sera liquéfié, jetez-y votre soufre, prenant bien garde qu'il n'y tombe aucun charbon. Quand ils seront fondus ensemble, jetez le tout dans un vase de terre, ou dans un autre creuset, et vous aurez une masse très rouge et friable. Prenez une partie de cette masse en poudre fine, que vous mêlerez avec deux parties de mercure philosophique. Mêlez bien le tout, et l'ayant mis dans l'œuf, recommencez la première opération, avec le même régime; vous pourrez réitérer cette fermentation, si vous le voulez.  Dom Antoine-Joseph Pernety, Dictionnaire mytho-hermétique, Edition de 1758 - Français modernisé par France-Spiritualités.




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