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Fable

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Dom Antoine-Joseph Pernéty

      On s'est beaucoup tourmenté l'esprit pour trouver des systèmes au moyen desquels on pût expliquer les Fables anciennes qu'Homère, Hésiode et plusieurs autres nous ont transmises. Les Mythologues les ont regardées comme des leçons de morale, d'autres comme des explications de physique ; quelques-uns n'y voient que des traits de la politique la plus raffinée, quelques autres pensent y trouver l'histoire entière des temps qu'ils appellent néanmoins fabuleux ; et, malgré toute la torture que tous ces Savants ont donnée à leurs esprits, ils n'ont pu réussir à les expliquer de manière à satisfaire les gens sensés et les moins difficiles. Il ne fallait, pour y réussir, que remonter jusqu'à la source des Fables, suivre leur naissance et leurs progrès ; on aurait vu que les Fables Grecques n'étaient qu'une imitation de celles des Egyptiens. Les plus anciens auteurs ont eu même soin de nous avertir que Musée, Orphée, etc., les avaient puisées en Egypte, et les avaient transportées dans la Grèce.

      Le lieu de leur naissance une fois trouvé, il ne s'agissait plus que de découvrir le père de tant d'enfants ; on aurait vu que ce fut Hermès Trismégiste, ce grand homme, cet homme célèbre dont la mémoire sera éternellement en vénération. Examinant ensuite quel but il pouvait se proposer en les inventant, on aurait trouvé qu'il avait rassemblé un certain nombre d'hommes choisis de sa main comme capables d'être instruits des sciences qu'il voulait leur apprendre, et de garder le secret sur cet art Sacerdotal, qu'il se proposait en conséquence de leur enseigner par des énigmes, des paraboles, des allégories et des fables qu'il inventa pour cet effet. Presque tous les Auteurs anciens ont parlé de ce secret qui était recommandé aux Prêtres sous peine de la vie à celui qui le révélerait. On sait d'ailleurs qu'ils se le transmettaient sous le voile des fables et des hiéroglyphes. En fallait-il davantage pour fixer les idées sur l'objet des fables ? Je crois avoir prouvé, je dirais même démontré que les fables n'en avaient point d'autre, dans mon traité des Fables Egyptiennes et Grecques dévoilées et réduites au même principe. C'est donc dans la matière et les procédés de cet art Sacerdotal ou Hermétique qu'il fallait chercher et puiser les explications de ces fables, et non dans l'histoire, la morale ou la politique. Je l'ai fait dans le Traité que je viens de citer, et dans les différons articles de Mythologie insérés dans ce Dictionnaire, où, pour abréger, je me contente le plus souvent de renvoyer au Traité ci-dessus.  Dom Antoine-Joseph Pernety, Dictionnaire mytho-hermétique, Edition de 1758 - Français modernisé par France-Spiritualités.




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