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Le legs d'Oswald Wirth

article de Marius Lepage (1961)
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Cet article a paru originellement dans le N°352 de la revue Le Symbolisme (Avril-juin 1961). Il a été ressaisi et corrigé par France-Spiritualités.

IN MEMORIAM – STANISLAS DE GUAITA
(06 avril 1861 - 19 décembre 1897)

      Il y a environ deux ans, j'étais dans une maison amie. Nous avions bavardé paisiblement à propos de ces questions auxquelles le profane ne prête aucun intérêt. La soirée s'avançait. Il y avait parmi nous une excellente cartomancienne, qui se proposa à nous « faire les cartes ».

      Je crois au don des cartomanciennes, quand elles sont désintéressées, et connaissent bien leur « art ». Mais, que pouvait m'annoncer une cartomancienne, à moi dont la destinée est déjà en grande partie derrière moi, et qui ne tiens guère à connaître le peu d'avenir qu'il me reste à vivre. Enfin...

      Quand vint mon tour, je me prêtai très sérieusement aux rites des cartes, en pensant bien qu'il n'en sortirait rien de réellement grave. Voire...

      Après m'avoir prédit des faits strictement personnels – vérifiés exacts depuis – la cartomancienne me dit : « Vous recevrez un héritage d'une vieille personne... ».

      Je n'ai jamais connu mes parents. Je n'ai pas d'oncle à héritage, et je ne sache pas que quelque vieille personne s'intéresse à moi jusqu'à me faire son héritier. Je ne pensai plus à cette prédiction, même quand les ennuis annoncés commencèrent à peser lourdement sur mes épaules.

      Et voilà qu'un jour, au cours d'un bref séjourà Paris, je fis visite à ma chère Mutti, la sœur d'Oswald Wirth. Celle-ci me dit : « Vous devriez faire enlever ces quelques boîtes, dans lesquelles mon « Grand », avant de mourir, avait classé des liasses de papiers à votre intention ».

      Un Frère de ma Loge, quelques semaines après, se chargea de la commission, et c'est ainsi que je pris possession du legs d'Oswald Wirth.

      Il m'a paru opportun d'en parler aux lecteurs du Symbolisme, ne serait-ce que pour couper les ailes, par anticipation, à certains « canards » qui s'envolent si facilement sous la plume alerte de soi-disant historiens.

      Il ne vous intéresserait certes point que je vous donne le détail des documents précieux contenus dans les boîtes que maintenant je possède. Mais, vous comprendrez avec quelle émotion, quel soin pieux j'ai classé les pièces suivantes :

      - toute la correspondance échangée entre Oswald Wirth et Stanislas de Guaita, depuis le petit carton au cachet armorié dont il est question dans les ouvrages de Wirth (1) jusqu'au faire-part de la mort de Guaita, et aux lettres échangées entre la famille de Guaita et son secrétaire après la mort de l'auteur des Essais de Sciences maudites.

      - toute l'histoire de la « guerre des Deux-Roses », et les dessous des démêlés de Guaita avec Péladan, Huysmans, Jules Bois, etc...

      - enfin, tout le dossier du Carmel de Lyon, y compris les lettres du Docteur (?) Boullan, les rituels du Carmel, les confessions des pauvres filles égarées par les chemins boueux qui menaient aux enfers mystico-érotiques de l'abbé (2).

      Mon intention n'est point de réveiller ces vieilles histoires. Il est toutefois utile que certains auteurs en mal de copie sachent que j'en possède les pièces originales, et irréfutables.

      Par contre, il est, dans la corrspondance échangée entre Oswald Wirth et Stanislas de Guaita, des lettres consacrées au magnétisme, au tarot, à la Franc-Maçonnerie. Il en est où l'on assiste à la naissance, dans l'esprit de Guaita, de l'idée qui devait le conduire à écrire ses Essais de Sciences maudites.

      Plus de soixante-dix ans ont passé, et ces lettres sont plus actuelles que jamais. Aussi en publierai-je, dans Le Symbolisme, les passages les plus intéressants pour tous ceux qui vivent encore dans l'esprit de notre Maître, même s'ils ne l'ont pas connu vivant.

      Il est exact que « l'initié doit tuer l'initiateur ». Mais ce meurtre rituel n'a de valeur que si le meurtrier, portant en lui la moëlle de sa victime, se présente à son tour, poitrine nue, devant ceux qui devront le sacrifier, pour que vive éternellement l' « Esprit », immortel derrière toutes les « formes » transitoires dans lesquelles il s'est incarné.


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 (1)  Oswald Wirth. Le Tarot des Imagiers du Moyen-Age, p. 10. « Stanislas de Guaita », p. 43.

 (2)  Stanislas de Guaita. Essais de Sciences maudites. Première Septaine. Le Temple de Satan, chapitre VI : « Le Carmel d'Eugène Vintras et le Grand Pontife actuel de la Secte ».




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