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Les FF:. Visiteurs

article d'Oswald Wirth (octobre 1912)
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Cet article a paru originellement dans le N°1 de la revue Le Symbolisme (octobre 1912). Il a été ressaisi et corrigé par France-Spiritualités.

      Le F:. R. M. ETHERIDGE, ancien Vén:. de la Loge anglo-saxonne de Paris, s'efforce de rompre l'uniformité des trav:. purement rituéliques de cet Atelier par des lectures instructives, dont nous avons entendu un très intéressant spécimen, le lundi 8 juillet 1912.

      Précédemment, ce F:. avait traité de l'Etiquette maçonnique (1) et du cérémonial qu'il convient d'obser­ver en Loge. Cette fois, il a voulu fixer le droit maçon­nique en ce qui concerne les FF:. visiteurs.

      Ceux-ci peuvent être divisés en trois catégories, selon qu'ils sont membres cotisants d'autres Loges, ou qu'ils ont cessé d'être actifs dans un autre Atelier, ou qu'enfin ils se présentent comme délégués officiels.

      Il semble bien établi qu'un Maçon reconnu actif et régulier possède un droit intangible à visiter toute Loge à sa convenance, qu'il y soit ou non le bienvenu. Mackey, l'auteur de la grande encyclopédie maçonnique américaine, est de cet avis, ainsi que d'autres autorités, les unes plus anciennes et les autres récentes.

      Mais, si le principe ne soulève aucune contestation, il n'en reste pas moins possible, dans la pratique, de re­fuser l'entrée du Temple à un visiteur « indésirable ».

      Nul, en effet, ne saurait être admis aux travaux d'une Loge, à moins qu'il ne soit en un état décent, tant au point de vue mental, que sous le rapport de son extérieur.

      Le F:. Couvreur reçoit, à ce sujet, des instructions formelles lors de son installation : « S'il devait mal­heureusement se produire qu'un F:. se présentât en état d'ébriété, vous auriez le devoir d'en informer le F:. Expert, afin qu'il en fasse son rapport au 2ème Surv:., et que la responsabilité de l'admission ne vous incombe pas. » D'un autre côté, l'article 151 des règlements con­tenus dans le Livre des Constitutions de 1723 stipule : « Il est du pouvoir du Maître qui dirige les travaux d'une Loge de refuser admission à tout visiteur dont la présence pourrait nuire à la bonne harmonie de la Loge, ou à tout visiteur connu pour son mauvais ca­ractère. » L'article 282 prévoit, en outre, que « nul F:. ne sera admis en Grande Loge ou en une Loge subor­donnée, s'il ne porte pas l'habillement convenable ».

      La première de ces restrictions du droit de visite ac­corde au président d'un Atelier un pouvoir en quelque sorte discrétionnaire. Nul ne peut songer à forcer ]'en­trée du Temple contre le gré du Vén:. M:. à qui in­combe la police de l'assemblée. Une Loge est chez elle dans un domicile inviolable. Le visiteur le mieux qua­lifié n'a pas à lui demander compte des raisons pour lesquelles elle préfère ne pas l'admettre à ses travaux. La discrétion fait un devoir à tout Maçon conscient de sa dignité de ne pas insister, si la Loge n'éprouve pas le besoin de profiter du surcroît de lumière qu'il pour­rait lui apporter. Tout ce qu'il lui sera loisible de faire en pareille occurrence, c'est de se tenir, par la suite, à l'écart d'un seuil inhospitalier.

      Telle n'est pas la conclusion du F Etheridge, qui est entré dans des détails minutieux sur les règles du tuilage et sur les garanties exigibles des FF:. Visiteurs. Je ne crois pas devoir le suivre ici dans ces développe­ments par trop techniques.

      Je préfère ajouter quelques remarques personnelles, dont pourront profiter les Maçons français, qui ne se rendent pas assez compte des différences que l'on ob­serve entre la Maçonnerie latine et la Maçonnerie anglo-saxonne.

      Le Latin vient en Loge pour y entendre discuter des questions qui l'intéressent. Il se soucie peu du cérémo­nial, qu'il reduit à sa plus simple expression. Il a sim­plifié aussi la tenue et ne s'habille pas spécialement pour venir en Loge : il arbore ses insignes, et c'est tout. Après avoir entendu une conférence et participe à une discussion qui se termine fort tard, il se hâte de rentrer chez lui à sec, c'est-à-dire sans être passé du « travail au rafraîchissement », comme le veut la tradition anglo­-saxonne et allemande.

      Cette Maçonnerie purement intellectuelle, allégée des travaux de mastication qui furent jadis de règle, est très largement accueillante à tous les visiteurs, dont nos Loges ne demandent qu'à ne pas éplucher les titres.

      Il n'en va pas de même dans les pays où: toute réu­nion maçonnique se termine par une agape ou un ban­quet souvent dispendieux. Le visiteur alors se trans­forme en convive, qui, décemment, ne peut pas s'inviter lui-même.


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(1)  Voir Lumière Maconnique, N°10 (Octobre 1910), page 148.




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