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Le côté occulte de la Franc-Maçonnerie

Charles Webster Leabeater
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CHAPITRE V – OUVERTURE DE LA LOGE
Couverture de la Loge

Les FF:. étant debout, le Vén:. commence par demander au deuxième Surv:. (en ayant soin de l'appeler par son nom et sans employer le titre de son office) la question caractéristique marquant toute réunion maçonnique : « Quel est le premier devoir de tout Franc-Maç:. ? » Il reçoit la réponse traditionnelle : « C'est de s'assurer que la L:. est couverte ». Le deuxième Surv:. transmet l'ordre au Couvr:. qui va s'assurer que le Tuil:. est à son poste ; il en rend compte et ce rapport est transmis de suite au Vén:.

      Où est ici le symbolisme ? Au moment d'entreprendre un travail important, il faut tout d'abord concentrer notre attention et pour cela éviter toute interruption. La forteresse de Mansoul (pour adopter la terminologie pittoresque de John Banyan) a donc besoin d'une forte enceinte extérieure et notre entrée doit être bien gardée. L'esprit fait donc appel à l'intelligence, son trait d'union avec les mondes inférieurs. L'intelligence interroge le double éthérique qui prescrit à son tour au corps dense physique de dire comment les choses se présentent au dehors ; il reçoit la réponse satisfaisante, que toutes les lignes de défense sont en état ; l'Esprit est alors rassuré en ce qui concerne la question importante de la sécurité de la Loge pendant son travail.

      Chacun de nous doit mettre à couvert sa propre Loge à divers niveaux ; il faut pour cela beaucoup de soin et de jugement. Grâce à des millénaires d'évolution, l'homme a appris à bâtir pour son propre usage une coque solide afin de pouvoir dans cet abri devenir un centre puissant, capable de faire rayonner sur son prochain l'énergie spirituelle. Dans les premiers stades de cette croissance l'homme devient inévitablement un être replié sur soi-même, ne pensant et ne s'intéressant qu'à ses propres intérêts ; évidemment il met sa Loge à couvert, mais en fermant tout accès à bien des influences élevées et belles. Par degrés seulement il apprend que la puissance lui est donnée afin qu'il la consacre au service d'autrui et que, s'il doit mettre sa Loge à couvert afin de maintenir le vigoureux centre de conscience qu'il a eu tant de peine à créer (car privé de ce centre il serait incapable de participer à l'œuvre mondiale), il doit en même temps veiller sans cesse à ce que la force générée dans ce centre soit appliquée uniquement au service de l'humanité et conformément aux desseins du G:.A:.D:.L:.U:. L'homme ne perd ni son individualité, ni son initiative, mais il apprend à en faire bon usage.

      L'homme doit apprendre à mettre à couvert la Loge dans son corps mental, mais ceci exige de la prudence et, à vrai dire, un soin extrême. Nous trouvons souvent le monde physique désagréablement encombré, surtout si nous sommes obligés de vivre ou de travailler dans une grande ville. Mais n'oublions pas que les mondes astral et mental sont eux aussi encombrés, beaucoup plus que le monde physique, bien qu'un peu différemment. Ces mondes plus subtils ont une étendue très supérieure à la leur ; de plus rien ne s'oppose à l'interpénétration mutuelle des corps qui s'y trouvent. L'encombrement n'est donc pas du même genre ; néanmoins, nous avons besoin, sur ces niveaux supérieurs, de nous garantir plus soigneusement qu'ici-bas. Comme étudiants, nous nous appliquons à nous élever un peu au-dessus de la mentalité de l'homme moyen ; c'est pourquoi une très grande proportion de toute cette pensée rebelle qui nous enserre constamment est à un niveau inférieur au nôtre et nous sommes sans cesse obligés d'éviter son influence. Les pensées concernant les sujets les plus dénués d'importance constituent un océan si vaste que si nous ne les écartions sans faiblir, il nous serait impossible de nous concentrer sur les sujets plus élevés dont nous avons en réalité le désir de nous occuper. A cet égard, nous devons donc couvrir la Loge du plan mental et décider très prudemment à qui ou à quoi nous ouvrons la porte.

      Sur le plan mental, la circonspection est encore nécessaire à d'autres égards. Par exemple, beaucoup de gens ont le malheur d'aimer à ergoter ; ils ouvrent les portes de leur forteresse mentale et courent au combat sur la plus légère provocation, ou sur aucune, oubliant tout à fait qu'en agissant ainsi ils laissent la forteresse sans défense, si bien que toute force-mentale se trouvant à proximité peut y entrer et s'en emparer. Tandis qu'ils gaspillent leur énergie dans des discussions portant sur des points sans importance aucune, le ton général de leur corps mental se trouve incessamment altéré par les influences qui l'envahissent. Ces gens devraient apprendre à couvrir leur corps mental afin que seules y soient admises les pensées que l'homme, en tant qu'égo, approuve réellement.

      La Loge du corps astral doit, elle aussi, être mise à couvert, car il est plus difficile encore de résister à la houle des émotions qu'à la pression des pensées. Ici-bas, la plupart des émotions sont mal dirigées, ayant pour motif l'égoïsme sous une de ses multiples formes protéennes – jalousie, envie, orgueil, colère ou intolérance. Afin de sauvegarder la pureté et l'élévation de nos sentiments, pour conserver le calme philosophique aussi nécessaire pour sentir que pour penser comme nous le devons, il faut mettre rigoureusement la Loge à couvert de cet immense océan d'excitation inutile. D'autre part, prenons bien garde que la sympathie véritable ne nous fasse jamais défaut. Il faut toujours prêter l'oreille aux appels de la souffrance, même si nous la fermons résolument au bavardage insignifiant de ceux qui n'ont que des visées personnelles. Ici, comme très souvent ailleurs, le chemin central de l'occultisme est étroit comme le tranchant du rasoir, nous disent les vieux textes indiens ; nous devons veiller sans cesse, pour éviter d'une part le naufrage sur le Scylla de l'indifférence, de l'autre l'engloutissement dans la confusion de Charybde.

      En ce qui concerne nos corps physiques, la même raison subsiste pour mettre la Loge à couvert. Nous ne méprisons ni ne fuyons notre prochain, bien que nous évitions certains de ses milieux indésirables. Il faut tout ignorer du côté intérieur des choses pour approcher volontairement un lieu dégageant des influences affreuses, comme un « prize-ring », une boucherie ou un cabaret. Chacun, même s'il ne fait que passer à proximité de lieux semblables au cours de ses occupations journalières, devrait s'entourer d'une coque solide, afin de ne pas être atteint, même au plus faible degré, par leur infection psychique.

      De plus, beaucoup de gens sont des vampires inconscients ; à leur insu, ils soutirent la vitalité de leur entourage, au point que si l'on est assis près d'eux on se sent, après avoir causé quelque temps, tout à fait épuisé et dans l'impossibilité de faire un travail utile. Si une personne semblable profitait de l'énergie dérobée à ses amis plus équilibrés, on pourrait peut-être regarder comme un acte charitable de se prêter à son action épuisante, mais en fait ces malheureux sont eux-mêmes incapables de garder ce qu'ils prennent ; ils ne gagnent donc rien au transfert, tandis que leurs pauvres victimes perdent vigueur et santé. A proximité des premiers, nous ferons bien de mettre à couvert la loge de nos corps physiques en les entourant d'une coque éthérique solide, tandis que tout notre amour et toute notre bienveillance rayonneront sur l'infortuné vampire.

      L'injonction, constamment répétée, de veiller à ce que la Loge soit bien mise à couvert doit représenter pour nous une série d'utiles avertissements ; chaque fois que nous entendons ces mots, n'oublions pas de nous demander : « Mon cœur est-il rempli de l'amour divin ? L'ai-je mis à l'abri de toute pensée mauvaise et déraisonnable depuis que j'ai entendu, la dernière fois, cette formule mystique ? »

      C'est pourquoi, au moment où la question est posée, immédiatement avant l'ouverture de la Loge, elle nous aide à nous rappeler la nécessité immédiate de prendre l'attitude mentale convenant à l'œuvre merveilleuse que nous allons accomplir.

      Suivant la doctrine des Egyptiens la formule avait encore un autre sens, mais qui nous concerne à peine. Ils reconnaissaient la nécessité de mettre à couvert le monde entier. Notre terre est entourée d'une atmosphère gazeuse dans laquelle la matière la plus légère tend à gagner la région supérieure. L'hydrogène est le plus léger ; la petite quantité restant à l'état libre s'élève graduellement vers le haut de l'atmosphère ; il y en a même qui s'échappe et se perd dans l'espace. C'est une des raisons expliquant pourquoi les planètes les plus âgées ont toujours moins d'hydrogène que les plus jeunes ; une certaine déperdition de ce gaz accompagne le mouvement de la planète à travers l'espace. Il en résulte sur le globe une raréfaction de l'eau. Nous constatons ainsi que Mars, plus âgée que la Terre si nous tenons compte de son volume, et parvenue dans son existence à une période plus rapprochée de son terme, présente un peu plus de continents que d'eau ; au contraire Jupiter et Saturne qui sont plus jeunes, sinon par leur âge, du moins en proportion de leurs volumes, sont à peu près entièrement liquides. Il existe un être immense nommé Esprit de la Terre, à qui la terre sert de corps physique ; il a pris des dispositions particulières pour empêcher la fuite trop prompte de son hydrogène, et s'applique sans cesse à mettre sa Loge à couvert ; mais bien entendu tout cela nous est étranger.

      En pensant à ces interprétations symboliques, n'oublions pas de mettre à couvert la Loge où nous sommes assis. Pour diverses raisons, il faut le faire avec un soin extrême. Nous voulons que la Loge soit bien close, non seulement pour cacher nos mystères à tous les regards extérieurs, mais aussi parce que c'est la seule manière d'assurer à son influence le calme et la pureté. La forme-pensée qui va s'édifier, est très délicatement équilibrée et soigneusement graduée ; elle comprend non seulement les substances éthériques de notre plan matériel, mais encore la matière plus ténue des mondes émotionnels et mental. Cette forme-pensée est construite dans une intention spéciale et si des personnes du dehors, dont les pensées sont tout autrement occupées, étaient présentes elles causeraient sans le vouloir le moins du monde, une friction assez sérieuse et feraient obstacle à l'équilibre et à l'efficacité de la forme. Non pas que nous nous regardions comme supérieurs à ces autres personnes ; nous apprenons simplement à donner à nos pensées certaines directions déterminées, alors que les autres en général ne le font pas.

      Et puis n'oublions jamais l'obligation de garder un secret absolu dans le monde extérieur, sur nos réunions maçonniques et sur tout ce qui s'y passe. Dans ces questions, l'inadvertance est un danger assez réel. Nul ne songerait un instant à trahir aucun secret maçonnique, ni commettre une indiscrétion relativement aux m… et aux s… que nous avons solennellement juré de ne jamais révéler, mais sur d'autres points on n'est pas toujours sur ses gardes. Par exemple, il m'est arrivé d'entendre certains Fr:. parler en tramway de la façon remarquable dont un certain deuxième Exp:. s'acquittait de ses fonctions en Loge. Ceci, bien entendu, n'est pas trahir le moindre secret, mais des propos semblables présentent nettement un danger : il est si facile, en parlant de la cérémonie, de faire telle allusion permettant à un auditeur intelligent et curieux d'en déduire plus qu'il ne devrait savoir.




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