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Le côté occulte de la Franc-Maçonnerie

Charles Webster Leabeater
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CHAPITRE PREMIER – PRÉLIMINAIRE
L'œuvre cachée

L'homme vraiment religieux prenait part assurément à toutes les pompes extérieures que je viens de décrire, mais il attachait bien moins de prix à ces splendeurs impressionnantes qu'à sa réception dans telle ou telle Loge des Mystères sacrés, Loge qui se consacrait avec enthousiasme et vénération à l'œuvre cachée, à l'activité principale de cette noble religion. La Franc-Maçonnerie est un reste de ce côté invisible du culte égyptien et non de ses pompes extérieures ; le rituel conservé par elle est en partie celui des Mystères. Pour expliquer la nature de ce travail caché, comparons-le à une manière plus moderne de déterminer un résultat assez semblable.

      Dans le christianisme, la puissance ou grâce divine est répandue principalement par la célébration de la Sainte Eucharistie, appelée communément par nos frères romains la messe. Ne croyons pas que cette grâce soit un genre d'expression poétique ou qu'elle présente rien de vague et de nuageux. Il s'agit d'une énergie aussi définie que l'électricité, d'une énergie spirituelle qui par certaines méthodes est répandue sur la population, qui détermine des effets particuliers et qui exige des véhicules appropriés, tout comme l'électricité exige son mécanisme spécial.

      Par la clairvoyance il est possible de contempler cette force en action, de voir le rite eucharistique déterminer une forme pensée au moyen de laquelle l'énergie est répandue par le prêtre, grâce à l'assistance de l'ange invoqué pour cela. Des mesures ont été prises pour que ni l'attitude du prêtre, ni son savoir, ni même son caractère puissent gêner en rien l'efficacité du sacrement (12). Dans tous les cas, un minimum irréductible est transmis. Du moment que le prêtre accomplit les cérémonies prescrites, le résultat est obtenu (13). La piété de l'officiant confère de plus aux communiants l'avantage de recevoir une partie de son amour et de sa dévotion, mais ceci ne modifie en aucune façon la valeur du sacrement lui-même.

      Quelles que soient les faiblesses du prêtre, la force divine se répand sur l'assistance. L'ancienne religion égyptienne possédait, elle aussi, la notion d'une effusion d'énergie spirituelle sur tous les fidèles, mais la méthode était absolument différente. Le prêtre seul est capable d'accomplir la magie chrétienne ; il peut même s'en acquitter tout machinalement, mais la collaboration intelligente des laïques augmente grandement l'efficacité de l'acte sacré et l'abondance de l'effusion. Par contre la méthode égyptienne exigeait positivement la coopération sérieuse et intelligente d'un grand nombre de personnes ; son application parfaite était donc beaucoup plus difficile ; mais quand l'exécution était irréprochable, les effets étaient bien plus puissants et se faisaient sentir à une distance beaucoup plus considérable. La méthode chrétienne a besoin d'un grand nombre d'églises dispersées sur l'ensemble du pays. A la méthode égyptienne, il fallait simplement l'action de quelques Grandes Loges établies dans les villes principales pour répandre la Lumière Cachée sur le royaume tout entier. Cette action primait celle des Loges ordinaires, regardées plutôt comme des écoles où l'on se préparait à entrer dans les Grandes Loges.

      La religion des anciens Egyptiens offrait une doctrine centrale : c'est que la puissance divine réside en tout homme, même le plus misérable et le plus dégradé, et cette puissance était nommée « la Lumière Cachée ». Par cette lumière immanente en chacun, il était toujours possible, affirmaient les Egyptiens, d'atteindre et d'assister nos semblables ; leur devoir était de chercher cette Lumière en tout homme, malgré ses imperfections, et de la fortifier en lui. La devise même du Pharaon était : « Cherche la Lumière », c'est-à-dire que son suprême devoir de roi était de chercher cette Lumière Cachée en tous ceux qui entouraient son trône et de s'efforcer à en seconder le rayonnement.

      Suivant les Egyptiens, la façon la plus effective de transformer en flamme cette étincelle divine présente en chacun était de transmuer et de faire descendre dans les trois mondes inférieurs la formidable énergie spirituelle qui est la vie des plans supérieurs, et puis de la répandre sur le pays comme nous l'avons explique. Sachant que l'énergie spirituelle n'est qu'une autre manifestation de la puissance divine, ils la nommaient également « la Lumière Cachée ». Ces deux manières d'employer le même terme cause parfois des malentendus. Les Egyptiens reconnaissaient pleinement qu'une pareille effusion de grâce exigeait de leur part un suprême effort dévotionnel. Fournir cet effort, organiser le mécanisme capable de répandre l'énergie obtenue, telle était principalement l'œuvre invisible à laquelle l'élite égyptienne consacrait de si longues heures et tant de peine. C'était le quatrième des buts auxquels s'appliquait le rituel sacré et occulte dont la Maçonnerie est un reste.


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(12)  Voir le n° 26 des Trente-neuf articles de l'Eglise anglicane dans Le Livre de prière commune.

(13)  Voir The Canons and Decrees of the Council of Trent, by T. Waterworth, p. 55 (Session VII, Canon XII).




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