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Le côté occulte de la Franc-Maçonnerie

Charles Webster Leabeater
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CHAPITRE III – DÉCORATION DE LA LOGE
Les joyaux fixes

Le tableau de la L:. et les pierres, brute et polie, sont nommés les joyaux fixes, car ils sont toujours exposés et présents dans la Loge, afin de servir de miroir à la nature divine et d'éveiller en tout temps les réflexions des Francs-Maçons. Cependant quelques ouvrages maçonniques, surtout ceux publiés en Amérique, appellent bijoux fixes l'équerre, le niveau et la perpendiculaire, parce qu'ils se trouvent toujours au même endroit dans la Loge ; quant au tableau de la L:. et aux pierres, brute et polie, on les nomme bijoux mobiles parce qu'ils peuvent être portés d'un point à un autre.

      Dans la description du tableau de la L:. donnée dans certains rituels, il nous est dit que le Maître y dépose ses plans ; mais évidemment le tableau ne se prête guère à cet usage, se trouvant déjà très suffisamment couvert par le plan ou dessin d'une Loge idéale. L'idée sous-entendue est simplement que le Vén:. secondé par tous les FF:. assemblés, doit établir entre la Loge d'ici-bas et la Loge idéale des rapports aussi étroits, aussi harmonieux et aussi précis que possible. L'idée est également que, le G:.A:.D:.L:.U:. ayant établi Ses plans là-haut, nous devons ici-bas établir les nôtres, en nous inspirant des siens et en les imitant autant que possible. En d'autres termes, le tableau de la L:. était destiné à représenter la pensée du Logos, appelée par les Grecs « le monde intelligible ». Toutes choses, disaient-ils, sont descendues de là dans le monde que nous connaissons ; le plan de toutes choses fut établi d'avance et le monde, avant de se matérialiser, existait dans la pensée divine. Dans les Loges, il y a deux siècles, le dessin du tableau de la L:. au lieu d'être imprimé était tracé à la craie sur le plancher avant chaque tenue ; un bon Vén:. devait, pensait-on, savoir exécuter ce travail rapidement et dans la perfection sans avoir à consulter le modèle.

      Dans le diagramme du tableau de la L:. se voit l'autel portant le L:. de la C:. S:. ; de là, une échelle s'élève jusqu'à l'étoile à sept pointes qui figure la Monade humaine en qui les sept types de vie ou de conscience doivent tous devenir parfaits, dans la limite des possibilités humaines. L'étoile représente aussi le Logos, la suprême conscience de notre système solaire, la conscience de Dieu déjà devenue parfaite à un degré incompréhensible pour l'homme.

      L'échelle a de nombreux échelons ; ils représentent les vertus qui nous permettent d'arriver à la perfection figurée par l'étoile. En Egypte, on les interprétait comme les initiations menant à la vie supérieure. En somme, ce sont deux façons interchangeables d'exprimer la même idée. Si dans les échelons nous voyons des initiations, ils représentent des pas nettement définis, mais si nous y voyons des vertus, ce sont les qualités exigées pour l'initiation. Reste une autre manière d'interpréter ce symbole ; le F:. Wilmshurst l'expose dans son livre admirable Masonic Initiation dans les termes suivants :

      C'est un symbole de l'Univers et de la succession de ses plans, pareils à des marches, montant de l'abîme aux sommets. Il est écrit ailleurs qu'il y a plusieurs demeures dans la maison du Père ; bien des étages, bien des lieux de repos pour Ses créatures, différentes suivant leurs conditions d'existence et 107 leur degré d'avancement. Ces étages, ces plans et sous-plans sont figurés par les échelons et par les montants de l'échelle. Pour nous, au stade actuel de notre développement évolutif, il y en a trois principaux : – le plan physique, le plan des émotions et désirs, et le plan mental ou de l'intelligence abstraite, qui relie le dernier aux plans spirituels plus élevés encore. Ces trois niveau de notre monde se retrouvent dans l'homme. Le premier correspond à son corps matériel physique, domaine des sens ; le second au coté désir et émotion de sa nature, élément mixte résultant de l'association de ses sens physiques et de son mental ultra-physique ; le troisième a sa mentalité, plus éloigné encore de sa nature physique et qui forme le lien entre cette dernière et son être spirituel...
      Ainsi l'Univers et l'homme lui-même sont construits par échelons, succession de stades organisée avec précision. La substance une et universelle constituant les parties différenciées de l'Univers « descend » d'un état d'éthéréité extrême par stades successifs de densification croissante, jusqu'à la matérialisation grossière ; ensuite elle « remonte », par une série de stades semblablement gradués, à son point de départ mais enrichie de l'expérience, fruit de ses activités...
      Ce processus cosmique est le sujet du rêve ou de la vision de Jacob... Ce qu'il « rêva » ou contempla dans une vision supersensuelle est également perceptible aujourd'hui pour toute personne dont les yeux intérieurs ont été ouverts. Tout véritable Initié est un homme qui est parvenu à une expansion de conscience et de facultés lui permettant de voir les mondes éthérés révélés au patriarche hébreu, aussi facilement que l'homme non-initié contemple avec ses yeux extérieurs le monde phénornénal. L'Initié est capable de voir les anges de Dieu monter et descendre ; c'est-à-dire de contempler directement l'immense escalier de l'Univers et de suivre dans leur mécanisme compliqué mais ordonné l'involution, la différenciation, l'évolution de la synthèse finale constituant le processus de la vie. Il assiste à la descente des essences ou âmes humaines à travers des plans de densité croissante et de vitesse vibratoire réduite ; elles s'entourent en même temps de voiles matériels empruntés à chaque plan ; elles atteignent enfin le dernier degré, celui de la matérialisation complète ; là dans un grand combat se disputent la suprématie l'homme intérieur et l'homme extérieur, l'esprit et la matière, le moi réel et les moi irréels dans les voiles dont ils sont entourés. Ce combat doit se livrer sur la mosaïque de notre existence actuelle, parmi les opposés blancs et noirs du bien et du mal, de la lumière et de l'obscurité, de la prospérité et de l'adversité. Enfin l'Initié peut assister au retour des vainqueurs : régénérés, ils rejettent ou opèrent la transmutation des « possessions terrestres » acquises dans leur descente, et montent jusqu'à leur Source ; ils sont purifiés ; les impuretés de ce monde imparfait ne les souillent plus.


      L'échelle porte trois emblèmes : une croix, une ancre, et une coupe qu'une main étendue cherche à saisir. Dans le rituel, le tableau de la L:. les nomme les trois vertus principales – la foi, l'espérance et la charité. Strictement parlant, le vrai symbole de la charité est un cœur, et c'est bien un cœur qui est représenté dans certains tableaux de L:. au lieu d'une coupe ; mais la coupe est le symbole le plus ancien et en réalité présente pour nous un sens bien plus profond.

      Une autre et très belle interprétation de la croix sur l'échelle nous est donnée par le F:. Wilmshurst, qui voit en elle la collectivité des aspirants engagés sur cette échelle. Il écrit :

      Chacun, en montant, porte sa croix, son propre corps cruciforme, le vêtement matériel dont les tendances sont toujours contraires au désir de l'esprit et s'opposent à l'ascension. Ainsi chargé, chacun doit poursuivre l'escalade et la poursuivre seul ; et pourtant, comme l'enseigne la tradition secrète et comme le donnent à comprendre les bras de la croix, il tend une main vers les aides invisibles placés au-dessus de lui, et de l'autre assiste dans leur montée ses frères plus faibles restés plus bas. Car, si les montants et les barreaux de l'échelle forment une seule unité, de même la vie et toutes les vies sont au fond une, et nul ne vit pour soi seul.

      Ces trois symboles se rapportent encore aux trois effusions de la vie divine qui ont leur correspondance dans le développement du moi dans l'homme. D'abord il doit connaître le monde des objets matériels, ensuite celui de la conscience ou de la vie, enfin il doit s'élever jusqu'au moi véritable. Depuis l'époque égyptienne, la croix et l'ancre ont été modifiés, mais point la coupe. A l'origine, la croix était de la forme aujourd'hui appelée « grecque », dont les bras sont égaux, emblème constant de la première effusion de vie divine par le troisième Aspect de Dieu ou Troisième Personne de la Trinité appelée chez les chrétiens Dieu le Saint-Esprit et quelquefois celui qui donne la vie, qui Se mouvait sur les eaux de l'espace.

      Parfois la rose est appliquée sur cette croix aux bras égaux ; alors c'est la Rose-Croix, le grand emblème de l'ordre ainsi nommé ; elle est surtout employée dans le Dix-huitième Degré. La croix de Malte en est une autre forme ; ses bras s'élargissent et s'étendent et donnent l'idée que la force qui en découle augmente sans cesse. Nous trouvons encore cet emblème avec des flammes s'échappant des extrémités de la croix et, si elle est en rotation active, avec des flammes jaillissant perpendiculairement aux bras de la croix, c'est alors la forme bien connue nommée le svastika.

      De nos jours, la croix sur l'échelle est généralement de forme latine qui en fait un signe de la deuxième Effusion, venant de la deuxième Personne de la Trinité ; on la considère en général comme la croix du Christ, bien que des croix de toute forme aient servi de symboles pendant des millénaires avant l'incarnation du Christ en Palestine. La première Effusion, représentée par la croix grecque prépare le monde à recevoir la vie ; elle donne la vie aux éléments matériels et non à des corps issus de leurs combinaisons. L'oxygène et l'hydrogène pourraient être produits par cette Effusion mais point l'eau, résultat de leur union, car la combinaison des éléments qui fait naître des corps de plus en plus complexes dans leur structure et leurs fonctions organisées est l'œuvre de la deuxième Effusion de la vie ou puissance divine.

      La deuxième Effusion est indiquée par une ancre ; primitivement, c'était en Egypte un petit balancier oscillant au-dessus d'un cadran incurvé suivant l'arc décrit dans son mouvement par le pendule. On voit sans peine comment cette figure a pu devenir une ancre, surtout parmi des hommes pour qui la croix et l'ancre représentaient la foi et l'espérance. Un changement pareil peut très bien avoir eu lieu sans qu'il fût voulu et, lorsqu'on décida que la troisième vertu serait la charité, nous pouvons comprendre pourquoi la coupe devint quelquefois un cœur. La coupe peut également représenter la charité, si l'on y voit la coupe de vie dont le trop-plein est la charité ; mais pour bien des gens le cœur symbolise mieux cette vertu.

      Les personnes au courant de la philosophie grecque et des systèmes gnostiques se souviennent que le Krater ou coupe y joue un rôle important. C'était le vaisseau qui recevait le vin de la vie de Dieu. Dans la pensée chrétienne, c'est le Saint Graal, que remplit le sang précieux du Christ ; le calice employé lors de l'institution de la Sainte Eucharistie ; la coupe que Joseph d'Arimathie est supposé avoir tendue pour recueillir le sang sacré de Jésus crucifié. Tout cela pourtant n'est qu'allégorie. Voici le vrai sens du symbole : la coupe est le corps causal de l'homme et le vin est la vie procédant de Dieu, qui le pénètre comme un éclair au moment de l'individualisation ; dès lors, l'animal devient un être humain, loin de la perfection, bien entendu, mais susceptible d'y parvenir.

      Les trois symboles représentent donc les dons respectifs de la vie divine ou les trois grandes émanations du Logos. A l'époque égyptienne, le terme grec Logos n'existait pas encore ; on disait Osiris et Horus, mais la doctrine était la même, car ces interprétations reposent sur une seule et fondamentale vérité. Ainsi, comme le montre le tableau de la L:., l'homme qui comprend intelligemment le plan suivant lequel évolue la vie dans le monde peut coopérer consciemment avec le plan divin jusqu'au moment où, parvenu à l'apogée de la perfection humaine, il atteint l'étoile à sept pointes ; alors l'attend une destinée plus haute encore, indiquée sur le tableau de la L:. par les nuages, le soleil, la lune et, au-dessus, par les étoiles. En fait, la philosophie véritable sait lire le plan dessiné par le G:.A:.D:.L:.U:. sur le Tableau du temps, pour la construction de l'univers.

      Les joyaux restants, la pierre brute et la pierre polie, sont compris dans le tableau de la L:. près des piliers représentant respectivement les colonnes du premier et du deuxième Surv:. La pierre polie est en général suspendue à une poulie et maintenue par une « louise », appareil constitué par trois pièces d'acier formant coin et ajustées dans une mortaise en queue-d'aronde pratiquée dans la pierre qui doit être levée. Cet instrument fut ainsi nommé par son inventeur, un architecte, en l'honneur du roi de France Louis XIV. On appelle « lewis » le fils ou la fille d'un Franc-Maçon (parce qu'ils sont supposés être les soutiens de leurs parents âgés) et, suivant l'opinion générale, ils peuvent être initiés dans la Maçonnerie dès l'âge de dix-huit ans. Certains affirment qu'il faut pour cela une dispense spéciale, mais la coutume est de considérer le droit comme acquis.

      La pierre brute représente le mental indiscipliné du candidat. Celui-ci est supposé plongé dans les ténèbres et dans l'ignorance, mais graduellement, grâce au travail maçonnique et à l'instruction, son mental se polira ; alors il pourra être soumis à l'épreuve de l'équerre, du fil à plomb et du niveau qui prouveront sa régularité. La pierre polie représente la condition que devrait atteindre le Comp:. A la lumière que nous donnent l'évolution et la réincarnation, nous pouvons regarder la pierre brute comme le symbole de l'âme jeune. Par de nombreuses expériences et mille efforts poursuivis dans des vies successives, il est appelé à polir sa nature inférieure et à développer ses facultés. Les trois degrés de la Maçonnerie représentent les trois stades de cette progression. Le devoir de l'App:. est de se prendre en mains, moralement parlant, et de maîtriser le corps physique, dont les impulsions ne doivent pas s'opposer aux progrès rapides ou à l'évolution du néophyte. En Egypte, l'App:. restait sept ans dans le Premier Degré, car il devait être absolument préparé à l'illumination accordée à celui-là seul dont les émotions étaient assez maîtrisées et assez purifiées pour qu'il pût réfléchir la lumière du Moi supérieur et le servir. Cela fait, la pierre polie devait être rendue parfaite, jusqu'au moment où prête à entrer, comme une pierre vivante, dans le temple du G:.A:.D:.L:.U:., elle était digne de faire partie de l'Homme céleste à venir.

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