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Le côté occulte de la Franc-Maçonnerie

Charles Webster Leabeater
© France-Spiritualités™






CHAPITRE VI – INITIATION
Les trois voyages symboliques

En Grèce ou en Egypte, quand un homme était admis aux petits Mystères, on estimait que le premier et le plus important enseignement à lui donner était la vérité concernant les conditions posthumes car, un homme pouvant mourir à tout moment, il devait la posséder. Aujourd'hui, nous avons conservé cet usage, et la partie capitale de cet enseignement se résume dans les trois voyages symboliques imposés au candidat.

      Celui-ci doit franchir trois portails ou portes, invisibles aux yeux physiques, mais cependant parfaitement réels parce qu'ils sont élevés mentalement. Le premier portail, nous l'avons expliqué, est un emblème de la mort. le passage du monde physique au stade de vie suivant, dans la partie inférieure du plan astral. Le candidat pénètre dans ce monde nouveau les yeux fermés, mais il sent près de soi un ami qui le prend par la main ou par le bras et lui sert de guide pendant le voyage. Cet ami est le deuxième Exp:. qui, le lecteur ne l'a pas oublié, représente le principe astral ou émotionnel dans la constitution humaine. Le Couvr:. préside au premier portail, comme représentant du Vén:., dont il est une expression sur le plan physique.

      Dans le premier circuit fait autour de la Loge, ou premier voyage symbolique, le candidat perçoit autour de lui-même des bruits affreux, y compris celui de chaînes traînées et d'épées qui s'entrechoquent ; ces bruits sont destinés à lui représenter le vacarme et la confusion du sous-plan le plus bas du plan astral où sont réunis après la mort les hommes esclaves des plaisirs sensuels, ou remplis de terreur, de haine, de méchanceté ou de vengeance. Plus tard, le deuxième Surv:. expose que ce voyage représente faiblement les épreuves que devait subir le candidat dans les Mystères anciens ; alors il était conduit à travers des cavernes sinistres, emblèmes du monde souterrain, entouré de sons tumultueux, dans l'obscurité, entouré de périls incompréhensibles. Il n'est pas probable qu'une personne honnête et d'ordre moyen, demandant à être admise dans la Confrérie maçonnique s'aperçoive le moins du monde de son passage à travers cette région inférieure ; dans le cas contraire, elle aura été préparée à subir ces expériences avec calme et sans trembler.

      Le candidat arrive au Plat:. du deuxième Surv:. ; c'est le deuxième portail ; là on le montre aux élémentaux de la terre et de l'eau, en rapport avec la région qu'il vient symboliquement de traverser et que l'on peut se représenter comme les sous-plans solide et liquide du plan astral. D'abord il se dirige vers le Nord et présente aux élémentaux de la terre une offrande appropriée ; puis vers le Sud afin d'en présenter une autre aux élémentaux de l'eau. Ce ne sont pas les mêmes que ceux occupés à construire le temple, mais ils se tiennent groupés sous les ordres de leur capitaine, qui à son tour obéit au deuxième Surv:. gardien du second portail. Ces élémentaux, du genre appelé parfois esprits de la nature, font cercle et dès lors reconnaissent l'homme qui leur a été présenté. Après cette cérémonie, si l'homme se trouvait exposé à un danger quelconque d'ordre non physique, ou en présence d'une influence maligne, il pourrait s'entourer de ces entités comme de gardes du corps, en vertu de l'alliance fraternelle maintenant conclue avec eux.

      Dans la planche VI, on a essayé de reproduire l'apparence de ce portail. On voit le deuxième Surv:. assis à son Plat:., qui est en quelque sorte compris dans l'épaisseur du mur du deuxième portail. Au-dessus de sa tête flotte la sphère du déva, son représentant qu'entoure sa bande d'assistants. A droite du portail sont groupés les élémentaux de la terre, et à gauche ceux de l'eau, lutins espiègles, disposés à jouer avec enthousiasme leur rôle, c'est-à-dire à empêcher toute invasion de leur domaine tant que le candidat ne leur a pas été régulièrement présenté et, par une offrande cérémonieuse, ne leur a pas prouvé ses intentions amicales. Pour rendre cette illustration plus claire, nous avons omis tout ce que n'exigeait pas notre objet ; le candidat et le deuxième Exp:. son conducteur ne sont pas représentés, non plus que les FF:. sur les Col:. Le premier Surv:. seul apparaît au fond ; on le voit faiblement à travers le deuxième portail. Le troisième portail est bien entendu tout près de son Plat:. ; mais comme il est de même forme que le second, sauf que la couleur diffère, on n'a pas cherché à le représenter.

      La discrimination entre le supérieur et l'inférieur, entre le réel et l'irréel, telle est la qualité qui a permis au candidat de traverser sain et sauf ces régions du monde astral. Le deuxième Exp:. cherchant à faire passer son protégé dit aux élémentaux que c'est un être mortel, aveugle, cherchant l'immortalité. En traversant leurs régions, dans son pèlerinage vers les plans supérieurs, le candidat est prêt à leur céder tout ce qui leur appartient – toute la matière propre à ces niveaux : la terre va à la terre, et l'eau à l'eau. Dans cette région doivent après la mort s'attarder tous ceux qui se cramponnent à ce genre inférieur d'existence émotionnelle enrobée dans cet ordre de matière. Purifiés par la souffrance, prêts à rejeter les émotions basses, et alors seulement, ils peuvent expulser cette matière de leurs corps astraux et passer à des régions plus élevées du plan astral. Le candidat ne s'y attardera pas, car la discrimination lui a enseigné qu'il y avait mieux. Dorénavant il devra être reconnu pour l'un des frères de lumière et d'immortalité ; pour lui plus d'obscurité dans les limites de ce niveau.

      Le deuxième voyage symbolique est semblable au premier, sauf que les bruits sont adoucis. Le candidat est encore dans le monde astral, mais dans sa région centrale, beaucoup plus ténue et plus subtile que celle qu'il vient de traverser. C'est ici le séjour des émotions humaines ordinaires ; là-bas c'était plutôt celui des passions aveugles. Lés désirs qui attachent les hommes ordinaires de la matière de cette région centrale sont loin d'être répréhensibles, par contre ils n'ont rien qui puisse favoriser l'ascension humaine. C'est ici que tous les plaisirs corporels qui ne sont pas grossiers construisent leurs demeures ; les âmes y séjournent jusqu'à ce que, fatiguées de tout cela, elles soient prêtes à reprendre leur marche en avant. J'ai traité de ces régions et de leurs habitants dans Le Plan astral et dans L'Autre Côté de la Mort. De son côté, le Premier Lieutenant Souverain Grand Commandeur, la T:. Ill:. S:. Annie Besant, en a longuement parlé dans La Sagesse antique.

      Le candidat arrive au troisième portail, près du piédestal du premier Surv:. qui est son gardien. Là, se tenant face à l'Est, il est présenté aux élémentaux de l'air qui gardent le côté droit du portail, puis faisant face à l'Ouest, aux élémentaux du feu qui gardent le côte gauche.

      L'absence de tout désir est la qualité qui peut lui permettre d'échapper aux séductions de cette région ; aussi donne-t-il, une fois encore, aux élémentaux les biens qu'il porte mais qui leur appartiennent, et puis continue à avancer, étant devenu pour eux un ami auquel ils prêteront toujours leurs trésors avec joie parce qu'ils voient en lui un Frère de la Lumière qui ne les gardera pas pour soi, mais en fera bon emploi et les restituera en temps utile.

      A propos de ce voyage, le premier Surv:. dit, en manière d'explication, que dans les Mystères anciens le candidat, ayant laissé derrière soi les sombres cavernes, passait dans une région paisible figurant les sous-plans les plus élevés du monde souterrain, où ne pénètrent pas les bruits grossiers et pénibles, bien que parmi les âmes tout désaccord n'ait pas disparu.

      Ce n'est pas sans raison que la vie sur le plan astral après la mort soit représentée comme un voyage, ou une série de voyages. Le « mort » éprouve réellement une suite de changements bien marqués, à mesure que se purifie de plus en plus son corps astral par l'élimination des formes de matière les plus denses. Pendant sa vie, les émotions de cet homme ont agi comme des aimants et attiré au corps astral la grossière matière astrale des régions inférieures quand elles ont été viles, et la matière affinée des niveaux supérieurs quand elles ont été nobles. Après la mort, l'homme doit séjourner successivement sur chacun de ces niveaux tant qu'il n'en a pas expulsé de son corps astral la matière particulière. Le Maçon qui connaît le sens des voyages symboliques sera tout disposé, après sa mort, à faire l'effort de volonté nécessaire pour vaincre ses émotions inférieures, se dégager tout de suite de la matière la plus lourde, et passer rapidement dans le monde céleste.

      Le troisième voyage symbolique se fait dans le silence parfait qui représente la région supérieure du plan astral, aux confins mêmes du monde céleste. Le voyage accompli, le Vén:. dit au candidat que le défunt dont il a ici répété l'expérience atteint le seuil du monde céleste où un silence absolu calme ses sens harassés, et où l'enveloppe une paix profonde. Au-dessous de lui, le monde inférieur ; devant lui, les joies du ciel ; dans l'intervalle, le silence. C'était là et c'est encore l'expérience du candidat dans les Mystères véritables ; elle était symbolisée dans les mystères de l'Egypte et de la Grèce par le silence absolu ; dans la Franc-Maçonnerie, elle est rappelée par le silence du troisième voyage symbolique.

      Les voyages sont terminés ; dans la cérémonie, il n'est plus question d'autres élémentaux ni d'autres portails, bien qu'il y ait sept ordres d'élémentaux ; beaucoup de peuples anciens les reconnaissaient dans leurs cultes religieux en s'inclinant devant les dévas du nord, du sud, de l'est, de l'ouest, du zénith, du nadir, du centre de l'univers. Pour le moment, le candidat ne dépasse point cette région particulière du plan astral ; on lui a simplement fait connaître un monde qu'il devra visiter souvent avant de pouvoir le traverser sans peine, y vivre et y travailler avec une parfaite aisance. A ce point de sa carrière, le candidat symbolise l'élève sur le sentier de probation et doit cultiver les trois qualités – la discrimination, l'absence de désirs et la bonne conduite ou empire sur soi-même – qui assurent sa liberté d'action sur le plan émotionnel comme il la possédait sur le plan physique avant d'entrer dans la loge. On trouvera plus de détails concernant les qualités requises dans Aux pieds du Maître, par J. Krishnamurti, Le Sentier du disciple, par la T:. Ill:. S:. Annie Besant, enfin dans mon propre livre Les Maîtres et le Sentier.

      Ces qualités aideront le candidat à éviter trois genres de dangers – dangers venant du monde extérieur, dangers causés par sa propre nature inférieure, dangers intérieurs provenant de lui-même, c'est-à-dire de ses propres vertus si elles ne sont pas équilibrées. L'é... appuyée sur sa p... représentait les premiers ; plus tard, il les trouvera remplacés par l'Eq:. de sa propre nature inférieure ; plus tard encore, ce sera le C:. représentant le triangle de son Moi supérieur, dont les vertus exagérées peuvent causer sa perte, s'il ne veille pas sans relâche à garder l'équilibre et le calme et à suivre ce Chemin du Milieu que Notre Seigneur le Bouddha appelait le sentier sûr.

      Un jour, le candidat, en cultivant ces qualités, sera devenu capable de parcourir à volonté le plan tout entier. Pour exercer cette activité, le discernement lui donnera la puissance mentale, l'absence de désirs la puissance émotionnelle, enfin la bonne conduite la force de volonté. Dans la partie la plus haute de cette région, aucune cérémonie ne sera plus jamais nécessaire pour qu'il y passe sans empêchement, car tout y répond, tout y obéit instantanément à la volonté de l'homme éclairé. Là, les Frères de la Lumière sont reconnus sans peine.

      Cette partie du rituel nous est venue principalement des degrés symboliques ou degrés bleus du Rite Ecossais Ancien et Accepté mais ne figure pas dans le travail de la Grande Loge d'Angleterre. Dans le rituel du Rite Ecossais travaillé dans les Loges sous les auspices du Conseil Suprême de France, les trois voyages symboliques existent, y compris le vacarme et le choc d'épées dans le premier, un « cliquetis d'armes blanches » dans le second et un silence complet dans le troisième ; point d'invocation des élémentaux, bien que les voyages soient comparés aux anciennes épreuves par la terre, l'air, le feu et l'eau. On trouve une intéressante confirmation de la pratique de ces voyages dans les transactions de l'A.Q.C., contenant un récit de sa propre initiation par Robert Guillemand, l'homme qui, se trouvant sur un vaisseau français, tua d'un coup de feu Lord Nelson à la bataille de Trafalgar. Il fut initié pendant le siège de Strasbourg ; son récit est daté de 1807 :

      En conséquence, l'initiation eut lieu, avec toute la splendeur permise par les circonstances, dans une cabane d'environ quinze pieds de long et six de largeur, trop basse pour qu'il fut possible de s'y tenir debout, mais qui pourtant servait de Temple. Quand j'eus fait mes voyages, pas très longs d'ailleurs, subi les épreuves du feu et de l'eau et les tours habituels, reçu les signes, mots, attouchements et autres formes, l'adjudant, qui était notre orateur, m'expliqua la sublimité du caractère dont je venais d'être revêtu et qui faisait de moi un enfant de la Lumière.

      Dans la Maçonnerie masculine anglaise, on n'apportait pas d'épées dans la Loge et, au temps où les gentilshommes portaient cette arme, ils la laissaient au dehors. Au contraire, dans la Maçonnerie mixte, les épées sont employées en loge comme puissants instruments d'amour dans la magie pratiquée suivant le rituel.




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