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Le côté occulte de la Franc-Maçonnerie

Charles Webster Leabeater
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CHAPITRE VI – INITIATION
Préparation du candidat

Avant son admission on lui enlève tous Mét:. et Val:. ; on lui b... les y... ; le b... d..., le c... g... de la p... et le g..., g... sont m... à n... et le t... d... d.ch... Les groupements maçonniques s'accordent pour attacher la plus grande importance à ce que cette forme conventionnelle de préparation ne soit pas abandonnée ; ils en donnent pour raison qu'elle était en usage aux époques anciennes. C'était une règle parmi les Juifs, dit un traité se rattachant au Talmud, que « nul ne devait pénétrer dans le temple avec son bâton, ni chaussé de souliers, ni vêtu de son vêtement extérieur, ni porteur d'argent serré dans sa bourse. »

      Néanmoins, le caractère très spécial de la préparation, différente pour chaque degré, semble indiquer moins une règle générale de ce genre qu'une connaissance réelle de la physiologie occulte de l'initiation chez ceux qui établirent la méthode toujours si fidèlement conservée. Certaines forces sont dirigées d'une façon particulière à travers le corps du candidat pendant la cérémonie et particulièrement au moment où il est créé, reçu et constitué App:. Maç:.

      Certaines parties de la Loge ont été saturées d'énergie magnétique dans l'intention spéciale que le candidat puisse en absorber le plus possible. Le lecteur n'a pas oublié que pendant l'encensement de la Loge, une construction ayant la forme d'une ruche est élevée devant le plateau de chacun des officiers principaux ; or, la cella ou espace clos central, qui repose sur le pavé mosaïque, y compris l'autel, est la partie la plus fortement magnétisée. Cette curieuse manière de préparer le candidat a pour premier objet d'exposer à cette influence les diverses parties du corps qui sont spécialement employées dans la cérémonie. Ainsi le b... d... est mis à nu parce que le candidat doit s'en servir dès qu'il apprend à l'étendre dans le geste de puissance qui accompagne l'affirmation : « A... s... i... » C'est encore, dit-on, une marque de sincérité destinée a montrer que le candidat est sans armes.

      Le c... g... de la poitrine est découvert parce que c'est lui que touche la pointe du g... à son entrée dans la Loge. La Maçonnerie masculine donne encore une autre raison : c'est une preuve que le candidat n'est pas une femme déguisée. Le g... g... est celui sur lequel il s'agenouille pour être reçu ; il doit donc être également découvert. Le t... d... est d.ch... parce que c'est lui qui doit toucher le plancher quand le candidat tient le g... d... en forme d'Eq:. Le g... g... et le p... d... sont ses supports ou points de contact avec le plancher au moment de l'admission. Une autre raison est quelquefois donnée pour le placement des pieds en équerre. Ce serait pour se conformer à l'ancienne coutume juive, lorsqu'un homme prenait sur soi une obligation ou concluait un accord (30).

      Dans l'Egypte ancienne, il y avait pour ces préparations une raison additionnelle, car on faisait passer à travers le corps du candidat un faible courant électrique au moyen d'une baguette ou d'une épée dont il était touché à certains points. Je ne puis en dire davantage sur cette partie de la cérémonie, sauf qu'elle concerne la stimulation, dans l'épine dorsale, d'un courant éthérique connu des occultistes hindous sous le nom de Idâ nâdi. Nous l'expliquerons plus longuement en expliquant la cérémonie de l'élévation au troisième Degré.

      C'est aussi un peu pour la même raison qu'à sa première initiation, le candidat se voit enlever tous Mét:., car ils peuvent très facilement gêner la circulation des courants. Une importance capitale a toujours été attachée à cette partie de la préparation ; il est nécessaire d'observer cette règle avec une extrême rigueur. A cet égard, la vigilance des officiers, dans la Maçonnerie Mixte, devrait même être supérieure à celle que l'on juge nécessaire dans la Maçonnerie masculine, car, avec les complications du costume féminin, une infraction au règlement peut plus facilement passer inaperçue. La plupart des épingles à cheveux doivent bien entendu être absolument prohibées ; la même précaution s'applique aux agrafes et à beaucoup de boutons et de jarretières. Nos FF:. indiens doivent prendre garde aux broderies de leurs dhotis et saris. Nous avons entendu des femmes formuler des objections sentimentales à enlever leurs alliances, et je crois qu'aux Indes on rencontre parfois des difficultés semblables à propos de bracelets et autres ornements.

      Sur ce point l'opinion du C:. D:. T:. L:. V:. F:. M:. a été sollicitée ; Sa réponse très nette fut qu'aucune modification de cette règle ne devait être permise ; Il ajoute cependant que plusieurs fois, dans le passé, un officier ayant ignoré le caractère obligatoire du règlement, Il avait dû Lui-même guérir le candidat afin que son initiation fût valable. Autrement, Il exige que tout soit observé littéralement et nous donne à entendre que les personnes qui ne croient pas pouvoir se plier à cette prescription, ne doivent pas entrer dans l'Ordre de la Maçonnerie Mixte. Nous avons connu le cas d'un homme qui, par mégarde, conserva durant toute la cérémonie une amulette ou médaille d'or cousue dans la doublure d'un de ses vêtements. On ne s'en souvint qu'à la fin de la cérémonie et celle-ci dut naturellement être reprise depuis le commencement.

      Dans un autre cas, une candidate réussit, par un subterfuge indigne, à conserver son alliance jusqu'à la conclusion de la cérémonie, et quand ce fut découvert, refusa net de s'en dessaisir et de rendre ainsi possible la reprise de la cérémonie. Alors on se demanda comment il fallait considérer cette candidate qui avait irrégulièrement reçu certains secrets. La décision du C:. D:. T:. L:. V:. F:. M:. fut donnée en termes clairs et sans ambages : malgré la cérémonie de l'initiation, elle n'était pas Maçonne et ne pouvait d'aucune façon être reconnue comme telle. Dans ma Loge-Mère, il y a eu des cas où il fallut couper à la lime une bague impossible à enlever, mais ceci ne présente aucune difficulté pour un opérateur adroit qui, de même, peut rendre ensuite à la bague exactement son apparence première. Il va sans dire qu'il faut aussi veiller à l'enlèvement des lunettes et pince-nez. On nous a fait comprendre que l'or et l'argent posés par un dentiste ne présentent pas d'inconvénient parce qu'ils font toujours partie de la personne.

      En ce qui concerne la raison de cette prohibition rigoureuse, une autre explication a été suggérée ; en portant sur soi des m...x, le candidat serait, cérémoniellement parlant, impur ; son initiation devant par suite être nulle et non avenue, il était nécessaire d'enlever les m...x et de recommencer la cérémonie. Dans l'opinion de quelques auteurs, lesentiment que les métaux sont jusqu'à un certain point impurs remonte probablement à la fin de l'âge de pierre. Le même conservatisme ne permettait d'employer qu'un couteau de pierre pour offrir les sacrifices ou accomplir le rite de la circoncision.

      Cette partie de la préparation est également supposée rappeler que, dans la construction du temple du roi Salomon, on n'entendait aux alentours aucun bruit de hache, de marteau ou d'autre outil en fer, car les pierres avaient été complètement achevées dans les carrières et pour leur pose on employait des maillets en bois.

      Le candidat ne doit porter sur lui, en entrant, aucune v...r ; c'est une manière de symboliser le fait qu'il entre dans une confrérie où ne comptent ni l'argent, ni les titres, ni autres distinctions du monde extérieur.

      Le riche laisse son rang et son état – A la porte du Maçon ; – Le pauvre est l'objet de son respect sincère – Sur le plancher à damer.

      Le Franc-Maçon, s'il est digne de ce nom, est l'égal d'un prince, mais le frère d'un mendiant. Dans la Loge, cette fraternité se voit dans une absence complète de favoritisme. Tout Maçon devenu M:. peut en temps voulu devenir Vén:. de la Loge.

      La question présente aussi un côté personnel. Le candidat doit être « pauvre » ; en d'autres termes, il ne doit pas dépendre des biens et possessions extérieurs, car ils ne lui serviront de rien dans l'évolution qu'il entreprend maintenant. Au contraire, de grandes richesses peuvent entraver ses progrès s'il n'a pas un caractère assez énergique pour les dominer entièrement et pouvoir à volonté en faire usage ou non, les voir arriver ou disparaître sans éprouver ni joie, ni tristesse.

      Strictement parlant, l'homme qui s'engage dans le sentier occulte ne possède absolument rien ; s'il peut avoir à s'occuper d'une grande fortune et d'importants intérêts, il n'a pas le sentiment que ce sont là des possessions personnelles, réservées aux plaisirs et aux avantages de son moi séparé. Comme un intendant représentant de Dieu, il en dispose pour le service de l'humanité. En ce sens, il a donné tous ses biens aux pauvres et en même temps est devenu pauvre comme eux.

      On bande les yeux du candidat pour la raison bien évidente qu'il ne doit pas voir la Loge, ni aucune de ses décorations ou dispositions avant d'avoir prêté le Serm:. solennel de ne jamais les révéler à aucune personne du dehors. Tant qu'il n'a pas prêté Serm:., le candidat a le droit de se retirer. Des cas se sont présentés où le candidat, n'acceptant pas les termes du Serm:. exigé, a refusé de passer outre. Dans des cas aussi rares, on peut honorablement lui permettre de se retirer et on le fera sortir de la Loge, les yeux toujours bandés ; par suite, impossible qu'il dévoile aucun secret. Dès que le Serm:. solennel a été prononcé, le mouchoir couvrant ses yeux est immédiatement enlevé. Si, plus tard, à un moment quelconque, le candidat veut se retirer, il reste lié par son serment de ne rien révéler.

      Le b... représente la cécité mentale du candidat. L'homme dans la rue croit voir et savoir, mais le candidat doit maintenant se rendre compte que c'est faux. Il commence à comprendre les paroles d'un sage de l'antiquité : « Quand, disait celui-ci, il fait jour pour les hommes ordinaires, il fait nuit pour le sage ; mais quand, pour les hommes ordinaires il fait nuit, alors il fait jour pour le sage. » Ce qui, dans le monde, paraît être aux hommes lumière et connaissance, n'est à ses yeux qu'ignorance et obscurité, et là où pour eux tout est ténèbres, il voit. Comment ne pas constater avec tristesse que nos écoles présentes enseignent si peu des connaissances véritables, essentielles au bien-être et aux progrès de l'âme humaine ? Il faut beaucoup de temps et d'énergie pour faire d'un adolescent un bon élève en humanités ou en mathématiques ; on semble se préoccuper beaucoup moins d'en faire un homme dont la vie soit irréprochable, un citoyen honorable, altruiste, fidèle et droit. Voilà pourquoi, en ce qui concerne bien des côtés plus importants de l'existence, on nous laisse véritablement marcher dans l'obscurité ; et c'est précisément de ce genre de nuit que la Franc-Maçonnerie délivre ses candidats. Ils connaissent donc symboliquement l'existence de l'obscurité et consentent à la traverser pour aller chercher la Lumière.

      En outre, comme il est dit dans l'allocution mystique, le bandeau symbolise l'inconscience absolue qui succède au passage à travers le portail de la mort, avant que n'ait été rejetée la partie la moins dense du corps physique.

      Le candidat porte au cou une c... dont le bout libre pend par devant et il est admis dans la Loge, la p... d'un p... nu appuyé sur le côté gauche de sa poitrine. Double emblème que, dans la vie, les hommes ont des responsabilités et des limitations dont le sage doit tenir compte ; impossible d'éviter les premières ; impossible de se lancer impétueusement en avant et de méconnaître les secondes. Ici encore nous trouvons un symbole des deux grandes lois du dharma et du karma. Par le dharma – emploi des facultés que nous possédons dans les devoirs journaliers qu'elles nous permettent de remplir – il se produit une croissance pu évolution intérieure. Le karma – milieu où nous nous trouvons placés et que nous valent les actions de nos vies passées – nous présente des occasions de progrès et quelquefois des obstacles, mais ceux-ci, quand nous savons les affronter, augmentent notre force profonde. Dans les termes d'Emerson, l'homme s'instruit ici-bas par l'éducation et par l'intuition ; l'enseignement qu'il reçoit est à la fois externe et interne. Sur le sentier occulte, il importe plus encore pour l'aspirant de s'avancer sans impétuosité ni répugnance, sans témérité ni crainte. Pareil à un homme qui voudrait en marchant suivre une ligne resserrée, le candidat doit suivre le sentier qui est étroit comme le fil d'un rasoir. « Festina lente » pourrait être sa devise.

      Le symbolisme de la c... exige, notons-le bien, que la personne, quelle qu'elle soit, conduisant le candidat en ce début de la cérémonie, doit en tout cas le diriger par cette c... en le tenant par la main ou par le coude. La c... et le b... représentent aussi les liens de l'ignorance qui enserrent le candidat jusqu'au moment où rayonne sur lui la lumière de la Maçonnerie.


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(30)  Voir Ruth, IV, 7, 8.




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