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Le côté occulte de la Franc-Maçonnerie

Charles Webster Leabeater
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CHAPITRE VI – INITIATION
Préparation intérieure

Le rituel ne parle guère d'un autre aspect, plus important encore, de la préparation nécessaire au candidat sollicitant son admission dans la Franc-Maçonnerie : son côté intérieur et spirituel. Plus tard, au moment où le néophyte va passer à un degré supérieur, cette question lui est posée : « Où avez-vous d'abord été préparé à devenir Franc-Maçon ? » ; il y répond par cette belle et suggestive formule : « Dans mon cœur. » Dans l'un des rituels masculins, le Vén:. rappelle au candidat qu'il a été préparé intérieurement et dans son cœur à devenir un Maçon parce qu'il avait déjà une bonne opinion de l'Ordre ; il souhaitait être admis parmi ses membres ; il désirait s'instruire. D'autre part, dans la première allocution, l'interrogateur lui demande : « Que venez-vous faire ici ? », et le candidat répond : « Apprendre à gouverner et à dominer mes passions et à faire de nouveaux progrès en Maçonnerie. »

      Avant que la porte où il frappe ne lui soit ouverte, le candidat doit convaincre le Couvr:. qu'il est bien préparé dans son intelligence et dans son cœur aussi bien que sous la forme extérieure. Il vient, déclare le Tuil:., librement et de son plein gré, il sollicite humblement à être admis aux mystères et aux privilèges de l'antique Franc-Maçonnerie ; il espère les obtenir avec l'aide de Dieu et en vertu de sa bonne réputation, étant libre. Nul ne peut suivre le sentier occulte sur l'inspiration d'autrui ; l'homme doit sentir en soi-même l'élan, le dégoût des objets que peut donner le monde de la vie ordinaire, une faim intérieure pour les choses de l'esprit, mécontentement appelé chez les Hindous moumoukshatva. C'est un chemin où les choses extérieures ne prêtent plus leur secours au voyageur ; il ne reste plus à celui-ci, pour le soutenir et le pousser en avant, que sa propre force intérieure.

      Cela est très vrai, mais heureusement il est vrai aussi que cet effort personnel incite une réponse intérieure ; le candidat peut donc à juste titre répondre qu'il espère obtenir l'initiation avec l'aide de Dieu et en vertu de sa bonne réputation.

      Il sollicite humblement, car il lève ses yeux vers la lumière ; son attitude est exactement le contraire de celle de l'orgueilleux qui se contente de regarder au-dessous de soi pour jouir de la comparaison entre sa propre grandeur et la petitesse des gens et des choses qui se trouvent dans le champ de sa vision hautaine. L'humilité appartient à l'homme féru d'idéal, qui jamais n'est satisfait parce qu'il regarde toujours au-dessus de soi. Là se trouve donc la clef ouvrant l'accès du sentier ascendant.

      L'homme humble est-il vainqueur, il ne l'attribue pas uniquement à sa fière valeur personnelle mais, voyant en toute force la force divine, il reconnaît que, semblable aux héros de jadis, il se borne à faire usage des pouvoirs qui d'en haut lui ont été conférés : tel Arjouna dans la bataille de Kouroukshetra, employant les armes célestes reçues de Shiva lors de son pèlerinage dans les Himalayas ; tel Persée dans sa lutte effrayante contre la Gorgone, portant le casque prêté par Pluton, l'égide ou miroir de Pallas Athéné, enfin les ailes de Mercure ; tel encore le roi Arthur recevant des mains de la Dame du lac l'épée mystique Excalibur. Le Christ Lui-même a dit : « Je ne fais rien de moi-même, mais je dis ce que mon Père m'a enseigné. Celui qui m'a envoyé est avec moi. »

      Le témoignage de sa bonne réputation, avons-nous dit, a déjà été dans la Loge rendu en sa faveur. Cette phrase présente un double sens. Il peut s'agir sans doute du témoignage rendu au mérite du candidat par les deux personnes qui ont appuyé sa candidature ; mais il existe un sens différent et plus ésotérique, admirablement rendu par le F:. Wilmshurst dans Masonic Initiation :

      Cela ne signifie pas que l'homme jouit d'une bonne réputation. Cela signifie que, mis à l'épreuve par les autorités initiatrices, il doit se montrer spirituellement sensible aux idéaux qu'il a pris pour but et « résonner juste », comme sonne clair une pièce de monnaie que l'on frappe afin de constater si elle est bonne. Dans les étonnants rituels égyptiens du Livre des morts, l'un des titres toujours accordés à l'initié était « juste de voix » ; c'est l'équivalent de notre « témoignage de bonne réputation ». Cela ne veut pas dire que l'homme fut incapable de fausseté ou d'hypocrisie, ce qui était tout naturel, mais que sa voix même révélait sa spiritualité inhérente, et que sa propre parole, reflet de la Parole divine, s'en trouvait colorée. Physiologiquement, il existe un rapport étroit entre les centres nerveux, vocal et cardiaque – le guttural et le pectoral. La pureté ou l'impureté du cœur modifient la qualité et l'influence morale de la parole. La voie d'un véritable Initié ou saint est toujours caractérisée par un charme, un timbre musical, une influence pénétrante, une sincérité absente chez d'autres ; car il a « la voix sûre » ; il a reçu « le témoignage de bonne réputation ».

      Chacun prononce son propre et véritable nom. De même que chacun dégage une odeur propre qui permet au limier de le poursuivre, chacun possède son propre son spirituel ; et ceux qui peuvent percevoir ce son-là dans les mondes intérieurs savent où l'homme est placé sur l'échelle de l'évolution, savent ce qu'il peut ou non accomplir. Le son distinctif de chacun a souvent été nommé son accord. Individuellement, ses véhicules contiennent des vibrations de taux très divers ; ces vibrations se confondent et constituent pour chaque véhicule un certain son complexe, son moyen du véhicule entier et lui rappelle les photographies composites que nous voyons parfois, dans lesquelles toute une série de visages sont superposés sur la même plaque. Des notes composites de ce genre son rendues par chaque véhicule – éthérique, astral, mental – et l'ensemble de ces notes forme l'accord distinctif de l'homme, permettant à ceux qui l'entendent de toujours identifier ce dernier. C'est ce que l'on appelle quelquefois le nom occulte de la personnalité. Le nom véritable que l'homme parvenu à l'Initiation d'Adepte entend prononcer pour la première fois appartient à des véhicules différents et bien supérieurs. La magie ancienne tirait souvent son pouvoir de la connaissance de ces noms. C'est donc le coup frappé par lui-même, son propre témoignage rendu par le moi intérieur qui ouvrent à l'homme l'accès de la véritable Loge.

      La stipulation que le candidat doit être libre ramène notre pensée aux jours anciens où la plupart des hommes n'étaient pas libres et où une foule de gens étaient serfs ou esclaves. Ne supposons pas qu'ils fussent nécessairement maltraités ou avilis. Beaucoup étaient de race étrangère ; la fortune des armes en avait fait des prisonniers de guerre ; ils étaient donc souvent aussi bien nés que leurs vainqueurs. Dans l'Egypte ancienne tout au moins, c'était un fait admis, et il arrivait assez souvent qu'un esclave entrât par mariage dans la famille de son maître, ce qui assurait bien entendu sa libération immédiate.

      Néanmoins, une tradition immémoriale exigeait dans l'antiquité que seul un homme libre pût être admis dans une Loge Maçonnique. Aujourd'hui l'homme digne d'être créé Maçon est défini comme suit : il doit être juste, droit et libre, d'âge mûr, de jugement sain et d'une conduite irréprochable. Cette énumération de qualités donne une idée de la préparation intérieure qu'il faut accomplir avant l'initiation maçonnique.

      Ces qualités requises offrent aussi un sens symbolique, car l'homme qui aspire à la lumière doit avoir déjà tout au moins commencé à se libérer de la domination des circonstances qui enserrent sans espoir, ici-bas, l'homme ordinaire ; il doit tout au moins entrevoir cette vérité : que ces circonstances mêmes qui le limitent et l'oppressent peuvent servir à une âme énergique de points d'appui, dans sa marche vers une vie plus vaste et plus glorieuse.

      Tous ces préliminaires ayant pris fin, le Vén:. donne l'ordre de faire entrer le candidat. Le Couvr:. le reçoit entre les deux Col:., lui touche de la pointe du p... le c... g... de la p... et lui demande s'il sent quelque chose ; la réponse étant affirmative, il prévient solennellement le candidat que le souvenir de cette expérience devra toujours le retenir, si jamais il courait le danger d'oublier son Serm:. et de divulguer les S:. de la Franc-Maçonnerie. A l'intérieur et tout près de la porte se tiennent le premier et le deuxième Exp:., tenant leurs v...s croisées et représentant ainsi à la fois la porte triangulaire de l'ancienne Loge égyptienne et le premier des portails symboliques sur lesquels doit passer le candidat. Debout sous ce portail, l'aspirant reçoit l'ordre d'incliner la tête, pour marquer de nouveau l'humilité qui doit caractériser l'aspirant. Au point de vue emblématique, la Loge figure le monde supérieur où passe l'homme en quittant le monde physique ; ce premier portail représente donc la porte de la mort ; en même temps, l'inclination de la tête signifie la soumission à la volonté divine, soumission avec laquelle l'homme doit pénétrer dans cette nouvelle région de la vie, calme et prêt à tout recevoir sans s'émouvoir, quoi qu'il arrive.

      Le Couvr:. ayant rempli son office n'a plus à s'occuper du candidat. Ceci, pouvons-nous dire, signifie que l'homme doit entièrement abandonner le corps éthérique, aussitôt que possible après avoir franchi le portail de la mort. Maintenant il est pris en mains par le deuxième Exp:., qui représente le corps astral dans lequel doit, pendant un certain temps, vivre le défunt récent.

      Le candidat s'agenouille alors à la gauche du premier Surv:., tandis que le Vén:. invoque la bénédiction des Ministres du G:.A:.D:.L:.U:. et celle du Très Digne et Vénérable Maître de la Sagesse qui est, dans le monde en entier, le C:. D:. T:. L:. V:. F:. M:. De nouveau est prononcé un nom véritable. Le Grand Maître et d'autres sont prêts à seconder les efforts entrepris par le candidat pour arriver, en son cœur, à la sagesse, pour manifester la beauté de l'humanité divine dans sa forme et dans ses actions extérieures, enfin pour coopérer avec la Volonté Suprême dans l'œuvre évolutive, et maintenir ainsi un parfait accord entre la vie profonde et la forme extérieure.

      Par son invocation, le Vén:. reconnaît que notre temple n'est qu'une loge près de la porte, qu'une entrée s'ouvrant sur l'avenue menant à un Temple plus grand, à la Loge cachée que dirige le Maître de l'Œuvre. Dans la progression cyclique de la civilisation, les sept rayons ou types de vie prédominent les uns après les autres. Au moyen-âge, la dévotion, sixième type, prédominait, mais aujourd'hui s'affirme le septième type dont dépendent de nombreuses formes cérémonielles ; aussi voyons-nous grandir l'intérêt qu'il inspire, et les temps sont-ils mûrs pour une grande extension de la Maçonnerie, dont le rituel sera de mieux en mieux compris et travaillé.




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