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Le Prince Murat et la Franc-Maçonnerie

à propos de la question romaine
Paul Roger
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III

Mais revenons aux actes politiques du prince Murat et voyons comment la presse européenne les a jugés dans leurs rapports avec la Franc-Maçonnerie.

      « Comment le Grand-Maître de l'Ordre maçonnique a-t-il pu se permettre d'attaquer les révolutionnaires italiens ? Etait-ce à lui d'imiter son père, qui eut l'incroyable pensée de servir la contre-révolution et la sainte-alliance quand Napoléon succombait sous leurs coups, quand les vieilles aristocraties de l'Europe triomphaient de la France accablée ? »

Emile de la BÉDOLLIÈRE
(le Siècle, dimanche 07 avril 1861.)


      Je regrette de n'avoir pas sous la main l'Observateur de Bruxelles et la Gazette d'Augsbourg, journaux auxquels j'aurais emprunté quelques citations sur le même sujet.

      Voyons enfin comment l'Italie interprète la conduite du prince Murat.

      En votant pour l'amendement qui avait pour objet la restauration du pouvoir temporel du Pape, le prince Lucien Murat semble du reste avoir voulu renoncer à l'honneur de représenter la Franc-Maçonnerie. La puissance temporelle de la Papauté et la Franc-Maçonnerie s'excluent réciproquement. Bien que cette dernière institution se place en dehors de tous les cultes, elle est incompatible avec un pouvoir qui la nie. Tant que l'anathème est purement théorique, tant que l'Eglise se borne à excommunier les Francs-Maçons et les vouer à l'enfer éternel, l'institution maçonnique, qui professe la tolérance la plus absolue en matière religieuse, n'a pas à s'en préoccuper. Aussi les temples des Francs-Maçons s'ouvrent-ils pour ceux-là mêmes qui acceptent l'autorité religieuse de l'Eglise qui les condamne. Mais cette tolérance ne peut s'appliquer au pouvoir politique qui change en fait ces condamnations et ces anathèmes. La papauté temporelle, ce n'est pas seulement la théorie de l'intolérance, c'est l'intolérance réalisée, c'est le glaive de l'Inquisition frappant la libre pensée, partout où il peut l'atteindre, au sein de la Franc-Maçonnerie, comme au sein de la société civile ; c'est l'ordre des jésuites, poursuivant partout son œuvre souterraine ; c'est la tête qui ordonne au bras de frapper comme un bâton, à l'esprit d'obéir comme un cadavre.
      Il est évident que le prince Lucien Murat, en se ralliant solennellement à un pouvoir qui, non content d'excommunier les Franc-Maçons, les persécute, cessait de les représenter. Aussi s'attendait-on à lui voir, à la suite de son vote pour la papauté temporelle, donner sa démission de Grand-Maître. Il ne l'a point fait. C'est fâcheux pour sa considération comme Franc-Maçon et c'est maladroit comme prince prétendant au trône de Naples.


(Journal les Nationalités, 04 mai 1861.)


      L'Europe, sur ce point, a été du même avis depuis Augsbourg jusqu'à Paris, depuis Bruxelles jusqu'à Turin.

      Nous dirons aussi, avec le Monde maçonnique :

      « On demande comment il se fait que le prince Lucien Murat, en prenant parti pour le régime de la Papauté organisée comme pouvoir politique, ne s'est pas aperçu qu'il se séparait, ipso facto, de l'Institution maçonnique, dont il avait été jusque-là le représentant officiel ? Une telle défection ne devait-elle pas être précédée de sa démission de Grand-Maître ? Est-il possible, en effet, d'admettre qu'il puisse servir l'Ordre des Francs-Maçons et soutenir en même temps le pouvoir qui les poursuit et les persécute ? Il est évident que, si le prince Lucien Murat veut de bonne foi le maintien et la restauration du gouvernement temporel du Pape, – et après son vote motivé le doute serait une injure, – il ne peut vouloir le maintien et le développement d'une Institution qui est niée par ce gouvernement et dont l'existence lui est odieuse. C'est en vain qu'on essayerait d'établir une distinction entre le prince Murat agissant comme prince italien et ce même prince agissant comme Grand-Maître. La même bouche ne peut souffler ainsi le froid et le chaud ; la même face ne peut regarder à la fois le passé et l'avenir, La conscience humaine est une et indivisible ; la diviser, c'est la détruire. A tout homme qui prétend servir deux intérêts contradictoires, la voix du peuple criera toujours : « Lequel de tes deux maîtres vas-tu trahir ? »




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