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Les précurseurs de la Franc-Maçonnerie

au XVIème et au XVIIème siècle
Claudio Jannet
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VII – Les Athéistes de Toulouse

Nous l'avons dit, la fantasmagorie dont s'entouraient les Rose-Croix était un voile dont ils couvraient leurs desseins, absolument comme les opérations magiques de Cagliostro, un des plus actifs agents du grand complot maçonnique dont l'explosion eut lieu en 1789, servaient à dissimuler son action réelle aux ministres de Louis XVI aveuglés ou complices de la secte (41).

      Liés ou non avec eux, on trouve à la même époque d'autres adeptes appliqués à propager, dès le commencement du XVIIème siècle, les principes qui seront plus tard ceux des hauts grades maçonniques.

      Ecoutons encore ici le P. Gaulthier :

      « De Lucilius et autres nouveaux Athéistes : Il estait Italien de nation, lequel, après avoir enseigné l'athéisme en divers endroits de France, s'estant retiré à Tolose, il fut enfin convaincu par la déposition de quelques gens d'honneur, qui ne peurent souffrir ses blasphèmes, et condamné à la mort par la diligence de Monsieur de Mazuyer, premier président au Parlement de Tolose. Aucuns de ses adhérents le voulurent excuser et rejeter ses maximes impies sur la philosophie, qui luy servait de prétexte ; mais son impiété fut péremptoirement descouverte, quand il lui fut ordonné de faire amende honorable. Car alors commandé de demander pardon à Dieu, au Roy et à la Justice, il respondit : Quant à Dieu, je n'en crois point ; quant au Roy, je ne l'ai jamais offensé ; et, quant à la Justice, que les Diables, s'il y en a, l'emportent. Après il ajousta qu'on n'avançait guères de le faire mourir, d'austant qu'ils étaient douze en nombre sortis de Naples, qui s'estaient espanchés par l'Europe pour enseigner la même doctrine. »

      Ceci se passait le 19 février 1619. Le P. Gaulthier ajoute quelques lignes plus bas :

      « Lisez ce qu'a écrit des athéistes et esprits curieux de ce temps, descouverts en France principalement l'an 1623, M. Caspar, en son Thresor de l'histoire de nostre temps ; descouverts, dy-je, partie par les livres, discours et poésies satyriques et mesdisantes, qui persuadaient l'athéisme à la noblesse française et contenaient des exécrables impiétés contre la divine Majesté, contre la Vierge-Mère et contre les Saints, partie par la poursuite qui fut faite contre telle peste par Monsieur le procureur général de la Cour au parlement de Paris (42). [...] »

      Quand Richelieu fut arrivé au pouvoir, Rose-Croix, Athéistes et Libertins, comprirent que la situation devenait pour eux trop dangereuse. Ils semblent avoir abandonné la France jusqu'à la fin du règne de Louis XIV : mais la propagande d'antichristianisme et de naturalisme n'en continua pas moins en Allemagne, en Hollande, en Angleterre on l'a vu dans ce que nous avons dit de Spinoza. La pénétration de Bossuet ne s'y trompait pas, quand il parlait d'un bruit sourd d'impiété. Cette propagande avait commencé, comme nous l'allons voir, dès le siècle précédent.


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(41)  Nous ne prétendons nullement nier la réalité de certains phénomènes supranaturels provoqués par Cagliostro et semblables à ceuxdu spiritisme. Ils sont mentionnés dans la très curieuse Correspondance inédite de S. C. de Saint-Martin avec le baron de Kirchberger, publiée par L. Schauer (in-8°, Paris, Dentu, 1860). Mais le complot, dont Cagliostro était un des agents, ne s'en avançait que mieux au milieu de l'engouement causé par ces prestiges.

(42)  Voyez aussi sur ces athéistes l'ouvrage cité plus haut du P. Garasse. On appelait Libertins une secte de libres penseurs qui s'étaient formés en Flandre vers 1537, à la faveur de la prédication du protestantisme, et qui s'était répandue à Genève, à Paris, à Rouen. Voyez Pluquet, Dictionnaire des hérésies, II, V. Voyez aussi Amos Comenius, Latinæ linguæ atrium, III, p. 317.




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