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Vocabulaire des Francs-Maçons

E. F. Bazot
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L'AMOUR RÉCIPIENDAIRE

COUPLETS
Chantés à  la Fête de Famille donnée par
la R:. L:. Ec:. de JÉRUSALEM, O:. de Paris


AIR : Prenons d'abord l'air bien méchant


On dit qu'amour d'être Maçon
Conçut un jour la fantaisie :
Il trouva sans peine un patron
Au sein de la Maçonnerie.
Il arrive, on le fait entrer
Dans un réduit des plus funèbres ;
Il sut bientôt se rassurer,
L'amour ne hait pas les ténèbres.

Apprenez-moi, dit-il, le nom
De ce boudoir de Proserpine ?
– Cabinet de réflexion.
– Ah ! ce mot affreux m'assassine.
Ne m'y laissez que peu d'instants,
Ce lieu me paraît trop à craindre ;
Car lorsqu'il réfléchit longtemps,
L'amour est bien près de s'éteindre.

Médite chaque inscription,
Crie une voix de basse-taille.
Il lit avec attention,
Et dit devant chaque muraille :
Je suis curieux, j'en conviens ;
Mais les rangs n'ont rien qui m'étonne ;
Et quant au courage, on sait bien
Qu'au plus poltron l'amour en donne.

On le descend dans un caveau
D'un aspect sombre et funéraire ;
On l'assied auprès d'un tombeau
Qu'une lueur livide éclaire.
Des ossements frappent d'abord
Les yeux du pauvre, qui s'écrie :
« Qu'a de commun avec la mort
Celui dont émane la vie ? »

II faut faire ton testament :
Epargnez-m'en, dit-il, la peine ;
Je ne laisse, hélas ! en mourant,
Que d'un songe la trace vaine.
Je lègue aux beaux yeux mon flambeau,
Mon carquois, mes flèches cruelles ;
Je lègue à l'hymen mon bandeau,
Aux amants dédaignés mes ailes.

Dans le temple il est parvenu
Avec les formes de coutume,
Les yeux bandés et le corps nu ;
II n'a pas changé de costume :
Mais il a l'air embarrassé ;
Son poste n'a rien qui lui plaise.
Entre deux Surveillants placé,
L'amour ne pouvait être à l'aise.

Aux questions qu'on lui soumet,
Il répond avec assurance.
Le vénérable est satisfait,
Le premier voyage commence.
Un grave expert lui sert d'appui ;
En souriant l'amour s'écrie :
Frère, tu remplis aujourd'hui
L'antique emploi de la folie.

Sur les sept péchés capitaux,
L'amour dit d'une voix discrète :
L'orgueil n'est pas de mes défauts ;
J'unis le sceptre et la houlette.
La luxure, on la prend souvent
Pour moi, qui n'y ressemble guère ;
Mais tout cœur pur, sensible, aimant,
Doit savoir combien j'en diffère.

A mon ordre, le paresseux
Ne redoute plus la fatigue ;
L'emporté devient doucereux,
Et l'avare devient prodigue.
Si je suis gourmand quelquefois,
C'est des caresses d'une amie ;
Jamais au plus puissant des rois,
L'amour heureux ne porte envie.

Il faut prêter en ce moment
Une obligation sévère.
Volontiers, dit-il, d'un serment
L'amour ne s'embarrasse guère.
On reconduit à l'Occident
L'aimable récipiendaire
Quoi ! dit-il, mon bandeau descend ?
Ô mes amis! qu'allez-vous faire ?

Pardonnez, je change d'avis,
L'amour est sujet au caprice ;
Mais cette fois, mes bons amis,
N'en accusez point ma malice.
M'ôter mon bandeau, c'est un tour
Qu'on joue à la nature entière ;
Las ! je ne serai plus l'amour,
Dès que j'aurai vu la lumière.

Je serai toujours votre ami,
Mais souffrez, Messieurs, que je sorte :
Ma sœur doit régner seule ici ;
Moi, je vous attends à la porte.
Si je refuse votre loi,
Ce nest pas que je la condamne.
Vous, joyeux Maçons, croyez-moi,
Aimez toujours l'amour profane.

FOURCY
Membre de la Parfaite-Union,
O
:. de Douai




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