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La Cagliostro se venge

Maurice Leblanc
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DEUXIÈME PARTIE – LE PREMIER DES DEUX DRAMES
I – FIANÇAILLES

Ainsi donc, en six semaines, la situation avait évolué peu à peu dans un sens qui la transformait entièrement. Comme Raoul d'Averny en avait eu l'intuition dès le début, deux drames distincts s'étaient mêlés, deux chemins s'étaient croisés en un point d'intersection déterminé par le seul hasard. Un jour, d'une part, Raoul d'Averny, sur les pas de quelqu'un qui porte des liasses de billets de banque, débarque au Vésinet, et achète une propriété, avec l'intention de couvrir ses frais – et son déplacement – grâce au vol des billets.Cette série d'actes amène au même endroit Barthélemy et son fils, lesquels, tout en préparant leur chantage contre Raoul, se font la main en dérobant les liasses de billets de banque cachées dans l'Orangerie.

      D'autre part, ce même jour – et c'est là le point d'intersection, la croisée des chemins – d'autre part, un drame absolument indépendant, en voie d'exécution déjà, conduit Elisabeth Gaverel devant cette même Orangerie, au moment où Barthélemy a terminé sa besogne. Et, aussitôt, tout va s'entremêler, dans une complication de mystères insondables, où la justice est immobilisée comme au milieu d'une forêt de ténèbres.

      « – Aujourd'hui, se disait Raoul d'Averny, tout cela est clair et simple, du moins pour moi. Les deux affaires sont nettement séparées l'une de l'autre. La seconde (affaire de chantage Barthélemy) est liquidée par la mort de Barthélemy et de Simon, par la capture de Thomas Le Bouc et par la confession de Faustine. La première (affaire des sœurs Gaverel qui ne m'intéresse que par ricochet), se poursuit sans qu'aucune solution soit en vue. Reste Félicien, dont l'action mal définie paraît s'être étendue de l'une à l'autre affaire. »

      Et il répéta pensivement :

      « – Reste Félicien ; objet même et condition essentielle d'un chantage dont les organisateurs sont supprimés... personnage trouble, inquiétant, d'apparence froide et indifférente, auquel les péripéties de l'affaire Barthélemy ont laissé tout son mystère, et que je n'ai chance de démasquer que si j'arrive à débrouiller le drame des deux sœurs. Que fait-il là-dedans ? Qui est-ce ? On ne se tue pas sans raison. Il y a donc en lui quelque chose d'assez puissant pour le bouleverser et le faire rouler jusqu'au bord de la mort ? Qui est-ce ? Et que me veut-il ? »

      Avec quel regard aigu il le scrutait, maintenant, à chacune des visites qui amenaient Raoul dans la chambre du pavillon ! Et comme il avait hâte de lui parler ! La fièvre était tombée. Faustine avait cessé tout pansement. Mais Félicien demeurait las, accablé, comme si la cause de sa redoutable tentative eût continué à le faire souffrir.

      Or, un matin, Faustine, qui couchait dans l'atelier, prit Raoul à part.

      – Quelqu'un est venu le voir cette nuit.

      – Qui ?

      – Je ne sais pas. Entendant du bruit, j'ai voulu entrer. Le verrou était mis. Ils ont chuchoté longtemps avec des intervalles de silence. Et puis, la personne est partie sans que je puisse rien surprendre.

      – Alors, vous n'avez aucune donnée ?

      – Aucune.

      – Dommage !

      En tout cas, Raoul put constater, les jours suivants, le résultat de cette entrevue nocturne :

      Félicien n'était plus le même. Instantanément, la figure avait pris une vie nouvelle. Il souriait. Il causait avec Faustine. Il voulait même faire son portrait, et il projetait de se remettre au travail.

      Raoul n'hésita plus. Trois jours plus tard, dans le pavillon où le jeune homme se reposait, il s'assit près de lui et commença :

      – Je suis content de vous voir rétabli, Félicien, et j'espère que nos relations vont reprendre ici comme auparavant. Mais pour que ces relations soient plus cordiales, il nous faut parler franchement. Voici : la décision de M. Rousselain vous a mis hors de cause relativement aux faits qui se rapportent à l'instruction ouverte par lui. Mais il en est d'autres qui se rapportent plus spécialement à vous et à moi.

      Et il demanda, avec une douceur amicale :

      – Pourquoi ne m'avez-vous pas dit, Félicien, que vous aviez été élevé dans une ferme, par une brave paysanne du Poitou ?

      Le jeune homme rougit et murmura :

      – On n'avoue pas facilement que l'on est un enfant trouvé...

      – Mais... avant cette époque ?...

      – Je n'ai aucun souvenir qui remonte au-delà. Ma mère adoptive, qui fut ma vraie mère, est morte sans rien me dire. Tout au plus, elle m'a remis une somme d'argent qui lui avait été confiée par une dame... laquelle n'était pas ma mère, paraît-il.

      – Vous rappelez-vous que, dans les dernières années, un homme s'est installé à la ferme ?

      – Oui... un ami... un parent, je crois...

      – Comment s'appelait-il ?

      – Je ne l'ai jamais su au juste, du moins, je ne m'en souviens pas.

      – Il s'appelait Barthélemy, affirma Raoul.

      Félicien eut un haut-le-corps.

      – Barthélemy ?... le voleur ?... le meurtrier ?...

      – Oui, le père de Simon Lorient. Depuis, cet homme ne vous a jamais perdu de vue. Il s'est tenu au courant de ce que vous faisiez à Paris et de toutes vos adresses. Et, en fin de compte, c'est lui qui vous a fait recommander à moi par un de mes amis.

      Félicien avait l'air stupéfait. Raoul ne le quittait pas des yeux, attentif à tous ses gestes et à toutes ses réactions, épiant les moindres signes de sincérité ou de dissimulation.

      – Pourquoi ? dit le jeune homme. Quel était son but ?

      – Je l'ignore. Il est certain que Barthélemy vous a fait placer près de moi avec une certaine intention et que son fils Simon est venu ici pour que vous l'aidiez dans l'exécution de certain projet dirigé contre moi. Mais quelle intention ? Quel projet ? Je n'ai pu le découvrir. Simon Lorient n'y a pas fait allusion avec vous ?

      – Non... Je ne comprends rien à tout cela.

      – Par conséquent, pour ce qui est de vous, votre dessein ne fut jamais que de travailler dans cette maison ?

      – Qu'y ferais-je autre chose ? demanda Félicien.

      Raoul se réjouit. Félicien disait vrai. Il n'était pas complice du chantage et si, par impossible, il savait quelque chose, en tout cas il ne réclamait rien.

      – Autre chose, Félicien ; Thomas Le Bouc s'accuse, n'est-ce pas ? d'être l'homme qui a été vu en barque le soir du crime et du vol. Cet aveu-là ne vous a pas étonné ?

      – Pourquoi m'aurait-il étonné, dit Félicien, puisque ce n'était pas moi ? A cette heure-là je dormais.

      Mais, cette fois, l'accent n'était pas le même. Le regard fuyait, sans loyauté. Du rouge montait aux pommettes.

      – Il ment, pensa Raoul, et s'il ment à ce propos, il ment sur tout le reste.

      Il arpenta la chambre en frappant du pied. La duplicité du jeune homme redevenait évidente. C'était un fourbe, un imposteur. Un jour ou l'autre il invoquerait son droit de fils, et menacerait, comme ses complices. Incapable de contenir sa colère, Raoul marcha vers la porte.

      Mais Félicien s'interposa et d'une voix anxieuse :

      – Vous ne me croyez pas, monsieur, dit-il. Non... non... je le sens bien... Je suis encore pour vous celui qui est revenu la nuit s'enquérir du sac de billets volés, et qui, peut-être, a blessé et tué, par conséquent, son complice Simon Lorient. Dans ces conditions, il vaut mieux que je m'en aille.

      – Non, dit Raoul brutalement. Je vous demande au contraire de rester jusqu'à ce qu'une vérité irréfutable soit établie entre nous... Dans un sens ou dans l'autre.

      – Cette vérité existe dans le sens indiqué par le juge d'instruction.

      Raoul s'écria avec véhémence :

      – La décision de M. Rousselain ne signifie rien. Elle a été provoquée par les fausses déclarations de Thomas Le Bouc que j'ai retrouvé et que j'ai payé pour les faire. Mais votre rôle personnel depuis le début demeure inexplicable. Pas un instant encore, continua Raoul, je n'ai senti en vous un de ces éclairs de franchise ou de révolte qui illuminent le fond d'une nature. Vos actes les plus graves, les plus violents, vous les cachez dans l'ombre. Tenez, votre suicide, par exemple. Vous revenez ici pour me dire adieu, n'est-ce pas ? et pour vous expliquer avec moi. Et je vous retrouve presque à l'agonie, le revolver en main. Pourquoi ?

      Félicien ne répondit pas, ce qui exaspéra d'Averny.

      – Le silence... le silence toujours... ou alors des biais, des échappatoires, comme avec le juge d'instruction. Mais répondez, sacrebleu ! Ce qui nous sépare, ce n'est pas autre chose que ce mur de silence et de réserve que vous élevez entre nous. Fichez-moi donc tout cela par terre, si vous voulez que j'aie confiance ! Sinon, quoi ? Je cherche, je me défie, je suppose, j'imagine, quitte à me tromper et à vous accuser à tort. Est-ce cela que vous voulez ?

      Il le saisit par le bras.

      – A votre âge, c'est par amour qu'on se tue. J'ai fait une enquête sur l'emploi de votre temps, le jour de votre tentative. De loin, vous avez suivi Rolande Gaverel et Jérôme Helmas qui sortaient et se dirigeaient vers le lac. Ils se sont assis sur un banc de l'île. Et vous avez vu... ce que j'ai vu, qu'il y avait entre eux une intimité que rien ne laissait prévoir. Vous avez interrogé mon jardinier sans en avoir l'air et vous avez su qu'ils se retrouvaient tous les jours. Une heure après, vous preniez votre revolver. Est-ce exact ?

      La figure crispée, Félicien écoutait.

      – Je continue, dit Raoul. Rolande Gaverel, je ne sais comment, a connu votre tentative. Affolée, elle est venue vous voir, la nuit, il y a trois jours, pour vous supplier de vivre et pour vous affirmer que vos soupçons étaient injustes. Ses explications vous ont convaincu au point que, depuis cette nuit-là, vous êtes heureux et guéri. Est-ce exact ?

      Cette fois, il semblait que le jeune homme ne pût pas et ne voulût pas se dérober à des questions si pressantes. Il hésita cependant, tout au moins sur la façon dont il répondrait. Enfin, il dit :

      – Monsieur, je n'ai jamais revu Rolande Gaverel depuis le jour du drame, et la personne qui est venue chez moi l'autre nuit n'est pas elle. Mes relations d'amitié avec Rolande ne lui auraient pas permis cette démarche. Et, moins encore, la décision qu'elle a prise et qu'elle m'annonce par une lettre que son domestique vient de m'apporter.

      Cette lettre, Félicien la tendit à Raoul qui la lut avec une surprise croissante :

      « Félicien,

      Le malheur nous a réunis, Jérôme Helmas et moi. A force de pleurer ensemble sur notre pauvre Elisabeth, nous avons senti qu'il n'y avait pas d'autre consolation pour nous que de rester fidèles, l'un près de l'autre, à son cher souvenir.J'ai l'impression profonde que c'est elle-même qui nous rapproche et qui nous demande de fonder un foyer à l'endroit même où elle était si heureuse et où elle rêvait de l'être plus encore.

      Je ne sais pas l'époque de notre mariage. Ai-je besoin de vous dire que bien des choses me retiennent, que j'ai peur de me tromper, et que, jusqu'au dernier moment, cette peur me fera hésiter ? Mais alors, comment vivre ? Je n'ai plus la force de me trouver seule en face de moi.

      Vous qui l'avez connue, Félicien, je vous demande de venir demain aux Clématites et de me dire qu'elle m'eût approuvée.

      ROLANDE
»


      Raoul relut la lettre à mi-voix et, lentement :

      – Drôle d'aventure ! ricana-t-il. Cette jeune personne a une façon d'être fidèle au souvenir de sa sœur ! Allez donc la voir, Félicien, et lui donner votre appui. Les travaux, ici, ne pressent pas, et vous avez même besoin de quelques jours de repos.

      Après un instant de réflexion, il se pencha vers le jeune homme.

      – Il m'est impossible, cependant, de vous taire une idée qui m'a souvent traversé l'esprit : celle d'une entente entre les deux fiancés.

      – Evidemment, dit Félicien étonné, évidemment, il y a entente entre eux puisqu'ils sont fiancés.

      – Oui, mais cela ne remonte-t-il pas beaucoup plus haut ?

      – Beaucoup plus haut ? A quelle époque ?

      Syllabe par syllabe, Raoul détacha cette phrase terrible :

      – A l'époque où Elisabeth Gaverel vivait encore.

      – Ce qui veut dire ?

      – Ce qui veut dire que l'embûche criminelle tendue à Elisabeth Gaverel, deux mois avant son mariage, est bien étrange.

      Félicien eut un geste d'indignation et s'écria :

      – Ah ! monsieur, votre supposition est impossible ! Je les connais tous les deux, je connais l'amour de Rolande pour sa sœur... Non, non, on n'a pas le droit de l'accuser d'une pareille infamie.

      – Je n'accuse pas. Je pose une question que l'on ne peut pas ne pas se poser.

      – Pourquoi ne peut-on pas ?

      – A cause de cette lettre, Félicien. Il y a dans ces lignes une telle inconscience !...

      – Rolande est une créature de loyauté, de noblesse.

      – Rolande est une femme... une femme qui est en train d'oublier.

      – Je suis sûr qu'elle n'oublie pas.

      – Non, mais elle fonde son foyer dans des conditions... qui ne doivent pas lui être désagréables, plaisanta Raoul.

      Félicien se leva et, gravement :

      – N'en dites pas davantage, je vous en prie,

      Monsieur. Rolande est au-dessus de tout soupçon.

      Raoul lui rendit la lettre et fit quelques pas sur la pelouse. Il avait l'impression qu'avec de la persévérance on pouvait s'insinuer dans cette nature ombrageuse et secrète, où il discernait de l'emportement et de la révolte, et il allait insister lorsqu'il entendit la barrière d'entrée qui s'ouvrait.

      – Bigre ! murmura-t-il, c'est l'inspecteur principal Goussot. Qu'est-ce qu'il nous apporte, cet oiseau de mauvais augure ?

      L'inspecteur avança vers le bosquet où se tenaient les deux hommes et serra la main de Raoul qui lui dit en riant :

      – Comment ! nous n'en avons pas fini avec vous, monsieur l'inspecteur ?

      – Mais si, mais si, riposta Goussot, d'un ton badin qui ne lui était pas habituel. Seulement, n'est-ce pas ? quand la justice a eu maille à partir avec quelqu'un, elle garde tout de même sur lui un droit...

      – De surveillance.

      – Non, un droit d'attention cordiale. C'est pourquoi, tout en poursuivant mon enquête, je suis venu prendre des nouvelles de notre malade.

      – Félicien Charles va tout à fait bien, n'est-ce pas, Félicien ?

      – Tant mieux ! tant mieux ! dit Goussot. Le bruit a couru dans la région qu'il y avait eu détonation, suicide, etc. Nous avons même reçu, à ce propos, une lettre anonyme dactylographiée. Bref, des tas de blagues auxquelles je n'ai pas cru une seconde. Un innocent dont l'innocence est proclamée ne se tue pas.

      – Certes non.

      – A moins qu'il ne le soit pas, innocent, insinua Goussot.

      – C'est là une question que personne n'envisage, en l'occurrence.

      – Si.

      – Allons donc !

      – Parfaitement. Ainsi j'ai su – excusez les procédés de la police – qu'au sortir de prison, votre jeune ami avait téléphoné...

      – A moi, en effet.

      – Et ensuite à Mlle Rolande Gaverel pour solliciter la permission d'aller la voir au courant de la journée.

      – Et alors ?

      – Et alors, ladite demoiselle a refusé de le voir.

      – Ce qui signifie ?

      – Que ladite demoiselle ne le croit pas innocent... Sans quoi, n'est-ce pas ?...

      Raoul se moqua.

      – C'est tout ce que vous avez tiré de votre vilaine enquête, monsieur l'inspecteur ?

      – Ma foi, oui.

      – En ce cas...

      Il lui montra le chemin de la barrière. Goussot pivota sur ses talons, mais faisant face de nouveau à l'adversaire :

      – Ah ! j'oubliais. On a découvert à la consigne d'une des gares de Paris, une valise qui appartenait à Simon Lorient, et, dans la poche d'un vêtement, j'ai trouvé la carte de visite que voici. Vous y voyez, par derrière, le plan crayonné d'un étage de maison, avec une croix à l'encre rouge. Cet étage est celui où le père de Simon Lorient, ami de Félicien Charles, a volé les billets de banque de M. Philippe Gaverel.

      – Et la carte est gravée au nom... ?

      – De Félicien Charles.

      L'inspecteur salua Raoul et Félicien et, désinvolte, goguenard, se retira en disant :

      – Document de seconde main, et dont je ne fais état que pour mémoire. Mais, n'est-ce pas ? il y aura peut-être une suite...

      Raoul s'élança et le rejoignit à la barrière.

      – Dites donc, inspecteur !

      – Qu'y a-t-il pour votre service, monsieur d'Averny ?

      – Rien. C'est pour le vôtre. Vous voyez les deux poteaux de cette barrière.

      – Parbleu !

      – Eh bien, je vous conseille de ne jamais plus franchir la ligne idéale qui les réunit.

      – Mon mandat de policier...

      – Votre mandat n'a de valeur que si vous vous conduisez en policier courtois et bien élevé, comme vos camarades, et non en argousin fielleux et rancunier. A bon entendeur, salut !

      Raoul retourna vers Félicien, lequel, durant toute la scène, n'avait pas bronché ni prononcé une parole et lui dit :

      – Vous m'aviez affirmé n'avoir pas revu Rolande.

      – Elle a refusé de me voir.

      – Et vous prétendez toujours que vous n'avez pas voulu vous tuer pour elle ?

      Le jeune homme ne répondit pas.

      – Autre chose, continua Raoul. Cette carte de visite ?

      – Simon Lorient l'aura prise ici, un jour, avant votre arrivée.

      – Et ce plan de l'Orangerie ?

      – Il l'aura dessiné lui-même. Je n'y suis pour rien.

      – Et tout cela, qui montre que vous êtes toujours suspect à la police, ne vous inquiète pas ?

      – Non, monsieur. On a tout tenté contre moi, et rien trouvé. N'ayant rien fait de coupable, je ne m'inquiète pas.




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